Halte à la coupe abusive du bois !!!

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foret_Ziama_01L'exploitation anarchique et abusive du bois dans notre pays à des fins diverses (combustion, menuiserie, construction, exportation et autres) risque d'aggraver les conséquences sur l'environnement, si toute fois des dispositions réglementaires ne sont pas prises.


Cette spoliation outrancière du sol de sa couverture végétale (dont le bois et le charbon sont le plus souvent vendus dans nos différentes préfectures et d'autres destinés à l'exportation) a entraîné non seulement le tarissement de certains points d'eau dans les zones exploitées, mais a aussi favorisé la perte de l'humidité du sol par endroit et l'a rendu aride, moins fertile et défavorable à l'agriculture. A cela, il faut ajouter le risque de disparition de certaines espèces animales et les problèmes sanitaires.


Pire, les zones exploitées ne sont jamais reboisées, à part le réaménagement de quelques anciennes carrières abandonnées par certaines sociétés minières. Si une journée nationale de reboisement est décrétée par notre Etat, elle souffre alors de manque d'une rigoureuse application.

Parlant de la production du charbon de bois, des hommes à la recherche quotidienne de ce principal combustible des ménages de notre pays, sans règles préétablies ou mesures d'accompagnement (reboisement des zones exploitées par exemple) et sans tenir compte des conséquences désastreuses que leurs actions pourraient engendrer sur l'environnement, continuent de détruire la flore.


Lorsque vous empruntez nos routes nationales, vous constatez d'importants stocks de charbons et de nombreux camions transportant le même produit au cours du trajet.

La Préfecture de Fria n'en faisant pas exception, là également, les charbonniers sont entrain de participer pleinement à la déforestation, au vue et au su de tout le monde. Pour le moment, même du côté des autorités il n'y a aucune réaction pendant qu'ils continuent de ravager le peu de végétation qui nous reste. De la CD (Cité Démarrage) à Mangamory pour ceux qui connaissent cette ville qui abrite la première usine d'alumine en Afrique, la plus part des gros arbres de cette zone jadis humide grâce aux feuillages touffus sont abattus, même les arbres fruitiers comme les manguiers et nérés (nom scientifique : Parkia Biglobosa) ne sont pas épargnés. Depuis bientôt deux mois qu'ils se sont encore installés le long des rails de la Compagnie RUSAL /Friguia. Au début c'était à l'est du pont côté usine, entre la route qui mène à Tabossy et celle qui aboutie en ville en passant par l'usine. Et actuellement ils sont à quelques centaines de mètres des habitations au sud des rails côté Tigué-Lako, sous des arbres, en train de faire du charbon et polluer l'air à grande échelle. Ici encore comme ailleurs, ils s'installeront aussi longtemps qu'ils ne finiront d'abattre le peu d'arbres qui s'y trouvent, sans penser au reboisement bien sûr.


Pendant cette saison pluvieuse, parfois c'est un mélange de brouillard et de gaz provenant des charbonnières qui enveloppe la nature toute la nuit et jusqu'à l'apparition des premiers rayons solaires. Donc inutile aux habitants de cette zone de penser à s'asseoir dehors ou faire de la promenade très tôt les matins et même les soirs, car au lieu d'une bonne bouffée d'oxygène à laquelle ils s'attendent, c'est un gaz âcre et suffocant qu'ils respirent avec tout le risque de maladies pulmonaires qu'il pourrait causer.


L'air devient constamment chargé de particules nocives à la santé. Demandez aux asthmatiques, ils vous diront la suite !!!

Et ceci est un exemple parmi tant d'autres. Des charbonnières sont implantées çà et là, surtout dans les périphéries de la ville pour amoindrir le coût d'acheminement du charbon vers le Centre Urbain, mais aussi un peu partout à travers la brousse.

Au regard de cette situation inquiétante, je me pose alors les questions suivantes :

Sommes-nous vraiment conscients du danger qui nous menace ?

En plus de toutes les conséquences désastreuses sur la faune et la flore que nous connaissons, sommes-nous réellement intéressés à la santé publique ?

Qu'attendent nos autorités pour prendre les mesures qui s'imposent afin d'arrêter ce fléau, avant qu'il ne soit trop tard ?

Des actions de sensibilisation sont elles entreprises par les organismes spécialisés de l'environnement ?

Qu'allons-nous léguer aux futures générations ?

Quand est-ce qu'allons-nous substituer le gaz au charbon de bois ?


Comparativement au Sénégal, pays voisin que j'ai visité tout récemment, là-bas même les foyers les plus démunis font la cuisine à l'aide du gaz et toutes les zones arborées et points d'eau sont protégés.

Ne pouvons-nous pas appliquer les mêmes mesures chez nous pour protéger notre couverture végétale, avant qu'on ne finisse de mettre méchamment tout nu le sol et que des rayons solaires très ardents et sans pitiés avec toute leur chaleur ne viennent très prochainement décider de notre destin commun ?

Réfléchissons !!!


Barry Ibrahima


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Commentaires  

 
+1 #2 Alimou 01-09-2017 16:08

Bonne analyse. Vous visez juste. Il est plus que temps de changer nos habitudes pour arrêter de blesser ce pays.
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+3 #1 Gandhi 31-08-2017 19:14

Il est grand temps de dégager ces nuisibles au gouvernement qui parlent beaucoup en se regardant le nombril, mais qui ne prennent aucune mesure d'avenir. Sans doute doit-on devenir un pays sahélien désertique sans eau, ni forêt. Il ne nous restera que nos yeux pour pleurer et des jeunes de plus en plus nombreux pour fuir ce désastre économique et écologique.
C'est bien de dire que nous sommes riches !!! c'est mieux de développer cette richesse naturelle (l'eau).
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