« Nous estimons que le président de la république n'est plus à même d'assumer les fonctions de chef de l'État »

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DIALLO_Ousmane_UFDG_2_01Dans cet entretien qu'il a accordé à notre reporter, l'honorable Ousmane Gaoual Diallo, député à l'Assemblée Nationale assure entre autre que l'actuel président de la république n'est plus à même d'assumer les fonctions de chef d'État. A cet effet, qu'il n'est pas exclu qu'une procédure de destitution du premier magistrat du pays soit engagée au niveau du parlement… lisez.


L'Indépendant : selon certaines sources, vous voulez engager une procédure de destitution du président de la République. Pourquoi voulez-vous adopter cette posture maintenant ?

Ousmane Gaoual : parce que nous estimons que le président de la république n'est plus à même d'assumer les fonctions de chef de l'État, qui sont les siennes, qui l'obligent à certaines réserves, qui l'obligent à gérer le pays en respectant les lois de la république. Aujourd'hui, il ne respecte pas les lois de la république. Il contribue à créer une tension communautaire dans notre pays.


Dites-nous quels sont les manquements par exemple dont le chef de l'État se serait rendu coupable ?

Les manquements sont nombreux. Le simple fait de voir Alpha Condé présent à l'assemblée générale de son parti de façon hebdomadaire est une violation de la loi, de la constitution de notre pays. De l'autre côté, le discours qu'il entretient dans notre pays depuis plus de 5 ans, est un discours qui stigmatise une communauté. Et ce sont des discours qui sont contraires aux lois de la république. Donc aujourd'hui il est fondamental pour le Guinéen de comprendre qu'Alpha Condé n'arrive pas à porter l'habit du chef de l'État avec les obligations que cela incombe, dans le cadre de la loi républicaine. Il faut donc, rapidement faire en sorte que cela ne contribue pas à dissoudre le tissu social.


Honorable, pour certains observateurs le président de la république userait de tactique, pour masquer les tares de la mal gouvernance. Qu'en dites-vous ?

Je ne sais pas ce que ça veut dire une tactique de la terre brûlée. Je sais que cette communication a deux objectifs : le premier, c'est de faire en sorte que l'on oublie l'accusation de corruption dont son fils est aujourd'hui accusé. Il essaie de divertir les gens en lançant des sujets pour occuper l'opposition. Mais même dans ce cadre-là, il n'est pas libre de dire ce qu'il veut. Lorsqu'on sait ce qu'il dit est contraire aux lois de la république. Il peut être poursuivi pour ça. Malheureusement on n'a pas encore réussi à installer la Haute Cour de Justice par la faute du pouvoir, par l'absence de majorité soucieuse d'offrir à notre pays un équilibre de la république. S'il y avait la Haute Cour de Justice, c'est devant cette Cour qu'on allait soumettre les accusations. Mais malheureusement le président de la République refuse, l'Assemblée Nationale n'arrive pas à désigner les 6 personnes qui doivent aller dans cette Haute Cour de Justice. Donc nous sommes devant un problème fondamental aujourd'hui.


Que pensez-vous de l'éventualité d'un 3ème troisième mandat, qui fait débat actuellement ?

Non d'abord, physiquement il ne tiendra pas. Alpha Condé est un homme fatigué, à 80 ans, il n'a plus toutes ses facultés intellectuelles. Cela est lié à l'âge et c'est compréhensible. Aujourd'hui, il est là sur ce sujet mais en 2020, il aura près de 85 ans. Il ne pourra pas physiquement tenir ce poste. Ce n'est pas pour rien que dans les démocraties modernes, on limite les mandats des chefs d'État à 70 ans. Parce qu'on est conscient qu'après cet âge, l'altération des cellules devient très poussée. Suivez ces discours, il bafouille souvent, il oublie constamment ce qu'il dit et puis avec des sujets sans tête, sans aucune organisation. Ce sont des signes de fatigue intellectuelle de l'homme. Donc je pense que ce sujet-là n'a aucun sens et puis politiquement, il ne pourra réunir personne derrière lui pour ce troisième mandat. Parce que même dans son camp des voix s'élèvent pour dire que ceci n'est plus possible dans notre pays. Donc je pense qu'on peut oublier ce sujet.


L'un des gardes du président de l'UFDG, Cellou Dalein a trouvé la mort avant même qu'il ne soit jugé. Selon le collectif des avocats de l'UFDG, certains gardes seraient dans un état jugé sérieux. Quelle est votre réaction ?

C'est déplorable dans notre pays que l'État guinéen continue à assassiner ses citoyens en toute impunité et ça c'est très mauvais. Parce que la mort de monsieur Saïdou Bah, c'est un assassinat de l'État d'un citoyen guinéen. Qui, jusqu'à preuve du contraire n'était accusé de rien du tout de factuel. Aujourd'hui, encore on voit que le non-lieu n'est pas exécuté pour ses collègues en prison. Mais on voit bien s'il y a non-lieu, c'est parce que la justice n'arrive pas à apporter les éléments de preuve qui soient de nature à confondre les accusés. C'est dommage qu'on abuse de l'État pour faire mal à l'adversaire politique. C'est une forme de fonctionnement de notre justice. Hélas depuis 1958, notre institution judiciaire est devenue le bras armé des despotes qui ont géré la Guinée depuis son indépendance. 


