Septième anniversaire des massacres du 28 Septembre 2009 - Mémorandum de la Coalition pour la Justice et la Démocratie en Guinée au Secrétaire Général de l’ONU

Facebook Imprimer    

 

logo_Pottal_Fii_Bhantal_UK_01À l’occasion du septième anniversaire des massacres et viols du 28 Septembre 2009 à Conakry, la Coalition pour la Justice et la Démocratie en Guinée composée des sections Amériques de l’UFDG, du Bloc Liberal, du NFD et de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djallon adressent ce mémorandum pour réitérer les demandes maintes fois formulées de traduction en justice des accusés de ces crimes. C’est aussi une occasion pour honorer les victimes et les disparus et rappeler que les survivants vivent sans support, ni médical, ni juridique.


Suite aux évènements de Septembre 2009, la commission d’enquêtes de l’ONU avait conclu que les assassinats et les viols  étaient des crimes contre l’humanité.


La junte militaire au pouvoir avait établi une commission pour conduire sa propre enquête. Le rapport de cette commission conclura que le seul responsable des massacres était Toumba Diakité qui est toujours en fuite, suite à une tentative d’assassinat du chef de la junte militaire. Le gouvernement de la transition dirigé par Mr. Sékouba Konaté brillera par un laxisme similaire. Celui de Mr. Alpha Condé, issu des élections de 2010 poursuivra la même logique de déni de justice.


Des examens préliminaires - préalables à l’ouverture d’une enquête officielle - ont été ouverts par la Cour Pénale Internationale. Madame Bensouda a effectué plusieurs visites en Guinée pour évaluer l’avancement des enquêtes. À chaque visite  elle a fait des avertissements qui n’ont pas été suivis d’effet.


La  dernière visite du procureur de la CPI a été suivie de celle d’une mission d’experts de l’ONU. Après évaluation de la situation des victimes et des enquêteurs actuels, ils promirent des mesures de protection des témoins ainsi que l'assistance d’expertise légale aux juges nommés par le gouvernement guinéen. Ce pool est composé de juges anonymes. Ils indiquent avoir entendu plus de 400 victimes et inculpé une vingtaine d’officiers et de fonctionnaires. Ces derniers sont tous en liberté, avec leurs postes dans l’administration et dans l’armée.


Lors d’une visite en Guinée en Avril dernier, Madame Zainab Bangoura, représentante spéciale de l'ONU sur la violence sexuelle dans les conflits avait invité les autorités à accélérer la justice pour les victimes des crimes du 28 Septembre 2009. Cette visite était faite conjointement avec Madame Sarah Sewall, Sous-Secrétaire d’État américain aux Droits de l'homme qui avait offert l’assistance des États-Unis.


Néanmoins, avec des excuses et des chantages voilés, le gouvernement guinéen continue à trainer des pieds. Lors de sa visite à l’ONU au mois de Mars dernier, le ministre de la justice avait annoncé que les procès débuteraient avant la fin de l’année 2016. Récemment il a changé le refrain et a annoncé que les procès débuteraient en 2017. En dépit des soutiens conjugués de l’Union Européenne, de l’ONU et des États-Unis pour l’organisation des procès, il continue à invoquer des questions financières. En  même temps, il avait laissé flotter des risques venant des forces de sécurité comme raisons du retard. Il lui avait été rappelé que des soldats guinéens ont été arrêtés et rapidement condamnés par son gouvernement sans aucune réaction dans l'armée.


Le 25 Octobre 2014, le président guinéen a avoué en public son désir de ne pas organiser des procès sur les massacres de 2009 en citant comme excuse les crimes d’État du passé. En réalité, Mr. Alpha Condé a fait un choix délibéré d’exploiter ces crimes à des fins politiciennes. Les responsabilités individuelles des présumés coupables sont diluées. À la place, les autorités guinéennes laissent planer des culpabilisations ethniques collectives dans le but d’accentuer les  divisions tribales et mieux affaiblir les forces sociales de la nation. Sous le règne de Mr. Alpha Condé la justice guinéenne a été réduite à un outil de violation des droits de l’homme qui s’acharne exclusivement sur les adversaires politiques. Depuis l’investiture de Mr. Condé, des dizaines de citoyens innocents ont été victimes d’assassinats politiques, de tortures, de pertes de biens et d’arrestations arbitraires. Aucune enquête sérieuse n’a été engagée sur ces crimes. Cette forme de gouvernement par un déni systématique de justice a sabordé le processus démocratique en Guinée. La nation reste dans l’ornière de la faillite et exposée à tous les risques d’aventures politiques.


