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Transparence politique, utopie ou réalité à l’exemple de la République de Guinée?
Moussa Bella Barry Mardi, 30 Avril 2013 23:21
Le précepte de la transparence est l’exigence faite aux acteurs politiques et aux décideurs des entreprises de fournir de la clarté sur les décisions qu’ils prennent, sur leur motivation et leur gestion. Je m’exprime ici seulement sur la transparence des élections et en conséquence sur la transparence politique.
La transparence des élections en Guinée
Après les rapports du PNUD et de la Francophonie sur la société Waymark, vu les méfaits de la gestion des élections par Waymark en Tanzanie, au Malawi et Kenya..., plusieurs acteurs politiques guinéens rejettent la gestion de nos élections législatives par cette société sud-africaine. Il convient de constater qu’un fichier électoral fiable est primordial pour mettre tous les acteurs politiques en confiance pour aller voter. Tenez-vous bien, par exemple l’organisation internationale qui organise des missions d’observation des élections dans de nombreux pays note que le simple déplacement des urnes depuis les bureaux de vote vers un centre de dépouillement centralisé est susceptible d’altérer le principe de transparence. Donc s’il n’y a pas de confiance dans la règle du jeu, ou de gage de transparence, il est inutile d’aller à des élections qui se veulent démocratiques.
Les nouvelles technologies de l’information permettent d’effectuer l’enregistrement et le décompte des voix par des logiciels dont le fonctionnement échappe aux électeurs et aux organisateurs des élections, ceci est un gage de transparence et, garant de l’obligatoire respect du principe de l’anonymat. Un vote organisé sous de telles conditions est considéré comme transparent et véritable. Ce qui revient à dire que la transparence est la pierre angulaire de toutes élections crédibles. C’est aussi vrai que des softwares manipulés ne sont pas en mesure de garantir la transparence des élections. C’est pourquoi la fiabilité de la société qui gère des élections est indispensable pour la transparence des dites élections.
Utopie ou réalité de transparence en Guinée
L’ambition politique formule les idées et son utopie. L’utopie est vue ici, comme un idéal politique et social attrayant mais irréalisable, parce que l’utopie mésestime les faits réels. Alors que la réalité, elle prend en compte les exigences du monde factuel et les motifs de ses actes. C’est ainsi qu’en politique une réalité trompeuse donne très souvent des résultats trompeurs.
Permettez-moi tout d’abord de manifester mon effarement, voir indignation sur la réalité trompeuse qui accompagne la gestion de la chose publique en Guinée. Nous sommes tous responsable pour les résultats trompeurs découlant des actes posés par le pouvoir, dans la mesure où notre silence est compris comme une acceptation des faits accomplis. Pour comprendre l’arrogance dans la gestion des élections législatives depuis l’élection du Professeur El hadj Président, il mérite de saisir le sens du pacte devant lequel se prosternent les différentes institutions de la République. Par exemple aucune prise de décision de l’exécutif n’est soumise à l’appréciation sur sa constitutionnalité, et le CNT n’est qu’un office d’enregistrement de la volonté de l’exécutif, sans oublier la discrétion coupable du système judiciaire sur diverses dérives constatées. Pourtant aucun de nous ne résiste efficacement à cette confiscation des institutions.
De ce que je remarque
1. La loi guinéenne dit que le président de la République et ses ministres doivent faire une déclaration de patrimoine à la prise de fonction et à la fin de leurs fonctions. Une bonne fausse idée ! Mais combien de ministres ont-ils déclaré leurs biens ? Lequel a dit qu’il a des comptes, des villas à l’extérieur du pays, ou un appartement de millions d’euros en France ou aux Etats-Unis ?? La déclaration de patrimoine a-t-elle été vérifiée, comme le recommande la constitution guinéenne ? De même que les élections ne sont pas une garantie démocratique ou de transparence politique, la déclaration du patrimoine n’est pas un gage de transparence ou une méthode de lutte contre la corruption. Election démocratique ou la déclaration de patrimoine ne sont qu’une pure utopie, s’il y a manque de transparence pendant les élections, ou si on ne peut pas apprécier la variation du patrimoine entre deux déclarations fournies par les acteurs politiques. Alors, le manque de contrôle et de suivi fausse le sens de cette bonne idée de déclaration du patrimoine.
2. La constitution dit dans son article (§) 23 : « ...l’Etat garantit l’égal accès aux emplois publics, il veille au pluralisme des opinions et des sources d’informations ». Les nominations se font-elles à partir de critères de compétences, de probité morale et intellectuelle, ou d’impartialité ? C’est à vous de juger.
3. Il est dit dans l’article (§) 58 de la constitution que le premier ministre est responsable de la promotion du dialogue social et veille à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques. Mais sous l’influence des faucons du régime le Président a sorti de son chapeau d’illusionniste le décret convoquant les électeurs le 30 juin 2013. Du coup il a étranglé les efforts de dialogue politique engagé par son premier ministre. C’est rude d’être au-dessus de la mêlée dans la gestion des hommes.
