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28 Septembre 2009 - 28 Septembre 2016 : amnésie ou démission collective ?
Lamarana Petty Diallo Mercredi, 28 Septembre 2016 16:46
Depuis le 28 Septembre 2009, il n’y a que 7ans qui se sont écoulés. Rien que 7 ans ! Mais tout se passe comme si de rien n’en était. Comme si nous Guinéens avions oublié que là où le sang a coulé, l’arbre de l’oubli ne saurait y grandir.
Cet article que je voudrais une plaidoirie se veut une nième interpellation de notre mémoire collective. Il est un cri de douleur face à l’absence de justice pour les victimes des massacres et des violences du 28 Septembre 2009 et dont le sort assombrit l’éclat de cet autre 28 Septembre de l’an 1958.
Je voudrais tout simplement dire que je ne comprends pas ! Oui, je ne comprends pas mais je refuse de me résigner, de me taire, d’être complice de cette loi du silence qui est tout sauf involontaire ! Je voudrais interpeller pouvoir et opposition guinéenne pour que prenne fin cette omerta.
En ce lundi 28 Septembre 2009 en plein jour, en ce mois Saint, celui du Jeûne ou du ramadan, se produisit l’insondable sur le sol de Guinée. Dans ce lieu hautement symbolique qui fit, jusqu’à ce jour, la fierté de toute une nation, 157 personnes furent massacrées, d’autres brutalisées alors que disparaissaient des centaines d’autres. Plus de 400 femmes furent violées, dit-on. Oui, dit-on car qui comptait les morts, les blessés, les rescapés ? Qui a transmis les chiffres aux organisations internationales ? Ce furent les bourreaux et leurs commanditaires. Amnesty international, Human Right Watch et autres ONG sur le terrain n’eurent ni l’appui nécessaire ni les moyens techniques pour faire un inventaire exhaustif. Autant dire que les chiffres ne sont qu’approximatifs. Que jamais, peut-être, jamais au plus grand jamais, on ne saura la véracité des chiffres.
Qu’à cela ne tienne ! Qu’a-t-on fait depuis ? Des auditions. Rien que quelques-unes. Des interpellations ! Encore quelques-unes ! Quelques inculpations ! Encore beaucoup moins nombreuses. Et quelles inculpations ? À part Moussa Dadis Camara et quelques-uns de ses proches dont la plupart roulent tranquillement dans le beurre, personne d’autre. Entre temps, l’enfant banni de Koulé moisit à Ouagadougou.
Justement ! Dadis serait-il le seul responsable de ce qu’il s’est passé au motif qu’il était le président et chef de la junte qui prit le pouvoir en Décembre 2008 après la disparition du Général Conté ?
Qui oserait disculper Dadis ? Qui oserait tout simplement y penser ? Mais qui peut soutenir qu’il serait le seul responsable du bain de sang du 28 Septembre et des autres crimes ? Serait-il le seul commanditaire et exécutant ?
Dadis innocent ! Qui le dirait ? Mais Dadis seul auteur des massacres ? Soutenir une telle thèse reviendrait tout simplement à vouloir occulter la vérité.
Cette vérité sur les massacres, meurtres, vols et viols personne ne semble plus s’en soucier. Ni responsables politiques tout autant victimes ni pouvoir en place. Épisodiquement, à l’approche de la date anniversaire du crime, on nous dit que des témoins ou des victimes ont été retrouvées par-ci par-là comme si on les avait recherchées auparavant. On balance au peuple crédule que bientôt les auditions auront lieu. Qu’il y aura sous peu des jugements. Qu’il y a des gens qui n’aimeraient pas que les choses aboutissent. Ces personnes seraient-elles dans les arènes du pouvoir ? Cela, on ne le dit point !
On nous dit également que si la Guinée ne prenait pas à bras le corps les évènements du 28 Septembre, c’est la Cour Internationale de Justice (CPI) qui le ferait. Mais cette Cour ne fuit-elle pas la Guinée ? J’ai l’impression que depuis 2009, la Cour Internationale de Justice court effectivement. Qu’elle a même entraîné dans sa course le Tribunal Pénal International. Trêve de parabole !
Guinéennes, Guinéens, qu’avons-nous faits de nos martyrs ? Tous nos martyrs ! Ceux du 28 Septembre et ceux d’avant ?
Guinéens et Guinéens, osons-nous nous regarder en face ? Individuellement ? Collectivement ? Je dis, nous devrions y réfléchir !
Hommes politiques Guinéens, femmes politiques guinéennes, vrais et faux défenseurs des droits de l’homme, associations de ceci et de cela, Séré (sorte de corporation) des villes ou des campagnes, coordinations régionales de la Basse, Moyenne, Haute Guinée et de la Guinée- Forestière, qu’avez-vous fait pour que justice soit faite ? Organisations syndicales, de la société civile, association des femmes et jeunes filles de Guinée, corporations de jeunes et tout ce qui s’en suit, faites le bilan de vos investigations, de votre implication pour que les coupables du 28 Septembre soient identifiés, arrêtés et jugés !
