Administration publique : « Je ne suis pas venu pour faire de l’équilibre ethnique», dixit Alpha Condé

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Les clivages ethniques s’exacerbent tous les jours. Même si certains le nient ou le sous-estiment. Aujourd’hui, il suffit de suivre un décret pour voir certains compter le nombre de Soussous, Peuls, Forestiers et Malinkés. Le phénomène a actuellement pignon sur rue. Ce qui est davantage inquiétant, c’est le fait que ce sont des intellectuels et pas des moindres qu’on enivre avec ce jeu qui divise. Combien y a-t-il de parents, de copains, d’amis, …s’interroge-t-on. On n’est pas avare en temps pour procéder au détail. Alpha Condé, lui, ne se fait aucune illusion. Car, il n’est pas « venu pour faire de l’équilibre ethnique. Plutôt pour redresser la Guinée. Â» Décryptage.

Selon le président guinéen, il ne va pas mettre à des places stratégiques « des gens qui ont déjà géré » les affaires publiques. Surtout qu’il n’est « pas venu pour faire de l’équilibre ethnique. Â» Mais, « pour redresser la Guinée. Â» Pour justifier cette ‘’fausse’’ logique d’équilibre ethnique, Alpha Condé n’a « pas pris d’anciens ministres, en dehors du ministre des Finances (Kerfalla Yansané, NDLR) et de trois militaires (Korka Diallo, Mathurin et Toto Camara), parce que je ne pouvais pas faire autrement. Â» Sinon, argumente-il « j’ai pris des gens expérimentés, en leur disant clairement que je ne protégerai personne. Celui qui sera épinglé par un audit aura des problèmes avec la Justice. Â» Et pour prouver sa bonne foi, le président guinéen affirme qu’en nommant des cadres, il prend en compte « leur comportement au niveau de l’administration passée, de leurs gestions passées, etc. Â» De toute évidence se justifie le président guinéen, « En Europe, lorsque la droite vient au pouvoir, on trouve normal que le Président nomme des préfets de la droite et non de la gauche. Â»

Quoi de plus normal, s’ils sont efficaces, constants et loyaux ! Des vertus qu’on retrouve cependant peu ou pas du tout dans le gouvernement Saïd Fofana. Et même au sein du cabinet de la Présidence de la République. Qui ne se rappelle pas en effet de la gestion peu orthodoxe du fonds minier qui a même fait l’objet de spectacle médiatique version Dadis Camara ? Plus récemment, qui n’a pas entendu parler de l’autre gestion calamiteuse de la campagne agricole dont Alpha Condé lui-même avait dénoncé les contours et les ministres ? Où sont aujourd’hui ces cadres indexés ? Dans les rouages de l’administration publique. Ils se la coulent douce. Ils ne sont donc pas inquiétés, sachant bien entendu que l’impunité appelle au crime et à la récidive.

Alpha Condé qui s’est par ailleurs toujours présenté comme « le président du changement au bénéfice de tous, le président de la réconciliation nationale et du progrès » est loin d’accepter une éventuelle prise d’otage, en cédant à la pression d’un groupe de barbus. Pour ceux qui rêvent encore, il tranche, comme il sait si bien le faire : « On veut que je nomme des gens qui sont manifestement contre ma politique. Â» Entre ce fantasme d’une poignée de personnes et la réelle volonté du bienfaiteur, il y a tout un océan. En attendant de savoir pour qui est mis le ‘’On’’ – peut-être les sages du Fouta ou des cadres de cette région qui prennent souvent la victimisation comme arme de défense ou de combat ‒, Alpha Condé accuse l’UFDG de Dalein Diallo d’avoir distillé le mauvais germe de l’ethnie. « C’est l’UFDG qui a mené une campagne, en disant que c’est notre tour. (…) Cela a amené tous les autres à se coaliser. Â» En réalité, cette accusation est gratuite. En effet, le RPG et l’UFDG ont tous tenu des discours qui divisent. L’un parle de « candidat de la mafia qui a mis le pays en coupes réglées », l’autre évoque un « arrogant et haineux qui a montré son incapacité à traiter toutes les régions sur le même pied d’égalité pendant la campagne électorale ».

Quoi qu’il en soit, pour chercher à sortir du guêpier, M. Condé fait appel à la sociologie en rappelant qu’on a trois régions en Guinée, la Haute Guinée, la Forêt et la Basse Guinée qui sont mandingues : « La Forêt on dit que c’est l’aîné, c’est-à-dire « Manding Pou », cela veut dire 10. La Basse-Guinée, c’est « Manding Fou », qui veut aussi dire 10. La Haute-Guinée, c’est le cadet et cela veut dire 10. Donc les trois Mandingue se distinguent par le chiffre 10. Â» Ce qui veut dire, de l’avis du Chef de l’Etat que les Traoré, Fofana, Sylla, etc. ne sont pas toujours ce que pensent les adversaires politiques et autres détracteurs de la politique du changement. C’est pourquoi, estime tout de même le président Condé, il est extrêmement important que la Guinée se réconcilie (?), en fonction de notre histoire et de notre vision. Car après tout, « Nous n’accepterons plus que quelqu’un nous dicte la façon de faire la réconciliation et d’organiser nos élections Â», promet-il dans un nationalisme d’un autre âge.