Nos organisations réitèrent encore une fois notre demande : la CPI doit prendre en charge les enquêtes et procéder rapidement à l’organisation des procès des accusés ; à l’instar des procès de la Sierra-Leone. La mission de l’ONU ayant officiellement qualifié les assassinats et les viols du 29 Septembre 2009 comme des crimes imprescriptibles contre l’humanité, tout délai dans la traduction en justice des accusés a le risque d’entamer la crédibilité de l’ONU en matière de droits de l’homme. Le retard de 7 ans a enhardi les criminels d’état dans notre pays. Il met en péril la vie et l’avenir de million de citoyens tenus dans l’étau de la succession de dictatures. Avec des institutions politiques et républicaines fragilisées, les citoyens guinéens n’ont aujourd’hui comme recours que les institutions onusiennes. La situation de hors-la-loi institutionnalisée par les autorités guinéennes est un terrain fertile aux extrémismes ethniques et religieux qui sévissent dans la région de l’Afrique de l’Ouest.


En ce jour de septième anniversaire, nos organisations réaffirment notre volonté et celle d’une large majorité de Guinéens de voir les auteurs de ces crimes traduits en en justice. C’est une forme de reconnaissance qui est dû aux milliers de victimes guinéennes tombées dans le combat pour la justice et la démocratie dans notre pays.


Coalition pour la Justice et la Démocratie en Guinée


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
-1 #10 Gandhi 02-10-2016 12:28

Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
si la procédure de la CEDEAO est plus rapide, les condamnations sont purement symboliques. Les états membres ne subissent aucune pression pour les mettre à exécution. Ceci n’est certes pas une raison pour ne pas y déposer des plaintes.

Vous confondez les condamnations envers un État pour non respect de la Constitution par exemple, et les décisions individuelles pour violation des DH. Ici nous sommes dans le cadre de plaintes individuelles pour violation des DH où les chances de réussite sont quasiment totales.
Il est vrai que sur le plan juridique, la Cour ne peut imposer sa décision à l'État incriminé, mais l'expérience montre que les États s'y plient au final.
En Guinée l'application serait totale pour 2 raisons. AC ne craint que pour son image internationale, et une décision de la Cedeao ferait tâche. Ensuite jusqu'à preuve du contraire, AC pourra toujours dire que c'est l'État guinéen qui est condamné (et pas lui) et qu'il ne fait que respecter une décision internationale. Un dossier bien mené peut prendre 2 mois. Si AC ambitionne de devenir quelque chose à l'Union africaine, il ne peut pas commencer à se mettre à dos une institution régionale.
Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
l’entourage de Cellou prétend avoir donné 60 mille dollars à un avocat pour une telle plainte. D’autres parlent de 3 mille dollars. L’argent aurait être détourné. Par qui ? Pourquoi il n’en font-ils pas cas?

Vrai ou faux, peu importe, il n'y a pas eu de suivi du dossier. Par ailleurs 7500€ est un maximum pour mener ce genre de dossier.
Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
JUSTICE IN GUINEA fut informé du plan de porter plainte au tribunal de la CEDEAO. On avait demandé à l’avocat qui prétendait avoir le dossier de travailler de concert avec l’OGDH qui a une liste fiable de victimes. On avait aussi suggéré de prendre un avocat international spécialisé dans les questions des droits de l’homme. Et le contact fut rompu.

Et cela ne vous interpelle pas ?
Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
Ceci montre que pour le moment, il y a une léthargie inquiétante des partis politiques sur ces crimes. En plus, les associations et les individus de la place font plus dans la commercialisation des victimes. En conclusion, la pression que nous devons engager pour que les grandes puissances poussent la CPI à prendre en charge le dossier et organiser des procès est une voie à ne pas négliger.
K. Ba

Les partis politiques ne sont pas des victimes, ni les associations qui peuvent seulement se porter partir civile.
Seules des victimes (personnes physiques) peuvent agir et elles n'ont besoin de personne. Je ne suis pas contre toute forme d'actions, je dis que RIEN n'a été fait de concret qui permette de faire aboutir le dossier de manière sûre. Quand on dépend des autres, on reste à leur merci. L'histoire a pourtant montré que la Guinée voulait son indépendance, peut-être pas les Guinéens ?
Citer
 
 
-1 #9 Gandhi 02-10-2016 12:09

Citation en provenance du commentaire précédent de K. Ba:
Une confirmation que Gandhi n’a pas lu le communiqué avant de commenter. Le procès que Pottal et la coalition demandent n’est pas pédagogique. Le procès n’est pas à laisser entre les mains de la justice Guinéenne. Ce serait un procès sous les auspices de la CPI. Comme cela s’est passé en Sierra-Léone comme l’a souligné O. Bah.

