La faillite de l'école guinéenne

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 SOUMAH_Nabbie_Ibrahim_Baby_4_01« Chaque enfant qu'on enseigne est un homme qu'on gagne. Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne ne sont jamais allés à l'école une fois, ne savent pas lire et signent d'une croix. C'est dans cette ombre-là qu'ils ont trouvé le crime. L'ignorance est la nuit qui commence l'abîme. Où rampe la raison, l'honnêteté périt Â» prophétisait Victor Hugo (1802-1885), (Les Quatre vents de l'esprit, 1881).

« Instruire, c'est construire Â» préconisera également Victor Hugo dans son Discours à l'Assemblée du 15 janvier 1850 lors du débat relatif au projet de loi Faloux portant sur l'instruction publique et promulguée sous la Deuxième République (de 1848 à 1852). Le comte Frédéric Alfred Pierre de Falloux du Coudray (1811-1886) était à l'époque un historien et le ministre de l'Instruction publique, l'équivalent de l'actuel ministre de l'Education nationale.

L’école demeure le substratum, le fondement, le lieu d’épanouissement par excellence du citoyen. Un citoyen bien formé et informé peut donner un avis éclairé et contribuer au développement de son pays.

Malheureusement, au vu des résultats catastrophiques des examens de l'école primaire et secondaire publiés cette semaine, le système éducatif guinéen est aux abois, en faillite, dans une situation désastreuse.

« Dérive Â», « Echec global Â», ce sont entre autres qualificatifs que les autorités politiques et les responsables du secteur de l’éducation ont utilisé pour fustiger les examens de 2011. De l’entrée en 7e année au Bac unique en passant par le BEPC, les résultats sont dans l’ensemble décevants C’est un euphémisme : moins de 17% de réussite au Baccalauréat.

La faillite de l'école guinéenne découle d’une responsabilité collective, partagée, cependant.

Le sacrifice de Yaguine Koïta (1984-1999), 14 ans, et Fodé Tounkara (1985-1999), 15 ans, aura donc été vain ; ils avaient été découverts morts de froid le lundi 2 août 1999 dans le train d’atterrissage d’un avion à l’aéroport de Bruxelles-National (Belgique). Leur fameuse lettre était à la fois un appel au secours personnel et un plaidoyer pour l'Afrique, notamment son système éducatif.

Le monde est dominé par le savoir qui a consacré la suprématie des Occidentaux depuis des lustres et, récemment, l’émergence d’autres pays tels l’Inde et le Brésil. Investir dans la recherche et l’emploi des jeunes sera inéluctablement le salut pour vaincre l’obscurantisme et la pauvreté endémiques en Afrique, in extenso, et la meurtrie Guinée, en particulier.

L’une des raisons majeures de l’échec du système éducatif est la part famélique de l’Education nationale dans les budgets nationaux. Pour y remédier, en partie, « le préalable à la réforme de toute politique éducative est cependant la revalorisation de la condition enseignante ; il faut surtout revoir le niveau des formateurs Â» me répétait inlassablement Docteur Facinet Béavogui (1950-1999). Il fut mon ami et condisciple en anthropologie juridique sous la direction du Professeur émérite Michel Alliot et Etienne Le Roy à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il fut l’auteur du célèbre ouvrage « Les Toma (Guinée et Libéria) au temps des négriers et de la colonisation française (16ème-20ème siècles) », préfacé par Odile Goerg et paru en novembre 2003 à L’Harmattan, collection « Etudes africaines ». Il était professeur d’histoire. Paix à son âme !


1) Un système éducatif dans une situation désastreuse : un échec collectif

Les résultats obtenus dans les différents examens de la session 2011, placés sous le slogan « tolérance zéro Â» au niveau de la fraude, sont les suivants :

- Entrée en 7e année : taux de réussite de 30,51 % ;

- BEPC, brevet d’étude du premier cycle : 21, 3 % ;

- Baccalauréat (taux général moins de 17% de réussite) : sciences expérimentales 8%, sciences mathématiques 16 %, sciences sociales 28%. 

On dénote dans les réactions des autorités politiques et des responsables du secteur de l’éducation de l’impuissance et de la fatalité.

