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Franc CFA - mépris - tutelle : l’Afrique humiliée !
Aliou Tall Samedi, 02 Décembre 2017 14:46
Dans une tribune que j’avais écrite en 2013, intitulée « SOMMEIL France-Afrique sur le Franc CFA : à quand le REVEIL ? », je démontrais que la servitude monétaire que subissent depuis 1945 les Etats africains, à cause du Franc CFA, est illégitime. Que la dévaluation du franc CFA et la disparition du franc français justifient l’émancipation monétaire des Etats africains. Mais du Général De Gaulle à Macron, en passant par Sarkozy, les présidents africains sont infantilisés. L’attitude de Macron devant le président Burkinabé en est une illustration. Seuls les peuples africains pourront impulser une rupture.
L’Afrique méprisée : de l’injure subliminale de Sarkozy à l’attitude infraliminale de Macron.
Sciemment ou inconsciemment, Sarkozy injuriait tous les Africains en affirmant lors de son discours de Dakar que l’Homme Noir a raté le train de l’histoire. Mais ce que Sarkozy disait haut, beaucoup de Français et d’Européens le pensent bas. L’Église catholique qui décrivait le Nègre comme un être sans âme ; les missionnaires catholiques et les écrivains européens qui dressaient un portrait affreux du Nègre, dépeint comme un être paresseux, dont la science ne dépasse pas la répétition de gestes quotidiens, un être sauvage, cannibale et violent, ont terni l’image du Noir. Ce tableau rétrograde a fait naître chez les Européens un complexe subliminal de supériorité à l’égard du Noir, un sentiment de mépris, et parfois de racisme.
Quand le président français Emmanuel Macron se défoule devant la jeunesse africaine au Burkina faso ; quand il tutoie et ridiculise le président de ce pays, comme s’il faisait un one man show satirique, on atteint l’étape infraliminale du mépris. Macron n’oserait jamais avoir le même ton devant des étudiants français de l’université de Nanterre ou de la Sorbonne ! Il n’oserait jamais se compter ainsi devant le président russe, Vladimir Poutine, ou nord Coréen, Kim Jong-Un. Il ne les ridiculiserait jamais devant leurs populations, encore moins leur intimer l’ordre « reste là  ! », comme il l’a fait au président Burkinabé Roch Kaboré. Mais en Afrique, c’est un jeu d’enfant avec des adultes qui refusent de grandir. On ne risque rien en humiliant un président africain ! On dira que c’était une blague, qu’il l’a bien aimée.
Le Franc CFA met sous tutelle les présidents africains et viole la souveraineté de nos États.
Françafrique : ce mot désigne depuis longtemps la tutelle dont on accuse la France d’imposer aux dirigeants africains. Une tutelle pour les intérêts de la France et des dirigeants africains en manque de légitimité, mais qui nuit gravement à ceux des populations, des économies et des États africains. La plupart des présidents africains accepte cette sujétion. Ils sont conscients qu’aucune nation ne se développera durablement sans une réelle souveraineté. Or il n’y a pas de souveraineté politique effective sans souveraineté économique. Et aucune souveraineté économique ne peut tenir sans une réelle souveraineté monétaire nationale ou communautaire. Donc, tant qu’il y aura du franc CFA, l’Afrique restera colonisée. Pour reprendre Henry Ford, si le peuple africain comprenait bien le micmac financier qu’induit le système monétaire du franc CFA, il y aurait une révolution avant demain matin. Il ne fait aucun doute que l’Afrique a intérêt à avoir un système monétaire autonome, en dehors de celui du franc CFA. C’est une urgence. Il ne s’agit pas de mener une croisade monétaire contre la France. Mais de privilégier les intérêts des économies africaines, en s’extirpant de ce résidu colonial. Au demeurant, il est possible de garder les relations politico-économiques privilégiées entre la France et l’Afrique, sans perpétrer les frustrations et les injustices du Franc CFA. Les présidents africains qui trouvent des subterfuges du genre « l’Afrique n’est pas encore prête pour gérer sa propre monnaie », devraient immédiatement démissionner. Car s’ils ne peuvent pas gouverner une monnaie, ils ne peuvent pas gouverner une nation. L’Afrique regorge d’experts juridiques, financiers et économiques capables de piloter et de gérer les mécanismes d’une monnaie nationale ou communautaire.
Le Franc CFA est une arme d’ingérence et de domination politico-économique
Comment justifier que le franc CFA ait permis à la banque de France d’engranger pendant des décennies l’essentiel des réserves de change du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo Brazzaville, de la Côte d’ivoire, du Gabon, de la Guinée Bissau, du Mali, du Niger, de la République Centrafricaine, du Sénégal, du Tchad, du Togo, etc. ? Pour avorter la révolte grandissante des peuples africains contre cette monnaie néocoloniale, Macron pourrait proposer aux chefs d’États africains de revoir les accords monétaires sur le Franc CFA, ou de changer artificiellement le nom du franc CFA. L’idée serait alors de changer l’emballage du camembert toxique, pour convaincre les Africains que c’est un nouveau bon camembert. Si les dirigeants africains gobaient une telle duperie, ce serait une infamie pour l’homme Noir. Ce n’est pas Macron qui les alertera de la nécessité de se débarrasser du Franc CFA. Ce n’est pas Macron, produit de la finance, promu par les Jacques Attali, François Henrot et David Rothschild, qui démentira l’affirmation du fondateur de la banque Rothschild, selon laquelle celui qui a le contrôle de la monnaie d’une nation contrôle ses normes. Il ne démentira pas non plus Napoléon Bonaparte selon qui, ceux qui contrôlent l’argent d’un gouvernement contrôlent la situation dans ce pays. On est l’esclave de ceux qui créent et contrôlent notre monnaie, tant que cela dure. Alors sortons du franc CFA pour sortir de cet esclavage !
