Justice et droit de grâce : l’Etat de non droit continue de subsister en Guinée

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Dans un Etat de droit les citoyens qui ont maille à partir avec la loi sont jugés de façon équitable et quand ils écopent d’une peine de prison ils la purgent pour s’amender. Ils peuvent alors espérer avant la fin de leur peine bénéficier du droit de grâce qui relève du pouvoir discrétionnaire du chef de l’Etat.

Ce n’est pas le cas dans un Etat où le droit subit la loi du plus fort, où la justice est inféodée au pouvoir. Ainsi en a-t-il été sous la révolution incarnée par le dictateur Sékou Touré. Des centaines sinon des milliers de personnes, toutes couches sociales confondues, étaient arrêtées et jetées en prison sans jugement, beaucoup d’entre elles y enduraient la torture ou y mourraient.

Celles qui avaient la chance d’être élargies par suite du droit de grâce accordé par le dictateur devaient obligatoirement se présenter à ce dernier en compagnie de leur famille pour le remercier ; elles le faisaient la mort dans l’âme car cela revenait à encenser la main du bourreau qui vous avait privé de votre liberté sans raison, torturé et déshumanisé des années durant.

L’Etat de non droit qui a prévalu en Guinée les 26 premières années de l’indépendance n’appartient pas qu’au passé, il continue de subsister encore aujourd’hui.

Que dire en effet de ce décret par lequel le président Alpha Condé vient d’accorder le droit de grâce à 171 détenus et exilés politiques ? Nombre d’entre eux, on le sait, sont des innocents auxquels la justice a collé des chefs d’accusation non prouvés. Par exemple les détenus et exilés dont le sort était lié à la fameuse attaque du domicile privé du président survenue en juillet 2011, une affaire qui n’est rien moins, aux dires de maints observateurs, qu’un monstrueux montage politique.

Convenons donc que si le droit de grâce permet de libérer des prisonniers, il ne résout rien de fondamental quant au tort qui est fait à ceux qui ont souffert la privation de liberté sans motif valable. Lorsque ce genre d’injustice criarde prendra fin chez-nous, nous pourrons alors affirmer que la Guinée est devenue un Etat de droit.


O.Tiero

Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+6 #3 lodia 31-12-2015 15:02

Des hommes de valeur, probes, integres, bien éduques, soucieux de l'avancée démocratique et du bien être du peuple, voilà ce qui a manqué à la guinee depuis 1958. Quand on lit l'histoire de ce pays, ce sont les analphabetes qui ont pris le pouvoir, par la violence, en embarquant les gens dans ce fameux"NON" dont le contenu réel ne fut que crimes, violences, atrocites, culte de personnalité, du clan, de la pensée unique et du parti-etat. 60 ans apres, c'est toujours l'exception guineene faite de violences, de mensonges, de meurtres, de clanisme, de triche, d'injustice, d'oppobre et de honte. L'illustration la plus éloquente: Comment ose t on fêter EBOLA, virus meurtrier qui a décimé des milliers de personnes, semant la désolation et le malheur sur son passage, par de la danse, de la musique, comme si on avait gagné la coupe du monde. Honte aux conseillers religieux et sociologiques d'AC, lui de toutes facons, il est alzeihmer. Dans le pays dans lequel je vis et dans tous les pays du monde, quand le voisin a un évenement malheureux, si soi m^m a un évenement heureux, on ne fête pas, on compatit au malheur du voisin et on interdit aux enfants de faire la fête. L'exception guineene se caracterise par la disparition des hommes de qualité bien éduqués, issus des bonnes familles de la guinée toute entiere qui ont été mangées par la mediocre sanguinaire, clanique, despotique,démoniaque regime de Sekou TOURE (m^m l'apartheid ne fit pire) nous rendant orphelins de ses hommes de qualité sortis de PONTY, de PRYTANEE de ST louis, et de nos universites coraniques et traditionnelles et qui étaient les alter-ego des cremes des pays de l'AOF (camara laye, djibril tamsir niane,cheikh hamidou kane, cheikh anta diop, modibo keita, diallo telli, barry 3, barry diawandou, chiekn anta diop ,senghor, houphouet etc..., je ne peux les citer tous). Des hommes de vertu, de valeur, probes, voilà ce que le PDG a détruits et nous a laissé en leg, le pays le plus arriéré, le plus clanique, avec les dirigeants les plus médiocres qui nous font honte. Nous avons besoin d'un sursaut, d'un messie qui nous sorte de cette situation
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+2 #2 Koto Saliou 31-12-2015 05:20

Il faut être reconnu coupable juridiquement,avant de bénéficier l'État de"GRÂCE".Car,jusqu'à preuve du contraire,Mr Bah Oury de l'UFDG n'a pas été jugé par un Tribunal Légal comme étant coupable de ce Faux Complot de 19 juillet.Quelle mascarade judiciaire???.
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+6 #1 amadudialamba 31-12-2015 04:48

En Guinée, le président est le seul détenteur des droits et des libertés (il enferme au moment voulu celui qu'il veut et libère celui qu'il voudra a sa date de convenance). La justice et ses tribunaux ne sont sur place que pour la simple forme. Il y a des services qui font honte à la Guinée. Par ordre de nocivité : La justice et tout ce qui tourne autour d’elle (ONG et services chargés de veiller sur les droits et libertés), armée, sécurité, décentralisation (pas tous les cadres) mais les représentants de l’Etat, notamment les patrons des Gouvernorats, préfectures et sous-préfectures ainsi que toutes les hautes institutions chargées d’encadrer le fonctionnement normal de l’Etat. Rares sont les membres de ces services ou regroupements qui jouent convenablement leur rôle. C’est pourquoi tout est à l’image du cirque devant la Roi. Dès que le premier responsable ouvre sa bouche, les autres n’ont droit qu’à écouter et dire oui. Même si ce qui est dit ou fait devrait être accueillit par un NON catégorique (selon la constitution). C’est pourquoi feu Lansansa aussi avait osé dire que la loi c’est lui. Donc de procéder immédiatement a la libération de l’autre, sans aucune procédure normale.
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