« C'est un véritable fiasco (...) Ces résultat n'honorent pas la Guinée s'ils sont le reflet du niveau du système éducatif guinéen (...) C'est une honte nationale Â» : c'est en ces termes que s'indigna le Premier ministre Mohamed Saïd Fofana lors de la présentation des résultats de ces examens le 17 août à la primature par Dr Ibrahima Kourouma, le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l'éducation civique, et par Mamadou Diallo le directeur national des services examens.

Le Premier ministre a déduit de ces résultats « un échec collectif (…) L'échec d’un enfant est un peu celui des parents et de son maître (…) Nous avons certainement des lacunes à tous les niveaux y compris celui du gouvernement. Toute chose qui mérite d’être revue et corrigée », a-t-il martelé.

Selon le ministre Kourouma « ces résultats reflètent le vrai visage du système éducatif actuel guinéen Â».

Pour Mme Adama Sow, représentant la fédération des parents d’élèves, « ces résultats bien que catastrophiques, sont révélateurs de la faiblesse de niveau du système éducatif guinéen (…) Il faut faire un état des lieux pour trouver les véritables causes ainsi que les solutions idoines qui s’imposent Â».


2) Le sacrifice vain de Yaguine et Fodé

Dans les affaires des deux passagers clandestins du vol 520 Sabena Airlines en provenance de Conakry se trouvaient des sacs plastiques, leurs certificats de naissance, leurs cartes de scolarité, des photos et surtout une lettre dont le contenu nous interpelle encore :

« Messieurs, les membres et responsables d’Europe, c’est à votre solidarité et votre gentillesse que nous vous appelons au secours en Afrique (...) Aidez-nous, nous souffrons énormément en Afrique, aidez-nous, nous avons des problèmes et quelques manques de droits de l’enfant (...) Au niveau des problèmes, nous avons : la guerre, la maladie, la nourriture, etc. Quant aux droits de l’enfant, c’est en Afrique, surtout en Guinée, nous avons des écoles, mais un grand manque d’éducation et d’enseignement ; sauf dans les écoles privées, qu’on peut avoir une bonne éducation et un bon enseignement, mais il faut une forte somme d’argent, et nous nos parents sont pauvres. Là (?) c’est de nous nourrir, ensuite nous avons des écoles de sports telles que football, basket (?), etc. Donc dans ce cas, nous les Africains, surtout les enfants et jeunes Africains, nous vous demandons de faire une grande organisation efficace pour l’Afrique, pour qu’il soit progressé (...) Donc si vous voyez que nous sacrifions et exposons notre vie, c’est parce qu’on souffre trop en Afrique et qu’on a besoin de vous pour lutter contre la pauvreté et mettre fin à la guerre en Afrique (...) Néanmoins, nous voulons étudier, et nous vous demandons de nous aider à étudier pour être comme vous en Afrique. Â»

Depuis le lundi 2 août 1999, aucun enseignement n’a été tiré du sacrifice, de la mort de froid dans le train d’atterrissage d’un avion de Yaguine et Fodé. Bien au contraire, la dégradation du système éducatif guinéen s’est accentuée.


3) Le monde est dominé par le savoir

« Le savoir est la sève nourricière du progrès et de tout système de développement Â» nous enseigne-t-on. « Le savoir est un héritage pour demain Â», souligne-t-on.

Le « siècle des Lumières Â» fut, sous l'appellation de « Lumières Â», un vaste mouvement philosophique et scientifique qui domina le monde des idées dans l'Europe de la seconde moitié du 18ème siècle. Il tire son nom de la volonté des philosophes de l'époque de combattre les ténèbres de l'ignorance par la diffusion du savoir. Il naquit dans un contexte technique, économique et social particulier : montée de la bourgeoisie, progrès des techniques, progrès de l'organisation de la production, des communications, progrès des sciences, etc.

C'est grâce à la maitrise de nouvelles technologies que l'Europe domina le monde qu'il se partagea notamment lord de la Conférence de Berlin de février 1885 ; les puissances colonisatrices ayant décidé, d'un commun accord, de se partager le « gâteau africain », de profiter des ressources du continent noir sans devoir guerroyer entre eux. L'Afrique fut ainsi dépecée, partagée, sans souci de ses réalités historiques, socio-économiques, ethniques mais dans le seul intérêt des puissances exploiteuses.