Aliou TALL
Président du Réseau Africain de Défense des Usagers, Des Consommateurs et du Citoyen (RADUCC)
Â
Commentaires
Bien vu.
La lecon de morale de Macron à ces nêgrons me rappelle celle de de Gaulle (voir lien) à ton Faama à Conakry.
http://www.webguinee.net/bibliotheque/histoire/deGaulle/degaulle.html
L université aurai dû faire une quality gate des questionnaires avant le debat. Ca aurait probablement permis d' éléver le débat et de poser plusieurs autres questions en évitant les tournures et autres blackouts.
Mr Tall ,
Vous n'avez meme pas HONTE !
ROCH KABORE , s'en va , plante la le " MACRO " et aucun de " VOS JEUNES AFRICAINS " ( en plus UNIVERSITAIRES ) ne suit pour signifier une quelconque desaprobation du ton de " Macro " !
Ils restent la avec " Y A BON BANANIA " !
Arretez de faire " la vierge effarouchee " !
Vous etes comme vos aines ! Point barre !./
Bien vu.
Néanmoins, quand ces "JEUNES AFRICAINS " considèrent dans leur « subconscient » Macron comme le Président de la puissance coloniale qui contrôle TOUT dans leur pays aujourd’hui même l’électricité, c’est trop leur demander de désapprouver le ton IMPERTINENT du même Macron. Il s’est d’ailleurs bien délecté sur cette mauvaise (c’est peu dire) appréciation de la part de ces « jeunes africains ». Il n’a donc pas boudé son plaisir à leur rappeler qu’il n’est pas le Président Burkinabé.
Par ailleurs, ne criez pas victoire trop vite de ce qui vous semble être quelque chose de positif dans cette humiliation. En effet, Le Président ROCH KABORE, n’assume visiblement pas son geste c’est-à -dire le fait de s’éclipser un instant pour désapprouver le ton irrespectueux et non diplomatique de son hôte. Geste qui n’a pas été apprécié du tout par cet hôte et qui l’a lancé cette grossièreté :
« Du coup, il s’en va. 'Reste là  !' » avant de terminer par cette autre « blague » qui a étrangement plus retenue l’attention des journalistes : « Il est parti réparer la climatisation » que la grossièreté : « …'Reste là ! » 
Il faut reconnaître qu’après cette avanie : « Du coup, il s’en va. 'Reste là  !' » devant son peuple, il était malvenu de la part du Président ainsi humilié de faire une telle déclaration :
"Nous devons nous départir de cette conception de voir toujours le manque de respect. [...] Même si nous sommes des chefs d'État, il y a des moments également où l'on peut effectivement plaisanter sur des questions sans avoir besoin de vexer ni de blesser quelqu'un de façon particulière".
Bref, il considère qu’il n’a été ni vexé, ni blessé par cette injonction « …Reste là  !». On se demande pourquoi il s’était éclipsé un instant ?
Concernant la prestation des étudiants Burkinabé qui étaient PRESENTS ce jour ; comme vous le soulignez, elle n’a pas du tout été à la hauteur de l’enjeu ni pour leur pays en particulier et ni pour le continent en général.
1)-Ils se sont trompés de Président pour ce qui les concerne. Une fois encore Macron n’a pas boudé son plaisir,
2)-Sur la question des dossiers classés secret défense, ils se sont limités à évoquer le SEUL cas de Sankhara (c’est tout à leur honneur) ; mais une question plus complète donc à la hauteur de l’événement devait contenir le cas des dossiers classés qui concernent le continent sans même cité de noms ;
3)-Sur le franc CFA, question caricaturale, réponse caricaturale de la Macron.
Etc….
Votre analyse pêche peut-être par cette propension ambiante à vouloir réduire toute l'Afrique à ces quelques pays francophones et autres qui utilisent le franc CFA. Les réalités monétaires voire sociopolitiques et économiques communes à bien des pays de la zone CFA n'ont heureusement plus rien à voir avec celles de la plupart des pays d'Afrique anglophone entre autres. Ce que l'on peut facilement vérifier tout de suite en arrivant dans un pays en nette progression comme le Ghana. Au point qu'il serait plus opportun de parler de "plusieurs Afrique" désormais.
Les méfaits de la Françafrique sont évidemment innommables, mais que pensez-vous cependant des récents propos de l'avocat franco-libanais Robert Bourgi qui va jusqu'à demander pardon à la jeunesse africaine? Il regrette entre autres son rôle actif dans les mécanismes de fraude que l'Etat Français a orchestré des années durant par des fournitures d'urnes électorales pré-remplies au moyen de transports militaires. Venant d'un Robert Bourgi, ces révélations ne traduisent-elles pas tout au moins une certaine inflexion dans la politique néocoloniale que la France continue d'exercer sur ses anciennes colonies d'Afrique noire? Entre autres francophones, les électeurs guinéens sauront ainsi que ce ne sont pas leurs seuls bulletins de vote qui ont porté AC au pouvoir en 2010 et 2015, loin s'en faut. Comme quoi, la Françafrique n'est pas forcément qu'une simple question de franc CFA (..)
Vous n'avez meme pas HONTE !
ROCH KABORE , s'en va , plante la le " MACRO " et aucun de " VOS JEUNES AFRICAINS " ( en plus UNIVERSITAIRES ) ne suit pour signifier une quelconque desaprobation du ton de " Macro " !
Ils restent la avec " Y A BON BANANIA " !
Arretez de faire " la vierge effarouchee " !
Vous etes comme vos aines ! Point barre !./








