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Guinée : l’Etat, le président et le parti
Laye Bamba Dimanche, 24 Janvier 2016 01:57
Dans mes précédents écrits, je l’ai souvent dit et répété, le champion du RPG a certes gagné les élections présidentielles mais le RPG n’est pas l’Etat !
Je sais qu’en démocratie telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui un peu partout, l’usage veut qu’on conquière le pouvoir avec les hommes et femmes de son parti et l’exerce avec eux. Un principe qui d’ailleurs, à mon sens, est aujourd’hui l’une des causes de l’immobilisme de plusieurs «grandes démocraties».
Et dans la situation particulière de la Guinée, un pays à la traîne sur l’autoroute du développement depuis des décennies, avec des partis politiques très marqués ethniquement, vouloir appliquer ce principe c’est aller tout droit vers le marasme.
Par ailleurs, une carte de membre d’un parti politique ne saurait en aucun cas être un passeport pour les fonctions de gestion des affaires de l’Etat, autrement on tombe dans le concept de parti-état.
Depuis le jour de sa première prestation de serment, Alpha Condé, même s’il continue à aller au siège du RPG, ce qu’il devrait d’ailleurs cesser de faire, n’appartient plus uniquement au RPG. Il appartient à tout le peuple de Guinée. Donc, il a, dans le respect de la constitution, le droit et le devoir d’utiliser toute ressource humaine susceptible de l’aider à mener à bien la mission à lui confiée par le peuple, c’est-à -dire celle du développement socio-économique de la Guinée dans la paix.
S’il y a une chose que le parti devrait exiger du président et de son équipe gouvernementale, c’est l’obtention de résultats rapides dans le cadre de l’amélioration des conditions de vie des Guinéens, de tous les Guinéens. Il n’y a pas mieux comme récompense d’une longue lutte politique.
Je suis un fervent défenseur du renouvellement par la promotion des jeunes et des femmes, mais cela ne doit se faire que sur la base des compétences et rien d’autre, surtout pour des postes de responsabilité aux décisions et actions impactant le présent et l’avenir du peuple dans son ensemble, au-delà de toute appartenance politique. C’est pourquoi d’ailleurs j’ai dans mon dernier billet exprimé mon opposition à l’idée de gouvernement dit d’union nationale.
Par contre la proposition que je fais aux jeunes du RPG mais également à ceux de tous les autres partis (UFDG, UFR, UPG, BL, etc…), c’est d’exiger maintenant et tout de suite une plus grande représentativité de la jeunesse au sein des instances dirigeantes de leurs partis et négocier des quotas de candidatures pour les jeunes lors des prochaines élections locales. Ceci me parait un combat plus juste et justifié.
Puisse Dieu bénir la Guinée !
Laye Bamba
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Commentaires
Les RPGistes ne demandent pas l'amélioration de la vie des Guinéens, mais la leur (voir les revendications des frondeurs), le reste leur important peu.
Une grosse préoccupation pour l'avenir du pays.
Je partage votre point de vue mais dans un pays où même les cadres pensent que l'opposition doit collaborer avec le pouvoir au lieu de s'opposer politiquement et qu'elle doit faire du développement alors qu'elle n'en a pas les moyens ni les prérogatives, cela va être difficile d'avoir une démocratie qui marche. Car ils oublient ou ignore que par définition une opposition s'oppose. Elle accompagne le gouvernement parfois en votant des lois mais son rôle essentielle est de critiquer et contrôler les abus du pouvoir. Mais la mentalité du parti unique persiste encore dans l'esprit de beaucoup de Guinéens qui conçoivent la politique comme l'art du "consensus"(accepter tout du pouvoir) et respect absolu des décisions du Chef. C'est cette mentalité de soumission au chef qui explique les dictatures aux niveaux des partis politiques jusqu’à l’Exécutif.
Malheureusement l'homme qui devrait faire la difference pour n'avoir vecu dans la plus vielle democratie fait pire. Il s'accomode en quelque sorte et fait croire que l'opposant c'est le mechant, le diable...
Les RPGistes ne demandent pas l'amélioration de la vie des Guinéens, mais la leur (voir les revendications des frondeurs), le reste leur important peu.
Un gouvernement d'union nationale n'est pas souhaitable dans le contexte guinéen, mais peut fonctionner (Allemagne) si les acteurs ont bien conscience de leur rôle. Quant à la promotion des jeunes, je n'en vois aucun (de moins de 35 ans) et je ne compte qu'à peine 20% de femmes, là où un recensement déclarait qu'elles représentaient 52% des Guinéens.
Je partage votre point de vue mais dans un pays où même les cadres pensent que l'opposition doit collaborer avec le pouvoir au lieu de s'opposer politiquement et qu'elle doit faire du développement alors qu'elle n'en a pas les moyens ni les prérogatives, cela va être difficile d'avoir une démocratie qui marche. Car ils oublient ou ignore que par définition une opposition s'oppose. Elle accompagne le gouvernement parfois en votant des lois mais son rôle essentielle est de critiquer et contrôler les abus du pouvoir. Mais la mentalité du parti unique persiste encore dans l'esprit de beaucoup de Guinéens qui conçoivent la politique comme l'art du "consensus"(accepter tout du pouvoir) et respect absolu des décisions du Chef. C'est cette mentalité de soumission au chef qui explique les dictatures aux niveaux des partis politiques jusqu’à l’Exécutif.
D'accord avec ce point de vue.
Mais c'est quel age etre JEUNE en GUINEE ?
On nous fait entendre que le le 1er Ministre est jeune : 58 ans !
Mon oeil !