Aujourd’hui, cette sortie d’Alpha Condé qui tranche manifestement avec la démarche des sages et notabilités du Fouta ambitionnant entre autres de voir les leurs dans la haute administration publique, en dit long sur la suite à donner au processus de réconciliation tant voulu par l’ensemble des Guinéens progressistes. C’est donc une grande désillusion, pourrait-on dire pour El hadj Badrou Bah et les autres, annonçant déjà leur arrivée à Sékhoutouréya pour bientôt. Sacré camouflet ! A moins que, avec persévérance, ils ne continuent à défendre une cause déjà… ou presque perdue. Alpha, lui, reste formel : « Je ne suis pas venu pour faire de l’équilibre ethnique». Pourtant, ce même Alpha Condé avait déclaré au lendemain de son investiture : «Quand je dis gouvernement d’union nationale, ça veut dire que toutes les composantes de la Guinée doivent se retrouver dans ce gouvernement, que ce soit les composantes régionales ou les Forces vives, que ça soit les partis, les syndicats, la société civile. Mais ce n’est pas une coalition de partis. Il ne faut pas confondre. » Par où est passé cette mise au point ? Ce qui est sûr, ceux à qui le message est adressé ont dû comprendre. A moins qu’ils ne soient grisés par le changement…amorcé !


Thierno Fodé Sow

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Commentaires  

 
0 #9 professeur 14-09-2011 05:01

Guinean vous ne faites pas la difference entre une dictature et une democratie. Avec un raisonnement comme le votre, il est tout a fait normal qu'un dictateur comme AC se prenne pour un democrate.
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+2 #8 Amenofils 13-09-2011 20:21

Diaby, tu devais savoir que l'un des principes qui fondent l'administration est la continuite. il n'est pas auteur de cette situation mais il en est comptable et responsable devant le peuple de guinee des actes qui commettra sous son regne. deja les signaux sont tous au rouge. Il est important que le professeur sache que un president de la republique l'est pour tout le pays. De ce fait il doit pas biaiser ses propos, non stigmatiser les populations pour sous-entendre qu'il ne choisit pas les peuls par ce que eux ont gere et detruits ce pays. a l'entendre tous les peuls sont mauvais et ne savent pas gerer. Et que les 3 regions sur 4 de la guinee ont vote pour lui. Pour lui la foret et la basse cote sont mandingue par ce quil y a des Traore et des noms de familles similaires. Mais on retrouve les meme nom de famille au fouta et certains noms de peuls sont aussi repertorie dans les autres regions. Que du gachis avec ce professeur. On perdra inutilement 5 ou 10 ans de plus encore
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+4 #7 Modybhoye 13-09-2011 20:12

alpha est un autre accident de l,histoire de la Guinée .
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-4 #6 Guinean 13-09-2011 19:23

Je partage totalement cette position du Pr.Alpha . Le quotage ethnique dans les nominations ne doit etre une politique prioritaire pour le gouvernement..A ce effet...il doit nommer ses collabateurs selon leurs competences et inclinations politiques..tel est le cas dans toutes les democracies du monde...
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+2 #5 New Look 13-09-2011 17:54

@ D.K. DIABY,
vous avez raison, l'essentiel pour Alpha Condé c'est de vous nommez afin que vous continuez à construire des cases et des pistes à Siguiri et à Kankan...
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-10 #4 D.K.DIABY 13-09-2011 15:13

Le président a raison il n'est pas venu pour calculer et pour savoir combien de peuls,de forestiers, de sousous ou de malinkés sont dans tel ou tel poste ou ministère.De toutes les façons il n'est pas l'auteur de ce qu'il a trouvé là-bas.
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+6 #3 Amara LamineBangoura 13-09-2011 14:56

Une analyse elaboree et assez detaillee de la derniere interview de Alpha. Les contradictions,le manque de logique et de coherence dans les propos du President se multiplient de maniere inquietante.Dommage que les reporters de Sud FM ,Une station Senegalaise,n'aient pas obtenus de plus amples informations sur la composition des 2 gouvernements plethoriques paralleles constitues par Alpha. .J'ai l'impression que le President non seulement meprise nos concitoyens mais egalement sous estime la capacite de reflexion de nos compatriotes.J'estime qu'il est temps de hausser le ton a fin de ramener Alpha a de meilleurs sentiments en exersant des moyens coercitifs susceptibles de l'orienter vers une meilleure gouvernance.Refusons de cautioner l'injustice source de frustractions pouvant mener au pire.Que la raison et la verite triomphent pour le bonheur des Guineens.A-L-B-Birmingham.AL-USA>
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+2 #2 Amenofils 13-09-2011 10:29

je pense qu'il faut savoir affronter ses ennemis. on ne parle plus d'adversaire politique mais d'ennemis. c'est dommage pour la Guinee
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+3 #1 kalil diallo 13-09-2011 09:05

il est une perte du temps de rencontrer ce professeur de haine raciale ,ce vieux n´est pas nouveau dans la politique guineenne,les vieux qui iraient remercier cet egoiste iront seuls car il est l´ennemi numero des peuhls ,il doit savoir qu´il ne pourra pas controler nos vies.
voyez comment il dit que toutes les trois regions sont des malinkés c´est une façon d´absorber les autres pourtant pendant le regne du general et dadis il disait c´etait des buveurs de sang ainsi de suite .
lorque il aura ce qu´il souhaite ion verra.
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