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Pour une Guinée unie et prospère il faut impérativement se réconcilier

Thierno Brel Barry  Vendredi, 18 Novembre 2011 21:55

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BARRY_Thierno_Brel_01La réconciliation doit mener à l’apaisement après un demi-siècle de tensions et de frustrations.

Cette réconciliation est un facteur crucial pour une reconstruction réussie de la nation. Elle sera un moyen de permettre à la Guinée de tourner définitivement la page sur les violences politiques, de dérapages ethniques, de coups d’état réussis ou avortés.

Nous recommandons de mettre en place une caravane de sensibilisation pour rassembler tous les Guinéens et Guinéennes, toutes les ethnies et religions confondues. Ce qui va déboucher sur un consensus pour une amnistie générale, qui permettrait au régimes actuel et passé d’effacer à bon compte toutes les violations des droits de l’homme qu’ils ont cautionnées ou provoquées.

A mon avis, les Guinéens sont décidés à se réconcilier et le gouvernement, la CEDEAO et l’Occident doivent les aider à le faire impérativement. J’estime que nul n’est à l’abri de fâcheux dérapages d’ordre ethnique ou social, si toutes les rancœurs et frustrations se barricadent derrière les buissons de l’intolérance démesurée. La catastrophe arrive vite quand on n’a pas le courage et l’audace de se parler, quand tout se lie au pouvoir et à la conquête du pouvoir. Les problèmes politiques mal résolus conduisent facilement à la contestation qui peut déboucher finalement sur une instabilité totale.

« La Guinée a décidé de se parler, de s’écouter et de jeter un regard sur le passé en vue de s’assumer ensemble sur les erreurs commises dans le passé et qui sont en train d’être commises actuellement. »

Chers compatriotes l’heure est venue de se parler et de s’entendre sur une solution d’intérêt général pour l’avenir qui est le chemin de la vérité vers le pardon. Il faut que l’on se réconcilie à nous-mêmes sans renier le passé. Nous avons besoin de réconciliation et de paix. C’est un impératif historique, une exigence démocratique et une nécessité morale.

Il faut que l’on s’accepte mutuellement, nous sommes tenus, obligés à vivre ensemble.

Arrêtons de sacrifier l’intérêt national pour les intérêts personnels. Nous vivons des crises politiques et sociales, qui se suivent et se répètent depuis plus d’un demi-siècle. Il faut que les politiques se mettent en question, ce sont eux qui manipulent et instrumentalisent les masses populaires à souhait. Ce qui est déplorables et inacceptables de même. Ils se congratulent le jour, s’appellent la nuit, se félicitent en public, mais en réalité se détestent, se haïssent purement et simplement.

La réconciliation doit être basée sur le partage équitable de la confiance.

Pour réconcilier il faut de prime abord :

Il s’agit de reconstruire les relations brisées, du tissu social fragilisé, d’écouter le vécu de chacun dans un effort commun de compassion et de réceptivité.

« Nous empruntons le chemin de la vérité qui nous conduira au pardon sans que cela ne soit assimilé à un signe de faiblesse ».

Quelles que soient les vérités partielles ou totales qui vont sortir au cours de ces travaux, il faudrait toujours avoir à l’esprit que des hommes et des femmes sont tombés sur cette terre de paix et envers eux, nous avons un devoir de mémoire.

Il faut permettre à la société d’affronter son passé, d’établir la vérité sur plus de 50 ans de violations massives des droits humains, mais également amnistier les bourreaux et offrir aux victimes une plate-forme de reconnaissance publiquement, en leur promettant, par la mise en récit de leurs souffrances, de guérir psychologiquement.

L’objectif majeur de toutes ces actions est d’amener tous les Guinéens à se réconcilier avec eux-mêmes et à apprendre à vivre de nouveau ensemble avec nos différences.

Toute personne qui viendrait devant la commission de réconciliation pour se confesser en quelque sorte sur les exactions, tortures ou tueries qu’il a commises, bénéficierait d’une amnistie.

Des grands moyens nécessitent d’être allouer au département de l’enseignement primaire et secondaires pour favoriser davantage l’enseignement de l’éducation civique et morale qui vise à permettre une meilleure connaissance des institutions républicaines, à faire acquérir des comportements nouveaux et responsables, à inculquer aux apprenants les valeurs qui fondent l’unité nationale.

Enfin, il faut favoriser le dialogue, l’écoute mutuelle, le respect et le pardon.


Thierno Brel Barry
Genève, Suisse


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