La convocation de la session extraordinaire du CNT est anticonstitutionnelle

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BALDE_Mamadou_Gando_01Suite à la polémique soulevée par le décret présidentiel du 17 décembre 2013 convoquant le Conseil national de transition (CNT) le 18 décembre 2013 pour l’adoption de la Loi de finances 2014, il apparaît nécessaire de se pencher sur la constitutionalité dudit décret.

Vu la quasi-inexistence de jurisprudence en la matière en Guinée et l’ambiguïté ou l’imprécision de la Constitution guinéenne en quelques endroits (résultant entre autres aussi de la rapidité de son élaboration, pour être fair play envers le CNT) malgré des avantages et atouts indéniables (notamment, par exemple, les articles concernant les libertés fondamentales du citoyen), ceci ne peut être qu’une ébauche d’appréciation de la situation. Appréciation qui ne revendique nullement le caractère exhaustif ou définitif, encore moins correct ou parfait. Cet écrit devrait plutôt être compris comme une piste de réflexion. Je vais éviter autant que possible tout lexique juridique pour faciliter la compréhension de mon approche au plus grand public. Je souligne autant que possible. J’ose compter sur votre indulgence, chères sœurs et chers frères.

Tout d’abord, il me semble important de rappeler la raison principale de cet imbroglio juridique et politique devant lequel nous sommes confrontés, ne serait-ce que pour servir de pédagogie à d’autres peuples ou à des générations futures. La genèse de ce casse-tête réside dans la violation flagrante de l’article 159 de notre Constitution stipulant : « Il sera procédé aux élections législatives à l’issue d’une période transitoire qui n’excèdera pas SIX (6) mois à compter de l’ADOPTION de la présente Constitution. » (Et NON de l´élection du nouveau Président ou de son investiture, comme le suggérèrent à longueur de journée la mouvance présidentielle et l’opposition). Ladite Constitution a été adoptée par le CNT le 19 avril 2010 et promulguée par le président de la transition, président par intérim Sékouba Konaté le 07 mai 2010. Mais presque toute la classe politique a préféré aller d’abord aux élections présidentielles en lieu et place des législatives pour les raisons que nous savons tous. Donc si les élections législatives s’étaient tenues conformément à la Constitution on n’en serait pas là.

De toutes les façons, c’est une tâche pénible et périlleuse d’être constitutionaliste en Guinée. D’autant plus que nos acteurs politiques, toutes tendances confondues, tendent à ignorer majestueusement des dispositions de la Constitution même quand celles-ci sont sans ambiguïté, donc pas sujettes d’interprétations variées, en principe. Oui, en principe car le « consensus » finit toujours par primer sur les considérations légalistes. Certains, pour ne pas dire des mauvaises langues, parlent même de République Consensuelle. On peut citer ici outre l’article 159, le presque méconnu article 36 qui stipule : « Après la cérémonie d’investiture et à la fin de son mandat, dans un délai de quarante-huit (48) heures, le président de la République remet solennellement au président de la Cour constitutionnelle la déclaration écrite sur l’honneur de ses biens. Les ministres avant leur entrée en fonction et à la fin de celle-ci déposent à la Cour constitutionnelle la déclaration sur l’honneur de leurs biens.

La déclaration initiale et celle de la fin de mandat ou des fonctions sont publiées au Journal Officiel.

La copie de la déclaration du président de la République et des membres du Gouvernement est communiquée à la Cour des comptes et aux services fiscaux.

Les écarts entre la déclaration initiale et celle de la fin de mandat ou des fonctions doivent être dûment justifiés.

Les dispositions du présent article s’appliquent au président de l’Assemblée nationale, aux premiers responsables des institutions constitutionnelles, au gouverneur de la Banque centrale et aux responsables des régies financières de l’Etat ».

Quelle clarté limpide! Toutefois cet article est resté lettre morte, donc sans application.

Et que dire du sort qui fut réservé au fameux article 28 : « S'il y a lieu de procéder à un deuxième tour de scrutin, celui-ci est fixé au quatorzième jour après la proclamation des résultats définitifs du premier tour » ? Cet article fut soigneusement ignoré.

Bref, j’en passe, faute d’espace. Abordons maintenant le vif du sujet nous préoccupant.


CNT versus Assemblée nationale

Le vote du budget est le droit inaliénable de tout parlement. Il ne serait pas exagéré d’affirmer que c’est presque la raison d’être du Parlement. La question qui se pose est de savoir qui du CNT et de l’Assemblée nationale élue est habilité à jouir de ce droit.

L’article 157 de la Constitution semble être sans ambages : « Le Conseil national de la transition assumera toutes les fonctions législatives définies par la présente Constitution jusqu’à l’installation de l’Assemblée nationale. ». Cela signifie-t-il que le CNT pourrait continuer d’exercer même après les résultats définitifs des législatives rendus publics par l’arrêté de la Cour suprême du 15 novembre 2013 ? Cette date est essentielle car la « consultation » de sa base par l’opposition est sans incidence juridique. Je répondrais à cette délicate question plutôt par la négative. Je m’explique.

Pour cerner une Constitution, lire un seul article ne suffit point. Il ne faut pas oublier que nous sommes en droit, et de surcroît en droit constitutionnel. Ici il est même hasardeux de se focaliser sur un seul article. Souvent il est nécessaire de lire avec attention plusieurs articles se recoupant (peut-être) voire même tout le texte. Parce que certains peuvent expliquer, compléter ou même restreindre la portée d’autres. Ici il est impératif de faire appel à l’esprit et à la substance de la Constitution. Il faut la considérer comme un Ensemble, un Tout. C’est la condition sine qua-non pour faire une tentative d’interprétation appropriée.

Surtout en cas de supposé flou ou de vide juridique apparent, mais pas uniquement. Il faut tenir compte des contraintes immanentes, inhérentes de toute constitution qu’il faut résoudre. Il faut soupeser certains articles les uns contre les autres. Bref, commençons le travail:

Article 1er: « La Guinée est une République unitaire, indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race, d'ethnie, de sexe, de religion et d'opinion

Son principe est : GOUVERNEMENT DU PEUPLE, PAR LE PEUPLE ET POUR LE PEUPLE. »

Ce qui pose le problème de la légitimité du CNT. Pendant que les députés de l’Assemblée nationale sont issus de l’expression du peuple manifestée le 28 septembre 2013 conformément audit arrêté de la Cour suprême, les conseillers de la CNT ne peuvent nullement se prévaloir de cette qualité.

Mais on continue.

L’article 2 affirme: « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants élus ou par voie de référendum.

Aucun individu, aucune fraction du peuple ne peut s'en attribuer l'exercice...

La souveraineté s’exerce conformément à la présente Constitution qui est la Loi suprême de l’Etat.

Toute loi, tout texte réglementaire et acte administratif contraires à ses dispositions sont nuls et de nul effet.

Le principe de la séparation et de l'équilibre des Pouvoirs est consacré ».

Ici, il est, de manière on ne peut plus claire, écrit dans du marbre la place prépondérante des élus du peuple dans notre Constitution (le président de la République et les députés). Cet article souligne encore une fois la légitimité du parlement issu des urnes.

Article 59: « L'Assemblée représentative du Peuple de Guinée porte le nom d'Assemblée Nationale.

Ses membres portent le titre de députés. »

Les articles 1er, 2 et 59 de la Constitution soulignent avec force la légitimité sans ombrages des élus du peuple, donc des députés, face aux conseillers du CNT (nommés dans des circonstances quelquefois obscures) non représentatifs du peuple souverain.

Si on veut approfondir la réflexion, on peut aussi faire recours au préambule de la Constitution. Les normes le composant ne sont pas seulement déclaratoires. Mais elles ont une valeur constitutionnelle car faisant partie intégrante du bloc de constitutionalité. Le préambule peut être considéré comme étant le socle ou le soubassement de la Constitution. Et que nous dit celui-ci ? : « Préambule

Par son vote du 28 septembre 1958, le peuple de Guinée a opté pour la liberté et constitué, le 2 octobre 1958, un Etat souverain: LA REPUBLIQUE DE GUINEE ;

Tirant les leçons de son passé et des changements politiques intervenus depuis lors ;

LE PEUPLE DE GUINEE

Proclame :

- Son adhésion aux idéaux et principes, droits et devoirs établis dans la Charte de l'Organisation des Nations Unies, la Déclaration universelle des droits de l'homme, les conventions et pactes internationaux relatifs aux droits de l’homme, l’Acte constitutif de l’Union africaine, la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples et ses protocoles additionnels relatifs aux droits de la femme, ainsi que le Traité révisé de la CEDEAO et ses protocoles sur la démocratie et la bonne gouvernance. »

Prenons le dernier cas sus cité. Son article 1er (sous le titre Principes de convergence constitutionnelle) stipule : « Les principes ci-après sont déclarés principes constitutionnels communs à tous les Etats membres de la CEDEAO:

a) - la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire

- la valorisation, le renforcement des Parlements et la garantie de l’immunité parlementaire ;

d) La participation populaire aux prises de décision, le strict respect des principes démocratiques, et la décentralisation du pouvoir à tous les niveaux de gouvernement.

..... »

Donc la valorisation, le renforcement des parlements, la participation populaire aux prises de décision et le strict respect des principes démocratiques sont érigés en principes constitutionnels. Valorise-t-on, renforce-t-on le Parlement guinéen dûment élu par le peuple guinéen en l’empêchant de voter le budget ? Que fait-on de la participation populaire aux prises de décision ? Quelle manière de veiller au strict respect des principes démocratiques ? Notez qu’on parle ici de principes constitutionnels, c’est-à-dire « le degré le plus haut de la sacralisation d’une norme » !!!

L’un des aspects essentiels d’une démocratie est l’existence d’un corps législatif fonctionnant correctement et élu directement. La démocratie et l’Etat de droit exigent qu’en principe, tous les textes de loi importants soient adoptés par ce corps législatif

En plus le Conseil national de transition est, comme son nom l’indique si bien, un organe de transition. Ce régime d’exception visait à mener la Guinée à des institutions démocratiques et républicaines. Il n’est donc pas admissible qu’un organe transitoire puisse empêcher l’expression de la démocratie. Et vous conviendrez avec moi que le président et les députés démocratiquement élus sont l’expression de la volonté du peuple. Donc ceux-ci ont en leur essence l’aura démocratique.

