Alpha Amadou Diallo Jeudi, 14 Juillet 2016 12:28
Dansa Kourouma, président du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSCG) ne cache pas sa déception de la classe politique guinéenne, dont les préoccupations seraient simplement électoralistes, selon lui.
L'Indépendant : que pensez-vous de la menace de l'opposition de reprendre ses manifestations, maintenant que le ramadan est terminé ?
Dansa Kourouma : je pense que face à cette menace de marche, le gouvernement a pris le taureau par les cornes pour convoquer les acteurs à un dialogue politique le jeudi. J'ai l'impression qu'on ne demande le dialogue que quand il y a des menaces, c'est pourquoi l'opposition maintenant en fait son cheval de bataille. Même si elle sait pertinemment que les marches n'ont pas fait avancer la démocratie en Guinée. Par contre, elle a contribué à endeuiller les familles, elle a contribué à opposer les Guinéens et à radicaliser le pouvoir. Donc je crois en lieu et place de la marche, les Guinéens ont besoin de dialogue mais un dialogue sincère. Il y a un problème, c'est une occasion pour moi de le dire sur votre média. Les politiques africains ne sont pas accessibles aux cris de cœur du peuple qui les a élus, d'une manière globale. Ils refusent d'écouter le peuple et pourtant quand on veut avoir le suffrage du peuple, on promet tout et la classe politique est devenue vendeuse d'illusions, vis-à-vis de la population africaine. Il n'y a plus d'alternative politique pour le problème de la population africaine, il faut une alternative citoyenne, il faut que les citoyens guinéens prennent conscience du problème de retard du pays et décident de se mettre au travail mais dans une communion d'idées, d'actions. Les fossés virtuels fabriqués qui existent entre nous, entre les ethnies, les régions ne sont pas réelles. Si nous sommes tous croyants, on dit à l'au-delà, il n'y a pas d'ethnie, il n'y a pas de race, il n'y a pas de couleur. Si on était des vrais croyants pourquoi cultiver l'ethnie entre nous si on était des vrais croyants, ça veut dire notre croyance a des limites, parce que si on s'inspire sur le jugement dernier, personne ne sera classé en fonction de son appartenance ethnique, les gens seront classés selon ce qu'ils ont fait dans ce monde ici-bas. Je demande aux religieux guinéens de prendre leurs responsabilités parce que nous sommes religieux à 90 /100 pour ne pas dire à 100/100. Mais il y a des valeurs de solidarité prônée par la religion dont on ne tient pas compte. Donc permettez de vous dire je demande à l'opposition de saisir la main tendue du ministre pour le dialogue et que toutes les revendications soient mises sur la table mais il est regrettable que les revendications de la classe politique africaine d'une manière globale, guinéenne particulièrement soient des revendications électoralistes.
On ne fait jamais de débat sur l'agriculture, on ne fait pas de débat sur la dette, on ne fait pas de débat sur la croissance économique, on ne fait pas de débat sur l'emploi, sur l'environnement, sur la culture, sur l'histoire du pays pourtant quand on parle de politique, les débats c'est sur les questions réelles. Si le débat c'est contrôler la conquête, l'exercice du pouvoir, c'est que le débat politique est biaisé. Oui ! Je suis là, je veux que vaille que vaille rester, ôtes-toi, je me mets, c'est un débat comme ça. Les questions réelles qui assaillent la population ne sont pas un sujet de préoccupation pour la classe politique guinéenne.
Entretien partiel réalisé par Alpha Amadou et Sadjo Diallo
L'indépendant, partenaire de GuineeActu
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