4. L’article (§) 38 de la constitution stipule « ..., le président de la République doit cesser toutes responsabilités au sein d’un parti politique... ». La constitution enfonce le clou dans l’article (§) 47 pour dire que « ... le Président est garant de la cohésion nationale ». Depuis l’arrivée du président démocratiquement élu, la cohésion nationale est-elle devenue meilleure qu’auparavant ? Quelle ignominie !
Chacun peut juger les initiatives de l’exécutif, pour savoir s’il y a eu transgression de la constitution ou pas. Certains voient le président guinéen comme un autocrate qui n’accepte pas d’échanges contradictoires. Les personnes qui le connaissent, l’aperçoivent comme un imposteur, manipulateur sachant manier des contre-vérités en certitude. Ils jugent sa foi antinomique à la sagesse mandingue.
D’autres voient en lui, le démocrate qui a lutté toute sa vie pour l’avènement d’une Guinée démocratique. S’il y a l’insuffisance de résultats concluants dans sa gestion des affaires, c’est la faute de ses concurrents politiques et des séducteurs de toute nature.
Je conçois que ni les violations des dispositions réglementaires, encore moins les violations des droits de l’homme ou le mensonge n’ébranlent ses supporters, ils le font au nom de je-ne-sais-quoi en parlant faussement d’aller aux élections (élections truquées à l’avance ???) transparentes et de la démocratie apaisée, alors qu’ils ne se servent que du trucage. Ils ne soutiennent pas la déontologie démocratique, ni l’éthique politique. C’est leur choix que je respecte, au nom de la tolérance démocratique.
Seulement qu’ils sachent aussi que respecter un choix ne veut pas dire qu’on l’approuve ou qu’on le cautionne. De ce fait, j’invite les démocrates guinéens de tout bord au combat contre ce choix opportuniste, nous devons être tous une sentinelle de l’éthique, car ces déviations des normes sociales sont à la base de la dégradation de nos mœurs, elles ont enfoncé la Guinée dans l’état dans lequel elle se trouve.
Appel à tous les Guinéens d’esprit et de cœur
Je prends ma liberté d’expression comme citoyen de ce pays, pour crier mon indignation et interpeller, je vous appelle à prendre position contre le péril ethniciste qui nous guette. Donc levons-nous tous pour combattre ensemble ce péril. Mes convictions de citoyen libre qui observe, qui a toujours lutter pour l’unité et pour des bonnes relations inter- et intracommunautaires, contre les forces de divisions et l’ethnicisme, je ne peux pas cautionner les dérives que nous observons actuellement à tous les niveaux structurels de notre pays.
Je pense sincèrement que le moment est arrivé pour que tous les Guinéens d’esprit et de cœur, tous ceux qui croient à la liberté démocratique, tous ceux qui aiment vivre en symbiose avec les autres, se posent les vraies bonnes questions, par exemple :
- Dans un contexte qui se veut démocratique, pourquoi recourir aux trucages pour « gagner ???» des élections ?
- Que faut-il faire pour prendre en compte les préoccupations de toutes les communautés nationales dans leur diversité ?
- Quelles voix et moyens adopter pour qu’aucune communauté ne se sente marginalisée ?
- Que faire contre une dictature fût-elle majoritaire ?
- Quel modèle d’organisation pour responsabiliser les populations dans les collectivités locales dans la gestion de leur localité ?
C’est pour trouver les solutions à ce genre de questions ci-dessus qu’il faut débattre, et non sur les critères d’appartenance politique ou communautaire, pour gérer la cité.
Sachons, qu’on peut capter le pouvoir soit par la force ou par d’autres moyens détournés, mais l’autorité pour gouverner ne s’improvise pas. Soit nous avons cette autorité ou ne l’avons pas. Point barre (M. D. communicateur de l’éphémère CNDD m’excusera de l’expression).
Moussa Bella Barry
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Commentaires
GANDHI,je me suis trompé sur vous,je connais maintenant vos limites.Surtout je ne veux pas créer un conflit de génération entre nous.Mr GANDHI,moi je réfléchis après avoir lire avant de commenter,donc pour me berner les yeux vous devez être convaincants avec des arguments solides.
Diaby, je suis un pédagogue dont le but est d'amener mes étudiants à réfléchir, raisonner, argumenter... en un mot à posséder des outils, qui leur permettront de dépasser le maître. Lorsque je vois vos commentaires, je peux vous dire par expérience, que vous n'avez aucune chance d'arriver même au dixième de ce que j'évoque. Ce n'est pas grave, vous avez forcément d'autres qualités, mais ce n'est pas ici que vous pourrez les mettre en oeuvre. Bonne continuation.
Autrement dit, depuis quand les citoyens guinéens doivent-ils justifier leur comportement ? C'est à AC de le faire, et je ne vois pas vos récriminations contre l'opacité de sa gestion. Donc au lieu de vous occuper des autres comme dans un régime totalitaire, fait de divisions, de suspicions et de délations, régime que vous semblez apprécier, regardez-vous dans la glace et allez vous faire voir ailleurs (et je suis poli en ne disant que cela).