Il faut aussi souligner que les « mères » et « pères » de la Constitution prévoyaient une courte transition. En effet l’article 159 sus cité : « Il sera procédé aux élections législatives à l’issue d’une période transitoire qui n’excèdera pas six (6) mois à compter de l’adoption de la présente Constitution. ». Donc les prérogatives de l’article 157 relatives au pouvoir législatif du CNT étaient conçues pour ce bref laps de temps (6 mois). Bien sur le retard accusé ne lui incombe pas. Mais la substance et l’esprit de la Constitution soulignent la préséance, la suprématie des élus du Peuple. Leur essence démocratique ne souffre d’aucune contestation contrairement au CNT, conformément aux articles précités de la Constitution.

On peut prolonger cette analyse en jetant un coup d’œil sur les démocraties occidentales. Un président sortant ou une assemblée sortante, même quand leurs mandats respectifs ne sont pas encore épuisés, s’abstiennent en général de prendre des décisions importantes lorsque le nouveau président élu ou la nouvelle assemblée élue n’a pas encore pris fonction. On parle dans le monde anglo-saxon de lame duck (« canard boiteux ») président ou lame duck session. Pourtant ces derniers ont été élus, donc ne souffrant d’aucune illégitimité. Mais par respect de l’expression du peuple, ils se mettent en veille. Les élus lame duck ont généralement moins de pouvoir politique. Pourquoi un organe non élu comme le CNT n´en ferait-t-il pas de même en faveur d’une institution légitimée démocratiquement comme l’Assemblée Nationale ? Faut-il rappeler à nouveau que le vote du Budget est la prérogative la plus importante de l’Assemblée nationale ? Pour mémoire, souvenons-nous que le président Alpha Condé en personne avait, après son élection fin 2010 et avant son « installation » dans les fonctions de président de la République, demandé au gouvernement de transition de se mettre en veille et de stopper les dépenses entre autre. Et cela à juste titre. L’opposition l’avait-t-elle soutenu à l’époque? Quand la géométrie variable du droit nous tient ! Cette critique est valable aussi bien envers le Président qu’envers l’opposition.

Aussi suis-je d’avis que l’Assemblée nationale, représentante du peuple souverain, est la seule institution légitimée à statuer sur la Loi de finances 2014.

En outre, la question de l’ « installation » de l’Assemblée nationale sera discutée plus bas.

 

Question de la légalité du décret convoquant la session extraordinaire du CNT

Maintenant, nonobstant les arguments développés ci-dessus, supposons que le CNT, en s’appuyant sur l’article 157 de la Constitution, possède toujours les prérogatives de Parlement. Que prévoient les textes constitutionnels ?

Le CNT, conformément à l’article 68, est en session ordinaire depuis le 05 octobre 2013.

article 68: « L’Assemblée nationale se réunit de plein droit en session ordinaire deux fois par an.

- La première session s’ouvre le 5 avril, sa durée ne peut excéder quatre-vingt-dix (90) jours ;

- La deuxième session s’ouvre le 5 octobre, sa durée ne peut excéder quatre-vingt-dix (90) jours ;

Si le 5 avril ou le 5 octobre est un jour férié, l’ouverture de la session aura lieu le premier jour ouvrable qui suit. »

En raison des contraintes liées aux négociations du Gouvernement avec les partenaires financiers extérieurs et des investissements prévus à partir du 1er janvier 2014 pour l’amélioration des conditions de vie des Guinéens, il est compréhensible que le Gouvernement veuille faire adopter le budget au plus tard le 31 décembre 2013. C’est une approche légitime et même louable. Seulement il aurait dû soumettre le projet de budget au plus tard le 15 octobre selon l’article 75 de la Constitution : « L’Assemblée nationale vote le budget en équilibre. Elle est saisie par le Gouvernement du projet de Loi de finances au plus tard le 15 octobre.

La loi de Finances est votée au plus tard le 31 décembre.

Si à la date du 31 décembre, le budget n’est pas voté, les dispositions du projet de Loi de finances peuvent être mises en vigueur par ordonnance.

Le Gouvernement saisit pour ratification l’Assemblée nationale convoquée en session extraordinaire dans le délai de quinze jours.

Si l’Assemblée nationale n’a pas voté le budget à la fin de cette session, le budget est définitivement établi par ordonnance. ».

Pourquoi le Gouvernement n’a-t-il pas déposé le projet de la Loi de finances 2014 au plus tard le 15 octobre?

Cet article 75 est illustratif de la manière dont il faut lire la Constitution pour pouvoir l’interpréter de manière pertinente. Vous vous souviendrez surement que nous avons convenu plus haut, dans la première partie de cet article, que lire un seul article de la Constitution n’est pas toujours suffisant et opportun pour être en mesure de l’interpréter ou de la comprendre. Mais plutôt qu’il est nécessaire de lire plusieurs articles, voire toute la Constitution, pour mieux la cerner.

Si on s’était arrêté à cet article (date butoir du 15 octobre), on serait tenté de dire qu’il n’y a plus rien à faire. On pourrait même parler d’anti constitutionalité puisque le Gouvernement n’a pas respecté cette date. Mais non ! Notre Constitution a pris d’autres dispositions pour pallier à ce problème. En effet l’article 76 stipule: « L'Assemblée nationale dispose de soixante jours au plus pour voter la Loi de finances.

Si, pour des raisons de force majeure, le président de la République n'a pu déposer le projet de Loi de finances en temps utile, la session ordinaire est suivie immédiatement et de plein droit, d'une session extraordinaire dont la durée est au plus égale au temps nécessaire pour couvrir le délai allant du jour de dépôt du projet de loi au soixantième jour suivant.

Si, à l'expiration de ce délai, le projet de Loi de finances n'a pas été adopté, il peut être mis en vigueur par décret, compte tenu des amendements votés par l'Assemblée nationale et acceptés par le président de la République.

Si, compte tenu de la procédure prévue ci-dessus, la Loi de finances de l'année n'a pu être mise en vigueur avant le début de l'exercice, le président de la République demande d'urgence à l'Assemblée nationale l'autorisation de percevoir les impôts.

Celle-ci se prononce dans les deux jours. Le président de la République est autorisé à reconduire par décret le budget de fonctionnement de l'année précédente ».

Les articles 75 et 76 méritent une attention particulière. Pendant que le premier cité décrit la procédure en règle générale, le second concerne le cas particulier (raisons de force majeur).

Donc normalement, le Gouvernement doit soumettre son projet de Loi de finances au plus tard le 15 octobre au Parlement (CNT, dans ce cas), conformément à l’article 75. Celui-ci devrait le voter (avec ou sans amendement, peu importe) au plus tard le 31 décembre. Si le Parlement ne l’adopte pas jusqu’à cette date, les dispositions du projet de Loi de finances peuvent être mises en vigueur par ordonnance. Pourquoi ? La majorité parlementaire peut être issue d’un autre bord politique que le président. Donc elle peut pour des raisons objectives ou subjectives de nature politique, économique et autres rejeter le budget. On peut penser ici à une obstruction de l’action du gouvernement. Pour pallier à un tel blocage (du genre « Government shut down », c’est-à-dire à peu près « fermeture du gouvernement »), le gouvernement fera recours aux ordonnances à partir du 1er janvier. Et seulement à partir de cette date, « l’Assemblée nationale est convoquée en session extraordinaire dans le délai de 15 jours pour ratification ». Et maintenant « si l’Assemblée nationale n’a pas voté le budget à la fin de cette session, le budget est définitivement établi par ordonnance ». Cet article souligne le caractère très présidentiel de notre République.

Penchons-nous brièvement sur l’article 76 qui, faut-il le rappeler, décrit une situation spéciale. Rappelons tout d’abord que conformément à l’article 68, l’Assemblée nationale (donc le CNT) se réunit de plein droit en session ordinaire 2 fois. La deuxième session s’ouvre le 05 octobre, sa durée ne peut excéder quatre-vingt-dix (90) jours. L’article 76 fixe la limite de temps disponible au CNT pour voter la Loi de finances à soixante(60) jours. L’Assemblée nationale étant en session ordinaire depuis le 05 octobre et n’ayant pas reçu le projet de Loi de finances le 15 octobre (cas de force majeure) poursuit en principe son ordre du jour. Après la clôture de la session ordinaire (disons par exemple le 17 décembre ou au plus tard 90 jours après le 05 octobre), il s’ensuit immédiatement et de plein droit (le terme de « plein droit » n’est pas fortuit, il est extrêmement important, nous y reviendrons plus tard) une session extraordinaire. « Si, pour des raisons de force majeure, le président de la République n'a pu déposer le projet de Loi de finances en temps utile, la session ordinaire est suivie immédiatement et de plein droit, d'une session extraordinaire dont la durée est au plus égale au temps nécessaire pour couvrir le délai allant du jour de dépôt du projet de loi au soixantième jour suivant. »

Le décret présidentiel convoquant la session extraordinaire du 18 décembre 2013 est-il légal ?

D’emblée il faut souligner que la question de la courte durée prévue (environ 2 semaines) pour l’adoption du projet de Loi des finances est certes pertinente, surtout sur le plan politique. Mais elle est sans incidence juridique, car respectant le délai constitutionnel (maximum de 60 jours). D’autant plus que nos législateurs actuels (CNT) affirment qu’ils sont en mesure de s’atteler soigneusement à cette tâche comme ils l’ont fait les années précédentes.

Pour répondre à la question posée on fera appel à l’article 69: « l'Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire soit à l'initiative du président de la République, soit à la demande de la majorité des membres qui la composent, sur un ordre du jour déterminé.

La session extraordinaire est close dès que l'Assemblée nationale a épuisé l'ordre du jour.

Les députés ne peuvent demander une nouvelle session extraordinaire avant l'expiration du mois qui suit la clôture d'une session.