Honorable, vous faites partie de la commission « défense et sécurité » de l'Assemblée Nationale. Est-ce que l'état sécuritaire du pays vous rassure, quand on sait que la plupart des pays de la sous-région sont sur le qui-vive face à la menace terroriste ?

Non pas du tout, ça m'inquiète, fondamentalement. Il y a encore trois jours, des taxis ont été attaqués entre Gaoual et Boké, faisant des dégâts importants et les assaillants ont emporté tous les biens des personnes, qui étaient à bord de ces taxis. La situation sécuritaire de la Guinée s'est fortement dégradée. On a vécu beaucoup d'assassinats, mais jusqu'à présent non élucidés. Cela est inquiétant, qu'il y ait la prolifération des mouvements djihadistes autour de nous. Donc il faut absolument qu'on fasse attention à tout ça. Il est temps que l'État se réveille. On a vu la légèreté avec laquelle les forces de défense et de sécurité ont géré la cérémonie d'inauguration de la mosquée de Timbo. Tout ça, montre que nos forces de défense et de sécurité ont encore du chemin à faire, dans l'apprentissage de l'exercice de la sécurisation de notre pays. Nos forces de sécurité et de défense doivent unir leur force sur le renseignement, l'anticipation des évènements avant qu'ils ne se produisent.


Justement vous faites cas des évènements de l'inauguration de la mosquée de Timbo. Selon vous à qui la faute ?

La faute incombe à ceux qui ont organisé. Qui n'ont pas su prédire la quantité de personnes qui devaient venir. C'est un exercice tout à fait difficile. Mais lorsque vous voyez déjà les gens massés dès 6h du matin pour rentrer dans une mosquée, vous devrez ouvrir les portes pour que tout le monde rentre et puis vous sécurisez un petit périmètre réservé aux officiels cette fois-ci. Mais vous allez maintenir les gens en dehors de la mosquée. L'heure de la prière arrive et devant la mosquée, tous les citoyens sont les mêmes. Donc c'est cette manière de gérer de façon légère qui a conduit à ce drame malheureusement.


Interview réalisée par Richard Tamone

L'indépendant, partenaire de Guinéeactu


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Commentaires  

 
+2 #7 Koli Tinguela 13-06-2016 21:53

bien sur que l'Article 120 stipule que La mise en accusation est demandée par un dixième des députés. Elle ne peut intervenir que par un vote de l'Assemblée Nationale au scrutin secret à la majorité des trois cinquièmes des membres qui la composent.
Celle-ci peut décider, lorsque le Président de la République est mis en accusation, que le Président de l'Assemblée Nationale exerce sa suppléance jusqu'à ce que la Haute Cour de Justice ait rendu son arrêt.
L’instruction et le jugement ont lieu toutes affaires cessantes.
Le Président de la République, le Premier Ministre et les membres du Gouvernement, en cas de mise en accusation devant la Haute Cour de Justice, sont suspendus de leurs fonctions.
En cas de condamnation, ils sont déchus de leurs fonctions.
En cas d’acquittement, ils reprennent leurs fonctions.
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+2 #6 fakai 13-06-2016 18:36

Mr Shams Deen, les deputes de l'assemblee nationale peuvent demander au president de la republique de demissionner ou le destituer. Mr Ghandi peut nous eclairer sur cela. Merci
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+1 #5 Abdoul 13-06-2016 16:48

Citation en provenance du commentaire précédent de shams deen:
Devant quelle juridiction on peut accuser le président? si vous en connaissez dites leurs monsieur.
La constitution guinéenne a prévue la Haute Cour de Justice pour les gens d'en haut et pour le moment il n'y a pas cour.

Ah bon ! Pourquoi il n'y en a pas?
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+3 #4 shams deen 13-06-2016 11:46

Citation en provenance du commentaire précédent de fakai:
A defaut d'un soulevement populaire Qu'est ce que les deputes attendent pour mettre le president en accusaation et le destituer? Prenez l'example de ce est arrive a Nixon aux USA.

Devant quelle juridiction on peut accuser le président? si vous en connaissez dites leurs monsieur.
La constitution guinéenne a prévue la Haute Cour de Justice pour les gens d'en haut et pour le moment il n'y a pas cour.
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+5 #3 fakai 11-06-2016 22:51

A defaut d'un soulevement populaire Qu'est ce que les deputes attendent pour mettre le president en accusaation et le destituer? Prenez l'example de ce est arrive a Nixon aux USA.
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-2 #2 A.O.T. Diallo 11-06-2016 19:16

same old, same old...
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+1 #1 Celloumbah 11-06-2016 15:26

Qu'est ce que nos minables députés font alors s'ils estiment que le dictateur n'est plus à même d'assumer les fonctions de chef de l'État??
Qu'ils arrêtent de tympaniser les guinéens pour rien, ils sont tous des incapables, ils ne font que dénoncer, Pourquoi ne pas passent-ils pas à l’étape supérieure ???
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