Mamadou Barry Mardi, 15 Novembre 2011 23:34
De décrets et contre décrets à communiqués et contre communiqués en passant par décisions et contre décisions et autres instructions et contre instructions. Décidément, le moins que l’on puisse dire c’est que ce pouvoir panique de jour en jour et le laisse savoir. Cette attitude met mal à l’aise et ceux qui soutiennent ce pouvoir et encore plus ceux qui estiment qu’Alpha et son équipe ne sont pas en mesure de gérer ce pays dans des conditions acceptables.
C’est maintenant au tour d’Alpha Condé de revenir de l’étranger et comme par hasard, de vouloir rencontrer immédiatement les leaders des partis politiques de tous les bords confondus.
Mais si les termes de cette rencontre décidée dans une grande précipitation ne sont pas clairs en général, et particulièrement sur le résultat à attendre (installation d’un gouvernement d’union nationale ou entente sur la gestion du processus électoral), il est important de se poser la question sur les critères de choix des partis qui ont été conviés à cet entretien.
Il est à souligner qu’au départ, il s’agissait de la rencontre entre le Président de la République et les trois leaders qui sont : Cellou Dalein Diallo de l’UFDG, Sidya Touré de l’UFR et Moussa Solano du PUP. Mais, comme d’habitude, il fallait qu’un autre communiqué vienne faire diversion en y rajoutant plusieurs autres leaders dont les critères de choix ne sont pas définis.
Prenons donc le temps d’identifier une dizaine de critère possible pour constituer une liste de leaders susceptibles de participer à une table de discussion avec le Président de la République. A la suite de la définition de ces critères, on se rendra bien compte que les partis appelés ne répondent à aucune logique. C’est juste le Président qui veut faire diversion pour biaiser encore une fois le vrai débat de fonds.
Les 10 critères d’éligibilité à une discussion sont les suivants :
Mes chers lecteurs, à vous de voir objectivement quel(s) critère(s) l’on pourrait prendre pour justifier cette liste de leaders invités.
Sur la forme, on comprend bien que des leaders qui ont été conviés ne représentent pas les réalités effectives du paysage politique guinéen.
Mais sur le fond, c’est un homme nouveau que l’on a vu et entendu parler d’ouverture et de besoin de dialogue pour unir les forces dans le sens de la construction de la nation.
Comme d’habitude, avec la pression, Alpha Condé joue à l’apaisement sans trop y croire lui-même parce que, pendant qu’il dit que tout se fera désormais avec la participation de tous les acteurs politiques dans les décisions, Louncény Camara de la CENI dit avoir commencé la « révision » et que si tout va bien, le processus ira jusqu’au bout. Il insistera sur le fait que si tout va bien, les élections se tiendront le 29 décembre 2011.
Entre le chaud et le froid, Alpha Condé joue bien et en tout état de cause, il sera jugé sur les actes et non les paroles parce que de nos jours, quand Alpha Condé dit blanc, il y a toutes les chances du monde pour que cela soit noir dans la réalité.
Une chose reste claire, c’est que le Président de la République fidèle à son orgueil ne veut pas reconnaître qu’il y a deux personnes qui sont liées pour la gestion des tous les problèmes du pays, C’est lui et sa mouvance d’un côté, et Cellou Dalein et la sienne de l’autre. Toute tentative d’élargissement de cette vision n’est que pure diversion et on reviendra à la case départ.
Le second tour de la présidentielle est clair et sans équivoque, 50% pour Alpha et 50% pour Cellou Dalein. Pour toute gestion des affaires dans ce pays, cette réalité doit se refléter. C’est la seule voie de changement, de développement et de prospérité dans ce pays.
C’est le prix à payer pour amorcer un processus de réconciliation crédible, véritable et durable.
Monsieur le Président, il y a eu trop de tentatives d’isolement du leader de l’UFDG qui ont échoué, toutes d’une manière ou d’une autre. Si vous pensez que mettre ensemble des leaders sans distinction de leur poids électoral estimé lors du premier tour de la présidentielle de 2010 fera se diluer le poids du leader de l’UFDG, vous vous trompez lourdement.
Comme disent les Ivoiriens :
« Les moutons broutent ensemble mais ne valent pas le même prix ! »
Mes Guinéens quant à eux disent :
« Tôles ce n’est pas tôle ! »
Si le ministre Alhassane Condé a désormais compris que cela ne sert à rien de dire à la face du monde qu’il a réuni et obtenu l’accord de 106 partis politiques, il faut savoir qu’il ne servira à rien de faire croire que vous avez obtenu l’accord de plusieurs leaders à l’issue de votre rencontre.
Dans tous les cas, les solutions aux maux de la Guinée sont connues et applicables, il s’agit juste de manifester une volonté politique pour résoudre ces problèmes.
A défaut de volonté, la rue règlera définitivement les affaires en suspens.
Conakry, le mardi 15 novembre 2011
Mamadou Barry
Analyste Financier