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Le mandat du miracle guinéen ?!
Alsény Kolente Bangoura Jeudi, 24 Décembre 2015 00:49
Le premier mandat du président Alpha Condé appartient désormais à l’Histoire. Pour nous qui en sommes contemporains, il a été pour les uns calamiteux, pour les autres gros de promesses. C’est aux historiens de faire la part des choses et de retenir, avec la distance qu’il faut, ce qui vaut au regard de l’Histoire.
N’attardons pas non plus l’œil sur les conditions qui ont entouré l’élection présidentielle de 2015. Le scalpel de l’analyse historique ouvrira le moment venu là où sont enfouis les secrets de ce vote.
Il faut aller vite : l’urgence de l’actualité politique guinéenne s’imposant à la lenteur de la réflexion, notre prétention est d’esquisser les conditions qui doivent présider le second mandat d’Alpha Condé pour qu’il soit le mandat du miracle guinéen.
J’utilise le terme « miracle » en ayant à l’esprit le cas de l’Allemagne d’après la seconde guerre mondiale. C’est pour elle que l’expression de miracle économique a été employée pour la première fois désignant la spectaculaire résurrection de son économie et de sa société, au début des années 1950. Au sortir de la guerre, il fallait tout rebâtir : les villes, les ouvrages, l’administration, les usines.
Dans ce champ de ruines, les Allemands se sont dit : « Jamais nous ne nous en sortirons, si nous nous querellons. Travaillons ensemble.» Ils se sont alors fait confiance les uns dans les autres et de tous dans l’avenir commun. Ainsi, en quelques années, l’esprit d’entreprise, la capacité d’organisation, la cohésion sociale ont fait de l’Allemagne fédérale la deuxième puissance industrielle d’Occident après les Etats Unis.
Dans l’ordre des faits économiques et sociaux, la métaphore de miracle et le comportement de confiance sont associés. Comme l’écrit Alain Peyrefitte dans ses leçons au Collège de France sur les « Miracles en économie », foi (miracle) et confiance sont des doublets, religieux et laïque, de la même racine. Le deuxième mandat d’Alpha Condé pour qu’il soit celui du miracle qui sort les guinéens de la misère doit inspirer et instituer la confiance. Mais comment ?
Par le choix du Premier ministre. Celui-ci doit être jeune, dans la quarantaine d’années, en proximité avec une population dont plus de 2/3 ont moins de 40 ans. Ce clin d’œil à la jeunesse rajeunira aussi l’attelage exécutif et créera le sentiment d’équilibre dans la gestion du pays.
Le choix du Premier ministre doit également tenir compte des pesanteurs communautaires dans notre pays. Il doit être d’une origine à la lisière des grandes ethnies du pays. Il doit pouvoir être entendu avec confiance par toutes les catégories sociales plus particulièrement par les peuls fortement meurtris au cours de ces dernières années.
Le Premier ministre doit être choisi sur ses qualités propres. Il doit ainsi avoir une capacité d’exposition élevée et une grille de synthèse serrée. Sa principale mission étant de créer le consensus national dont le socle est la confiance, il doit relancer le dialogue entre les partis politiques plus particulièrement avec l’opposition sur des sujets difficiles tels que notamment : restructuration de la CENI, fichier électoral, recensement de la population. Pour conduire ces discussions, il doit être un homme en relation fusionnelle avec le Président et être en capacité de susciter la confiance de ses interlocuteurs, notamment l’Ufdg qui incarne l’opposition dans le pays.
Au moment où il coupe les amarres pour un deuxième mandat, le Président doit sortir des cales, s’éloigner de la machinerie politicienne et refuser de baisser les yeux pour ne pas voir les rats qui sont montés à bord et qui quitteront le navire dès que les premiers vents contraires contiendront la voilure.
Il doit lever la tête et scruter l’horizon. Là réside l’Histoire désormais son seul juge. Il doit s’inspirer du fait que dans la mémoire collective française, ce qui est inscrit en ce qui concerne le général de Gaulle, ce n’est non pas les conditions de son accès au pouvoir en 1958 mais la stabilité qu’il a apportée au pays avec la constitution de la Ve République. Qu’il soit donc l’Homme qui aura rassemblé les Guinéens, construit le socle de confiance dans le pays et en dehors.
Si tel est son dessein qui est porteur de notre salut à tous, il doit choisir un homme loyal à sa personne mais aussi capable d’audace pour créer le choc de confiance dont le pays a besoin. C’est à cette condition que le deuxième mandat d’Alpha Condé sera le mandat du miracle guinéen.
Alsény Kolente Bangoura
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Commentaires
Mr Bangoura excusez moi mais je trouve votre article vide de sens revoltant et une moquerie pour les Guineens./.
