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La grâce présidentielle accordée à Bah Oury : souci d’apaisement ou calcul politicien ?
Saliou Bobo Taran Diallo Mardi, 29 Décembre 2015 23:49
Par un décret du 24 décembre 2015, nous apprenons la grâce présidentielle accordée à M. Bah Oury, exilé en France.
Que représente cette grâce pour M. Bah ? S’agit-il d’un cadeau empoisonné ou d’un pardon politique ?
La grâce présidentielle est un fait du prince qui ne fait pas disparaître la condamnation pénale. Elle reste inscrite sur le casier judiciaire. Alors que l’amnistie, elle, pourrait laver l’honneur du vice-président de l’UFDG ; la grâce n’est autre qu’un pardon dont les effets ne s’appliquent que pour l’avenir. Ils n’ont point d’effets rétroactifs.
Or, lorsqu’on est injustement condamné, on n’a pas besoin de s’excuser. Au contraire, c’est au prince de reconnaître ses erreurs, en accordant à sa victime l’amnistie. Cette dernière effacerait rétroactivement le caractère délictueux des faits pour lesquels M. Bah est condamné. Elle se justifie par rapport au but poursuivi et particulièrement au message qu’on veut faire passer.
C’est pourquoi, dans un souci d’apaiser les esprits et faciliter la réconciliation entre Guinéens, l’amnistie serait préférable à une grâce présidentielle. D’autant plus que cette dernière a l’avantage d’être générale et impersonnelle. Elle s’applique à tous les coauteurs de l’infraction, sans distinction, car elle ne désigne pas nommément les personnes qui en bénéficient, mais seulement les infractions amnistiées.
Donc, par extension, Mme Fatou Badiar, M. AOB, Lamine Diallo ainsi que tous les autres coauteurs pourraient bénéficier de la même règle et ils ne devraient pas être laissés pour compte. Cela aurait été l’occasion de solder l’affaire du 19 juillet 2011 et de tourner cette page. Mais une fois encore, le président de la République semble être mal conseillé. Quant à M. Bah Oury, il devra agir pour sa réhabilitation sans se contenter d’une simple grâce présidentielle à défaut d’avoir l’amnistie.
En définitive, le coup présidentiel n’a pas convaincu grand monde, donc une erreur de plus. En tout état de cause, la réconciliation nationale est plus compliquée que ça. Elle ne se décrète pas, elle se judiciarise.
Diallo Saliou Bobo Taran
Docteur en droit
Avocat à Paris
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Commentaires
« Coauteurs » (???), de quoi au juste ?
Du pseudo coup d'Etat "DU FAUX COUP D’ETAT"
Si plusieurs guinéens ont bondi de joie très haut pour accueillir ce rapprochement individuel, instantané et très bizarre, moi je ne le vois pas comme une grande ouverture. En tout cas, pas comme une volonté d'atténuation des tensions a l’échelle nationale. Au contraire, moi je considère cette muni-normalisation qui est très sélective comme une stratégie de bien reculer pour mieux sauter. Surtout que les vrais concernés étaient presque tous membres importants d’un même parti politique. Ce parti qu’il faut mettre a genou, le plus vite possible et à tout prix, en vue de demeurer confortablement sur le fauteuil reconquis par le récent Coup KAO. La grâce présidentielle dont il s’agit est plus tapageuse que procédurière. L’attrape nigaud est a peine voilé aussi. N’oubliez pas que c’est le président en personne qui s’est déplacé pour toutes les opérations de séduction. Comme s’il n’avait aucun intermédiaire capable. Quelle importance nationale trouve-t-il en ces simples citoyens pour qu’en sa qualité de président de la République, lui-même, abandonne toutes ses importantes occupations pour se déplacer en vue de convaincre ses supposés pis ennemis d’hier de rentrer au pays ? Rentrer pour quoi faire de mieux que les milliers de conseillers et Ministres d’Etat qui sont avec lui n’ont pas pu ? Sont-ils les seuls capables parmi plus de trois millions de d'exilés nationaux ? Ah ! Comme il est facile d’avoir le guinéen. Avec une simple promesse on peut trimbaler certains jusqu'au fond de la morgue.
Alpha Condé et Bah Oury ont un objectif commun : détruire Cellou Dalein et l'UFDG tel que ce dernier a pu en faire aujourd'hui. Leur deal ne porte que que sur cet objectif. Que pour des esprits imbéciles, Bah Oury tente de faire croire qu'il a les moyens d'infléchir la haine et les rancœurs d'Alpha c'est dans la nature du personnage, Alpha condé, lui, a été très clair : « J’ai fait la grâce, et je n’en ferai plus jusqu’à la fin de mon mandat » dit-il. Je n'ai aucune raison de douter de ceci.