Cadres et élites politiques, civiles et militaires de mon pays, quelle action avez-vous engagée pour que justice soit faite ?
Guinéennes et Guinéens, qu’avons-nous faits de la mémoire de nos enfants, frères, sœurs, mères, tout simplement compatriotes maltraités et assassinés au nom de la liberté en ce jour du 28 Septembre où, justement, la Guinée obtenait la liberté à la face du monde ?
J’en appelle à la justice comme droit mais aussi comme institution ! J’en appelle au pouvoir et à l’opposition ! Je lance un cri de cœur, un cri de douleur, un appel fraternel pour que nous mettions en œuvre ce qu’il y a de plus humain en nous pour que le droit soit dit. Pour que justice se fasse et pour les victimes et pour Dadis et compagnie afin que nous sachions qui a fait quoi. Pour que nous agissions afin que les présumés coupables tapis dans l’ombre soient déterrés pour qu’ils témoignent.
Aux hommes politiques, à quoi faire des tête-à-tête, des conciliabules, des poignées de mains si vous ne montrez pas que celles et ceux qui ont été tués pour que vous soyez ce que vous êtes aujourd’hui méritent votre reconnaissance ? Que leur sacrifice n’est pas vain !
À quoi bon de parler d’élections, de retrouvailles, de réconciliation quand les familles éplorées et les survivants continuent de verser leurs larmes en vous voyant à la télévision ou en entendant vos sirènes. Qui disait que le pouvoir grise ? Pire, déshumanise ? Mais sachez qu’« un homme qui pleure n’est pas un lion qui rugit » dixit Aimé Césaire ! Sachez aussi que vous devez la justice aux victimes et la vérité à la nation !
À quoi bon ériger des ministères des droits de l’homme, monter des commissions dites de réconciliation si vous continuez à ignorer les victimes de Septembre et celles d’avant ?
Je dis, les maux se sont accumulé, trop acculés ! Les frustrations aussi ! Mais rien n’est encore trop tard même s’il y a eu beaucoup de temps perdu ! Nous devons accepter qu’il y une sorte de déni de justice et que dans les évènements de Septembre 2009 chacun a un devoir à assumer : celui de ne pas oublier. Mais aussi celui de faire en sorte que le pardon l’emporte.
Je dis, il est opportun que dans les sables mouvants des rencontres actuelles entre opposition et pouvoir que soient inscrites en lettres capitales la justice pour les victimes du 28 Septembre 2009 ! Il est temps qu’il y ait un monument de toutes les victimes de toute la nation !
Je dis : « Je ne comprends pas cette omerta collective sur les massacres et autres crimes du 28 Septembre 2009 ! Je ne comprends pas cette sorte de démission collective qui se cache derrière une amnésie volontaire » !
Une fois de plus, j’en appelle à notre prise de conscience ! Malheureusement notre mémoire semble s’effacer d’année en année.
Ouvrez les sites internet à la veille de ce triste anniversaire, voyez la part qu’occupent les massacres du 28 Septembre 2009. Vous vous rendrez compte que dire qu’il y une démission collective n’est pas une accusation mais bien une réalité. N’est-ce pas que les médias peuvent ressusciter les morts et tuer les vivants ? Symboliquement je veux dire !
Aux médias guinéens d’assumer leur part de responsabilité en ramenant le 28 Septembre 2009 dans l’actualité ! En jouant au gardien de la mémoire collective. En tout cas en assumant le rôle d’alerteur public au lieu de s’ériger en antichambre du système.
Quant à moi, je fais mienne cette citation d’Aimé Césaire : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche. Ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir ».
Je me fais donc la bouche et la voix des victimes du 28 Septembre 2009 à travers cette interpellation et plaidoirie patriotique !
Je dis, courage aux survivants de Septembre 2009 ! Paix et Miséricorde aux victimes des massacres ! Hommage à tous !
Pardon et Clémence pour nous autres qui n’avons pas encore pleinement rempli notre devoir de justice ! Qui, jusqu’à présent, n’avons pas suffisamment fait preuve d’humanité ! Que justice soit faite par la Grâce du Tout Puissant en nous éloignant de tout esprit de vengeance et du courroux des innocentes victimes !
Que la Guinée, notre pays retrouve la vraie voix de la réconciliation dans la dignité et l’honneur reconnues de toutes ses filles et de tous ses fils ! Amen !
Lamarana-Petty DIALLO
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Commentaires
Soit tu as du lire en diagonale, soit tu supportes mal qu’on te contredise. Un petit conseil dans ce cas. Il vaut mieux garder tes idées sous cape et en privé. Je relève tout juste quelques incohérences de ta part.
Citation en provenance du commentaire précédent de DIALLO LAMARANA:
les militants d'un parti politique "de militants de petit esprit",@
Tu déforme mes propos pour ta convenance. J’ai dit « des militants faibles d’esprit », comme il y en a dans tout parti et toute organisation. Tu ne me feras pas dire que je jette l’opprobe sur tous les militants d’un parti. Même si c’est le RPG.