C'est la seconde guerre mondiale qui sonnera le glas de l'Europe au profit des Soviétiques et des Américains. Ces derniers ont accentué leur suprématie en investissant dans le savoir, la recherche.

La Silicon Valley en est une parfaite illustration : ce nom forgé en 1971 par un journaliste local, Don Hoefler (1922-1986), désigne le pôle des industries de pointe situé dans la baie de San Francisco en Californie (USA).

L’entreprise Apple n'est pas devenue première capitalisation boursière mondiale, la société la plus importante au monde par hasard. Dans un contexte boursier tendu et volatile actuellement, l'entreprise de Steve Jobs est officiellement devenu mercredi 10 août 2011 la plus importante capitalisation mondiale à 337,2 milliards de dollars, clôturant sur un cours de 363,6 dollars. La firme à la pomme dépasse ainsi le géant pétrolier Exxon Mobil dont la capitalisation boursière atteignait 330 milliards de dollars. Apple a largement réussi à imposer l'iPhone et l'iPad la tablette mobile; elle est devenue la marque qui a la plus forte valeur au monde, passant devant Google qui était à la première place depuis quatre ans, selon une étude de Millward Brown.

Au mois de mai 2011, selon l’étude américaine BrandZ, qui établit le top 100 des marques d'après leur valorisation, Apple pesait déjà plus de 153 milliards de dollars avant de supplanter Microsoft, Google et IBM grâce au savoir, à la recherche.


4) Le préalable à la réforme de la politique éducative : la revalorisation de la condition enseignante

« Si L'éducation coûte cher, essayez l'ignorance Â» clamait Abraham Lincoln (1809-1865), le 16ème président des Etats-Unis de 1861 à 1865. L’école a certes un coût mais son apport est inestimable, incommensurable.

Invité à Paris le 10 Mai 2008 par le club de réflexion Demain La Guinée (DLG), le ministre de l’économie et des finances Ousmane Doré, interpellé par Cheikh A. Seck l’ex-président du Mouvement des jeunes Guinéens de France (MJGF), avoua que seul 8% du budget national était consacré à l’éducation nationale.

Après son investiture en décembre 2010, le Président Alpha Condé avait évalué à plus de 30% la part du budget de l’Etat consacré à la seule armée nationale ; en réalité le militaire qui a droit à une augmentation de ses revenus de 100% et à de nombreux avantages en nature (sac de riz, etc.) est mieux loti en Guinée qu’un élève pour qui la bourse d'études est un mirage, une arlésienne dont les critères social et financier d’attribution ne sont pas respectés ou vont dans des « poches inappropriées Â» ; alors qu’un jeune est l’avenir, le ferment de toute nation.

En France, les dotations inscrites au budget du ministère de l'éducation nationale dans le PIB se sont élevées à 60,8 milliards d’euros en 2010 ; soit une progression de 1,56 % par rapport à la loi de finances initiale de 2009.

En 2011, la France consacre en moyenne 8000 euros par an à chacun de ses élèves. C’est la part la plus importante de son budget national : « l’Education nationale représente un quart du budget de l’Etat avec une augmentation de 1,6 %. Il s’agit de son premier poste de dépenses hors charge de la dette », a rappelé le ministre Luc Chatel lors du vote du projet de loi de finances 2011 au Parlement.

Les bourses nationales, l’aide, l’action sociale en faveur des élèves et étudiants, l’apprentissage y sont conséquentes et privilégiées.

Au Sénégal en 2011, ce sont 250 milliards de francs CFA, soit 40% du budget de fonctionnement de l’Etat hors dépenses communes, hors service de la dette qui sont alloués au secteur de l'éducation nationale.

En Guinée, il est urgent, judicieux de redéfinir une nouvelle politique éducative en revalorisant notamment la condition enseignante (formation, établissements réhabilités et équipés, salaires décents, promotion, etc.). L’analphabétisme, l’obscurantisme sont les alliés objectifs du pouvoir omnipotent alors que le savoir est un contre-pouvoir naturel qui contribue à l’éveil des consciences et au sursaut de l’esprit civique.

