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Qu’est-ce qui maintient l’Afrique dans l’obscurité ?
Lanre Olagunju Lundi, 27 Janvier 2014 19:53
L'éducation est la clé du développement et si un pays veut avancer, il doit se préparer à y investir massivement. Certaines sociétés développées et d’autres en cours de développement ont non seulement mis au point un cadre pour une éducation cohérente et saine mais ils se sont aussi taillés une niche pour eux-mêmes dans des domaines spécifiques. Et cela contribue largement à la réputation et la richesse d'un pays. Les Éthiopiens par exemple, sont toujours fiers de dire que l'école éthiopienne de formation des pilotes est sans doute la meilleure en Afrique. Inutile de dire que la compagnie aérienne éthiopienne enregistre la croissance la plus rapide et qu’elle est la compagnie africaine la plus rentable. Quand on parle de certains domaines, on pense automatiquement à certaines parties du monde, et c'est le cas essentiellement parce qu'ils ont investi massivement dans l'éducation.
Bien que de plus en plus d'Africains soient instruits dans la difficulté et que le taux d'alphabétisation soit effectivement en amélioration, compte tenu de notre vitesse d'escargot, le chemin est encore long. En 1990, le taux d'alphabétisation des adultes dans toute l'Afrique était de 52% avec plus de 177 millions d'analphabètes. En 2008, il était de 63% avec plus de 200 millions d'analphabètes. L'Afrique a besoin d'une société avancée technologiquement et la solution réside dans de plus en plus dans l’éducation.
La performance remarquable et le progrès économique que les pays africains ont réalisé auraient été impossibles sans l'éducation du peuple. Un des avantages de l'éducation et de la technologie est qu'elles apportent l’émancipation. Les citoyens sont libérés des chaînes de l'esclavage mental, ils deviennent confiants et audacieux pour poser des questions sur leur bien-être, et parcourir un long chemin qui leur permettra d’oser demander des comptes à leur gouvernement. L'incapacité à remettre en question l'autorité provient d'un manque de confiance, en raison du manque de connaissances et du manque d’analyse correcte des questions nationales.
Je sens encore fortement que les dirigeants africains veulent volontairement garder leurs citoyens sous contrôle en rendant l'éducation hors de portée. Pourquoi un gouvernement maintiendrait des étudiants à la maison pendant plusieurs mois, tout comme le gouvernement nigérian est en train de faire ? Il est honteux que ce continent ait le plus grand nombre d'enfants non scolarisés. Quand nous gardons ces jeunes dans l'obscurité et que nous gardons le silence sur ce sujet, nous hypothéquons notre avenir. Nous réduisons nos chances pour un avenir meilleur, et alors nous devenons désespérés !
Le fait que l'impact de l'éducation des jeunes pourrait ne pas se faire sentir immédiatement ne signifie pas que le continent africain peut s'en tirer en refusant d'investir dans le capital humain. Devons-nous attendre pour les dix ou vingt prochaines années avant de nous réveiller de notre sommeil ? C'est tellement horrible à voir certaines écoles à Lagos, au Nigeria, où les élèves s’assoient toujours sur le plancher parce qu'il n'y a pas de chaises.
Quelques amis et moi-même étions dans une école à Lagos, il y a quelques années, lors de la réalisation d'un projet communautaire qui consistait en la distribution de livres aux écoles. Je ne pouvais pas supporter la chaleur dans certaines des classes et je me demandais comment ces enfants étaient en mesure de comprendre ce qui leur était enseigné. Même quand ils arrivent à apprendre, qu’en est-il de leur estime et leur niveau de confiance ? Ne traitons pas les enfants comme des animaux si nous souhaitons qu'ils soient en mesure de tenir tête à leurs homologues dans d'autres régions du monde.
Si l'Afrique veut devenir puissante un jour, il faut d'abord qu’elle trouve sa place dans l'économie mondiale fondée sur le savoir. Elle doit être en mesure de présenter une masse critique de lettrés qui sont innovateurs, doués dans la résolution de problèmes et dédiés à un mode de vie orienté vers l'apprentissage, et cela doit être achevé dans un délai accéléré. Comment pouvons-nous y parvenir avec un matériel pédagogique médiocre, des bibliothèques et des livres inutiles, et le pire de tous, des programmes obsolètes ? Comment pouvons-nous attendre d’élèves apprenant par cœur au 21e siècle qu'ils deviennent des entrepreneurs ayant des compétences en pensée critique ?
Le développement vient avec l'éducation supérieure et l'acquisition de connaissances. S'il est vrai qu'une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible, il peut aussi être dit que la nation est aussi faible que son groupe le moins instruit. Nous devenons faibles, archaïques et sous-développés quand nous acceptons avec résignation l'ignorance.
Lanre Olagunju
Journaliste indépendant
Cet article est paru initialement en anglais sur le site d’AfricanLiberty.org
Publié en collaboration avec LibreAfrique.org
Commentaires
http://www.youtube.com/watch?v=z4XAcblMBrA
Mais pour prendre le cas de la Guinée, comment étudier lorsque le ventre est vide? Comment assurer une éducation de qualité lorsque le ministère concerné sert à récompenser des «parents» ou des militants dévoués? Les anciens disaient «gandhal fooly» (le savoir est supérieur) et nos contemporains disent «mo mara ko koyourmi waawi» (sans le sou vous faites pitié). Et les enseignants parfois mal formés, mal payés qui font le service minimum? quid de ceux qui donnent plus que des cours à leurs étudiantes? Comment sont ficelés les programmes? Ou sont les bibliothèques? Les laboratoires? Comment garantir la même qualité (si qualité il y a) à ceux qui sont dans le privé et ceux qui fréquentent les innombrables «école bora, kharandi guemba, maître sanfoui»? Les étudiants boursiers vivent de «café police» et de sardines, parce qu'ils ne les bourses qu'une fois sur six. Et même lorsque la bourse est octroyée par le pays d’accueil sur la base de critères bien précis, il y a des magouilles pour les attribuer selon d'autres critères. Combien de guinéens ont accès à un pc et à internet? Quelles langues secondes, selon quelle visée? Même sorti du privé, vous réaliserez par exemple que les quelques expressions anglaises savamment apprises sont plus proches du krio que de la langue de Shakespeare.
Bref, je pense que la question sociale se règle par la question politique. Comme souvent les problèmes sont tellement vastes et profonds chez nous qu'on est pris de vertige. PAR OU COMMENCER?
Voici les sites de deux ministères de l'éducation (Guinée et Sénégal)...no comment!
http://mesrs-gn.org/mission.php#
http://www.education.gouv.sn/root-fr/files/politiques_et_programmes.php