Hormis les cas dans lesquels l'Assemblée nationale se réunit de plein droit, les sessions extraordinaires sont ouvertes ou closes par décret. »

L’Assemblée nationale se réunissant de plein droit selon l’article 68 (au cas où on se considérerait en session ordinaire), ou 76 alinéa 2 (au cas où on considérerait la session ordinaire à peine close) en combinaison avec 69 alinéa 4 (précisant les cas où un décret d’ouverture ou de clôture est nécessaire), il n’est nul besoin d’un décret pour ouvrir ou clore la session.

Donc le décret présidentiel du 17 décembre 2013 convoquant une session extraordinaire du CNT pour l’adoption de la Loi de finances 2014 est anticonstitutionnel.

Il n’est pas incongru de penser que le Gouvernement se soit réveillé après les propos de M. Sidya Touré, soulignant à juste titre les problèmes liés à la non constitution du bureau de l’Assemblée nationale élue en vue de l’adoption du projet de Loi de finances 2014, sur une radio privée locale quelques jours avant ledit décret. Dans la précipitation ou la panique, le Gouvernement se serait focalisé sur l’article 76 et l’a assez mal interprété. Pourquoi le pense-je?

Pour élucider cette question, il faut se pencher sur les expériences antérieures concernant l’adoption des Loi de finances 2012 et 2013 (le président ayant été investi fin décembre 2010, l’adoption de la Loi des finances 2011 a été effective très en retard au cours de l’année 2011 même, mais c’est compréhensif compte tenu des mesures nécessaires à l’installation du Gouvernement, etc. Bref, c’était une situation très particulière. Aussi ne lui sera-t-il pas fait grief !)

Comment se sont déroulées les sessions budgétaires 2012, 2013 écoulées ? (à partir du 05 octobre pour au maximum 90 jours, selon notre Constitution en son article 68.)

Il faut souligner que tous les projets de Loi de finances de ces 2 dernières années ont été soumis au CNT au mois de… décembre. Eh oui ! Apparemment, c’est une habitude. Avec la non négligeable différence que le décret présidentiel convoquait une session… ordinaire (sic !!!). Parce que le Gouvernement était conscient que le CNT se trouvait en session ordinaire, communément appelée session budgétaire.

Seulement le Président n’avait pas le droit de la convoquer par décret car conformément à l’article 68 l’Assemblée nationale se réunit de plein droit en session ordinaire. Même en cas de session extraordinaire de plein droit (article 76, alinéa 2), conformément à l’article 69, alinéa 4 stipulant : « Hormis les cas dans lesquels l'Assemblée nationale se réunit de plein droit, les sessions extraordinaires sont ouvertes ou closes par décret ».

Ainsi le président de la République, Pr Alpha Condé, contrairement à l’article 68, a dans un décret rendu public le jeudi 15 décembre 2011 convoqué le Conseil national de transition (CNT) à une session ordinaire (sic !). Cette session a démarré, selon ce décret, le samedi 17 décembre 2011 et avait un seul point comme ordre du jour: l'examen du projet de Loi de finances 2012 élaboré par le gouvernement.

« Le président guinéen Alpha Condé a convoqué par décret présidentiel, daté du mardi 04 décembre 2012, la session ordinaire (sic!) du Conseil national de la transition (CNT, organe parlementaire de la transition), à compter du jeudi 06 décembre 2012 afin d'examiner et d'adopter la Loi de finances du gouvernement pour l'année 2013, a-t-on appris mercredi 05 décembre 2012 de source officielle ». Tel était l’intitulé d’une dépêche.

Encore une: « Décret de clôture publié le vendredi le 23 décembre 2012 portant clôture de la session ordinaire du CNT portant sur l’examen et l’adoption du projet de Loi de finances 2013 le 24 décembre 2012 à 11 heures GMT »

Wow ! (Eh Dii ! Koutoubou ! Djobotii !...). Et où était l’opposition pour protester ou porter plainte auprès de la Cour suprême (géométrie variable, quand tu nous tiens !) ?

Et pourquoi le Président convoque-t-il des sessions ordinaires les années précédentes à la même époque et cette année une session extraordinaire ? Sur quelle base juridique ?

Ceci pour souligner combien nous sommes dans l’à-peu-près, dans l’amateurisme. Même des sessions ordinaires ont été convoquées ou closes par des décrets présidentiels contrairement à notre Constitution.

Ainsi le décret du 17 décembre 2013 convoquant une session extraordinaire du CNT le 18 décembre 2013 pour l’adoption du projet de Loi de finances 2014 est, conformément à l’article 76, alinéa 2 en combinaison avec l’article 69, alinéa 4, inconstitutionnel!!!!!!!!


Que faire ? Esquisse de solutions pour sortir de la crise

A défaut d’empêcher physiquement de manière légale la tenue de la session « extraordinaire » du CNT, les députés élus doivent faire recours à la Cour suprême. Et le cas échéant, la Cour de la CEDEAO en s’appuyant entre autres sur le traité révisé de la CEDEAO et ses protocoles sur la démocratie et la bonne gouvernance. Toutefois, il ne faut pas seulement l’annoncer mais le faire vraiment. Je conviens avec vous que ceci est une autre paire de manche.

Compte tenu de la configuration socio-politique du pays et les expériences précédentes avec la justice guinéenne en général et la Cour suprême en particulier, je suis plutôt partant pour la solution supranationale. Y compris pour les cas de violation des Droits de l’homme avec tous les morts et blessés enregistrés. Permettez-moi d’ouvrir ici une courte parenthèse : pourquoi les organisations de défense des droits de l’homme et la société civile, en symbiose avec les familles des victimes tuées et des celles encore vivantes, soutenues par l’opposition n’ont-t-elles pas porté devant les juridictions supranationales (comme la Cour de justice de la CEDEAO) ?

Ensuite il faut arrêter d’attendre le Président. On croit chez nous toujours à un président omnipotent sans qui aucune institution ne peut fonctionner. On attend un décret pour ouvrir même une session ordinaire. Il faut finir avec cet attentisme. Notre Constitution devrait nous éclairer sur la démarche à suivre.

Elle prévoit 3 types de session:

- Les sessions ordinaires : Ce sont les périodes au cours desquelles l’Assemblée nationale siège, sans raison ou convocation particulière, uniquement parce que la Constitution le prévoit. L’article 68 : « L’Assemblée nationale se réunit de plein droit en session ordinaire deux fois par an.

- La première session s’ouvre le 5 avril, sa durée ne peut excéder quatre-vingt-dix (90) jours ;

- La deuxième session s’ouvre le 5 octobre, sa durée ne peut excéder quatre-vingt-dix (90) jours ». L'ouverture de la session ordinaire peut également faire l'objet d'une cérémonie particulière.

- La session extraordinaire qui, à l’opposé de la session ordinaire, se tient en dehors de la période prévue ou retenue pour la durée de la session ordinaire. Article 69: « l'Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire soit à l'initiative du président de la République, soit à la demande de la majorité des membres qui la composent, sur un ordre du jour déterminé. La session extraordinaire est close dès que l'Assemblée nationale a épuisé l'ordre du jour.

Les députés ne peuvent demander une nouvelle session extraordinaire avant l'expiration du mois qui suit la clôture d'une session.

Hormis les cas dans lesquels l'Assemblée nationale se réunit de plein droit, les sessions extraordinaires sont ouvertes ou closes par décret »

- La session (extraordinaire) de plein droit : Elle se distingue d'une session extraordinaire parce que sa réunion est simplement conditionnée à une décision ou un fait, sans qu'une convocation officielle ne soit exigée. Voir, par exemple, article 76, alinéa 2 « Si, pour des raisons de force majeure, le président de la République n'a pu déposer le projet de Loi de finances en temps utile, la session ordinaire est suivie immédiatement et de plein droit, d'une session extraordinaire dont la durée est au plus égale au temps nécessaire pour couvrir le délai allant du jour de dépôt du projet de loi au soixantième jour suivant ».

Maintenant quelles sont les voies que nos députés, conformément aux dispositions de la Constitution, pourraient suivre afin de siéger ?


Session ordinaire conformément à l’article 68

Les députés peuvent argumenter que nous sommes en session ordinaire depuis le 05 octobre. Dans ce cas, il n’est nul besoin d’un décret présidentiel. Donc ils se réunissent pour constituer le bureau de l’Assemblée nationale. Et pour voter les lois y compris la Loi des finances 2013. Rappelons que le Conseil national de la transition (CNT) présidé par sa présidente Hadja Rabiatou Serah Diallo a adopté le vendredi 8 novembre à l’unanimité le traité pour la construction, l’exploitation et le développement de la ligne projet d’interconnexion des réseaux électriques de Côte d’Ivoire, du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée (CLSG). Preuve que la session ordinaire était déjà ouverte. Donc les nouveaux députés élus doivent prendre la relève et siéger afin d’élire leur bureau. Il serait peut-être plus élégant si le CNT donnait le témoin aux nouveaux élus de manière solennelle.


Session extraordinaire conformément à l’article 69

Les députés peuvent demander une session extraordinaire avec comme ordre du jour la constitution du bureau de l’Assemblée nationale. Problèmes : cette demande doit venir de la majorité des députés (donc au moins 58). Ensuite il faut un décret présidentiel d’ouverture OU de clôture de la session (voir développements argumentés plus bas).

Pour le commun des mortels, les députés sont les membres de l’Assemblée nationale. Mais pour certains puristes, cela semble ne pas être évident. Aussi vous prierais-je de me permettre d’aborder brièvement ce sujet.

Selon l’article 69 : « l'Assemblée nationale est réunie en session extraordinaire soit à l'initiative du président de la République, soit à la demande de la majorité des membres qui la composent, sur un ordre du jour déterminé ».

Et qui sont les membres qui composent l’Assemblée nationale ? L’article 59 nous apporte sans équivoque la réponse : « L'Assemblée représentative du peuple de Guinée porte le nom d'Assemblée nationale.

Ses membres portent le titre de députés ».

L’article 60 stipule: « Les députés à l'Assemblée nationale sont élus au suffrage universel direct ».

Donc les députés, dès le moment où ils sont élus au suffrage universel direct, conformément à l’arrêt de la Cour suprême du 15 novembre 2013, sont membres de l’Assemblée nationale.