Le besoin de cadres et de main-d’œuvre qualifiée a un coût ; mais notre pays est un des Etats sous-développés qui consacrent une part infime de leur richesse nationale à leur système éducatif, à l’épanouissement de leur jeunesse.


Conclusion : L’école est en première ligne de toutes les difficultés sociales

L’état de l’école est le reflet, le miroir de sa société et de son Etat ; elle est donc en première ligne de toutes les difficultés sociales. Mais il n’incombe pas aux enseignants de gérer au sein de l’école les problèmes de la société que les politiques n’ont pas pu régler.

Au-delà des réflexions et du débat politique lui-même, il s’agit de voir comment sauver l’école guinéenne qui est aujourd’hui enlisée, au plus profond du marigot.

L’urgence, c’est comment équiper les écoles et les universités pour que les enseignements qui y sont dispensés puissent l’être dans les meilleures conditions pédagogiques.

L’université ou l’école demeure un magnifique lieu de civilisation, le meilleur creuset social ; il faudra la réformer, favoriser une synergie entre elle, la recherche et l’entreprise, une adéquation entre un système éducatif performant et le monde du travail. Grâce à une politique éducative refondée, à une économie saine et productrice d’emplois, notre jeunesse ne servira plus d’applaudimètre et ni de « chair à canon Â» pour des leaders politiques et/ou sociaux qui les manipulent en exaltant leur appartenance ethnique commune.

L’effectivité du principe d’égalité des chances pourra dans ce contexte favorable pallier, suppléer les « réseaux identitaires Â» de promotion sociale, économique et professionnelle.

Ce sera au prix de ces réformes précitées que la Guinée pourra devenir, réellement et de manière pérenne, un pôle de développement attractif tant pour les investisseurs nationaux qu’étrangers. Mais surtout un havre de concorde, de paix.

L’analphabétisme, l’obscurantisme, l’ethnocentrisme seront ainsi éradiqués et la citoyenneté pourra s’ébrouer allégrement dans notre futur champ démocratique.

Grace au « Siècle des Lumières Â», le savoir et l’unité furent promus sur le « Vieux continent Â» : « Il n'y a plus aujourd'hui de Français, d'Allemands, d'Espagnols, d'Anglais même, quoi qu'on en dise ; il n'y a que des Européens Â» se réjouissait Jean-Jacques Rousseau (1712-1778).

« L'Europe est le plus morcelé des continents, disait David Hume (1711-1776) l'un des plus importants penseurs des "Lumières écossaises" ; c'est en cela que réside sa nouvelle unité et c'est pour cela qu'elle a pu engendrer les Lumières Â».

Les gouvernants africains et guinéens devraient s'en inspirer pour conjurer le mauvais sort.

Que Dieu préserve la Guinée !


Paris, le 20 août 2011

Nabbie Ibrahim « Baby Â» Soumah
Juriste et anthropologue guinéen


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Commentaires  

 
0 #29 Pokpa Holomo Lamah 26-08-2011 02:43

Merci mon cher Gandhi d'avoir pris tout votre temps à me répondre. Je suis satisfait de votre réponse. Thierno Moneénembo est effectivement un intellectuel.
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0 #28 Gandhi 25-08-2011 19:18

Je ne connais pas ce qu'on pourrait appeler d'intello chez les hommes politiques. Si vous voulez à tout prix un nom, je pourrais vous citer Thierno Monénembo, en précisant qu'il n'est pas nécessaire qu'il soit soutenu par tous (se rappeler Raymond Aaron et Jean-Paul Sartre).
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0 #27 Pokpa Holomo Lamah 25-08-2011 18:23

Mr Gandhi, pour vous aider à mieux répondre à ma préoccupation, citez-moi au moins deux intellectuels parmi les leaders politiques d'aujourd'hui.
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0 #26 Pokpa Holomo Lamah 25-08-2011 02:33

Mr Gandhi, pourqu'on se comprenne, citez-moi un ou deux intellectuel(s) guinéen(s).
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0 #25 Gandhi 24-08-2011 07:59