Même si je ne suis pas d'accord avec le contenu de l'article, il n'empêche que chacun est libre de s'exprimer (et de recevoir des critiques). C'est en forgeant que l'on devient forgeron. Il faut donc encourager les Guinéens à s'exprimer, notamment par écrit, afin que progressivement ils acquièrent cette faculté et puissent ensuite faire connaître leurs idées, qu'on soit d'accord ou pas avec elles.
Mr Bangoura excusez moi mais je trouve votre article vide de sens revoltant et une moquerie pour les Guineens./.
Qui est ce guignol de "aljarro?? Vous êtes qui pour écrire ces genres de sottises à l’égard de MrAlsény Kolente Bangoura qui est respecter et apprécier sur ce forum??? Qu'est ce qui est révoltant dans cet article??? C'est votre attitude qui est lamentable, indigne..........
- En 2009 : au lendemain des "fumeux" accords de ougaga...
Plutôt "2010"..mes excuses !
A mon gout, cette proposition est simpliste. S'il suffisait de choisir "le bon" premier ministre pour realiser des miracles, pourquoi nos presidents africains s'en priveraent-ils ?
Ce que l'auteur, Mr Bangoura, semble oublier est le fait que, dans un pays comme la Guinee, il n'y ait qu'une seule tete qui compte vraiment. En loccurence celle du president de la republique autour de laquelle tout tourne. Or, nous rappelle l'adage, le poisson pourrit toujours par la tete.
Difficile d'avoir des enfants vertueux lorsque les parents ne le sont pas. Tel pere tel fils, dit-on.
Au lieu de perdre du temps à mediter sur le choix d'un bon premier ministre, les Guineens doivent se battre pour avoir un bon president de la repoblique. Mieux, ils doivent exiger que leur president "soit bon" et "rende des comptes" sur sa gestion. Car aucun president n'arrive au pouvoir bon ou mauvais ... l'environnement dans lequel il evolue est decisif.
Bref, en Guinee, on a la fausse impression que ce n'est jamais la faute aux presidents, mais plutos a tel ou tel ministre. Apres le colon, les comploteurs, les ministres-detourneurs de fonds, l'analphabetisme du president, le fait d'etre militaire, c'est maintenant le probleme du choix du 1er ministre. Really ? Come on guys !
Le miracle allemand apres la guerre 39-45 ne procède pas des "conditions initiales". Faut il invoquer le plan Marshall? Au prorata de la population la France la Belgique les Pays Bas bénéficièrent autant et plus des subsides américains et on n'a pourtant pas parlé de miracle à leur propos.
Au lendemain de la guerre les travailleurs allemands les ouvriers les patrons décidèrent de gérer ensemble pour la prospérité de la nation la chose qu'ils ont en commun. C'est ce consensus qui est à la base du capitalisme rhénan avec l'économie sociale du marché(des syndicats ouvriers puissants en nombre et en moyens).
c'est cet élan de rassemblement face à une Guinée abimée que Bangoura encourage.
M. Bangoura de grâce, il faut nous épargner des comparaisons qui n’ont pas lieu d’être : l’Allemagne et la Guinée. La Guinée est un pays où, depuis près de 60 ans, l’élite politique, économique, intellectuelle à démissionner où, des quasi-analphabètes « gèrent » ce pays au détriment des Guinéens et beaucoup de Guinéens trouvent cette situation normale ! Très certainement, les tueries du sanguinaire Sékou Touré ont creusé la tombe de la Guinée : Pouvez-vous nous dire, pourquoi le Guinéen vit toujours de projets en projets et parfois depuis 50 ans (Simandou par exemple), des projets qui n’arrivent jamais à échéance et cela ne choque personne ? Le marabout Diakanké qui disait que « tant que la Guinée ne va pas réhabiliter les « vrais » victimes de Sékou Touré, le pays fera du sur place… » : à méditer !
Concrètement AC a décidé de parier sur le développement du pays par l'apport des investisseurs extérieurs. C'est une erreur grossière, car d'une part les investisseurs recherchent des conditions qui n'existent pas en Guinée (notamment la sécurité des investissements), les miniers qui pourraient être intéressés ne le restent qu'en terme de placement (Rio Tinto) mais pas d'exploitation, tant la demande chinoise a fondu, faisant retomber le prix des matières à un bas niveau. Enfin s'il n'y a pas d'apport extérieur, le modèle n'est pas viable. De toutes façons le bon sens rappelle qu'il ne faut jamais mettre tous ses oeufs dans le même panier. Il faut donc multiplier les sources d'investissement en faisant appel à TOUS les Guinéens (ce sont les petits ruisseaux qui font les rivières et ainsi de suite), ce d'autant que ces derniers ont un attachement particulier avec le pays, autre que financier. L'état d'esprit de ce régime n'est pas favorable aux investisseurs, car composé de bras cassés dont certains ne vivent qu'aux crochets des autres (n'ayant jamais travaillé et ayant une mentalité d'assisté).