Moi je veux un vrai procès et le plus tôt sera le mieux. LA Cedeao ce n'est pas la Guinée, et que je sache les victimes n'ont porté plainte qu'en Guinée. Pour avoir une sorte de TSSL en Guinée, il faut la "bénédiction" du Conseil de Sécurité de l'ONU. C'est être bien naïf de croire que contrairement à la Sierra Leone, il y a consensus entre les 5 pour y parvenir. Même la CPI n'a toujours pas ouvert d'enquête officielle en Guinée.
Lorsque les Guinéens se prendront en charge eux-mêmes et n'attendront pas tout des autres, alors peut-être seront-ils considérés. Certains pays font oeuvre de compassion pour les clochards (la Guinée), d'autres ne les regardent même pas.
Citer
 
 
+1 #8 K. Ba 01-10-2016 20:59

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
….Deuxièmement si un procès doit avoir lieu en Guinée pour des raisons pédagogiques, je ne fais pas confiance à la justice d'Alpha Condé.

Une confirmation que Gandhi n’a pas lu le communiqué avant de commenter. Le procès que Pottal et la coalition demandent n’est pas pédagogique. Le procès n’est pas à laisser entre les mains de la justice Guinéenne. Ce serait un procès sous les auspices de la CPI. Comme cela s’est passé en Sierra-Léone comme l’a souligné O. Bah.
Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
….C'est la raison pour laquelle une ou deux victimes (parmi les 400 recensées en Guinée qui ont porté plainte) pourraient agir au tribunal de la CDEAO (Abuja), pour d'une part obtenir satisfaction (99% de réussite) et accessoirement mettre la pression sur les instances guinéennes, car dans cette hypothèse beaucoup de monde voudra agir aussi à Abuja et non attendre encore la Saint-Glinglin. .

Cette possibilité existe tout comme à l’Union Africaine. Mais, si la procédure de la CEDEAO est plus rapide, les condamnations sont purement symboliques. Les états membres ne subissent aucune pression pour les mettre à exécution. Ceci n’est certes pas une raison pour ne pas y déposer des plaintes.
À cet égard, l’entourage de Cellou prétend avoir donné 60 mille dollars à un avocat pour une telle plainte. D’autres parlent de 3 mille dollars. L’argent aurait être détourné. Par qui ? Pourquoi il n’en font-ils pas cas?
JUSTICE IN GUINEA fut informé du plan de porter plainte au tribunal de la CEDEAO. On avait demandé à l’avocat qui prétendait avoir le dossier de travailler de concert avec l’OGDH qui a une liste fiable de victimes. On avait aussi suggéré de prendre un avocat international spécialisé dans les questions des droits de l’homme. Et le contact fut rompu.
Ceci montre que pour le moment, il y a une léthargie inquiétante des partis politiques sur ces crimes. En plus, les associations et les individus de la place font plus dans la commercialisation des victimes. En conclusion, la pression que nous devons engager pour que les grandes puissances poussent la CPI à prendre en charge le dossier et organiser des procès est une voie à ne pas négliger.
K. Ba
Citer
 
 
+1 #7 Gandhi 01-10-2016 08:00

Citation en provenance du commentaire précédent de amadudialamba:
Car ni les instances de la CEDEAO, encore moins celles de l’UA ne bougeront, la plupart des pays membres ayant pareille ou pire situation en instance.

Vous semblez confondre les instances politiques de la Cedeao (des vendus pour l'essentiel) et la Cour de justice de la Cedeao, où les juges sont indépendants.
Citer
 