Mr Lamah, j'ai indiqué qu'il fallait faire des analyses (sur tous sujets, pas seulement sur la politique) et y défendre des valeurs de manière publique et répétée. Le combat politique avec ses slogans et raccourcis, n'en fait pas partie. AST était un autodidacte, c'est tout à son honneur. Quant à Dadis, j'ai bien précisé, de manière publique. Il faut que les Guinéens entendent, même s'ils ne sont pas d'accord, ce que certains ont à dire... de manière argumentée, il va s'en dire.
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0 #24 Pokpa Holomo Lamah 24-08-2011 02:20

Mr Gandhi, suivant la définition que vous donnez à l'intellectuel, je conclu que Sékou Touré était donc intellectuel puisque avant même d'être syndicaliste, il avait déjà commencé à dénoncer publiquement le système colonial. Ce qui semble t-il, aurait même valu son renvoie de l'école.
Quant à Dadis, pour avoir étudié avec lui, on échangeait souvent sur la vie politique en dénonçant les excès du régime de Sékou Touré. Mais c'était entre amis d'école. On pourrait dire que le cercle était restreint.
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0 #23 Gandhi 23-08-2011 18:41

Mr Lamah, généralement parmi les intellectuels, on ne range jamais les dirigeants politiques puisqu'ils bénéficient de l'aura de leur fonction, et non de ce qu'ils disent ou analysent. Les politiques donnent un point de vue personnel et forcément subjectif sur des tas de sujets, puisque cela peut les engager, alors qu'un intellectuel défend publiquement des valeurs, qui peuvent même être irréalistes du point de vue politique. Avant d'être PRG, AST n'était pas un analyste de la vie politique, mais un acteur.
Pour Dadis, en dehors de sa transition politique (voir ci-dessus), je ne l'ai jamais vu prendre des positions sur tel ou tel sujet, de manière régulière. Il est donc dans la même position qu'AST. Même un non universitaire peut être une référence intellectuelle, la sagesse et le bon sens étant des qualités permettant d'y parvenir sur le fond.
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0 #22 bangoura ousmane 23-08-2011 14:08

COMME REPERE je souhaiterais que vous discutiez sur les lettres de la présidence de la république (spécial 3 avril 1984 au 3avril 2005) de Louis AUGUSTE lEROY ANCIEN DIRECTEUR DE LA PRESSE DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE.Lisez ce qui a un rapport avec l'école et comparez avec ce qui s'est passé depuis la mort de conté.J e suis de la société civile et pour une fois ne mettrez pas la faiblesse des resultats sur le dos de PAC .L'EDUCATION DANS NOTRE PAYS COMPREND DEUX VOLETS .LE VOLET ENSEIGNANTS LEUR NIVEAU ET LEUR INTEGRITE.N'importe quelle buse est capable d'ouvrir un établissement récruté ses enseignants sans que leur capacité soit indentifiée et reconnue par le ministére de l'éducation nationale IL suffit que le propritaire de l'établissement soit une haja ou un el hadj certi ficats de virginité pardon de crédibilité . l'autre volet les parents et les élèves avec des examens passés par d'autres payés par les parents avec la bénediction des enseignants. Ca ne marchera jamais .
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0 #21 Pokpa Holomo Lamah 23-08-2011 13:40

Mick Mack, je reconnais avec vous que l'État et ses partenaires bi et multilatéraux avaient alloué des sommes colossales à l'éducation dans divers programmes dont le PASE et que les fonds n'ont pas été judicieusement utilisés. Mais à qui la faute ? Au même État qui n'a pas su veiller sur l'utilisation des fonds. Qui a été arrêté pour détournement de fonds dans ce cadre ? Il en a été de même pour l'Agriculture. C'était l'impunité totale et ça pourrait continuer encore si on n'y prend pas garde.
Mais reconnaissons tout de même que ce programme a au moins changé tant soit peu l'image et la capacité d'accueil de nos écoles et universités, même si tous les fonds n'ont pas été judicieusement utilisés. Pour vous en convaincre, essayez de supprimer les écoles dites Africof et voyez ce qui va rester.
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0 #20 Pokpa Holomo Lamah 23-08-2011 13:31