Permettez-moi de pousser un peu plus loin cet argument. L’AN « existe » dès lors que les membres la composant (les députés) « existent ». Notre Constitution ne prévoit pas de cérémonie d’investiture ou d’installation des députés comme c’est le cas pour le président de la République conformément à l’article 35 : « Le président de la République est installé dans ses fonctions après avoir prêté serment devant la Cour constitutionnelle… ». A la fin de l’arrêt de la Cour suprême du 15 novembre 2013, il est dit : « Sont définitivement élus députés les personnes dont les noms suivent… » Donc depuis ce jour, nos 114 « Honorables » sont députés, donc représentants du peuple.

Seul le bureau de l’AN n’est pas encore constitué. D’ailleurs le Règlement intérieur de l’AN ne parle pas d’« installation » de l’AN mais plutôt de « constitution » du bureau de l’AN (chapitre 3 dudit Règlement). L’existence de l’AN en soi n’est pas liée à son bureau. Elle est plutôt antérieure à la Constitution de ce Bureau. article 8 dudit Règlement Intérieur: « Au début de la législature, le plus âgé de ses membres présents, assistés des 2 plus jeunes comme secrétaires, assure la présidence de l’Assemblée (sic !) ». Ainsi le député le plus âgé assure la présidence de l’Assemblée (!) avant l’élection de son président. Il faut noter que l’AN n’est pas un lieu (Palais du peuple) mais l’institution représentative du peuple dont les membres sont les députés élus au suffrage universel direct. Donc l’AN est installée dès lors que les députés sont élus. Cette démarche argumentative renforcerait encore plus l’illégitimité du CNT à la seule différence que celui-ci serait dans ce cas en violation flagrante avec l’article 157 même. Rappelons que c’est cet article qui attribue au CNT le rôle de l’AN jusqu’à l’installation de cette dernière.

Je conviens que ceci semble être pinailleur et tiré par les cheveux. Mais n’oublions pas que nous sommes en droit. Ici la pédanterie est plutôt considérée comme une vertu. Couper les cheveux en quatre est peut-être la discipline favorite des juristes. Bref.


Session (extraordinaire) de plein droit

Elle est simplement conditionnée à l’arrêt de la Cour Suprême du 15 Novembre 2013 fixant la liste définitive des députés élus. Ici les députés vont s’appuyer entre autres sur les arguments exposés plus haut (que je vous prie de relire avant de continuer car ils s’appliquent entièrement à ce chapitre) qui soulignent leur légitimité vis-à-vis du CNT non élu. Ensuite l’article 2 en son dernier Alinéa stipule: « Le principe de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs est consacré ». Les principes de la « séparation des pouvoirs » et de « l’équilibre des pouvoirs » exigent que les trois fonctions d’un Etat démocratique ne soient pas concentrées entre les mains d’un seul pouvoir, mais soient réparties entre différentes institutions. Aussi est-il inconcevable au nom de la séparation et de l’equilibre des pouvoirs que la mise en place effective du pouvoir législatif soit entièrement soumise à la discrétion de l’exécutif. La Guinée ne réaffirme-t-elle pas dans le préambule de sa Constitution « sa volonté d’édifier dans l'unité et la cohésion nationale, un Etat de droit et de démocratie pluraliste » ? Il est pertinent de relire le préambule et les articles 1 et 2 cités plus haut.

Encore une fois, le fameux décret présidentiel n’est point la condition sine qua non pour la mise en place du bureau de l’Assemblée nationale. D’ailleurs cet article 69, dans un souci d’équilibre des pouvoirs, offre seulement au président de la République l’opportunité de saisir l’Assemblée nationale en dehors des sessions ordinaires sur un ordre du jour précis. Dans ce cas, il fait un décret de convocation. Si la session extraordinaire est l’initiative de la majorité des députés, elle ne requiert pas obligatoirement un décret d’ouverture mais plutôt un décret de clôture. Article 69, alinéa 4: « les sessions extraordinaires sont ouvertes OU closes par décret. ». Tout ceci dans un esprit d’équilibre des pouvoirs, principe consacré, je le rappelle encore une fois, par notre Constitution non seulement dans son préambule mais aussi dans son article 2, alinéa 7.

Cependant, nonobstant la constitutionnalisation de ce principe, « qui est le degré le plus haut de sacralisation d’une norme », il existe de multiples limites à son application concrète. Cette absence de conformité entre les prescriptions de la loi et la réalité est plus regrettable et plus préjudiciable à l'État de droit et à la démocratie dans les rapports entre le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire.

Maintenant, je me permets un message plutôt politique, bien que se basant sur une base juridique. Nous sommes en Guinée et nous aimons bien le « Tedougâl » (ce qui veut dire à peu près « respect solennel »). Bien que ce « Tedougâl » puisse s’avérer indispensable pour les questions sociales (baptême, mariage et autres…), il n’est point nécessaire en politique. Nous sommes ici en Droit et en Politique. Donc ces états d’âme ne devraient pas être pris en compte.

Il est impératif que nos députés arrêtent de se plaindre. Leur attentisme et laxisme, aussi, minent notre jeune démocratie autant que, à un degré moindre, bien sûr, certains actes posés par l’exécutif. Ils sont toujours sur la défensive.

Il faut qu’ils soient beaucoup plus proactifs. Qu’ils fassent preuve d’imagination. Qu’est ce qui les empêche, en s’appuyant sur les arguments développés ici et sur d’autres beaucoup plus pertinents que les miens surement, de décider de tenter de mettre en place leur bureau ? Que se passerait-il s’ils se rendaient au Palais du peuple en groupe pour le faire ? Quelle image donnerait l’exécutif à la face du monde si les services de sécurité empêchaient par la force les élus du peuple de prendre fonction ? Il faut que nos députés prennent le risque de ce bras de fer. Ils ne peuvent que gagner. L’article 3 de notre Constitution stipule: « Les partis politiques concourent à l'éducation politique des citoyens, à l’animation de la vie politique et à l'expression du suffrage. Ils présentent seuls les candidats aux élections nationales…

Les droits des partis politiques de l’opposition de s’opposer par les voies légales à l’action du Gouvernement et de proposer des solutions alternatives sont garantis. »

Vivement qu’ils concourent à notre éducation politique et qu’ils « animent » aux premières loges la vie politique !!! Je suis conscient de tous les énormes efforts et lourds sacrifices fournis jusqu’à ce jour. Toutefois comme on le dit, si bien, il faut qu’ils mouillent un tout petit peu plus le maillot. J.

Le fait d’avoir longtemps été haut fonctionnaire de l’Etat est sans doute un atout indéniable pour la gestion du pays, comme on peut l’observer avec le bilan insuffisant du gouvernement de Saïd Fofana. Toutefois cela peut s’avérer être un handicap dans certaines situations. Et nous sommes dans une telle situation. C’est à mon humble avis l’une des raisons, pour ne pas dire la principale, que les leaders de l’opposition (tous anciens haut fonctionnaires national et international) attendent sagement, bravement un décret présidentiel les convoquant à siéger, c’est-à-dire leur permettant de jouir librement de leur droit de représenter le peuple. Il leur manque la ferveur, l’audace et la pugnacité du combattant militant. Ce qui fut l’une des grandes forces du président Alpha Condé. Il ne me semble pas inutile de demander à nos députés d’intérioriser encore plus qu’ils sont les élus du peuple. Qu’ils se lèvent et qu’ils représentent dignement le peuple. Imaginez un seul instant la réaction du professeur Alpha Condé et du RPG (ou de Laurent Gbagbo et du FPI !) s’ils étaient à la place de l’opposition actuelle. Ils n’auraient jamais accepté cette situation. Et ils auraient raison.

Vu le contexte socio-politique qui prévaut en Guinée, il me semble plus que nécessaire de rappeler ceci : il ne faut pas faire l’amalgame actuel (jusqu’à l’élection du bureau de l’Assemblée nationale, je suppose) entre opposition et Assemblée nationale. Pendant que la première ne représente que la partie minoritaire du pays, la seconde est la représentante de TOUT le peuple. C’est l’émanation de l’expression de TOUS les Guinéens (de toutes les régions de l’intérieur et de ceux dits de l’Extérieur). Donc les députés du RPG Arc en ciel et alliés, ceux de l’UFDG et alliés, bref tous les 114 sont nos représentants. Il faudrait qu’ils défendent tous ensemble l’institution Assemblée nationale vis-à-vis de l’Exécutif (séparation et équilibre des pouvoirs). Aussi les députés de la mouvance devraient-ils, eux aussi, se sentir concernés et affirmer les droits du législatif vis-à-vis de l’exécutif. Quitte à entériner le projet de Loi de finances avec leur majorité. On a l’impression que seule l’opposition a des députés. Car elle est la seule à se plaindre face à la violation des droits de l’Assemblée nationale. Où sont les députés de la mouvance présidentielle?

 

En conclusion: je suis d’avis que, sous tous les angles, que ce décret présidentiel est anticonstitutionnel :

pour les raisons développées plus haut, l’Assemblée nationale est la seule institution légitime habilitée à voter la Loi de finances 2014 depuis l’arrêt de la Cour suprême du 15 novembre 2013 ;

indépendamment de 1, le décret de convocation d’une session extraordinaire du CNT est en flagrante contradiction avec la Constitution.

Pourtant, tenez-vous bien : notre Gouvernement aurait pu éviter tous ces problèmes de manière très élégante en présentant le projet de Loi de finances 2014 au CNT (!) au plus tard le 15 octobre 2013 afin de l’adopter d’ici le 31 décembre 2013, conformément à l’article 75 de la Constitution. A cette date, les nouveaux députés élus n’étaient pas encore fixés ni par la CENI, encore moins par la Cour suprême. Je n’arrive encore pas à comprendre pourquoi le Gouvernement ne l’a pas fait. « Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » semble être sa devise.

C’est une question que nous pourrons élucider peut être après l’ouverture des archives (sic!) du Gouvernement. 

Comme souligné plus haut, il est très pénible (mais pas inutile, j’espère) de discuter sur des dispositions de notre Constitution qui requièrent l’interprétation de celle-ci sur des bases du droit et du dogme juridique quand celles sans équivoques sont sans cesse violées dans l’indifférence totale, ou presque. Mais pour une certaine gymnastique cérébrale et pour les amphithéâtres, comme le dirait quelqu’un, je me suis permis de vous ennuyer avec cette ébauche.

