Thierno Fodé Sow Mardi, 20 Mai 2014 16:22
« Il faut qu’on se dise la vérité. Cellou a été ministre des transports, le train marchait, Conakry-Kankan, Air Guinée aussi et on avait des bateaux. Où sont-ils partis ? Je rappelle, qu’en Afrique de l’ouest, les blancs ont construit trois chemins de fer. Abidjan-Ouagadougou, Dakar-Bamako environ 1200 km et Conakry Kankan 622 km. Aujourd’hui, Abidjan-Ouagadougou marche, Dakar-Bamako également aussi. Pourquoi Conakry-Kankan 622 km qui est une plus petite distance ne marche pas ? Non seulement le train ne marche plus, mais les rails ont été aussi vendus. » Cette accusation d’Alpha Condé portée contre son principal opposant Cellou Dalein Diallo alimente encore la chronique.
Si l’UFDG et l’opposition dans sa grande partie ont répondu aux piques de Condé, Jean-Marie Doré lui a préféré « encourager » Alpha Condé, avec un clin d’œil peu amical à l’endroit d’un ancien pair de l’opposition. Comme pour se démarquer de toute prétendue malversation orchestrée sous son magister. Selon le président de l’UPG, « Je ne me sens pas du tout concerné par cette attaque. S’il y a eu des gens qui ont géré des fortunes, des matériels ou équipements de l’Etat, c’est à eux de répondre. Parce qu’on ne peut pas laisser des gens brader les biens de l’Etat comme le chemin de fer, Air Guinée, des biens qui ont été volontairement bradés. Et d’ailleurs, on imposait aux préfets de couvrir l’enlèvement des rails, des gens qui ont causé de tels torts à la nation, doivent impérativement rendre compte. Parce qu’il y a des gens qui aiment critiquer mais qui ne regardent pas leur nombril. Je ne me sens donc aucunement concerné par ces attaques. Puisque moi, j’avais une mission qui a été remplie à la satisfaction de la nation. Si des gens n’ont pas trouvé leur compte, ce n’est pas ma faute. J’ai organisé des élections dont les résultats ont été acceptés, la Guinée n’a pas implosé et j’ai passé le pouvoir dans des conditions calmes. …Maintenant il y a des gens qui ont géré l’énergie, Air Guinée, qui ont aidé à vendre les rails, qui ont passé des contrats qui ne finissent pas d’être signés et resignés, ceux-là doivent absolument rendre compte. Il est normal qu’ils rendent compte…»
Jean-Marie Doré oublie vite. Peut-être estime t-il que les Guinéens ont avalé sa réelle volonté ‒ alors qu’il n’était à la tête que d’une simple équipe de transition ‒ de prendre des décisions engageant l’avenir du pays, alors sous la junte de Dadis Camara. Il s’agissait entre autres de la « la cession du tiers de l’offshore guinéen à Hyperdynamics, un 25 mars ; signature, un 15 avril d’une convention pour évacuer le minerai de fer de Simandou par le Liberia ; paraphe d’un accord portant fabrication de cartes d’identité biométriques avec une société malaisienne ». Bien à l’étroit dans le contenu et la durée de son mandat, JMD a transformé son projet de réforme constitutionnelle (dessaisir la CENI et repousser le second tour de l’élection présidentielle) qui lui tenait tant, en un décret d’application de l’article 2 du code électoral censé « définir les modalités de l’appui technique du ministère de l’Administration du territoire à la CENI ». Tout ceci c’était sous la pression des adversaires politiques d’Alpha Condé.
Soupçonné et surveillé, JMD n’avait aucune porte de sortie. Bien qu’il ait vraiment voulu faire durer le plaisir d’être aux affaires. C’est ce qui justifie en désespoir de cause, pourrait-on dire, le bonus qu’il s’est auto accordé : voiture de service, parcelles assainies à Kagbélin et 500 millions GNF pour tous les ministres qu’il a gérés. Si Doré ne « se sent aucunement concerné » par les attaques actuelles de Condé, il pourrait l’être un jour. Les audits arrivent. Et bien des Guinéens s’attendent à ce qu’il réponde de sa gestion de la transition. Au pire, pour sa complicité avérée dans l’affaire dite « d’eau empoisonnée » ayant provoqué une inouïe chasse au faciès à Siguiri, Kankan, Kouroussa, etc. L’histoire est têtue et parfois elle nous impose la subtilité ! A défaut, rien ne peut empêcher de se rappeler le qualificatif d’un certain Ousmane Gaoual Diallo, « le cloporte » qui dénonce … « un Judas ».
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
![]()