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Conte d’Haïti

Koto Saliou Diallo  Lundi, 11 Avril 2016 01:01

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DIALLO_Koto_Saliou_01J’estime que ce conte et/ou légende de Mimi Barthélémy d’Haïti (la Perle nue) est d’actualité, et qu’il cadre bien dans le contexte actuel de la Guinée. C’est pour cette raison, que j’aimerais le partagé avec vous GuinnéeActuens aux fins de discussion, d’analyse et de comparaison avec notre cher pays : la Guinée d’aujourd’hui.


Voici le conte en question ci-dessous

Il y avait jadis, dans une île de la Caraïbe, un taureau qui y régnait en maître absolu. Dans un galop infernal, il parcourait de long en large cette île qui n’était que savanes et plaines boisées. Il avait des proportions si considérables que, la nuit, sa croupe accidentée se confondait avec les montagnes des iles environnantes. Certains jours, la  masse  gigantesque de son corps cachait le soleil et plongeait sa terre dans des ténèbres. Ses cornes trouaient le plancher des cieux. Ses naseaux et ses yeux crachaient des flammes. On l’avait nommé pour cela Dife Flanbo.

S’il régnait sur d’innombrables épouses, c’est parce qu’il avait exterminé, au cours de combats sauvages, tous les mâles de sa terre et qu’il s’était emparé des femelles. Il les engrossait; lorsqu’elles mettaient bas, il éventrait les nouveau-nés mâles. Les femelles venaient grossir son cheptel.

Sa dernière victime, le Taureau Lambi avait rendu son dernier souffle après avoir vaillamment combattu. Sa compagne qui était pleine à l’époque, de rejoindre le troupeau du maître Dife Flanbo. Une esclave de plus! Mais elle se rebella et marronna avec son chien. Elle prit le nom de son défunt mari et devint Lambi, comme lui. Elle se réfugia dans une grotte, cachée dessous un lac, ou elle mit au monde un petit veau.

Le petit veau grandit en entendant, au loin, la clameur d’une voix mâle, toute semblable à celle du tonnerre, qu’il croyait être  celle de son père. Lorsqu’il put s’exprimer, il demanda à sa mère s’il en était bien ainsi.

Ce jour-là, le petit veau jura de venger la mort de son père.

Lambi ne le découragea guère, bien au contraire. Comme il n’avait que trois mois, elle le soumit à une épreuve pour le préparer à affronter l’invincible taureau. Elle lui désigna le tronc cylindrique et démesuré d’un palmier royal et lui demanda de le déraciner.

Il avait six mois pour y arriver. Au bout de six mois, le jeune veau, bien exercé, déracina le palmier.

Lambi le soumit alors à une seconde épreuve: abattre un mur de trois mètres d’épaisseur. Il avait six mois pour le faire. Au bout de six mois, le jeune veau, bien entraîné, abattit le mur. Il piaffait de joie: n’était-il pas prêt à affronter  Dife Flanbo?

Sa mère lui assigna, néanmoins, une troisième épreuve: pulvériser un grand rocher de granit. Au bout de six mois, le jeune taureau, bien aguerri, réduit le rocher en poussière mais perdit beaucoup de sang. Lambi fit absorber à son fils de la poussière de granit mêlée à son sang, à sa sueur et à de l’alcool de manioc. Cette nourriture lui fut si profitable qu’il se mit à grandir sous les yeux de sa mère, et devint un taureau qui n’avait plus rien à envier à Dife Flanbo.

Toran Lavalas lança aussitôt son cri de guerre :

Dife Flanbo, me voici, je suis Toran Lavalas, celui qui, depuis longtemps, t’attend pour te tuer.

Lambi et le chien le talonnaient de près en exhortant la terre entière à faire place à Toran Lavalas:

Dife Flanbo, écumant de rage, s’élança dans un tourbillon de poussière et de feu, dans une clameur de tonnerre et d’orage.