Bien sûr j’en suis conscient: ce travail pourrait surement souffrir de lacunes. Comme un adage le dit si bien ailleurs: « demandez l’avis de 2 juristes et vous en aurez 3 différents ». Je compte sincèrement sur votre indulgence, chères sœurs et chers frères.

Encore une fois, veuillez comprendre cet article comme ma modeste contribution à ce débat. Ceci n’est qu’une piste de réflexion. Raison pour laquelle je suis accessible à toutes critiques et suggestions de votre part.


Baldé Mamadou Gando
Berlin
 

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Commentaires  

 
+2 #28 AS Wann 30-12-2013 00:47

Vive les Droits de l'Homme, ce que je veux ressortir avec les articles 157, 158 et 159 des dispositions transitoires de la constitution est qu'en fait depuis le 7 novembre 2010 nous sommes rentrés dans l'illégalité en organisant pas les élections législatives et donc en maintenant le CNT dont la mission est limitée effectivement à six mois après l'adoption de la constitution. Toutes les lois votées par le CNT sont attaquables, c'est pour ça que les multinationales minières par exemple ont préféré attendre un parlement légitime pour approuver leurs contrats.
Les membres du CNT et beaucoup d'entre nous s'appuient sur l'article 157 pour justifier son existence, alors que l'article 159 est formel, la transition ne doit pas excéder six mois maximum après l'adoption de la constitution.
Seule la Guinée se donne le luxe de violer sa constitution et de continuer à régler les problèmes politiques par consensus.
C'est pourquoi, j'ai dit que nous avions suspendu la constitution le 7 septembre 2010 exactement comme le ferait des putschistes militaires. On a d'ailleurs oublié que le CNT est un organe crée par une junte militaire, qui devait être mise en place depuis le CNDD version Dadis n'eut été les tergiversations de ce dernier.
On a même pas besoin de s'appuyer sur d'autres articles de la constitution car le CNT est illégal si nous tenons compte de la constitution.
J'avais déjà écrit un article sur ma page Facebook pour m'étonner que tout le monde pense que les élections législatives devaient se tenir six mois après les présidentielles.
On continu à ignorer l'article 159, sinon on ne peut pas continuer à donner un rôle à un organe caduc Cômme le CNT, ou accepter que le PRG viole impunément la constitution.
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+8 #27 Vive les Droits de lHomme 29-12-2013 22:36

Messieurs Gandhi et A.S. Wann, Je suis d’accord avec ce que vous venez de dire. M. Balde dit la même chose dans son article. Seulement, il a prolongé le débat et démontré que même si le gouvernement affirme que le CNT peut toujours continuer à exercer comme Parlement, il aurait dû respecter les dispositions constitutionnelles. On peut citer la violation flagrante des articles 76 (l’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en session extraordinaire) et 69 (dans ce cas il est nul besoin de décret présidentiel). Ou bien présentez le Budget au plus tard le 15 octobre (ce qui, ma foi, ne devrait pas être de la mer à boire). Et personne n’en parle ! C’est aussi ça le grand problème. En plus, le président a convoqué les années précédentes des sessions ordinaires par décret et cela contrairement à la Constitution (Article 68). Je trouve dommage que l’Opposition n’en parle pas. Pourquoi ne pas attaquer ce décret au moins devant la Cour Suprême, ou la CEDEAO ? Peu importe ce que la CS dirait. Madame Fanta Kaba a totalement raison. Mais encore une fois, on s’en fout de la Constitution chez nous. C’est triste !
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+6 #26 AS Wann 28-12-2013 19:51

Cette question est réglée par les dispositions transitoires de la constitution dont je retiens les articles 157, 158 et 159:
Art.157: Le Conseil National de Transition assumera toutes les fonctions législatives définies par la présente constitution jusqu'à l'installation de l'Assemblée Nationale.
Art.158: Les lois nécessaires à la mise en place des institutions et au fonctionnement des pouvoirs publics sont adoptées par le Conseil National de Transition et promulguées par le Président de la République.
Art.159: Il sera procédé aux élections législatives à l'issue d'une période transitoire qui n'excèdera pas six (6) mois à compter de l'adoption de la présente constitution.
Ces articules sont sans ambiguïté. Il est clair que la constitution fixe un délai impératif pour organiser les élections élections afin de doter le pays d'un parlement légitime. Mais entre l'adoption de la constitution et la tenu dans le délai précis de six mois maximum, le CNT est chargé d'assumer le rôle du parlement. Contrairement à ce qu'on nous fait entendre, cette mission du CNT est limitée dans le temps. Il n y a aucune situation de force majeure qui lui permet de continuer à légiférer passé ce délai constitutionnel de six mois.
Mieux, la constitution précise même les tâches que le CNT doit exécuter durant cette période avec l'article 158, c'est à dire adopter les lois nécessaires à la mise en place des institutions et au fonctionnement des pouvoirs publics.
Ne pas organiser les élections six mois après son adoption est une violation flagrante de la constitution.
Dès lors la question de la constitutionnalité de ce décret présidentiel ne se pose même pas pas car tous les actes posés par ce CNT au delà du délai constitutionnel imposé par la constitution sont illégaux.
La constitution n'accorde aucun droit au CNT de légiférer après le délai de six mois maximum pour organiser des élections législatives après son adoption.
Nous sommes coutumiers de ces violations de notre constitution. Cela n'est possible qu'en Guinée.
En fait cette constitution a été suspendue depuis le 7 novembre 2010 qui était le délai constitutionnel pour organiser les législatives qui allaient être le point de départ de la mise en place de toutes les institutions à savoir la Cour Constitutionnelle, la Cour des Comptes, l'Institut National des Droits des Humains, le Médiateur National de la République et le Haut Conseil des Collectivités Locales.
Nous sommes devant un veritable déséquilibre institutionnel qui affecte le fonctionnement régulier de l'Etat et de la démocratie dans le pays.
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+10 #25 Fanta Kaba 28-12-2013 16:11

Merci M. Baldé.
1. Votre intervention a eu au moins le mérite de susciter des polémiques sur un sujet capital de notre société.
2. Loin d'être femme de droit. Je trouve normal que le texte soit aussi long et aussi explicite car il s'adresse à des guinéens qui, dans la grande majorité, ne connais rien de nos lois. Même nos ceux qui nous gouvernent n'en savent pas assez.
Sur le fond, pour ceux qui contestent vos conclusions, je les invite à utiliser les articles de nos Lois pour réagir.
Bonne année.
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+5 #24 Gandhi 28-12-2013 11:09

Citation en provenance du commentaire précédent de Balde Gando:
Qu’en pensez-vous ? Votre avis concernant surtout point 2 m’intéresse énormément.

Comme je l'ai dit précédemment, AC viole la Constitution quand ça l'arrange, sans réaction de la part de l'opposition, mais veut imposer le respect de la loi quand il y va de son intérêt. Comme l'opposition n'a pas fait ce qu'il fallait en temps utile, y compris contester les nominations illégales à la CS, il est maintenant difficile d'agir, à part vociférer pour rien.
L'esprit de la Constitution est également dévoyé, car le législatif n'est pas un pouvoir inférieur à l'exécutif, mais je ne suis pas sûr que tout le monde en soit conscient.
Concernant le point 2, l'opposition est toujours en retard d'un train et n'anticipe pas le futur, même proche. Dès la décision de la CS, il fallait siéger et bloquer le processus d'installation via le vote du règlement intérieur, sous réserve d'application des accords du 3 Juillet, que la mouvance a signés. Il fallait mettre cette dernière au pied du mur, non pas pour procéder à un chantage et obliger celle-ci à faire quelque chose qu'elle ne souhaite pas, mais pour faire valoir des accords acceptés par tous, mais non appliqués (faute de temps ???). Si la mouvance refuse de respecter son engagement à la face du monde, alors...
Toutefois, il ne s'agit pas de discuter de ce qu'il aurait fallu faire, puisque cela n'a pas été fait pour le moment, mais de ce qui existe compte-tenu des conditions actuelles. En l'absence d'installation de l'AN, peu importe les raisons, c'est bien le CNT qui est habilité à agir dans l'attente. Dans le pire des cas, AC peut ne jamais convoquer l'AN, et ce sera aux députés de se prendre en mains dès la session d'Avril 2014, puisqu'il n'y a pas besoin de décret de convocation à ce moment. L'ennui c'est qu'on aura perdu du temps, et que s'ils mettent à profit leur moyen de pression pour faire appliquer les accords du 3 Juillet, cela retardera d'autant les élections communautaires, et le choix d'un nouvel opérateur électoral. C'est aussi ce que souhaite AC. Pourtant il faut être persévérant et ne pas lâcher prise. Seules des élections transparentes en 2015 permettront l'alternance, l'un des critères pour affirmer que nous sommes en voie de démocratisation.
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+4 #23 amadousdialamba 28-12-2013 07:08

SVP :lire mais ils n'ont jamais.....
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+10 #22 amadousdialamba 28-12-2013 04:12

Héyii, héyii, trop de critiques sur la dimension de ce texte. De grâce, considérez son fond et non sa forme. Il faut savoir que ce compatriote a passé peut-être toute une demi-journée ou une bonne partie d’une de ses nuits à bruler ses méninges pour produire ce texte. A défaut de l’encourager, il ne faut pas trop le taper SVP. Moi je l’encourage à persévérer dans son effort vraiment louable. A mon avis, ce brillant auteur a voulu tout simplement fournir autant que possible des détails dans son œuvre en vue de faire comprendre au maximum les citoyens la procédure normale, si le pays était normal. Malheureusement le nôtre est encore loin de l’être. Lisons les parties qui nous paraissent instructives et laissons le reste aux plus curieux. Puisque de toute façon, en Afrique, particulièrement chez nous en Guinée, on ne se soucie presque point de la constitution, à plus forte raison les règles et procédures qui l’accompagnent. A chaque crise ou conflit, les accords conçus à l’insu du peuple sont plus considérés que notre constitution. Pourtant ces accords sont souvent élaborés par un simple groupe restreint, dominé par des délégués du régime et des étrangers qu’on aime souvent appeler représentants de la communauté internationale, également complices. Nous avons assisté à plusieurs reprises à ces cas de figure, sans que personne ne crie au scandale. Depuis toujours, nous produisons et votons inutilement des textes, car ils n’ont jamais empêché les régimes de faire ce qu’ils désirent de faire pour atteindre leur objectifs politiques. Combien de fois Alifa le Mossi a piétiné nos textes pour arriver à ses fins ? Depuis 2010, il en a fait à plusieurs reprises. Il est en train d’en faire encore aujourd’hui, avec son refus catégorique de mettre en place la nouvelle Assemblée nationale et il continuera de le faire sans être inquiété. Alors du calme SVP, nos avis ne se limitent qu’à l’animation de la galerie.
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+5 #21 Gandhi 27-12-2013 22:38

Citation en provenance du commentaire précédent de Vive les Droits de lHomme:
soit on s’en fout éperdument de la Loi en Guinée ou bien les partis politiques et le gouvernement n’ont pas de juristes qualifiés.