Mr Gandhi, en management public, on dit que les politiques passent mais l'administrations restent. C'est un principe universel. Sans entrer dans les détails des cours des grandes doctrines du Management Public, disons que c'est certains fonctionnaires qui ne sont pas bien, malheureusement c'est toujours eux qui occupent les hautes sphères de l'administration. On les appelle les élites. Mais ils finiront un jour par disparaître. Et comme l'a si bien dit Vilfredo Pareto : "L'histoire est le cimetière des aristocraties".
Par ailleurs, on est d'accord que universitaire ne signifie pas intellectuel. Si je vous comprends bien, vous voulez dire que Dadis est universitaire mais n'est pas intellectuel ? Alors qu'est ce qui vous fait dire que Ahmed Sékou Touré n'était pas intellectuel (commentaire 6) ?
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0 #19 Cisko 23-08-2011 13:09

Brillant article qui pourrait servir à la restructuration du système Educatif. La situation est bien campée et l'Etat doit faire la reforme du primaire au supérieur sans oublier le secteur privé qui reste un problème entier (mauvaise qualité des infrastructures, faible niveau et faible remuneration des enseignants, kermesse frequente, ...). On ne peut pas se comparer aux Européens mais avec nos voisins africains, nous avons trop de retard. Il y a généralement pas photo entre un jeune Sénégalais ou Malien avec un jeune Guinéen. Ceux des Guinéens qui s'en sortent à l'étranger devant leurs collègues subsahariens le font au prix d'efforts surhumains qui frisent le surménage. L'Etat doit faire l'effort de rehausser le budget du système educatif à 15% puis 20% d'ici 3 ans. La première richesse d'un pays ne peut etre que son capital humain. Les resultats sont catastrophiques mais on espère que cela permettra de resoudre definitivement le problème.
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0 #18 mickmack camara 23-08-2011 11:35

"Les élites au pouvoir ne cherchent jamais à transformer leurs pays en îlots de prospérité et de paix, elles se contentent d’être de consommatrices de biens hérités de la colonisation en sacrifiant le bonheur collectif sur l’autel de la cupidité et de l’égoïsme. Les puissants confondent le bien public avec leur propre patrimoine, l’Etat avec leur propre personne. Entre leurs mains le pouvoir n’est pas devenu un instrument au service du progrès social. La majorité de dirigeants africains n’ont qu’une seule ambition : jouir de ce dont ils avaient été privés quand ils étaient de simples citoyens. Rares sont les présidents africains et leurs entourages qui ne deviennent milliardaires en pillant les ressources de leurs pays" ça ne vous dis rien ça??
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0 #17 Oury Baldé 23-08-2011 11:02

Faillite de tout un système à revoir, fiasco collectif , je trouverais plus appropriés.
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0 #16 mickmack camara 23-08-2011 10:49

Tout à fait gandhi, l'administration et l'armée ont mis ce pays à terre. Ce ci étant permet moi de mettre un tout petit bémol, à ton ton commentaire N°13. AST est le seul dont la famille ne s'est pas enrichie aveuglément. AST a permis à tous ces ministres des années 60 à 75 de s'acheter des terrains à des prix préférentiels. C'est ainsi que sur toutes les corniches sud et nord tu constateras que plusieurs ministres de Saifoulaye à Alioune Dramé en passant par Jean faraguet et Damantang, possèdent des terrains. Quant aux commerçants prochent de AST, ils ont pour la plus part fini au camp boiro. Vivememt la conférence vérité justice reconciliation!
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0 #15 Gandhi 23-08-2011 08:40

Mic Mac, contrairement à ce que dit AC, la mafia ce ne sont pas les commerçants qui cherchent l'argent tout simplement, et n'importe qui peut le faire, mais la fonction publique qui est nuisible (elle ne sert à rien) et torpille tout si elle n'est pas servie. Elle ne travaille que pour elle-même, et il n'y a pas d'ethnie là dedans. Il sont tous pareils, même si individuellement ou pourrait toujours trouver des exceptions. Les régimes passent, mais ils sont toujours là, raison de plus pour ne pas leur confier à nouveau les affaires à venir, ce qu'envisage AC en voulant que l'État (c'est-à-dire eux) soit à la pointe du développement.
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0 #14 MICK MACK CAMARA 22-08-2011 23:29