 
+1 #6 amadudialamba 01-10-2016 02:41

Pour moi 7 ans sont déjà trop longs comme période d’attente de vérité et de justice. Ensuite prenons l’exemple sur les antérieurs dossiers de crimes du pays : Camp Boiro et autres. Bientôt la fin du premier siècle des différents faits. Les principaux auteurs, encore en vie, courent toujours. La majorité étant déjà de l’autre côté. N’est-ce pas partout ailleurs, après 100 ans, même les dossiers les plus sensibles sont déclassifiés pour ne servir qu’aux simples besoins de l’histoire ? Mine de rien, le dossier des horribles évènements de septembre 2009 a déjà ses 7 ans et le temps ne s’arrêtera pas a cause de l’inaction ou de l’impuissance des acteurs. Heureusement, la majorité des familles de ces victimes sont accompagnées par leur ‘’spiritualité’’. Sinon sept ans d’endurance sans aucune assistance psychologique, c’est tout simplement le risque très élevé de voir ses nerfs lâcher. Dans certains pays, il y a toujours des structures appropriées pour accompagner les victimes de tels drames. Mais pour le moment je n’en connais aucune en Guinée, sinon elles sont très rares/méconnues. En un mot, connaissant par cœur la justice guinéenne, je ne minimise pas les efforts de ceux qui suivent ces dossiers, ainsi que ceux qui les épaulent, mais à leur place, j’aurais avoué mon impuissance depuis le troisième anniversaire. A défaut de pouvoir faire quelque chose de positif en Guinée, je suggère de portez l'affaire hors du continent. Car ni les instances de la CEDEAO, encore moins celles de l’UA ne bougeront, la plupart des pays membres ayant pareille ou pire situation en instance.
Citer
 
 
0 #5 Gandhi 30-09-2016 16:51

Citation en provenance du commentaire précédent de Abdoul Diallo:
C'est dommage mon frère Gandhi. Dans ce texte il n'est dit nulle part dans le memo d'organiser un quelconque procès en Sierra Leone. Il est tout juste dit de s' inspirer de ce celui organisé dans ce pays africain. Je comprends pourquoi votre soutien aveugle à vore parrain Elhadji Cellou qui rappelle une"présomption d'innocence tout comme si à un procès on ne se jetterait que le gens et condamner avant de prouver leur culpabilité.7nq2e

Je vous suggère de revenir m'expliquer en quoi je suis concerné par la Sierra Leone dont je n'ai pas parlé.
Je vous suggère de revenir m'expliquer en quoi je serai un soutien aveugle à CDD qui est pour moi co-responsable de cet état de fait, n'ayant pas agi à titre personnel, alors qu'il est lui-même une victime. A titre personnel, il est libre de pardonner, en tant que leader politique il doit montrer l'exemple à ses concitoyens.
Bref je vous suggère de revenir m'expliquer votre galimatias.
Citer
 
 
-2 #4 Gandhi 30-09-2016 16:39

Citation en provenance du commentaire précédent de Ourouro Bah:
À l'instar de s'est passé en Sierra-Léone, on a demandé l'organisation des procès locaux sous les auspices de la CPI. Bien lire avant de réagir! Please. Ourouro Bah

Premièrement ma remarque ne s'adressait pas à Pottal, mais aux victimes elles-mêmes, car Pottal n'étant pas une victime ne peut pas porter plainte.
Deuxièmement si un procès doit avoir lieu en Guinée pour des raisons pédagogiques, je ne fais pas confiance à la justice d'Alpha Condé. C'est la raison pour laquelle une ou deux victimes (parmi les 400 recensées en Guinée qui ont porté plainte) pourraient agir au tribunal de la Cedeao (Abuja), pour d'une part obtenir satisfaction (99% de réussite) et accessoirement mettre la pression sur les instances guinéennes, car dans cette hypothèse beaucoup de monde voudra agir aussi à Abuja et non attendre encore la Saint-Glinglin.
Il n'y a aucun obstacle à le faire et je m'étonne qu'aucun avocat en Guinée n'y ait encore pensé. Je défie quelqu'un de m'expliquer que cela n'est pas possible.
Citer
 
 
+4 #3 Abdoul Diallo 30-09-2016 16:17

C'est dommage mon frère Gandhi. Dans ce texte il n'est dit nulle part dans le memo d'organiser un quelconque procès en Sierra Leone. Il est tout juste dit de s' inspirer de ce celui organisé dans ce pays africain. Je comprends pourquoi votre soutien aveugle à vore parrain Elhadji Cellou qui rappelle une"présomption d'innocence tout comme si à un procès on ne se jetterait que le gens et condamner avant de prouver leur culpabilité.7nq2e
Citer
 
 
+5 #2 Ourouro Bah 30-09-2016 15:15

Citation en provenance du commentaire précédent de Gandhi:
Des procès en dehors de la Guinée...
Où les avocats guinéens ont-ils été formés bon sang ?

À l'instar de s'est passé en Sierra-Léone, on a demandé l'organisation des procès locaux sous les auspices de la CPI.
Bien lire avant de réagir! Please.
Ourouro Bah
Citer
 
 
-2 #1 Gandhi 30-09-2016 11:59

Des procès en dehors de la Guinée...
Où les avocats guinéens ont-ils été formés bon sang ?
Citer