Thierno Fodé Sow Mardi, 28 Juin 2011 14:27
L’enracinement de la démocratie dans notre pays peine toujours à porter fruits qui puissent profiter à tous les bâtisseurs. Sans rancœur, haine ou règlements de comptes. Aujourd’hui en effet, loin d’enrichir le débat, la prolifération des partis a sérieusement exacerbé les divisions. La plupart des formations se sont construites sur une base ethnique. Même si certains leaders politiques actuels ne veulent pas en entendre parler, arguant que leur formation politique est nationale.
Pourtant, personne d’entre eux ne suscite, jusque-là, d’adhésion transversale susceptible de transcender ces clivages qui prennent d’ailleurs tous les jours des proportions fort inquiétantes. C’est à ce titre que toutes les formations font en général le plein de leurs voix dans la communauté d’origine de leur dirigeant. Ainsi, la base électorale du Rassemblement du peuple guinéen (RPG) d’Alpha Condé est malinké, celle de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de l’Union pour le progrès et le renouveau (UPR) est peule, tandis que les fiefs de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), etc. sont la Guinée forestière.
Cette division aura été exploitée à souhait par le parti présidentiel d’alors, le PUP. Conséquence : la plupart des échéances électorales, c’est le PUP qui en sortira gagnant. Et pourtant, adoptée par référendum le 23 décembre 1990, la nouvelle Constitution limitait en effet le nombre de partis à deux. Mais sous la pression des mouvements en faveur du multipartisme intégral, qui se développèrent dans le courant de l’année 1991, le chef de l’État Lansana Conté sera contraint d’annoncer la légalisation de tous les partis politiques pour le 3 avril 1992, après la promulgation de la Constitution, en décembre 1991. Comme quoi, si on avait accepté cette démarche bi-céphalique, peut-être que les Guinéens auraient été mieux outillés pour la démocratie. Mais ceci est une autre histoire.
TFS
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