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Jeunesse et emplois : le regard critique de l'artiste André Flamy Lélano
Richard Tamone Jeudi, 22 Septembre 2016 17:38
André Flamy Lelano a fustigé l'inertie des autorités face à la problématique d'emploi à laquelle est confrontée la jeunesse guinéenne, dans sa majorité. Même s'il reconnaît dans cet entretien accordé à notre reporter que l'État ne doit pas être le seul à blâmer….
Le Démocrate : quelle est votre perception des opportunités offertes à la jeunesse guinéenne pour son intégration en termes de formation et d'emplois ?
André Flamy Lélano : c'est une bonne question. Je dirai que c'est une jeunesse qui a des ambitions, mais qui évolue dans un environnement très compliqué. Ça ne veut pas dire que rien n'a été fait, mais quand on prend l'environnement des études, de l'employabilité, il y a beaucoup à dire. C'est-à -dire que le jeune guinéen peut finir ses études, mais pour avoir un stage c'est compliqué, à plus forte raison un premier emploi. Concernant la formation dans les universités, le système L.M.D (licence, master, doctorat), beaucoup pensent que ce système a été prématurément lancé. Puisque disent-ils cela ne répond pas aux réalités du pays. Mais qu'à cela ne tienne, beaucoup de jeunes ont des ambitions mais ils sont confrontés à un problème de moyens financiers. Parce qu'on peut avoir des idées mais si on n'a pas de fonds, pour réaliser le projet, ça se complique. Mais au-delà de tout, il faut aussi rappeler que par rapport à la compétition mondiale, il faut aussi rappeler que la jeunesse guinéenne doit se battre pour surmonter ces difficultés. Elle ne doit pas rester à la marge.
Vous venez de souligner les difficultés rencontrées par les jeunes Guinéens. Beaucoup estiment aussi que cette jeunesse n'est pas formée. Qu'en dites-vous ?
Non je ne suis pas forcément d'accord.
Pourquoi ?
C'est qu'il y a une nécessité de renforcer les capacités des jeunes. Mais on ne peut pas dire que tous les jeunes n'ont pas une formation. Il y a des jeunes qui sont issus des universités guinéennes qui sont mêmes allés pour des stages en Europe. Mais aujourd'hui ce sont des jeunes qui tiennent des postes de responsabilité. C'est le cas du directeur national des impôts, du ministre actuel des Mines. Ce sont là des produits des universités guinéennes. Il y a beaucoup d'autres qu'on pourrait citer. Il est vrai que beaucoup n'ont pas la formation mais en Guinée, il y a des jeunes qui sont compétitifs sur le plan international. Mais quel qu'en soit le talent qu'on a, ou la formation, si l'État n'offre pas des opportunités, s'il n'y a pas un coaching adéquat, ce n'est pas évident de pouvoir s'en sortir.
Vous avez cité certains exemples avec des jeunes qui ne savent même pas lire, ni écrire leurs noms ?
C'est vrai, le taux d'analphabétisme est très élevé en Guinée. Selon certaines statistiques 80% des Guinéens ne savent ni lire ni écrire. Mais il revient à l'État de prendre sa responsabilité en trouvant des réponses appropriées et adéquates à cette situation d'illettrisme.
Justement, quel serait l'appel que vous allez lancer à l'État pour que les jeunes Guinéens même s'ils ne savent pas lire puissent trouver leur pain quotidien ?
L'État doit chercher à projeter des réflexions sur l'échiquier international. Il doit faire bénéficier aux jeunes de la formation, à travers des projets de réinsertion, créer des centres d'alphabétisation. Qui permettront à ceux qui ne savent ni lire ni écrire de pouvoir faire cela. Pour ceux qui ont un niveau que l'État crée des conditions d'accès aux structures publiques et privées. C'est cela qui permettra de développer le pays. Que ceux qui prennent des décisions mûrissent des réflexions à long terme, pour pallier ces manquements que la jeunesse enregistre aujourd'hui. Mais encore une fois, l'État seul ne peut sauver la jeunesse, il faudrait que ça soit un mouvement d'ensemble, c'est-à -dire que toutes les forces vives de la nation doivent s'impliquer à cela.
Vous êtes impliqué dans une activité du ministère de la Jeunesse et de l'UNFPA. En quoi consiste cette activité ?
Comme ils ont dit, le ministère de la Jeunesse avec ses partenaires au développement, qu'ils veulent responsabiliser les jeunes.
Vous, quelle sera votre mission au juste ?
C'est-à -dire on cherchera à créer le débat sur la santé sexuelle et reproductive entre jeunes et jeunes. Vous savez les sujets de reproduction, ce sont des sujets tabous dans nos ménages. Donc ce projet vise à inverser la tendance, en disant aux jeunes de partir vers les structures sanitaires. Mais pas que les jeunes, parce que selon les spécialistes, le taux d'accouchement dans les centres de santé a chuté. Pourtant une femme qui accouche dans le quartier, le risque est très élevé. Accoucher dans les quartiers, c'est très grave pour la maman et le bébé. Mais aux centres de santé, il y a des spécialistes, ces derniers connaissent quand il y a des complications pendant l'accouchement et quelle est la solution adéquate pour faire face à de pareilles situations. Ils savent est-ce qu'il faut aller à une césarienne ou pas. Mais une personne qui va par tâtonnement n'a pas forcement cette expertise. Donc ce projet cherche à sensibiliser les jeunes sur la sexualité reproductive.
Propos recueillis par Richard Tamone
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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