Il faut donc arrêter de se gargariser de mots, le miracle guinéen n'étant qu'une vue de l'esprit. Le redressement allemand est du non seulement au niveau d'éducation élevé de ses ressortissants, ce qui est loin d'être le cas en Guinée, mais également aux moyens financiers du plan Marshall, que ces Allemands ont su optimiser. Même si on mettait des milliards en Guinée aujourd'hui, AC les donnerait aux étrangers pour qu'ils construisent (à notre place) des infrastructures, en imaginant que c'est cela le développement. Et dire qu'il a le culot de se revendiquer professeur, tout en ignorant la définition de l'apprentissage.
Un PM quel qu'il soit, sera incapable de dynamiser une équipe choisie (même les plantons) par le PRG. Comment guider une équipe qui ne dépend pas de vous ? En matière de management, on marche sur la tête, il faudra inventer la notion de totalitarisme condéiste.
C'est désespérant de voir des individus (l'auteur de ce texte) imaginer l'invraisemblable. Les "miracles" de la Corée du Sud, Singapour, voire les redressements allemands et japonais ont été fondés sur la formation et le travail encore et encore. Cela a pris une cinquantaine d'année et nécessite une remise en cause permanente. Comment imaginer qu'un has been puisse réaliser un miracle en moins de 5 ans, sans environnement propice ? Certains font pourtant semblant d'y croire. Pour quelles raisons ? Parfois je me pose la question et les réponses sont loin d'être rassurantes, en vertu de l'adage selon lequel on a les dirigeants qu'on mérite.
- En 2007: le peuple demande le départ du dictateur et de ses rejetons, l'élite lui impose un débat de personnes : qui choisir comme PM ? Le choix fait, tous les dieux de l'ethno-politique nous tombèrent sur la tête. Des 4 listés, nous avons vu 3 à l'œuvre (deux furent Pm et l'autre simple figurant) et nul ne s'est avéré messie.
- En 2009 : au lendemain des "fumeux" accords de ougaga (en réalité une lettre entre un putschiste et son compère, parrainés par Compaoré le fuyard): tout ce qui préoccupait mes compatriotes était de savoir qui de Raby ou Doré devrait être PM. Les deux se partagèrent la transition et nul(le) ne s'est avéré(e) messie.
- Résultat de cet apprentissage en 2015 : depuis les résultats officiels de la présidentielle, on ne parle encore et toujours que du futur messie de PM. Au point de faire croire qu'après l'élection le choix du PM est crucial pour le pays parce que dernier pourrait combler les lacunes de la gouvernance au profit du peuple.
Navré mais la constitution-ouaga ne fait qu'obliger le PRG à s'offrir un PM. Pour le reste, elle n'a fait que légaliser ce que Conté faisait volontiers (son sport favori): quel que soit le génie de PM, il restera tant que le PRG en veut et s'en ira aussitôt que ce dernier n'en voudra plus.
Le PM n'est que son commis et c'est légal !
Conclusion : seule la volonté réelle (intime) du PRG compte, le reste n’est que rêve(s) et propagande(s).
- En 2007: le peuple demande le départ du dictateur, l'élite lui impose un débat de personne : qui choisir comme PM. Le choix fait, tous les dieux de l'ethno-politique sur tête. Des 4 listés, nous avons vu 3 à l'œuvre (deux furent Pm et l'autre simple figurant) et nul ne s'est avéré messie.
- En 2009 : au lendemain des "fumeux" accords de ougaga (en réalité une lettre entre un putschiste et son compère, parrainés par Compaoré le fuyard): tout ce qui préoccupait mes compatriotes était de savoir qui de Raby ou Doré devrait être PM. Les deux se partagèrent la transition et nul ne s'est avéré(e) messie.
- Résultat de ce parcours en 2015 : Depuis les résultats officiels de la présidentielle, on ne parle que du futur messie de PM. Au point de faire croire qu'après l'élection le choix du PM est crucial pour le pays parce que dernier pourrait combler les lacunes de la gouvernance au profit du peuple.
Navré mais la constitution-ouaga ne fait qu'obliger le PRG à s'offrir un PM. Pour le reste, elle n'a fait que légaliser ce que Conté faisait volontiers (son sport favori):
Quel que soit le génie de PM, il restera tant que le PRG en veut et s'en ira aussitôt que ce dernier n'en voudra plus. Le PM n'est que son commis et c'est légal !
Conclusion : seule la volonté réelle (intime) du PRG compte, le reste n’est que rêve (s) et propagande (s).








