Thierno Fodé Sow Vendredi, 24 Janvier 2014 22:25
L’homme ‒ sûr de son alliance avec le parti au pouvoir qui lui a même permis de se taper trois députés ‒ prenait les torchons pour les lanternes. L’UDG comme une société à responsabilité limitée. Les cadres et responsables du parti comme des employés. La pensée unique était la chose la mieux partagée. Conséquence : le parti est en pleine déconfiture suite au départ massif de ceux qui font l’ossature de l’UDG. Mamadou Sylla ne semblait pas s’en émouvoir.
Sonné par la cohue, ignoré par le RPG depuis qu’il a émis le souhait de briguer la deuxième vice-présidence, indésirable au sein de l’opposition républicaine, l’assise de l’homme de Dixinn Bora, si c’en est une, a été emportée par la démission en cascade, à la veille même où toutes les formations politiques affinaient leurs stratégies pour le Parlement. Aujourd’hui, le président de l’UDG se désillusionne. Il se résigne. Il bat en retraite. « En cas de partage des postes équitable je dois avoir le poste de premier vice-président. Et si je n’arrive pas à avoir ce poste, ce n’est pas la fin du monde. Si je ne gagne rien, je vais me contenter de mon parti », a récemment dit, de guerre lasse, le leader de l’UDG. Le discours a changé en deux semaines.
En effet, les sorties intempestives dans les médias de Mamadou Sylla avaient fini par agacer le parti au pouvoir, mais sans jamais l’exprimer, nourrissant la secrète volonté d’ignorer le souhait de son allié gênant. Mamadou Sylla s’est mis le doigt dans l’œil en ayant le ventre plus gros que les yeux. « Je sais que tout le monde me courtise et m’appelle parce que mes trois députés sont très convoités et partout où je partirai le parti-là gagnera la présidence de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui ma voix passe jusqu’à Yomou… ». Mamadou Sylla était vraiment sûr de lui. Seulement, après l’ameublement du bureau du Parlement, l’homme revoit ses ambitions à la baisse. Comme quoi, s’allier au RPG ne veut nullement dire « partage de postes ». Ce privilège n’est accordé qu’à des particuliers. Le reste, on gère les crises de nerfs. Ou on s’en va dans l’opposition pour jouer le complément d’effectif. Le PEDN, la GPT, le PGRP, etc. en savent quelque chose. Rien ne sert donc de s’agiter et de courir dans tous les sens quand on est sous la coupole à deux vitesses du parti du grand opposant historique… démocratiquement élu. Ne vous en déplaise !
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu