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M. le président Condé, un don n’a pas de contrepartie
Naby Laye Camara Dimanche, 08 Juillet 2012 17:48
Je ne comprends pas certaines situations ou attitudes humaines. Peut-être suis-je un peu trop rationaliste, ou un peu trop têtu pour ne pas être en accord avec des irrationnels. Mais, j’ai du mal à noter qu’en Guinée, les mauvaises habitudes ne disparaissent jamais. Comment est-ce possible, dans ce cas, qu’un développement puisse avoir lieu ? Comment est-ce possible que l’on aille en avant si certaines valeurs ne sont jamais remises en question ? Seul en Guinée, on est convaincu qu’un développement économique, social et politique est possible en gardant les mêmes valeurs depuis l’indépendance.
Ce vendredi, 29 juin 2012, il aurait été question d’un don. Notre président Alpha Condé serait le donateur. La localité de Gbessia Cité de l’air, serait le donataire. Le don servirait à la rénovation d’une mosquée de ladite localité. Si vous me suivez bien, je n’écris qu’au conditionnel en décrivant cette affaire de don. Ce qui signifie que je doute fort que ce soit un don que le président Condé ait fait comme geste. Lorsque l’on fait un don, on ne doit en aucun cas s’attendre à une contrepartie. Dans le cas contraire, ce n’est plus un don. Le don, c’est ce qu’on abandonne à quelqu’un sans rien recevoir de lui en retour. En Guinée, les choses seraient autrement. Une véritable farce. Pour la simple remise du fameux don, c’est tout un cortège des ministres qui se présente. Le premier ministre, Mohamed Said Fofana, le ministre directeur de cabinet de la présidence, Dr Mohamed Diané, le secrétaire général aux affaires religieuses, El Hadj Abdoulaye Diassy, le directeur de l’Administration et Contrôle des grands projets, Mamady Tales Condé. Et comme si cela ne suffisait pas, le premier ministre de déclarer : « par ce don, le président invite les Guinéens à s’unir autour de son programme et ne pas se fier aux rumeurs. Il exhorte les jeunes à se former afin de répondre aux exigences du marché de l’emploi que le pays va générer les années à venir ». C’est cela la Guinée, le pays de l’homme qui « s’est battu pendant 50 ans pour la démocratie » et qui n’a « aucun complexe à faire venir les blancs travailler chez lui », pour instruire le Guinéen. Une honte.
Naby Laye Camara
Bruxelles
Commentaires
Pour le cas que vous citez, ce n'est un secret pour personne, c'est donnant donnant. Les politiques financent les religieux qui à leur tour endoctrinent les fidèles pour les amener à soutenir leurs bailleurs de fonds.
Si nous voulons briser ce cercle vicieux, séparons la réligion de la politique comme c'est le cas dans tous les pays développés.








