Thierno Fodé Sow Mercredi, 23 Avril 2014 18:05
Les accords dits du 03 juillet tardent toujours à se concrétiser. Faute de volonté politique. Notamment de la part du gouvernement et des partenaires techniques et financiers du processus électoral en Guinée : les USA, la France, l’UE et les autres. Les accords visaient, rappelons-le, entre autres la tenue des élections communales et communautaires, initialement prévues durant le premier trimestre de l’année 2014, l’indemnisation des victimes des manifs politiques, en l’occurrence les commerçants.
Cette vive préoccupation sans cesse exprimée par l’opposition républicaine ne semble pas émouvoir l’ambassadeur de France en Guinée, Bertrand Cochery, alors partie prenante desdits accords. Le diplomate français, l’a dit récemment dans une interview qu’il a accordée à des confrères. « Non, il n’y pas de retard, dans la mesure où l’accord ne comportait pas de dispositions spécifiques. Mais de toutes les façons, le plus important c’est que les choses soient faites dans l’ordre, correctement et, encore une fois, c’est de la compétence de l’Etat guinéen. Si les partenaires internationaux sont sollicités par le gouvernement pour aider, ils peuvent bien entendu étudier ces demandes du gouvernement », dira en substance Bertrand Cochery, avant d’ajouter que l’organisation des élections, c’est d’abord une affaire de compétence gouvernementale.
« S’il y a des réformes qui doivent être engagées, et si elles doivent donner lieu à des discussions, dans ce cas, c’est au parlement de les examiner. Mais encore, ne mettons pas les partenaires internationaux à une place qui n’est pas la leur. Ils n’ont pas à se substituer aux principaux acteurs que sont un gouvernement et les partis politiques. Sinon, on est dans une confusion des genres qui n’est profitable à personne. » Voilà tout.
En attendant, « Nous sommes inquiets. Nous avions déjà exprimé notre crainte que le pouvoir ne fasse tout pour retarder la tenue de ces élections communales en s’organisant de manière à justifier ce report par des questions d’ordre financier. Malheureusement, nos craintes viennent d’être confirmées. Puisqu’il n’y a pas de chronogramme pour les élections communales et mieux que cela, il n’y a pas de discussions ni de dialogue autour des causes de ce retard et des perspectives d’élaboration d’un autre calendrier électoral conforme à l’esprit de l’accord du 3 juillet. Nous sommes donc dans une impasse totale », explique le porte-parole de l’opposition républicaine Aboubacar Sylla.
Et tous ceux qui portaient espoir sur ce qu’il appelle « communauté internationale », ils n’ont qu’à bien analyser cette sortie d’un des ténors de celle-ci. Décevant, non ? Autant compter sur ses propres efforts pour mieux faire face au bon vouloir de l’homme de Sékhoutouréya. Jusque-là imperturbable. On peut donc s’agiter, aller loin des frontières consulter et chercher des appuis, Condé lui, pense déjà à sa réélection. « 2014 doit nous permettre de gagner les élections de 2015. Il faut que les investisseurs viennent. Donc, je n'ai pas d'état d'âme, je n'ai pas de sentiment, je choisirai mes hommes en fonction de l'intérêt de la Guinée. Point. » Pour une mission, ça ne pouvait pas tomber mieux. Elle émane d’Alpha Condé. Advienne que pourra ! Quitte à l’opposition de trouver d’autres alternatives. Loin des supposés soutiens… bâtis sur du sable mouvant. Opposants républicains et crédules, vous avez battu le macadam plus de la moitié du quinquennat ? Eh bien, dansez maintenant.
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu