M. le président Condé, un don n’a pas de contrepartie

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CAMARA_Naby_Laye_3_01Je ne comprends pas certaines situations ou attitudes humaines. Peut-être suis-je un peu trop rationaliste, ou un peu trop têtu pour ne pas être en accord avec des irrationnels. Mais, j’ai du mal à noter qu’en Guinée, les mauvaises habitudes ne disparaissent jamais. Comment est-ce possible, dans ce cas, qu’un développement puisse avoir lieu ? Comment est-ce possible que l’on aille en avant si certaines valeurs ne sont jamais remises en question ? Seul en Guinée, on est convaincu qu’un développement économique, social et politique est possible en gardant les mêmes valeurs depuis l’indépendance.

Ce vendredi, 29 juin 2012, il aurait été question d’un don. Notre président Alpha Condé serait le donateur. La localité de Gbessia Cité de l’air, serait le donataire. Le don servirait à la rénovation d’une mosquée de ladite localité. Si vous me suivez bien, je n’écris qu’au conditionnel en décrivant cette affaire de don. Ce qui signifie que je doute fort que ce soit un don que le président Condé ait fait comme geste. Lorsque l’on fait un don, on ne doit en aucun cas s’attendre à une contrepartie. Dans le cas contraire, ce n’est plus un don. Le don, c’est ce qu’on abandonne à quelqu’un sans rien recevoir de lui en retour. En Guinée, les choses seraient autrement. Une véritable farce. Pour la simple remise du fameux don, c’est tout un cortège des ministres qui se présente. Le premier ministre, Mohamed Said Fofana, le ministre directeur de cabinet de la présidence, Dr Mohamed Diané, le secrétaire général aux affaires religieuses, El Hadj Abdoulaye Diassy, le directeur de l’Administration et Contrôle des grands projets, Mamady Tales Condé. Et comme si cela ne suffisait pas, le premier ministre de déclarer : Â« par ce don, le président invite les Guinéens à s’unir autour de son programme et ne pas se fier aux rumeurs. Il exhorte les jeunes à se former afin de répondre aux exigences du marché de l’emploi que le pays va générer les années à venir Â». C’est cela la Guinée, le pays de l’homme qui « s’est battu pendant 50 ans pour la démocratie Â» et qui n’a « aucun complexe à faire venir les blancs travailler chez lui Â», pour instruire le Guinéen. Une honte.


Naby Laye Camara
Bruxelles

 
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Commentaires  

 
0 #3 Youssouf Bangoura 09-07-2012 17:17

Patriote, on ne peut dire mieux .
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0 #2 Patriote 09-07-2012 00:43

Non Naby, tout acte humain est intéressé, y compris le don. L'homme est rationnel (Homo oeconomicus). Ceci est d'autant vrai que l'altruiste cherche une place à l'échelle des valeurs altruistes tandis que l'égoiste cherche la sienne sur son échelle des valeurs.
Pour le cas que vous citez, ce n'est un secret pour personne, c'est donnant donnant. Les politiques financent les religieux qui à leur tour endoctrinent les fidèles pour les amener à soutenir leurs bailleurs de fonds.
Si nous voulons briser ce cercle vicieux, séparons la réligion de la politique comme c'est le cas dans tous les pays développés.
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+1 #1 Féla Barry 08-07-2012 18:43

les hommes de religions se sont toujours adossés aux pouvoirs en place, et vis versa. les politiciens tirent parti de l'obscurantisme religieux, politique sur fond d'ethnocentrisme enragé pour s’assurer une longévité politique, ils sont tous éligibles à l'infernale demeure commune. Y a pas qu'en Corse que l'omerta est un mode vie,l'omerta est partie intégrante de la culture de la guinée indépendante dont les mamelles nourricières sont l’intolérance ethnique et la violence politique mort d'hommes y compris. Tout ça pour la seule gratification d'avoir un des siens au pouvoir au détriment de l’intérêt général.l'achat de conscient politique est un délit pénal, Monsieur professeur.et la laïcité dans tout ça!!!! offrez leurs des lycées professionnels e techniques. Chaque coeur est une mosquée en soi, il y va de la ferveur de chacun.
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