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AC et l’Arc-en-ciel, divorce ou diversion ?

Oury Baldé  Jeudi, 08 Décembre 2011 15:22

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BALDE_Amadou_Oury_01Apparemment c’est le sauve-qui-peut dans la tour dorée de l’Arc-en-ciel, avec la défection médiatique pratiquement coup sur coup de Lansana Kouyaté et d’Ibrahima Kassory Fofana, deux (2) alliés de taille d’AC.

Le camp présidentiel vivrait depuis un certain temps des dissensions internes dont le remue-ménage actuel pourrait être la manifestation la plus visible. Cette « crise interne » ayant pu être entretenue et renforcée par l’échec et le discrédit de la gouvernance d’AC notamment à cause de son ethnocentrisme déluré.

Il ne saute pas non plus aux yeux qu’AC est un gourou politique machiavélique, fort en fait de pirouettes et autres coups retors en tout genre à chaque fois qu’il est en difficulté.

A quoi bien assistons-nous de la part d’AC et de l’Arc-en-ciel ? A une rupture de fait ? Comme c’est souvent le cas en politique, ou est-ce une simple diversion des énormes difficultés du gouvernement (conjoncture socio-économique sévère, impasse politique, caisses de l’Etat vides, pressions de plus en plus fortes pour organiser des législatives qu’il ne tient pas à perdre, entre autres) ?


Lansana Kouyaté, Kassory Fofana, des défections à confirmer

Les revirements politiques fracassants de Lansana Kouyaté et de Kassory Fofana laissent des zones d’ombre : Lansana Kouyaté reste mû par son amertume dans le partage du pouvoir par AC. Et il n’en a pas fait mystère. L’activisme politique débordant de Kouyaté est fortement imprégné de ce ressenti dans le partage du gâteau, jusqu’à ce qu’il soit dernièrement déclaré persona non grata à Kankan, un de ses bastions.

Qu’adviendrait-il si Kouyaté obtenait gain de cause ? Par médiation interposée, par exemple, de l’influente coordination mandingue.

Kassory Fofana, célébrissime ex-argentier national sous Lansana Conté, autoproclamé « candidat de la Basse-Côte », qui fait sécession de la mouvance présidentielle, virait il y a peu son vice-président Ismaël Bah pour avoir milité à la Baule en faveur de la marche de l’opposition le 28 septembre dernier ; expression de sa totale solidarité au régime d’AC. Et au dialogue pouvoir -opposition pas plus tard qu’en novembre dernier, Kassory était là aussi aux côtés d’AC, tout rayonnant de son large sourire immaculé.

Par ailleurs, aucun des deux (2) cadors politiques, qui crachent aujourd’hui dans la soupe à laquelle ils ont mangé hier, n’a non plus ouvertement exprimé son désir de rejoindre l’opposition réelle, l’Alliance des Bâtisseurs. Cela n’est pas pour rassurer.


L’habituel machiavélisme politique à coups tordus d’AC

L’opposition réelle, l’Alliance des Bâtisseurs, aussi naïve politiquement qu’elle soit, a appris à s’organiser et à avancer en bloc. Cela pose problème à AC dont la réputation est entamée auprès de l’opinion nationale pour son manque de résultat et, à l’international, pour sa fumisterie politique.

La parade tout trouvée serait qu’ils AC et ses deux (2) (ex ?) alliés miment la séparation. Avec en perspective les prochaines législatives, pour mieux faire passer la pilule de la mascarade électorale envisagée, avec ou sans l’homme de main Louncény Camara. Le tout obéissant à la ligne de mire de la politique du pire imposée à la Guinée.

Ce scénario parait certes vicieux, mais, avec AC et le précédent vrai-faux complot inventé de toutes pièces contre Bah Oury, rien n’est improbable.

Si par contre, il faut croire ce qui se déroule sous nos yeux, et que donc l’Arc-en-ciel est bel et bien en train de se désintégrer, l’effet boule de neige risque de s’enclencher avec de futures défections pour la suite. La redistribution des cartes politiques qui en découlerait serait à définir.

Le marigot politique guinéen et ses vieux dinosaures et caciques du PDG, de Lansana Conté, Dadis Camara, Sékouba Konaté, d’AC, bref les tenants et les aboutissants, rescapés de tous les régimes successifs corrompus et dictatoriaux qui ont détruit la Guinée, est en ébullition, livré à des soubresauts aussi imprévisibles de renversements que spectaculaires d’alliances et de contre-alliances à venir. Le peuple, comme médusé, observe ce nième folklore de ses hommes politiques responsables de son malheur. Quant au « changement » annoncé naguère tambour battant, ça semble être à Pâques ou à la Trinité. Et visiblement nulle âme ne s’en trouve incommodée.


Oury Baldé


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