La constitution est importée de France et ne correspond pas aux habitudes africaines, raison pour laquelle tout le monde s'en fout. Il faut créer une constitution purement africaine, élaborée par des Africains en fonction des cultures locales. Par ailleurs les leaders de l'opposition ne veulent pas dépendre de juristes, d'où leur rejet de procédures pourtant nécessaires, comme le recours à la Cour de justice de la Cedeao, qui sont pourtant utiles avec le temps.
Citation en provenance du commentaire précédent de Balde Gando:
J’ai contacté depuis longtemps les organisations de défense des Droits de l’Homme et certains partis d’opposition afin de saisir la Cour de Justice de la CEDEAO (avec les familles de victimes), vu que le dossier semble ne pas avancer chez nous. Je vous épargne les quelques rares réponses obtenues.

En dehors de la réponse ci-dessus, il est nécessaire que les Guinéens particulièrement sensibilisés aux problèmes des droits de l'homme, sachent que les Guinéens pourtant concernés refusent d'agir, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Il a fallu près de 3 ans avant de parvenir à porter plainte contre les criminels de 2007 et 2009 par exemple. Or on ne peut pas obliger les victimes à agir contre leur gré. Ceux qui veulent agir ou aider peuvent convaincre des victimes d'agir, et non attendre la mobilisation des partis politiques.
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+14 #20 Balde Gando 27-12-2013 22:13

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Au-delà du contenu du texte que je ne partage pas, car la loi est claire, je trouve mesquin que ceux qui ne font rien critiquent ceux qui écrivent, comme si ces écrits ne devaient s'adresser qu'aux leaders !!! Quand bien même une seule personne serait intéressée par cet écrit, ce serait déjà une avancée. Parfois le destin d'individus évolue grâce à des rencontres ou des lectures. Que ceux qui veulent critiquer les leaders le fassent en toute liberté (on attend vos textes), mais que ceux qui veulent s'exprimer sur un sujet (y compris les poubelles) puissent le faire aussi. C'est par ce genre de réflexions qu'on devine le caractère profondément anti-démocratique de certains. On peut critiquer le contenu, mais ni la personne qui écrit, ni son initiative. Le monde ne tourne pas qu'autour des leaders, et tout internaute n'est pas forcément militant.
Pour conclure sur le contenu du texte, intéressant en ce qu'il rappelle les nombreuses violations de la constitution, il convient d'affirmer que les juges n'existent pas pour donner leur sentiment personnel, mais pour appliquer la loi. En l'occurrence, l'article 157 est très clair. La CS a validé l'élection des députés, pas la légitimité de l'AN. Tant qu'elle n'est pas mise en place, et la loi reste silencieuse sur les procédures d'installation, le CNT fera office d'AN. Dans l'absolu, AC pourrait même ne jamais convoquer l'AN sans qu'on puisse l'attaquer juridiquement (l'opposition a opportunément renoncé à son recours).
Petites précisions sur des points ponctuels : il faut distinguer les députés et l'AN. Cette dernière n'est constituée que lorsqu'elle aura siégé, ne serait-ce que pour adopter son mode de fonctionnement (règlement intérieur). Or contrairement à ce qui est écrit, l'ancien règlement intérieur de 1991 n'est plus valide. c'est même la première décision à prendre par la nouvelle AN. Comme je l'ai dit dans un texte de façon métaphorique, une association préexiste à la signature des statuts (association de fait en cas de non signature par exemple), mais elle n'aura pas la personnalité juridique en l'absence de signature.
En revanche, je suis d'accord avec le point de vue politique, c'est aux députés de se prendre en mains et de forcer la situation dès la première session ordinaire en Avril prochain.

Merci Gandhi pour votre soutien! Je vous remercie surtout pour la critique sur le continu de l’Article. C’est la raison pour laquelle nous sommes là.
Mon approche était double: montrer
1 les limites de l’Article 157(en l’opposant aux Art. 159, 1 et 2 ainsi qu’au préambule), voir chapitre « CNT versus Assemblée Nationale » et séparation et équilibre des pouvoirs
2 tout en supposant que le CNT soit encore habilitée à légiférer (ce que vous soutenez), que le décret présidentiel de convocation d’une session extraordinaire du CNT( !) est en flagrante violation avec la Constitution (Article 69, Alinéa 4 en combinaison avec 76, Alinéa 2). Voir Chapitre : « Question de la légalité de la convocation d’une session extraordinaire( !) du CNT.
La discussion concernant AN et députés n’est que périphérique et n’a aucune incidence négative sur les points 1. et 2.
Qu’en pensez-vous ? Votre avis concernant surtout point 2 m’intéresse énormément.
Merci d’avance !
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+10 #19 Vive les Droits de lHomme 27-12-2013 20:45

Je voudrais bien débattre sur le contenu. Ainsi j’ai appris que le président n’avait pas le droit de convoquer le CNT même la session extraordinaire pour l’adoption du budget, le CNT se réunissant de plein droit. J’ai aussi appris que le gouvernement avait convoqué une session ordinaire les années précédentes pour l’adopter le budget. Et ceci en contradiction flagrante avec la Constitution. Et que dire de la Déclaration de biens que le Président, les ministres et autres ?
Ce qui m’emmène à la conclusion, soit on s’en fout éperdument de la Loi en Guinée ou bien les partis politiques et le gouvernement n’ont pas de juristes qualifiés. J’avoue que je ne sais pas qu’est ce qui est pire !
La saisine de la CEDEAO pour les cas de violation des droits de l’Homme est plus que souhaitable. ! Et la société civile, les professeurs et Hommes de Droit sont absents malheureusement absent de ce débat. Dommage !
Merci M. Balde pour l’éclairage et la leçon ! Vive la vulgarisation de nos textes de Loi !.
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+12 #18 Vive les Droits de lHomme 27-12-2013 20:43

Citation en provenance du commentaire précédent de Fatoumata:
Au lieu de nous faire perdre du temps sur des technicalites constitutionnelles ou juridiques (pas besoin de nous ecrire un roman la dessus la constitution de 2010 est disponibke dans google pour ceux que ca interesse), vous feriez mieux de vous preoccuper du contenu de ce fameux budget et de ses consequences sur le fonctionnement de l'etat.
Encore un autre venu nous enseigner sa science "juridique". Les juristes nous en avons besoin pour defendre ceux qui croupissent en prison ou ceux accuses injustement. Pour le reste on passera.....

Je trouve votre commentaire non seulement insultant vis-à-vis de l’effort indéniable fourni par M. Balde mais aussi irréfléchi. Vous semblez vouloir détacher la défense des Droits de l’Homme de la défense de la Constitution. En défendant la Constitution on défend les Droits de l’Homme. Bref, moi, j’ai trouvé l’article malgré sa longueur très argumentatif et bien structuré. Point par point. Magistral ! Il faudrait le relire de temps en temps.
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+17 #17 se 27-12-2013 20:32

Mr Baldé, vous méritez bien ce nom GANDO. Pour ce qui est du texte, cest vrai qu'il est long car je n'ai pas eu le courage de tout lire. Mais je dois avouer que le fait d'avoir pris tout le temps nécessaire pour écrire ce texte montre l'interet et le souci que vous avez pour le sujet évoquer et pour la Guinée toute entiere. Et dire que vous etes a Berlin pour écrire un article en Francais aussi long que meme ceux de la France ne peuvent pas écrire en dit long. Vaut mieux écrire un long article que de ne rien écrire (je m'addresse a ceux qui critiquent mais n'ecrivent rien)
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+4 #16 Citoyen Guineen 27-12-2013 19:12

Citation en provenance du commentaire précédent de Balde Gando:
Cher Citoyen Guinéen,
Vous avez sur un point raison. Celui concernant le titre. Le titre original de mon article était intitulé « Question de la constitutionalité du décret présidentiel convoquant le CNT ». Mais comme vous devriez sans doute le savoir, tout journal ou site internet d’information et toute maison d’édition peuvent imposer en fin de compte le titre de l’article ou du livre qu’ils trouvent opportun ou „accrocheur” sans consulter l’auteur. A la publication, l’article portait encore le titre original. D’ailleurs un autre site a conservé ce titre. On peut le regretter mais il faut admettre que c’est comme ça. Toutefois si vous avez lu tout mon article (assez long, je vous l’accorde), vous conviendrez avec moi que j’ai argumenté en „tâtonnant” point par point à la recherche de la réponse à la question (de la constitutionalité dudit décret) posée. Raison pour laquelle mon article ressemble (malheureusement) un tout petit peu( !) à un cours de travaux dirigés en Droit Constitutionnel, comme vous le dites. Et je m’en suis excusé dans la version originale de mon exposé (excuse malheureusement pas publié ici mais ailleurs).
Concernant votre critique face à mon interprétation de l’Article 157, je vous prierais, cher Citoyen Guinéen, de bien vouloir relire soigneusement au moins la première partie de l’article (CNT versus AN). Vous y trouverez la réponse argumentée. C’est la conviction que j’ai gagné au cours de mon analyse.
Que l’opposition ne veuille plus porter ce dossier devant la Cour Suprême n’entache en rien les arguments développés dans cet article, qui parle plus de Droit Constitutionnel que de Politique.
Je vous remercie sincèrement (vous et d'autres lecteurs) pour les conseils. Je vous promets: mon prochain article sera beaucoup moins long!
Bien à vous aussi et du courage !