Toran Lavalas planta ses cornes contre les siennes dans un bras de fer dont il semblait vainqueur. Mais le vieux taureau se ressaisit et l’envoya valser comme un geyser dans les airs. Toran Lavalas s’écrasa sur le sol et perdit une corne, que le chien rattrapa au vol et lui recolla avec sa salive. Le chœur des vaches, composé de Lambi et des épouses de Dife Flanbo qui s’étaient ralliées à elle, le talonnait en l’encourageant à reprendre le combat :

Toran Lavalas, ragaillardi, lança de nouveau son cri de guerre avant de frapper son ennemi à mort:

Dife Flanbo, éventré, vacilla, puis s’écroula dans la mer avec un grand fracas. Comme ses entrailles vomissaient des trombes d’eau bouillante, la température de la mer s’éleva aussitôt. C’est depuis ce temps-là que l’eau de la Caraïbe est si chaude.

Dife flanbo, gigantesque gisant, devint une terre montagneuse, sœur à jamais siamoise de la savane. C’est ainsi que cette île prit les dimensions et la configuration qu’elle a encore de nos jours.

Puisque la paix régnait à nouveau sur la montagne et la savane, de jeunes taureaux, venus d’ailleurs, aidèrent Toran Lavalas à repeupler l’île, qui devint la plus habitée de la Caraïbe.


1) Remarque

Un commentaire parmi tant d’autres de M. Condé Abou sur Guinéenews (le 2 avril 2016 au sujet de l’inculpation de M. Mathurin Bangoura) sur la notion d’impunité en Guinée. Il cite ce qui suit (le point 1 seulement comme commentaire de M. Condé Abou sur ce sujet):

« Cher Frère Général Mathurin Bangoura, bonjour. De quoi, vous inquiètez-vous ? De quels gens parlez-vous dans vos propos ? Vous y croyez vraiment ? C’est de la diversion pure et simple sur toute la ligne, devant laquelle, vous êtes placés. Faites votre boulot, parce que de toutes façons, il n’y a que la Guinée qui compte, et Dieu sait parfaitement ce qui est en train de se tramer dans les chapelles politiques.

Ce régime ne fera aucun procès dans ce dossier du 28 septembre 2009. Au contraire, il faut s’attendre dans les semaines et mois ả venir, ả un retour progressif et très bien calculé des membres de l’ancienne équipe du CNND au pouvoir. En voici le scénario cousu de fil blanc:

(1)L’affaire du 28 septembre est un chiffon rouge que ce régime agitera habilement sur la tête de l’armée et particulièrement au-dessus de la tête de tous les officiers supérieurs du commandement, jusqu’en 2020, le temps de contrôler royalement les rênes du pouvoir et d’éloigner toutes les velléités de contestation et de soulèvement militaire. Tout le problème est ả ce niveau.

La peur bleue de ce régime est strictement au niveau de la force de frappe de l’armée nationale, qu’elle n’entendra jamais perdre, pour sa sécurité au pouvoir. le régime sait parfaitement que, quelle que soit la force de l’opposition politique et de la société civile, la force de l’armée est la plus redoutable qu’il ne peut contenir que grâce ả une instrumentalisation interminable des procès ả La Haye devant la CPI. C’est pourquoi, dans une large mesure, le dossier du 28 Septembre est du pain béni pour le pouvoir actuel, et il le restera pour longtemps, pour contenir tout débordement dans les casernes et garnisons.

(2)Dans ce schéma, la situation politique, restera sous contrôle absolu jusqu’aux prochaines législatives dont la tenue n’est pas du tout sûre avant les présidentielles d’Octobre 2020. Pourquoi ? Parce que tout l’enjeu de la bagarre, est autour des prochaines élections présidentielles, et dans l’éventualité d’une révision constitutionnelle (avec les nouveaux alliés politiques), et qui assurerait un vernis démocratique au régime ou au candidat qu’il choisira pour faire barrage ả l’opposition.

L’agenda électoral actuel, consiste ả s’assurer de bout en bout, que l’Armée nationale ne créera aucun problème ả l’issue des futures élections.

Et puis in fine, l’affaire du 28 Septembre sera repoussée en attendant une autre élection présidentielle. Et ainsi de suite.

Je vous garantis mon frère, Général Mathurin Bangoura, qu’il n’y aura aucun procès du 28 septembre tant que ce régime sera au pouvoir. Soyez-en sûrs. L’histoire du 28 Septembre n’est qu’un chiffon rouge que l’on sortira chaque fois, que le régime sentira la moindre contestation militaire, ou dès qu’il sera acculé frontalement par l’Opposition ou par la Société Civile. C’est tout.

