Alpha Amadou Diallo Vendredi, 05 Août 2016 08:57
L'interpellation du député de l'UFDG donne lieu à des réactions au sein de la classe politique. Nos reporters ont pu recueillir quelques-unes que nous vous invitons à lire dans ce panel réalisé à cet effet.
Rafiou Sow, président du PRP
« Nous appelons au respect de la procédure judiciaire enclenchée contre « Gaoual… Je suis désolé de tout ce qui arrive comme violence verbale, et tant d'autre ».
Personnellement, nous au PRP nous condamnons les propos attribués à l'Honorable Ousmane « Gaoual ». Nous condamnons tout ce qui peut amener à la violence, à la haine. Quel que soit le bord politique qui se livre à de tels actes, opposition où mouvance.
Puisque nous, nous cultivons l'unité nationale, la paix. Comme le cas d'Ousmane « Gaoual » est en justice, nous demandons à la justice d'accélérer les choses, que ça soit uniquement dans le cadre de la justice, et dans le respect de nos droits et libertés. Voilà ce que nous demandons. Nous interpellons tous les acteurs politiques et tous les leaders d'opinions à se débarrasser de propos violents susceptibles de véhiculer la haine et de nous mener vers des situations incertaines. Cela n'est pas dans l'intérêt de notre pays. Il faut qu'on soit raisonnable. C'est vrai qu'il y a eu aussi des cas graves dans le camp d'en face, mais le cas d'Ousmane « Gaoual » est beaucoup plus grave, à mon avis. Parce qu'il demande à qu'on identifie les familles de ces gens-là et que s'il y a meurtre au cours de ces manifestations, et qu'on aille tuer dans ces familles là aussi, ça c'est extrêmement grave, vous conviendrez avec moi. De la même manière, nous condamnons tous ceux qui ont des propos violents, qui conduisent à des situations clivantes.
Je suis très désolé que ça vienne de Monsieur « Gaoual », un membre de l'une des plus principales formations politiques de notre pays. J'interpelle tous les acteurs pour qu'ils sachent que nous devons être des éducateurs, nous devons sensibiliser nos militants et tous les Guinéens, mais pas encourager la violence et la révolte ».
François Faya Bourouno du PEDN
« Nous on ne traite pas ça de façon isolée. Nous mettons ça dans un cadre global. Ces derniers temps, il y a eu une flambée de propos appelant à la haine et à la violence tenue de part et d'autre. Ce qui est dommage, c'est quand aussi c'est l'État qui parraine les propos les plus violents et incendiaires dans ce pays. Nous, nous ne sommes pas un parti qui soutient des gens qui tiennent des propos, des appels au lynchage des familles. Nous condamnons fermement ces genres de propos.
Nous condamnons tous ceux qui tiennent des propos visant à remettre en cause l'équilibre de la nation guinéenne, tous ceux qui tiennent des propos menaçant la paix, la quiétude en République de Guinée. On est opposant. L'opposition c'est une question de conviction, de combat d'idée, d'idéologie. Ce n'est pas une question de haine de violence. Ces rapports de force, nous devons les transformer en véritable force de travail, pour construire notre pays, en vue d'aller vers un chemin de développement économique et social. Mais au jour d'aujourd'hui ce qui est arrivé est déplorable. Mais Nous invitons à ce que l'État puisse jouer son rôle, que les institutions fonctionnent, que la loi soit respectée. Cela commence par le président de la République et le gouvernement, par tous ceux qui sont à la tête de nos institutions, qu'on respecte nos différents textes et lois. Parce que la question fondamentale aujourd'hui est pourquoi la haine est en train de s'installer en Guinée, qu'est ce qui cause cela. Pour nous au PEDN, c'est l'absence d'un État de droit. Nous voulons qu'il y ait un véritable État de droit. Et cela passe par une justice équitable. Mais nous déplorons aujourd'hui l'iniquité de la justice. Le système judiciaire qui fonctionne surtout à l'heure Maître Sako, nous pensons que c'est une justice qui fonctionne avec 2 boites à vitesses. Parce que quand il s'agit de quelqu'un qui est de l'opposition, on utilise la boite automatique, là il n'y a pas d'embrayage à prendre, ça marche. Si c'est quelqu'un qui est du pouvoir on utilise la boite manuelle. Il n'y a jamais de justice contre les membres du gouvernement. Récemment le PEDN a condamné le discours tenu par la mouvance accusant le chef de file de l'opposition. Parce que les propos étaient graves quand on parle de coup d'État ce n'est pas contre une personne, c'est contre les institutions de la République. Nous avons lancé un appel au procureur de la République pour qu'il s'autosaisisse du dossier, pour qu'il demande à ceux qui ont tenu les propos d'apporter des preuves, qu'ils justifient n'est-ce pas les propos qu'ils ont tenus. Mais il ne l'a pas fait. Alors pourquoi aujourd'hui on veut substituer le droit à l'acharnement politique. Donc pour nous, nous condamnons tout discours qui consiste à promouvoir la haine et la discrimination, le carnage, le lynchage, également nous condamnons la substitution du droit à l'acharnement politique. Nous voulons que la justice fonctionne dans sa plus grande équité. Également que l'État joue son rôle en respectant les institutions et le droit ».
Docteur Ibrahima Sory Diallo, président du BOC
« Je crois qu'il vaut mieux aller à l'apaisement. Justement il faut rappeler qu'Ousmane « Gaoual » a été convoqué par les autorités. Je ne suis pas du tout d'accord par rapport aux principes et la façon de faire par celles-ci. Ousmane « Gaoual » Diallo s'il a tenu des propos susceptibles de lui attirer des ennuis judiciaires, c'est à l'assemblée d'abord qu'il faut poser le problème. L'assemblée va lever son immunité, et puis il pourra comparaître devant le juge. Il n'est pas le seul à réagir avec des propos « déplacés ». Le ministre Bantama Sow a fait la même chose contre Cellou Dalein, qu'il accuse de vouloir organiser la rébellion en Guinée. Donc moi je pense, on ne doit pas arriver à ça. Il faut vraiment essayer de régler les problèmes mais pas de cette manière. Au lieu de se mettre à considérer la parole politicienne, les politiciens ont le droit de dénoncer les dérives des dirigeants. J'ai à dire sur radio espace les propos-tenus par le député Ousmane « Gaoual », n'engageaient que lui, pas toute l'opposition. Nous avons écouté pas mal de propos ces derniers temps, tous de nature incendiaire. Même avant que le président Alpha Condé ne soit président, on l'a entendu ici dire que si un leader politique, à chaque fois qu'il s'engageait à une élection, on lui volait ses voix, et que son propre recours c'était de prendre les armes. Mais on n'a jamais vu Monsieur Alpha Condé prendre les armes. Donc c'est pour dire que quand un leader est énervé, il dit ce qu'il pense. Donc ça n'engage que sa personne. Ce n'est pas le lieu d'envenimer la situation, qui était en train d'être décrispée, à partir du moment où on a reporté notre marche. Cela donne la chance au pouvoir en place d'envisager des pourparlers auprès de l'opposition, afin qu'on puisse décrisper la situation actuelle. Au lieu de prendre Ousmane « Gaoual », pour remettre en cause les démarches déjà engagées vers une décrispation. Moi je pense qu'il faut essayer de calmer les esprits. Vaudrait mieux arrêter des attitudes va-t'en guerre ».
Propos recueillis par Alpha Amadou Diallo et Binta Baldé
L'Indépendant, partenaire de GuineActu
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