A mon tour de vous presenter mes excuses, si le ton "rude" de mes remarques vous auraient personnelement offensé. Cela n'a nullement été mon intention.
Et merci d'avoir tenu compte de nos remarques.
Bon courage
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+15 #15 I.MB. Sow 27-12-2013 19:04

M. Baldé,
Moi, je retiendrai avant tout l'esprit d'humilité sur fond de générosité et le désir de convaincre sans choquer qui caractérisent votre longue mais pertinente analyse. Tout ce qui contribue à vulgariser les lois et règles juridiques et constitutionnelles est bon à prendre pour les Guinéens. L'unique petit conseil que je me permettrai, c'est de ne surtout pas (ou plus) vous excuser, alors que vous essayez utilement de donner une opinion avisée sur un sujet brûlant de l'actualité sociopolitique guinéenne que vous semblez bien maîtriser, de surcroît.
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+2 #14 Fatoumata 27-12-2013 18:26

Citation en provenance du commentaire précédent de Balde Gando:
FATOUMATA je suis désolé d’avoir perdu votre temps. Toutefois, je partage entièrement votre amertume vis-à vis des violations des Droits de l’Homme en Guinée. J’ai contacté depuis longtemps les organisations de défense des Droits de l’Homme et certains partis d’opposition afin de saisir la Cour de Justice de la CEDEAO (avec les familles de victimes), vu que le dossier semble ne pas avancer chez nous. Je vous épargne les quelques rares réponses obtenues. Raison pour laquelle j’ai même brièvement abordé ce sujet dans cet article. Bref!
Je souhaiterais qu’on discute sur le fond de cet article.
Merci!

Gando, merci pour votre remarque. Je suis en effet assez frustree par la situation qui prevaut en Guinee notamment la legerete avec laquelle on met dans la balance des vies humaines au profit de calculs politiques. J'ai reagi en rapport au sujet debatu dans l'article notamment la constitutionalite du decret convoquant le CNT car je considere qu'encore une fois on s'occupe des details et non de l'essentiel. (C'est pourquoi a chaque fois que je vois les mots elections, president, opposition, CENI, CNT, gouvernement, je vois rouge)
Mais bon comme l'a fait remarquer ici quelqu'un, vous avez tout a fait le droit d'ecrire sur le sujet qui vous convient. Je n'avais pas a m'en prendre a vous (J'avoue avoir regrete mon post malheureusement il etait deja parti).
Enfin ce qui est fait est fait, je ne peux que m'en excuser.....
Je sais d'experience qu'il n'est pas toujours facile de produire un article, j'ai donc naturellement du respect pour toute personne s'y essayant.
Ne voyez donc aucune offense personnelle dans mon post, c'est la situation generale et le sujet qui font l'objet de ma frustration, non l'auteur........
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+14 #13 Balde Gando 27-12-2013 17:26

Citation en provenance du commentaire précédent de Mme Barry Madina:
Mr Balde je voulais vraiment comprendre votre texte mais je trouves qu'il est long et cela fait perdre de l'intérêt. Mais surtout ne le prenez pas mal c'est juste un constant. Il faut juste donner la chance aux gens d'avoir le courage et la curiosité de vous lire jusqu'à la fin. Les mêmes remarques sont aussi valables pour mon grand (HESSIRABHE GANDHI)

Je vous remercie pour les conseils Madame Barry! Vous avez totalement raison.
Je résume mon écrit :
1. Au vu de TOUTE la Constitution, l’Article 157 est, à mon humble avis, restreint dans sa portée, non seulement par le Préambule (Traités de la CEDEAO etc…) mais aussi par les Articles 1, 2 et 159 de notre Constitution, soulignant entre autres la suprématie des élus du peuple, et le caractère éphémère de l’Article 157. (voir Chapitre « CNT versus Assemblée Nationale »). En plus pour des raisons de séparation et d’équilibre des Pouvoirs (Art 2, dernier Alinéa…..), il est inconcevable que la mise en place effective du pouvoir législatif soit entièrement à la discrétion du pouvoir exécutif.
2. Même en supposant le CNT toujours légal, le décret présidentiel convoquant une session extraordinaire est en flagrante violation avec l’Article 76, Alinéa 2 en combinaison avec l’Article 69, Alinéa 4, car l’Assemblée Nationale se réunissant de plein droit selon ces articles, il n’est nul besoin de décret présidentiel (voir chapitre « question de la légalité de décret présidentiel convoquant la session extraordinaire du CNT »
D’autre part, le Gouvernement a toujours convoqué le CNT les années précédentes au même mois de décembre pour l’adoption des budgets respectifs. A la seule différence que ces décrets convoquaient une session… ordinaire. Pourquoi ?
Pourquoi convoquer, pour le même but (adoption du budget) à la même période (décembre) des sessions ordinaires les années précédentes et une session extraordinaire cette années?
En plus ces décrets présidentiels convoquant des sessions ordinaires sont anticonstitutionnels, car l’AN se réunissant de plein droit. (Voir Article 68). Et je me pose la question de savoir pourquoi l’opposition n’a pas protesté et porté plainte ? Peut-être ne se sentaient-ils pas concernés à l’époque?
Enfin la 3. Partie de mon très long texte (je conçois) se consacre à l’élaboration de possibles voies et moyens pour sortir de la crise.
J’espère que cette version est beaucoup plus « digérable » pour nous tous ! Encore une fois, Merci pour les conseils !
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+11 #12 Balde Gando 27-12-2013 17:05

Citation en provenance du commentaire précédent de Fatoumata:
Au lieu de nous faire perdre du temps sur des technicalites constitutionnelles ou juridiques (pas besoin de nous ecrire un roman la dessus la constitution de 2010 est disponibke dans google pour ceux que ca interesse), vous feriez mieux de vous preoccuper du contenu de ce fameux budget et de ses consequences sur le fonctionnement de l'etat.
Encore un autre venu nous enseigner sa science "juridique". Les juristes nous en avons besoin pour defendre ceux qui croupissent en prison ou ceux accuses injustement. Pour le reste on passera.....

FATOUMATA je suis désolé d’avoir perdu votre temps. Toutefois, je partage entièrement votre amertume vis-à vis des violations des Droits de l’Homme en Guinée. J’ai contacté depuis longtemps les organisations de défense des Droits de l’Homme et certains partis d’opposition afin de saisir la Cour de Justice de la CEDEAO (avec les familles de victimes), vu que le dossier semble ne pas avancer chez nous. Je vous épargne les quelques rares réponses obtenues. Raison pour laquelle j’ai même brièvement abordé ce sujet dans cet article. Bref!
Je souhaiterais qu’on discute sur le fond de cet article.
Merci!
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+14 #11 Balde Gando 27-12-2013 16:53

Citation en provenance du commentaire précédent de Citoyen De Guinee:
Cher M. Balde,
en optant déliberement pour un texte aussi long, pour nous expliquer que le decret d'Alpha Conde est anticonstitutionnel, vous n'avez fait qu'ajouter à confusion ambiante entretenue par la classe politique actuelle.
Il relver en premier lieu, que votre titre ne correspond pas du tout à la démarche que avez annocez dans votre introduction. Car vous dites ceci:
"...ceci ne peut être qu’une ébauche d’appréciation de la situation. Appréciation qui ne revendique nullement le caractère exhaustif ou définitif, encore moins correct ou parfait. Cet écrit devrait plutôt être compris comme une piste de réflexion." Ds lors, à mon avis, le titre même de votre article devait être interrogatif ! Puisque c'est une "piste que vous êtes entrain d'explorer", sans certitude de ce que vous affirmez! Du moins, en se basant sur votre introduction.
Mais plus on évolu dans la lecture, plus vous devenez à la fois catégoriques et contradictoire dans vos affirmations.
L'article 157 dont vous parlez, ne peut être détacher de la constitution. Il precise, dans le cas d'Éspece: jusqu'à l'installation des deputés élus, le CNT fait office de parlement!
Cet article peut vous sembler en contradiction avec le préambule. Cela ne lui enlève nulllement son caracère constitutionnel. Il semble d'ailleurs que l'oppsition ait compris cette nuance, en rennoncant desorais À SAISIR LA COURS SUPREME.
Pour finir,un conseil: pour des questions aussi techniques (le droit n'est pas la tasse de thé de tout le monde), il serait judicieux d'être court, quite à écrire une serie d'article qui peut situer le lecteur progressivement. Votre texte rappelle des travaux dirigés d'un cour de droit constitutionnel...Cela n'interresse pas grand monde ici.
Cordialement et bon courage

Cher Citoyen Guinéen,
Vous avez sur un point raison. Celui concernant le titre. Le titre original de mon article était intitulé « Question de la constitutionalité du décret présidentiel convoquant le CNT ». Mais comme vous devriez sans doute le savoir, tout journal ou site internet d’information et toute maison d’édition peuvent imposer en fin de compte le titre de l’article ou du livre qu’ils trouvent opportun ou „accrocheur” sans consulter l’auteur. A la publication, l’article portait encore le titre original. D’ailleurs un autre site a conservé ce titre. On peut le regretter mais il faut admettre que c’est comme ça. Toutefois si vous avez lu tout mon article (assez long, je vous l’accorde), vous conviendrez avec moi que j’ai argumenté en „tâtonnant” point par point à la recherche de la réponse à la question (de la constitutionalité dudit décret) posée. Raison pour laquelle mon article ressemble (malheureusement) un tout petit peu( !) à un cours de travaux dirigés en Droit Constitutionnel, comme vous le dites. Et je m’en suis excusé dans la version originale de mon exposé (excuse malheureusement pas publié ici mais ailleurs).
Concernant votre critique face à mon interprétation de l’Article 157, je vous prierais, cher Citoyen Guinéen, de bien vouloir relire soigneusement au moins la première partie de l’article (CNT versus AN). Vous y trouverez la réponse argumentée. C’est la conviction que j’ai gagné au cours de mon analyse.
Que l’opposition ne veuille plus porter ce dossier devant la Cour Suprême n’entache en rien les arguments développés dans cet article, qui parle plus de Droit Constitutionnel que de Politique.
Je vous remercie sincèrement (vous et d'autres lecteurs) pour les conseils. Je vous promets: mon prochain article sera beaucoup moins long!
Bien à vous aussi et du courage !
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+19 #10 Balde Gando 27-12-2013 16:44

