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Konaté à Moussa Keita: « Si nous étions à Conakry, je t’aurais fait enfermer »

Thierno Fodé Sow  Mercredi, 29 Juin 2011 14:22

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SOW_Thierno_Fod_3_01Pour qui connait les rapports orageux qui ont caractérisé la cohabitation entre Sékouba Konaté et Moussa Keita, tous les deux alors proches de Dadis Camara, il n’y a pas lieu d’être surpris de la récente sortie médiatique de l’ex-secrétaire permanent. Une sortie accusant de fait Konaté d’avoir détourné quelque 22 millions USD. « Si nous étions à Conakry, je t’aurais fait enfermer ! », avait lancé selon JA El tigre à l’endroit de Moussa Keita, le chef de la délégation dépêchée à Ouaga par Pivi et Tiégboro en vue d’exiger le retour de Dadis Camara.

Sans trop donc être surpris de cette accusation, le président de la transition par intérim a, comme réponse, dit dans les colonnes d’un site de la place: « Les 22 millions USD sont encore disponibles dans les comptes de la BCRG. Le président Alpha Condé et les autorités de la BCRG sont tous au courant. Vous pouvez y vérifier…Tout le reste n’est qu’une diversion (…) Ce n’est pas la première fois qu’on apprend de telles accusations fortuites. Vous savez, quand l’avion bouge, il y a toujours le bruit derrière. Mais, un jour arrivera où la vérité finira par jaillir.» En sortant ainsi des bois pour régler ses comptes à Sékouba Konaté, dont Alpha Condé apprécie l’œuvre parce que le général « est sorti grandi de l'Histoire», Moussa Keita rumine sa rancœur. Et il ne parvient pas réellement, en sa qualité de fidèle à Dadis Camara, à essuyer l’affront. Rappel de quelques hauts faits.

En effet, si tous les Moussa – Dadis Camara, Tiégboro Camara – se sont illustrés par le show télévisé, soit avec des présumés narcos ou des présumés bandits économiques, Moussa Keita, lui, apparaît plutôt comme un opportuniste. Celui-là même qui a très tôt forgé le fameux slogan ‘’Dadis ou la mort’’. De quoi donner d’autres idées noires à la classe politique. Secrétaire permanent du CNDD, en remplacement d’Idi Amin, actuel chef d’Etat Major adjoint des Armées, Moussa Keita a été un sulfureux, tenant tête à tous les leaders politiques, ayant maille à partir avec son mentor Dadis. S'exprimant au nom du CNDD, le colonel Moussa Kéita confiait, arrogant: « Je suis profondément déçu de Mohamed Ibn Chambas (...) Est-ce qu'il est vraiment africain? (...) La Guinée appartient aux Guinéens. Notre participation aux négociations de Ouaga n'est pas bannie, mais elle est suspendue jusqu'à nouvel ordre ». Et de poursuivre, « l'Armée guinéenne reste fidèle à son serment de fidélité à l'endroit du président du CNDD, le capitaine Moussa Dadis Camara et à son ministre de la défense nationale, le général Sékouba Konaté ».

Quelques semaines plus tard, à la suite de la 3e visite du groupe de contact international pour la Guinée, Moussa Keita avait menacé : « Ne nous brandissez pas le spectre de la communauté internationale. Depuis 58 la Guinée n’a jamais cédé à aucune pression venant de l’étranger. Le président de la république le capitaine Moussa Dadis Camara tiendra parole pour le bien du peuple. » Ce qui fut surtout regrettable, c’est le fait de banaliser la cruauté du 28 septembre, arguant que l’Armée n’a pas eu le temps de violer tant l’évènement était important. « Des 158 personnes tuées au stade, il n’y en a que 12 qui l’ont été par balles. Les autres sont mortes par asphyxie ou ont été piétinées à mort à la sortie du stade. A défaut de donner la bonne version des faits, on fait croire que l’armée a tiré et qu’il y a eu 158 morts. On soutient même qu’il y a eu des soldats qui ont violé des femmes en plein jour. C’est ridicule ! Un soldat a-t-il le temps dans un stade de déposer son arme pour violer une femme ? », a notamment dit Moussa Keita dans un journal burkinabé.

Imbu de sa personne, l’officier s’était même invité à Ouaga pendant qu’El tigre cherchait auprès de Blaise Compaoré à arrondir la tension. Un couac inévitable a eu lieu entre Moussa et Konaté : « Si nous étions à Conakry, je t’aurais fait enfermer ! », avait lancé, selon JA, El tigre à l’endroit du chef de la délégation Moussa Keita dépêchée à Ouaga par Pivi et Tiégboro en vue d’exiger le retour de Dadis Camara. Cette menace sera mise à exécution, puisque, ironie du sort, ce sont les hommes de Tiégboro, l’autre fidèle allié, qui sont allés le cueillir pour l’Etat-major de la Gendarmerie. Il sera relâché avec le concours de Compaoré. Le secrétaire permanent qui ramait jusque-là à contre-courant s’était alors assagi ainsi que ses deux acolytes que sont Pivi et Tiégboro. Au risque d’être avalé par le tigre. Aujourd’hui, c’est une nouvelle page qui s’ouvre…


TFS


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