Citation en provenance du commentaire précédent de DIALLO LAMARANA:
. Il ne sert à rien de débattre avec quelqu'un qui réagit au vu du nom de l'auteur en oblitérant les idées.
Le fait de te traiter de Sanakou est certes une réaction au vu de l’auteur. Comme cela t’offusques, je retire alors mon appellation au profit de Mr. Diallo. En tout cas, c’est la seule mention qui pourrait indiquer que ton nom est ce qui me fait réagir. Sinon tu ne peux prouver avec un autre passage. Et dire que tu prétends que j’oblitère !!!
Citation en provenance du commentaire précédent de DIALLO LAMARANA:
Tes louanges pour une association que tu nommes et d'un parti politique que tu défends l’action et tes accusation contre l'opposition qui n'est pas au pouvoir en disent long. Enfin porte toi bien et interpelle les détenteurs du pouvoir que tu parais aduler. Salut@
Là aussi, nulle part dans mon texte je ne fais les louanges d’un parti. J’ai noté que tu balais d’un revers de la main les actions des organisations de la société civile que sont Pottal, OGDH et FIDH en parlant de démission collective… En plus, le fait que l’opposition n’est pas au pouvoir (ce qui est plutôt un oxymoron) ne la soustrait pas des critiques. Au contraire, les critiques devraient être accueillies et étudiées, si ces partis n’étaient pas que de simples officines de conquête du pouvoir au service d’un individu ou d’une petite clique.
Avec ces officines, toute critique est une adulation du pouvoir (Ho-la-la !) Ce manichéisme simpliste n’est pas seulement exaspérant. Il est dangereux. Cet état d’esprit binaire t’a fait lire mon texte comme une adulation du pouvoir !! Tu aurais pu googler mes interventions sur ce site et d’autres pour mieux t’édifier, avant de lancer des insinuations ridicules. Après ta sortie, je me dis qu’après tout, je n’avais pas tort de dénoncer la faiblesse d’esprit de certains militants.
K. Ba
Tu écris et je cite : « ouvrez les sites internet à la veille de ce triste anniversaire, voyez la part qu’occupent les massacres du 28 Septembre 2009. Vous vous rendrez compte que dire qu’il y une démission collective n’est pas une accusation mais bien une réalité. N’est-ce pas que les médias peuvent ressusciter les morts et tuer les vivants ? Symboliquement je veux dire”
Beaucoup de guinéens conscients sont révoltés par le déni manifeste de justice sur les crimes du 28 Septembre 2009. Ton accusation généralisée n’est ni pertinente, ni fondée. Elle ignore des appels faits depuis des semaines par des organisations comme Pottal et des sections de l’opposition pour manifester et réclamer la fin du déni de justice. Il est vrai qu’en France il y a une léthargie déconcertante des intellectuels qui – à mon avis - est due aux échecs constants depuis le temps du PDG. Ces échecs à leur tour peuvent être expliqués par un focus erroné sur des personnes, des leaders etc. au lieu de l’organisation. En outre, ton interpellation ignore les combats menés par beaucoup d’organisations qui ont fait de la lutte contre l’impunité une constante action depuis 2007. Je peux citer Pottal-Fii-Bhantal ainsi que la FIDH et l’OGDH. Ces combats sont lents, ingrats et ne sont pas nécessairement excitants. Mais c’est le chemin à suivre. Surtout que les leaders des partis politiques ont brillé par une négligence coupable quand il s’agit de l’affaire du 28 Septembre 2009.
Je trouve dommage de balayer d’un revers de la main tous ces efforts pour monter dans une tour d’indignation qui était bien silencieuse quand Cellou Dalein (votre leader) a signé un accord avec Daddis. Dénoncer la démission collective ne sert qu’à diluer la responsabilité qui revient à cette opposition qui avait appelé à la marche (y compris le RPG à l’époque). L’opposition a suffisamment montré qu’elle se tape bien de la justice et n’être intéressée que par le pouvoir pour qu’on accuse à leur place une forme de «démission collective ». Quand les intellectuels des partis refusent de dénoncer le fonctionnement opportuniste des leaders de l’opposition guinéenne, eût égard au problème de la justice, ils contribuent à renforcer les convictions erronées des militants faibles d’esprit à qui et à tort on a fait croire que la politique se résume à l’élection de leur leader ou un frère de leur ethnie comme président de la Guinée. En partie, le combat pour la justice consiste à briser l’idéologie d’aliénation individuelle et de subordination des militants que les politiciens guinéens pratiquent.
«L’histoire se fiche pas mal qu’on se ronge les ongles » Koestler. L’action collective, pour imparfaite qu’elle peut être, est le seul remède contre les anxiétés que tu ressens comme beaucoup de guinéens. Il est futile de broyer du noir dans son coin ou à l’intérieur de l’immobilisme et des tangos des partis et de leurs leaders de petit-acabit. Le temps n’est ni à l’amnésie ni à la démission. Il est au soutien effectif aux organisations existantes des victimes, Justice in Guinée, l’OGDH ou la FIDH etc.
K. Ba