Je m’excuse auprès de tous les lecteurs pour la longueur de cet article. Mon souci était d’écrire avec précision, « pas à pas ». Malheureusement, malgré tous mes efforts, mon exposé ressemble à un discours fleuve qui non seulement fatigue et ennuie mais aussi noie tous les arguments développés. C’est dommage. C’est de ma faute. J’en tiendrai compte la prochaine fois. Je suis sincèrement désolé. Veuillez accepter mes excuses!
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+16 #9 Abraham 27-12-2013 15:52

Mr Baldé Gando, ne faites pas attention a tous ces commentaires désobligeants! votre texte est long mais cela est compréhensible comme quelqu'un, un juriste qui plaide pour bien se faire comprendre. De toute facon, avec les Guinéens, quoi que vous fassiez, ils vont critiquer au lieu d'apporter leur contribution constructive. Vous avez révelez des choses pertinentes. Continuez!
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+1 #8 Mme Barry Madina 27-12-2013 13:21

Mr Balde je voulais vraiment comprendre votre texte mais je trouves qu'il est long et cela fait perdre de l'intérêt. Mais surtout ne le prenez pas mal c'est juste un constant. Il faut juste donner la chance aux gens d'avoir le courage et la curiosité de vous lire jusqu'à la fin. Les mêmes remarques sont aussi valables pour mon grand (HESSIRABHE GANDHI)
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+12 #7 Gandhi 27-12-2013 11:29

Au-delà du contenu du texte que je ne partage pas, car la loi est claire, je trouve mesquin que ceux qui ne font rien critiquent ceux qui écrivent, comme si ces écrits ne devaient s'adresser qu'aux leaders !!! Quand bien même une seule personne serait intéressée par cet écrit, ce serait déjà une avancée. Parfois le destin d'individus évolue grâce à des rencontres ou des lectures. Que ceux qui veulent critiquer les leaders le fassent en toute liberté (on attend vos textes), mais que ceux qui veulent s'exprimer sur un sujet (y compris les poubelles) puissent le faire aussi. C'est par ce genre de réflexions qu'on devine le caractère profondément anti-démocratique de certains. On peut critiquer le contenu, mais ni la personne qui écrit, ni son initiative. Le monde ne tourne pas qu'autour des leaders, et tout internaute n'est pas forcément militant.
Pour conclure sur le contenu du texte, intéressant en ce qu'il rappelle les nombreuses violations de la constitution, il convient d'affirmer que les juges n'existent pas pour donner leur sentiment personnel, mais pour appliquer la loi. En l'occurrence, l'article 157 est très clair. La CS a validé l'élection des députés, pas la légitimité de l'AN. Tant qu'elle n'est pas mise en place, et la loi reste silencieuse sur les procédures d'installation, le CNT fera office d'AN. Dans l'absolu, AC pourrait même ne jamais convoquer l'AN sans qu'on puisse l'attaquer juridiquement (l'opposition a opportunément renoncé à son recours).
Petites précisions sur des points ponctuels : il faut distinguer les députés et l'AN. Cette dernière n'est constituée que lorsqu'elle aura siégé, ne serait-ce que pour adopter son mode de fonctionnement (règlement intérieur). Or contrairement à ce qui est écrit, l'ancien règlement intérieur de 1991 n'est plus valide. c'est même la première décision à prendre par la nouvelle AN. Comme je l'ai dit dans un texte de façon métaphorique, une association préexiste à la signature des statuts (association de fait en cas de non signature par exemple), mais elle n'aura pas la personnalité juridique en l'absence de signature.
En revanche, je suis d'accord avec le point de vue politique, c'est aux députés de se prendre en mains et de forcer la situation dès la première session ordinaire en Avril prochain.
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+9 #6 celloumbah 27-12-2013 11:04

Citation en provenance du commentaire précédent de Citoyen De Guinee:
Cher M. Balde,
en optant déliberement pour un texte aussi long, pour nous expliquer que le decret d'Alpha Conde est anticonstitutionnel, vous n'avez fait qu'ajouter à confusion ambiante entretenue par la classe politique actuelle.
Il relver en premier lieu, que votre titre ne correspond pas du tout à la démarche que avez annocez dans votre introduction. Car vous dites ceci:
"...ceci ne peut être qu’une ébauche d’appréciation de la situation. Appréciation qui ne revendique nullement le caractère exhaustif ou définitif, encore moins correct ou parfait. Cet écrit devrait plutôt être compris comme une piste de réflexion." Ds lors, à mon avis, le titre même de votre article devait être interrogatif ! Puisque c'est une "piste que vous êtes entrain d'explorer", sans certitude de ce que vous affirmez! Du moins, en se basant sur votre introduction.
Mais plus on évolu dans la lecture, plus vous devenez à la fois catégoriques et contradictoire dans vos affirmations.
L'article 157 dont vous parlez, ne peut être détacher de la constitution. Il precise, dans le cas d'Éspece: jusqu'à l'installation des deputés élus, le CNT fait office de parlement!
Cet article peut vous sembler en contradiction avec le préambule. Cela ne lui enlève nulllement son caracère constitutionnel. Il semble d'ailleurs que l'oppsition ait compris cette nuance, en rennoncant desorais À SAISIR LA COURS SUPREME.
Pour finir,un conseil: pour des questions aussi techniques (le droit n'est pas la tasse de thé de tout le monde), il serait judicieux d'être court, quite à écrire une serie d'article qui peut situer le lecteur progressivement. Votre texte rappelle des travaux dirigés d'un cour de droit constitutionnel...Cela n'interresse pas grand monde ici.
Cordialement et bon courage

Citoyen gui....il me semble que vous n'avez pas compris l'analyse de Mr Baldé Mamadou Gando, il n’y a rien de contradictoire dans son article. Nous attendons votre contribution (Citoyen Guin..) vous ne faites que des critiques qui n'ont même pas de sens......
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+5 #5 Ibrahima Kylé Diallo 27-12-2013 10:45

Mon frère Baldé Mamadou Gando, je rejoins sur bien des points "Citoyen de Guinée" et notre concitoyenne "Fatoumata". Votre texte, qui contient des choses qui ne sont pas inintéressantes, est trop long, donc un peu fatigant. Vous vous en êtes d'ailleurs excusé sur un autre site. Ne le prenez surtout pas mal, mais je vous conseille fraternellement de ne pas oublier que vous écrivez sur le Web visité par des internautes zappant facilement. Arrangez-vous pour qu'on vous lise intégralement mais pas en diagonale. Plus on écrit long, plus on s'expose à des incohérences et à des redites. c'est une loi quasi mécanique!
Je vous encourage à revenir,mais plus sobrement.
N.B.: Pardon, je viens de me rendre compte que mon commentaire est également trop long !
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+6 #4 Fatoumata 27-12-2013 04:07

Alhousseny, effectivement en me relisant je constate que mon ton est assez vif. Je m'en excuse aupres de l'auteur.
J'avoue en avoir marre des tergiversations de l'opposition.....
Mais effectivement l'auteur n a pas a en patir.
Neanmoins je ne retire rien au fond de mon commentaire.
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+13 #3 Alhousseny 27-12-2013 03:28

Citoyen de Guinee et Fatoumata,
Vous ne risquez pas d'encourager M. Balde Mamadou Gando a renouveller l'experience de proposer un nouvel article. Meme si vos arguments sont fondes, je trouve le ton un peu trop severe. J'espere que M. Balde accueillera ces critiques positivement et en tiendra compte pour son prochain article.
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-12 #2 Fatoumata 27-12-2013 02:51

Au lieu de nous faire perdre du temps sur des technicalites constitutionnelles ou juridiques (pas besoin de nous ecrire un roman la dessus la constitution de 2010 est disponibke dans google pour ceux que ca interesse), vous feriez mieux de vous preoccuper du contenu de ce fameux budget et de ses consequences sur le fonctionnement de l'etat.
Encore un autre venu nous enseigner sa science "juridique". Les juristes nous en avons besoin pour defendre ceux qui croupissent en prison ou ceux accuses injustement. Pour le reste on passera.....
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-3 #1 Citoyen De Guinee 27-12-2013 01:18

Cher M. Balde,
en optant déliberement pour un texte aussi long, pour nous expliquer que le decret d'Alpha Conde est anticonstitutionnel, vous n'avez fait qu'ajouter à confusion ambiante entretenue par la classe politique actuelle.
Il relver en premier lieu, que votre titre ne correspond pas du tout à la démarche que avez annocez dans votre introduction. Car vous dites ceci:
"...ceci ne peut être qu’une ébauche d’appréciation de la situation. Appréciation qui ne revendique nullement le caractère exhaustif ou définitif, encore moins correct ou parfait. Cet écrit devrait plutôt être compris comme une piste de réflexion." Ds lors, à mon avis, le titre même de votre article devait être interrogatif ! Puisque c'est une "piste que vous êtes entrain d'explorer", sans certitude de ce que vous affirmez! Du moins, en se basant sur votre introduction.
Mais plus on évolu dans la lecture, plus vous devenez à la fois catégoriques et contradictoire dans vos affirmations.
L'article 157 dont vous parlez, ne peut être détacher de la constitution. Il precise, dans le cas d'Éspece: jusqu'à l'installation des deputés élus, le CNT fait office de parlement!
Cet article peut vous sembler en contradiction avec le préambule. Cela ne lui enlève nulllement son caracère constitutionnel. Il semble d'ailleurs que l'oppsition ait compris cette nuance, en rennoncant desorais À SAISIR LA COURS SUPREME.
Pour finir,un conseil: pour des questions aussi techniques (le droit n'est pas la tasse de thé de tout le monde), il serait judicieux d'être court, quite à écrire une serie d'article qui peut situer le lecteur progressivement. Votre texte rappelle des travaux dirigés d'un cour de droit constitutionnel...Cela n'interresse pas grand monde ici.
Cordialement et bon courage
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