Eugène Kourouma Vendredi, 23 Septembre 2011 21:19
Le ministre de l’éducation nationale, après la proclamation des résultats catastrophiques des différents examens sur toute l’étendue du territoire a martelé une possible instauration dès cette année des langues nationales dans le système d’enseignement, mais seulement à partir du primaire et progressivement au collège, au lycée et peut-être au technique et au supérieur.
En effet, l’instauration des langues nationales dans le cursus scolaire est une façon pure et simple d’accentuer la fissure du tissu social qui souffre déjà d’assez de maux. L’on se souvient qu’à la première république ce fut un total échec.
Si aujourd’hui nous parlons d’ethnocentrisme je pense que tout est parti de là, du fait d’imposer le soussou en Basse Côte, le poular au Fouta, le malinké en Haute Guinée, le kissi à Guéckedou et Kissidougou, le toma à Macenta et le guerzé à N’Zérékoré et environs.
Le système pourrait faire tache d’huile si, à l’image du Mali et du Sénégal qui ont fait du bambara pour l’un et du wollof pour l’autre leur langue nationale parlée de tous sans exception, la Guinée aussi imposait une seule langue nationale.
Il serait bien beau de voir tous les Guinéens parler une seule langue, mais hélas.
Certes, il est bon d’innover mais en le faisant, il est important de réfléchir aux tenants et aboutissants de votre réforme.
A ce stade de notre analyse, l’on devrait se poser la question de savoir s’il existe aujourd’hui en Guinée cette ressource humaine capable d’enseigner une langue nationale, sachant que même ceux que nous avons qui sont soit disant formés pour enseigner le français ont plusieurs lacunes, ce qui s’est matérialisé d’ailleurs par le faible taux d’admission aux différents examens nationaux, sujet sur lequel nous porterons notre prochaine analyse.
Avec ce 21e siècle marqué par l’avènement des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication) dont la maîtrise passe forcément par la maîtrise de l’anglais, puisque la plupart des grands logiciels de nos jours sont en anglais. Le gouvernement devrait donc s’impliquer à tous les niveaux pour voir les Guinéens parler anglais, en imposant son apprentissage dès la première année du primaire, et en faire une condition sine qua non pour les différents passages en classe supérieure et même aux examens nationaux avec un coefficient de 4 par exemple, tout en faisant de l’ordinateur le moyen de travail au lieu de ramener des vieux débats qui, à mon avis n’ont plus lieu d’être aujourd’hui.
Eugene Kourouma