Mr Pokpa, Après l'agriculture, l'enseignement est l'un des secteurs qui reçu le plus d'argent ( Programme d'ajustement structurel de l'éducation, PASE). Les fonds destinés à la construction des infrastructures scolaires ne vont pas tous à destination. Si non, comment expliquer le fait que les cadres guinéens se battent à mort pour devenir chef du service national des infrastructures scolaires et coordinateur du PSE programme sectoriel de l'éducation. Ce programme reçoit par an pas moins de 100 millions de dollars.
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0 #13 Gandhi 22-08-2011 23:25

Universitaire ne signifie pas intellectuel et réciproquement d'ailleurs. Je constate que certains considèrent que des ministres peuvent diriger un pays. Il faut que le boss soit un exemple dans sa gestion du pays au sens large (pas seulement au niveau financier). Je n'ai ni place, ni le temps d'exposer les raisons de cette dérive, mais l'exemple vient toujours du haut. Sous AST, seuls sa famille et les commerçants contrebandiers se sont enrichis, ce qui illustre cette théorie. Avec Conté, Dadis et Konaté, chacun a pu voir les dérives de tous. Si la question t'intéresse Mic mac, je te trouverais une biblio consacrée au sujet.
Mr Lamah, dans toutes les familles, existent des gens biens, mais aussi des vauriens, a fortiori dans la même communauté, alors...
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+2 #12 MICK MACK CAMARA 22-08-2011 23:19

57 ans! c'est la moyenne d'age des professeurs d'université.
Comment expliquer que les professeurs préfèrent donner des cours à domicile plus tot qu'à l'école? Comment expliquer que ceux qui malgré tout, vont quand meme dispenser les cours soient aussi mal traités que ça? Comment expliquer que la fameuse cité des enseignants de donka continuent toujours à recevoir des prof à la retraite alors que les jeunes prof sont sans abris digne de ce nom. Le problème est trop grave.....
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+1 #11 MICK MACK CAMARA 22-08-2011 23:01

Les commerçants guinéens qui ont fait fortune et réussi en guinée ne sont pas allés à l'école. Comment expliquer que ceux qui sont sortis de nos grandes écoles (les intello) et qui se sont lancés dans le commerce aient pu faire faillite sans exception?? Les discours ethno et incendiares, le manque de solidarité, l'égoisme, les détournements de fonds, les faux dossiers (dadis), les manipulations, sont tous le fait des intellos, et ils sont tous sortis de l'école guinéenne. Alors.....
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0 #10 Pokpa Holomo Lamah 22-08-2011 22:09

Mr Gandhi, petit bémol pour Dadis, lui il est universitaire et a un diplôme étranger. Encore que d'aucuns ne verront que le côté ethnique qui me lie à ce dernier.
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0 #9 Pokpa Holomo Lamah 22-08-2011 22:01

Messieurs Sylla Démocrate et Mami, ce n'est ni le manque de solution ni la pauvreté qui sont à la base de l'échec du système éducatif guinéen. C'est en tout et pour tout, le manque de volonté des pouvoirs publics d'en accorder une priorité en l'inscrivant dans leur agenda. Sinon, combien de séminaires, atéliers, forums et quoi encore n'a t-on pas consacrés à ce sujet pour faire le diagnostic et proposé des solutions ? De même en quoi le Sénégal est-il plus riche que nous pour qu'on accuse la pauvreté ?
La seule chose qui nous reste à faire, c'est d'interpeller à chaque occasion comme celle-ci, les autorités sur la nécessité de prendre à bras le corps ce secteur névralgique. Et c'est dans cette logique que s'inscrit la contribution de Mr Soumah.
Le jour où les autorités en feront vraiment une de leurs priorités pas comme maintenant, vous verez les résultats.
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0 #8 Mamy 22-08-2011 21:14

Le veritable probleme est la pauvrete.
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+1 #7 mickmack camara 22-08-2011 20:24

Tu m'étonnes Gandhi.
Le gouvernement Guinéen de 1961 était composé de quoi? Les différents premiers ministres de Conté, ne sont PAS des intellos? Le gouvernement de large consensus était composé de quoi? Les différents directeurs de l'administration des grands projets ( cellou, Kassory...) intellos ou pas? Les différents administrateurs des fonds miniers et routiers, les différents directeur nationaux du budget, les différents gouverneurs de la banque centrale, les différents directeur du port autonome, les différents directeurs des impots et du trésor. Tout ceux qui sont passés à ces postes sont multi milliardaire aujourd'hui. Alors...
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+2 #6 Gandhi 22-08-2011 19:05

