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Guinée : questions autour d’une réconciliation nationale
Dr Abdoul Baldé Jeudi, 28 Décembre 2017 09:58
Obama disait il y a quelques jours à juste titre que : « Si vous gagnez des élections en divisant les gens, vous ne pourrez pas les gouverner, car vous ne pourrez pas les rassembler ». C’est le cas de M. Alpha Condé. Le pouvoir a révélé l’homme sous sa vraie nature : égoïste, insensible au malheur du Guinéen, souvent cruel, parfois sadique, scélérat à l’occasion, dans quelques circonstances, innommable. Sa devise est simple : mentir, diviser pour régner, tuer et voler.
Vu la situation chaotique actuelle, on est en droit de s’interroger sur le bilan du leader historique quand on mesure à quel point le fossé ainsi creusé entre ses mensonges et la réalité se révèle profond.
Alors qu’il n’a posé aucun acte allant dans le sens de la réconciliation des Guinéens qui en ont pourtant besoin, dès après son coup KO, pour tromper le peuple, il feint d’avoir changé et parle de réconciliation nationale. Une commission est créée. Mais, les Guinéens se rendent très vite compte que cette fameuse commission vérité et réconciliation n’était que du bluff.
Lors de la remise du fameux rapport de ladite commission de réconciliation, Alpha Condé dit : « On ne peut demander à la Guinée de se focaliser sur le 28 Septembre. Et les autres crimes ? Et les autres victimes ? Moi, j’assume tout le passé de la Guinée. Je ne veux pas qu’on m’enferme dans le camp Boiro ou dans le dossier de Kindia, les évènements de 2007 ou du 28 Septembre, parce que tous ces évènements, c’est la Guinée qui les a subis ».  Quelle hypocrite. Gober de telles saillies populistes, c’est accepter naïvement que son ami Pol Pot, le légendaire génocidaire cambodgien pouvait réconcilier le peuple cambodgien qu’il a anéanti. On peut se demander si Alpha Condé connait le sens du mot « assumer » ? Il assume ces crimes en quelle qualité ? Bourreau ou victime ? Il se prend pour qui en se donnant le pouvoir de pardonner à la place des victimes ?
Alors, inutile de nous jouer le coup de la vertu outragée car, vous êtes l’un des principaux perpétrateurs de la tragédie de notre pays. Dans un État de droit, votre place serait dans une prison et non dans un palais. Mais hélas ! Nous sommes en Guinée, devenue la patrie de l’impunité.
Vous parlez de réconciliation nationale : on est en droit de s’interroger :
- comment un tyran aux abois en plein égarement, qui est devenu aveugle et sourd devant les cris du peuple et qui a choisi de rappeler les bourreaux du peuple en renfort, peut-il réussir une telle prouesse ?
- comment M. Alpha Condé qui a participé à toutes les tentatives de déstabilisation de notre pays depuis le 22 Novembre 1970 ainsi qu’aux différentes incursions rebelles le long de nos frontières peut-il nous réunir ?
- comment un président au pouvoir illégitime qui a fait de l’impunité et de l’irresponsabilité la base de sa politique peut-il rassembler les Guinéens ?
- comment un pouvoir qui a pour socle des cadavres d’innocentes victimes peut-il prétendre guérir la communauté guinéenne ?
- comment un pouvoir dont les fondements mêmes sont incompatibles avec une organisation plus juste, et plus humaine de la société peut-il rapprocher les Guinéens ?
- comment un leader qui a fait exprès de choisir pour diriger la Guinée, des individus qui seront appelés tôt ou tard à s’expliquer devant la justice peut-il prétendre vouloir la vérité et la cohésion nationale ?
- comment un homme qui se comporte plus en chef de bande qu’en président peut-il dire qu’il aspire à l’unité alors qu’il est le premier des diviseurs de son peuple ?
- comment le premier violeur des lois du pays peut-il promettre justice et équité pour tous les Guinéens ?
- comment un homme qui n’a aucun espoir à insuffler à notre pays peut-il bâtir un État pour nous sortir de l’ornière ? Car, sans État, il n’y a ni développement ni démocratie. C’est le règne de la chienlit à tous les niveaux.
- comment l’un des principaux comptables du désastre guinéen peut-il prétendre nous réconcilier ?
Enfin, de quelle manière un homme en quête d’identité, un supposé Guinéen qui se dit un peu burkinabé, sans attache dans notre pays et qui n’est pas en accord avec lui-même peut-il nous rassembler et nous réconcilier ?
La réconciliation n’est pas un discours. C’est une pratique, un comportement des dirigeants, plus particulièrement le premier d’entre eux. Or, M. Alpha Condé est le premier diviseur des Guinéens. Il est devenu une certitude que « sa concorde civile et sa réconciliation des Guinéens », ne sont que des vœux pieux car dans les faits, il ignore volontairement les principes élémentaires de la Vérité et de la Justice.
Ne soyons pas dupes. Cet homme est dangereux, il peut tout faire, tout dire car il n’a pas de surmoi pour l’encadrer ou le rappeler à l’ordre. Ce hors-la-loi de la politique ne reculera devant aucune ignominie pour se cramponner au pouvoir à vie. Sa seule préoccupation actuelle, c’est son troisième mandat. Peu lui importe la misère dans laquelle il a plongé la Guinée et compte l’y maintenir quel qu’en soit le prix à payer.