(3)Parallèlement, vous verrez qu’il n’y aura aucune Élection communale ou locale en 2016. Que du bluff sur toute la ligne, et pour cela, la CENI a suffisamment l’expertise de la modification des dates qu’elle jette en l’air, sachant pertinemment, qu’elle ne les respectera jamais.

Les Communales et locales seront trainées jusqu’aux prochaines législatives, le temps de fabriquer une majorité politique suffisamment forte, et qui soit acquise ả un projet bien caché de révision constitutionnelle avant l’heure de vérité en 2020.

(4)De toutes les façons, les militaires, gendarmes et policiers sont déjà avertis. Quiconque parmi eux, se remuera, l’on agitera le chiffon rouge de la CPI ou le spectre de la tenue imminente du procès du 28 septembre, non pas ả La Haye, mais ả Conakry. Un procès qui n’arrivera jamais sous ce régime, je le redis. C’est impossible, politiquement, dans tous les cas de figure.

(5)Quant ả la propagande sur l’inculpation ou non du général Mathurin Bangoura et de ses camarades du CNDD, il faut être aveugle pour ne pas voir qui est derrière elle. En toute logique, comment la CPI pourrait-elle s’auto-saisir de ce dossier, lorsqu’á chaque déplacement de ses Représentants ả Conakry, on leur dira voilà, « nous avons déjà interrogé 500 personnes, et nous avons besoin encore du temps pour continuer les enquêtes judiciaires ».

(6)Si vous ne croyez pas ả ce raisonnement, relisez le scénario de la Côte d’Ivoire et qui a connu sa plus grave crise politico-militaire durant les années 2002-2011. Dites-nous le nom, d’un seul soutien militaire du président Alhassane Ouattara en Côte d’Ivoire, que ce soit parmi les rangs des Officiers Supérieurs du commandement des Forces nouvelles de Soro Guillaume ou même dans les rangs de l’ancienne FANCI (Force Armée Nationale de Côte d’Ivoire), un seul soutien dis-je, qui ait été interpellé par les tribunaux ivoiriens, ả plus forte raison traduit devant la CPI ? C’est le même schéma qui est en train d’inspirer les sorciers de la politique en Guinée.

(7)Ceci dit, la Guinée n’est pas du tout, la Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire n’est pas en train de sombrer dans la misère économique. Bien au contraire, le pays avance ả grand pas, et ses populations continuent de vivre mieux sur tous les plans: économique et social.

Un seul conseil ả ceux qui agitent continuellement, le chiffon rouge de la CPI sur la tête des officiers supérieurs de l’armée Guinéenne. Faites attention, parce qu’en mai 2017, personne ne sait qui, sera le vainqueur des prochaines élections présidentielles françaises, si tant est que vous croyez que le soutien de la gauche actuelle au pouvoir est interminable.

Une victoire de la Droite Française avec n’importe lequel des candidats actuellement en lice, pourrait renverser tous les schémas actuellement montés ả Conakry. Wait and see. Toutes mes civilités cher frère Mathurin Bangoura, et bonjour ả la famille résidant ả Belle Vue. Merci pour la courtoisie de Guineenews. »


2) Quelques pistes de solution

La création d’emplois par et pour les jeunes dans les secteurs techniques, tels ERAM, ENAM en fonction  de leurs habiletés, etc. selon le marché de l’emploi en terme de besoins réels du pays;

La réforme de l’enseignement adaptée aux besoins du marché de travail, au lieu de former des diplômés chômeurs;

Envoyer toutes les recrues de l’armée, police, sûreté publique et autres corps de sécurité à la production agricole, l’entretien routier, l’assainissement,… sur une base volontaire en doublant leur salaire de base;

Arrêter complètement de subventionner les écoles et les universités privées par l’État (politique du consommateur-payeur), en favorisant plus l’enseignement technique à court, moyen et long termes des jeunes;

Un tiers seulement des jeunes doivent accéder à l’enseignement universitaire de qualité (au mérite académique) et le reste à l’enseignement technique et professionnel de 3 ans maximum;

Allouer et/ou répartir les ressources financières de l’Etat (budget) en fonction des priorités et des plans d’actions de développement;

Éliminer toutes les corporations syndicales, et en créer une seule basée sur l’adhésion volontaire de ses membres, et en fonction de leurs catégories de profession; ceci, faciliterait à mon avis la destruction systémique du mouvement syndicaliste inféodé;

Sortir complétement de l’économie du grand capital à l’économie sociale pour favoriser la redistribution des revenus à tous les citoyens du pays par des programmes sociaux;

Etc.