Mic Mac, ce ne sont pas les intellos qui dirigent la Guinée. Ni AST, ni Conté, ni Dadis, ni Konaté n'étaient des intellos. Quant à AC, je te laisse juge...
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+1 #5 SYLLA democrate 22-08-2011 17:30

Suite. d) les Organisations de la Societe civile en s'assurant que ce sont les commissaires specialistes de l'education qui participent;
e) Conseil economique et CNT avec la participation des commissaires specialistes
f) participation des Divisions HR de quelques boites de la place selon les secteurs (2 dans les mines, 2 Institutions onusiennes, 2 ONG internationales, 2 Logistique-transit-douane, 2 secteur bancaire et assurance, 2 PME-PMI, 2 pharmacie et clinique privee,2 secteur informel etc )
g) Cabinets d'expertise, FFA- KPMG- ISORIS,
etc (A suivre plus tard la suite)
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0 #4 SYLLA democrate 22-08-2011 17:20

Suite. Les participants au debat de la Politique du Systeme Educatif:
a) Le President et ses ministres: il doit lui meme faire un effort pour etablir un organigramme en fonction du programme de developpement qu'il prevoit pour le pays avant de nommer des responsables de departement ministeriel. Cela permettra certainement de reduire le nombre de ceux qui ne favorisent pas l'allocation suffisante de ressource au secteur educatif. Le ministere de l'Alphabetisation peut disparaitre et etre un departement des trois autres ministeres du meme secteur.
b) les cadres des differents ministeres actuels de l'education du niveau central et des region-prefecture-Sous prefecture.
c) les partenaires au developpement (Institutions internationales evoluant dans le secteur) et ONG locales evoluant egalement dans le secteur depuis 10 ans avec des justifications de projet mis en place et execute sur le terrain.
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+1 #3 SYLLA democrate 22-08-2011 16:50

Merci Mr Soumah, mais franchement on s'attendait a mieux, Genre, constat des problemes, proposition de solution etc. Quand vous dites que l'urgence est d'equiper les ecoles en Guinee, je reste perplexe. Je me fais le devoir de vous informer que le premier veritable probleme "du systeme educatif" et non de "l'ecole guineenne" releve de "Politique scolaire/educative". C'est dans la potique, qu'on tiendra compte des facteurs endogenes et exogenes (Politique interne de l'education, DSRP, OMD, PET etc), egalement qu'on aura une vision a court, moyen et long terme tout en s'inspirant de systeme ayant reussi ailleurs (Coree du Sud, Finlande, Singapour, Zimbabwe) et plus recemment le Rwanda. Un etat des lieux sur le plan technique et budgetaire devrait enrichir le debat politique pour l'education pour degager des actions immediates, a court terme et moyen terme a mettre en place. A ce niveau les participants au debat doivent etre connus, la liste que je dresse et qui est loin d'etre exhaustive
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+4 #2 Pokpa Holomo Lamah 22-08-2011 16:49

Après un exposé aussi brillant comme celui-ci, que peut-on retenir ? (1) Que le savoir domine le monde. (2) Que nous avons collectivement échoué dans l’éducation de nos enfants en ne lui accordant pas la place qui lui revient dans le budget national, mais en lieu et place ce sont les militaires qui nous coûtent trop cher (0,5% de la population absorbe 30 à 50% du budget national), comme aime à le rappeler et à juste titre, mon cher Gandhi. (3) Que notre jeunesse ne doit plus servir d’applaudimètre, ni de « chair à canon » pour des leaders politiques et/ou sociaux qui les manipulent en exaltant leur appartenance ethnique commune. (4) Qu’il est urgent de sauver l’école guinéenne en la dotant des équipements nécessaires pour que les enseignements qui y sont dispensés puissent l’être dans les meilleures conditions pédagogiques.
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+3 #1 mickmack camara 22-08-2011 15:25

Si l'on est là où nous sommes on le doit essentiellement à nos intellectuels. Paradoxe guinéens.
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