Je l’ai écrit, la volonté de réconciliation n’a pas besoin d’être clamée partout. Elle se vit au quotidien et les populations elles-mêmes la perçoivent dans leurs vies quotidiennes. Or, que voit-on depuis 2010 ? Des nominations à l’emporte-pièce, car pour M. Alpha Condé, gouverner, c’est non seulement nommer, mais surtout mentir, voler et terroriser. Il est donc pris dans cette ivresse de nomination. Ce qui lui donne une sensation de puissance sur les Guinéens.
Ce pouvoir de terreur vindicatif est essoufflé. Il n’a aucune volonté de démêler l’écheveau constitué par le mélange détonnant de corruption, de brigandage et de détournement de fonds publics sur fond de repli communautaire.
Il est clair maintenant pour tous les Guinéens que M. Alpha Condé, le principal semeur de zizanie entre les différentes composantes nationales, ne sera pas l’homme du changement pour le renouveau de notre pays. La réconciliation qu’il prône n’est qu’un cataplasme sur jambe de bois. Toutes ses gesticulations actuelles ne sont que des supercheries de petit despote finissant, qui tente vaille que vaille de tripatouiller la constitution pour s’installer dans un pouvoir à vie.
Pour la renaissance de la Guinée, il faut un véritable changement et non ce changement dans la continuité des aberrations du passé. L’amorce de ce changement doit commencer par un véritable débat national avec pour thème : Vérité, Justice, Réconciliation et devoir de mémoire. Nous pouvons y arriver sans ce pseudo président, un passant supposé Guinéen et un peu Burkinabè comme il se définit lui-même et qui explique en partie, pourquoi il ne s’est jamais senti Guinéen, il n’a jamais aimé la Guinée et que, depuis sa prise de pouvoir, il n’a jamais passé un mois en Guinée sans voyager deux ou trois fois au frais du peuple martyr de Guinée.
Dr. Abdoul Baldé
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Commentaires
je ne peux que lui souhaiter une aussi bonne année d'inspiration en 2018...
A toi de meme Sanakou.
K. Ba
Quant à la réconciliation, elle n’est pas nécessaire en Guinée. C’est un piège qui veut faire des arrangements à l’amiable entre les criminels avec les victimes. La réconciliation veut se faire au besoin au détriment de la justice et en affichant des conflits artificiels entre les ethnies en Guinée. La réconciliation en Guinée sert uniquement à éteindre les notions de devoir de mémoire et de vérité sur les faits et crimes du passé. C’est une invitation implicite à l’amnésie collective. Les ténors de la politique en Guinée aiment bien ce flou. Pour faire oublier leurs carences et leurs crimes économiques et de sang, ils parlent même de risques de guerre civile. Ils oublient que même Sékou n’a pas pu créer la guerre ethnique en Guinée en 1976. Je pense que même de façon critique, il est dommage de se croire obliger de participer dans le débat sur la Mamaya de la réconciliation. Si on continue à surcharger la Justice avec la réconciliation on n’est pas sorti de l’auberge.
La réconciliation nationale est un concept fourre-tout. K. Ba
Pendant longtemps j'ai lutté aveuglement pour ce processus de réconciliation en Guinée jusqu'au moment ou j'ai analysé le processus en cours sous l’égide des clergés qui ne représentent qu'eux-mêmes et leurs inféodés dociles.
- Ceci résume bien ma position aujourd'hui - pour une fois qu'un Ba résume bien ce que je pense, je ne peux que lui souhaiter une aussi bonne année d'inspiration en 2018...
Quant à la réconciliation, elle n’est pas nécessaire en Guinée. C’est un piège qui veut faire des arrangements à l’amiable entre les criminels avec les victimes. La réconciliation veut se faire au besoin au détriment de la justice et en affichant des conflits artificiels entre les ethnies en Guinée. La réconciliation en Guinée sert uniquement à éteindre les notions de devoir de mémoire et de vérité sur les faits et crimes du passé. C’est une invitation implicite à l’amnésie collective. Les ténors de la politique en Guinée aiment bien ce flou. Pour faire oublier leurs carences et leurs crimes économiques et de sang, ils parlent même de risques de guerre civile. Ils oublient que même Sékou n’a pas pu créer la guerre ethnique en Guinée en 1976.
Je pense que même de façon critique, il est dommage de se croire obliger de participer dans le débat sur la Mamaya de la réconciliation. Si on continue à surcharger la Justice avec la réconciliation on n’est pas sorti de l’auberge.
La réconciliation nationale est un concept fourre-tout. Il est facile de l’obscurcir et Alpha Condé est un spécialiste en la matière comme l’a rappelé Mr. Baldé. Le focus doit être sur la justice qui commence par l’éradication de l’impunité. On peut mesurer les progrès de l’éradication de l’impunité et de l’implémentation de la justice : nombre d’arrestations, de procès, de convictions et de compensations des victimes. On peut évaluer les retards, les risques et apporter des actions correctives etc. En plus, un tel processus servir de leçons aux criminels potentiels et aux régnants du jour. Il aide à l’éducation civique des citoyens et à une maitrise de leurs droits et devoirs. Avec le processus de justice on peut satisfaire de façon plus pertinente les désirs de vérité et le devoir de mémoire. En un mot il bâtit la démocratie effective et pas celle des slogans.
Wa Salam.
K. Ba