3) Alternatives politiques

Pour favoriser la cohésion sociale dans le pays, il ne faudrait pas avoir plus que cinq grands partis politiques dont le but premier est d’éliminer tous les petits partis politiques de façade (qu’on appelle couramment ‘Parti cabine téléphonique’).Cela va permettre aussi d’avoir des nouveaux flux d’adhésions aux grands partis ou bien, de ne militer à aucun parti et se concentrer à la création des PME, PMI, PMA, etc. pour la relance de notre économie dans sa globalité à l’horizon 2025;

Ceux qui se réclameraient du groupement « apolitique » feront partis des « Indépendantistes » comme sixième groupe pour le respect de la démocratie;

Élimination et/ou réduction à l’attachement identitaire ethnique et l’élaboration d’un plan de management politique à long terme;

Établissement de programme politique de développement adapté aux besoins réels du marché, et en s’inspirant des modèles existants dans le monde;

Procéder à la nationalisation des toutes nos ressources primaires et/ou des matières premières;

créer un bureau indépendant et privé d’audit des recettes et dépenses de l’État pour chaque année d’exercice financier.

Adoption par l’Assemblée nationale ou la Cour constitutionnelle d’un système électoral à date fixe, et instaurer seulement deux périodes des votes:

Couplage des présidentielles et les législatives pour un seul mandat de 10 ans à partir de 2020 (2 tours obligatoires pour éviter le chao dans le pays dès le 1er tour);

Établissement d’un fichier électoral permanent basé sur l’état civil de tous les citoyens;

Un seul mandat de 7 ans non renouvelable pour les communales, locales, etc;

Un nombre fixe de 17 ministres, plus les sous-départements ministériels en fonction des secteurs d’activités; et le tiers de ces ministres est issu de l’opposition pour éviter le monopole du parti-État;

La supervision et /ou l’organisation de toutes ces élections est assurée par la CÉDÉAO et l’Union africaine, et éliminer complètement la CÉNI qui est inféodée;

La déclaration des biens est obligatoire pour tout administrateur de l’état le jour même de son assermentation; et favoriser l’éthique, l’intégrité, et la transparence professionnelle;

Rendre l’hymne national obligatoire par tous les citoyens, afin, de favoriser le sentiment d’appartenance à un pays, qu’à une ethnie, certains me diront que c’est ambitieux comme programme, mais, il le faut;  

Etc.


4) Conclusion/recommandation

A chacun son interprétation, mais il y a un malaise sur l’impunité, la mauvaise redistribution des revenus publics par l’Etat en terme de développement socio-économique. Moins de dix pour cent de la population s’accapare de toutes les richesses du pays avec des astuces mal sain.

Une analyse prospective d’évaluation des revenus de l’état et leurs formes d’utilisation s’imposent de façon efficace afin, de favoriser plutôt les services aux citoyens avec des indices de performance observable et mesurable  dans l’espace/temps (à chaque plan quinquennat). Au lieu de nous fournir des concepts théoriques de développement non adaptés dans le contexte actuel de la Guinée.

Enfin de compte, je suis conscient que les quatre derniers points sont très exhaustifs, parce qu’ils comportent plusieurs thèmes et sous thèmes à traiter; mais pour une solution d’ensemble aux multiples problèmes actuels de la Guinée, il est  souhaitable d’avoir un Plan global stratégique de développement cohérent dans ce pays. Si non, le traitement des problèmes à la pièce serait inefficace à moyen et long termes. Et nous passerons tout notre temps à discuter de la politique en continuant de tourner en rond depuis 1958.


Koto Saliou Diallo

Géographe-urbaniste & gestionnaire de projets


NB : Je livre ce bon de commande en faveur de M. Thiemabah, fidèle commentateur et lecteur surs GuineeActu.info, et autres fidèles pour fin de discussions et de débats-d’idées constructives.

_________________________

Source: Haïti, le monde de demain se prépare aujourd’hui, partout, sur toute la planète. Des contes recueillis par Gérard Barthélémy & Mimi Barthélémy, vents d’ailleurs, Éditions Mémoire, Châteauneuf-le-Rouge.1999.Édiditon 2002.


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