Saïdou Nour Bokoum Lundi, 18 Juillet 2011 23:41
C’est lors d’une déclaration solennelle, précédée de l’hymne national, que le « président démocratiquement élu » a instamment instruit son ministre va-t-en-guerre, Alhassane Condé, d’inviter les acteurs politiques à une table ronde en vue d’accorder leurs violons pour que les législatives se passent dans des conditions transparentes et crédibles. Il a proposé comme plate-forme, l’examen du fichier électoral. Lisant un texte court, aux mots pesés, mesurés, excluant toute agressivité, « oubliant » le mot recensement, le président s’est voulu apparemment sans arrière-pensée, ne faisant nulle allusion aux multiples réactions parfois violentes provoquées par les récents propos de son ministre. Je ne parlerai pas d’un virage à 180 degrés, mais il s’agirait, sans jeu de mots, plutôt d’une révision déchirante.
Il appartient aux responsables de l’opposition d’élargir l’ordre du jour et aussi l’espace de la négociation. En effet l’animal politique qu’est Alpha Condé parle de l’organisation des élections en évitant soigneusement le mot CENI, la cheville ouvrière, l’organe de gestion même desdites élections. Il y a aussi les structures d’appui, à savoir les entités décentralisées que le gouvernement vient de caporaliser, en limogeant des élus et en les remplaçants par des délégations. Bref, si l’opposition accepte cette ouverture, elle ne doit le faire qu’à la condition sine qua non que le fichier ne soit pas le seul point de l’ordre du jour.
Il en sera de même de l’espace du dialogue qui est déterminé par les interlocuteurs. Je crois en effet qu’un face-à -face ministre et acteurs politiques n’est pas suffisant. Le ministre a bien montré qu’il ne faisait pas le poids notamment lors de ses dernières déclarations. Je pense qu’il faut inclure un représentant du CNT, le Premier président de la Cour suprême, et peut-être un représentant de l’UA, un représentant du groupe international de contact et un représentant spécial de l’ONU. Cette rencontre doit être exclusivement politique et technique, d’où la présence en compagnie des acteurs politiques, du juge des juges et d’un juriste membre de l’organe central de la transition à savoir le CNT, quoi qu’on puisse penser de cette assemblée.
Ceci n’est qu’une réaction à chaud.
Wa Salam,
Saïdou Nour Bokoum
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