Guinée: un nuage sans fin

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A chaque fois qu'on entend parler de la Guinée, on a l'impression que le ciel risque de nous tomber dessus d'un jour à l'autre, sans prévenir tout simplement parce que le dieu Aton avait maudit ce peuple et cette terre bien avant que Moses ne reçoive les dix commandements... au sommet du Mont Sinaï. Rien ne pourra sauver ce pays de sombrer dans le désastre malgré les prières répétées de nos imams et prêtres tout simplement parce que le seul texte sacré (la Constitution guinéenne) qui nous permettrait et devrait nous permettre de vivre en harmonie, sans distinction de sexes ni d'ethnies, est traîné dans la boue par ceux-là même qui sont sensés le respecter et le faire respecter. D'abord, Alpha Condé se mouche le nez avec, mais personne ne réagit, ensuite il prend soin de ses aisselles avec, encore personne ne réagit. Je me trompe, seul notre citoyen Gandhi avait réagi mais personne ne l'a écouté. Maintenant qu'il est trop tard, notre président est tellement à l'aise dans son ambition de démanteler l'unité nationale qui avait toujours existé entre les différentes communautés depuis le début des temps, qu'il nous met mal à l'aise. Le Guinéen n'avait pas l'habitude de traiter son voisin d'apatride, par preuve nous parlons tous au minimum trois dialectes. Et voilà que soudain on demande à une communauté particulière d'aller en Somalie. S'il connaissait vraiment l'histoire de la Guinée, il devrait être le premier à rentrer au Soudan!

Dans un pays où 33% de la population souffre d'anémie falciforme (drépanocytose), une perte de mémoire collective s'est emparée de la population. Le Guinéen n'est plus en mesure de stocker, conserver et se rappeler les expériences passées pour mieux faire face au futur... Pour preuve, il y a déjà tant de Guinéens qui sont nostalgiques de l'ère dadisnosaure, avec son extinction massive à grande échelle qui a voulu nous emporter tous sans exception ! Comme si l'horreur du 28 septembre n'était qu'une fiction de Gustave Flaubert ou mieux encore de l'enfant du pays Tierno Monenembo. L'anémie falciforme peut, à certaines conditions, nous protéger contre le choléra disent-ils ! Malheureusement, elle nous donne une mémoire à court terme. Il suffit d'une chanson -savata petto- pour qu'on oublie toutes les dérives unilatéralistes et militaires de nos politiciens. Par conséquent, les mêmes dérives produisent les mêmes atrocités. AOB n'a même pas eu la chance de plaider non coupable et pourtant nous sommes dans la première démocratie ! L'histoire de la Guinée est un journal qui, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, viols, vols, impudicité, tortures, crimes de prince, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle (1).

Le comble de l'horreur, c'est une tentative d'assassinat de notre Chef d'Etat qui vient d'être dévoilée au grand public. Qui est-ce qui a poussé ces apprentis réalisateurs à reproduire une fiction des années soixante (complot permanent) pour un public qui vit au XXIe siècle ? Ne savent-ils pas que le noir-blanc n'est plus à la mode. Je ne sais pas à propos du Guinéen lambda, mais moi je préfère la HD pour le plaisir des yeux et du cerveau. Le noir-blanc, ça ruine la pupille! Je ne rigole pas. En face de nous il y a des gens qui sont prêts à nous mettre la corde au cou et de la tirer pas vers le Fouta où nous profiterons des diabhêrês et carrêh-pouttêh mais plutôt vers la Somalie, où je viens d'apprendre que la famine fait des ravages. Existerions-nous pour qu'ils nous mettent la corde au cou ? Non. Alors pour exister, il faut savoir résister. A l'heure où j'écris ces lignes, Bah Oury est encore porté disparu. Nous savons tous que ce rôle n'est réservé que pour Chuck Norris; pas pour un leader d'opposition. On ne peut disparaitre comme ça au milieu de ses militants et sympathisants. Ô moutirtani ! Au Doyen Nour Bokoum de nous faire la traduction.

Wassalam


Tutankhamon


Note 1 : Charles Baudelaire


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Commentaires  

 
0 #6 Le Savant 30-07-2011 13:17

Un texte elegant! voila que tout est resume avec un style classique digne de Baudelaire. Je ne voulait pas reagir parcequ'en general quand je suis d'avis oubien si je partage le contenu du "traide" je passe a autre chose mais avec la raclee adminstree a notre omnipotent & omiscient tu n'as fait trop rigole mon cher Tutankhamon. You made my day dude!
COCOLALA
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+1 #5 Tutankhamon 30-07-2011 11:36

Merci Tibou Barry, pour être honnête c'est après avoir lu votre dernier article que l'inspiration m'est venue d'ecrire mon brouillon preuve que vous êtes un grand maitre. Youssouf Bangoura est victime d'endoctrinement. C'est la raison pour laquelle il préfère le riz jaune alors qu'il a beaucoup de choix sur le menu.
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+1 #4 Tibou Barry 29-07-2011 23:46

Quel regal de lire un si bel article! C'est un chef d'oeuvre. Cependant mon cher Tutankhamon, vouloir repondre a un pedant comme ce Youssouf Bangoura, ce n'est rien d'autre que des coups de sabre dans l'eau Ce sieur se bat comme le personnage de Cervantes a defendre des affreux comme sekou Toure et Facinet. D'ailleurs c'est son droit. Mais vouloir s'arroger le titre de critique de litteraire sans jamais, je dis bien jamais poster un seul article sur la place publique, c'est bien cela
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+2 #3 Tutankhamon 29-07-2011 11:52

@ Youssouf Bangoura je ne serai pas le premier à vous dire que les statistiques ont quelque chose de positive du fait que chacun peut s'en servir à sa guise à partir du moment où vous pouvez manipulez les chiffres. Alors pouvez-vous me prouver que j'exagere? COCOLALA
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-2 #2 Youssouf Bangoura 29-07-2011 10:31

Tutankhamon, où avez vous pris votre pourcentage de 33 % ? Je sais qu'il y a Drépanocytose en Guinée, mais j'ignorais totalement d'un tel pourcentage . Peut être que vous exageriez un peu .
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+5 #1 Gandhi 29-07-2011 09:28

Ce n'est pas parce que nous avons eu des élections libres, que nous sommes en démocratie. Nous devions essayer d'y aller avec AC, mais il nous a largement montré que ce n'est pas avec lui que nous irons. En principe, nous devrions attendre 5 ans pour le lui dire, mais il se comporte d'une telle manière, que ce n'est pas sûr que nous soyons patients.
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