Guinée : vaincre le conservatisme d'inertie face à la misère du système politique

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BAH_Thierno_Aliou_3_01Cet article, inspiré d’une de mes récentes publications intitulée « sommes-nous tous devenus des parias de la république du pire ? Â», est le résultat d’un long processus de réflexion. Il a pour principal objectif la complète refondation de la société guinéenne en mettant le citoyen, artisan de la démocratie et vecteur du développement, au cÅ“ur du système politique.


La Guinée est prisonnière d’une culture de masse tributaire d'un système politique verrouillé par des mécanismes machiavéliques de domination d'une minorité oligarchique maintenant le peuple dans l'obscurantisme. Par notre inertie face au massacre de la démocratie, nous annihilons toute velléité de développement socioéconomique à court et long terme. La plupart des Guinéens pensent, chacun à leur manière, qu'ils sont des démocrates. Mais nous n'avons pas conscience que l’idée de la liberté et celle de la république ne doivent pas faire l'objet d'interprétations partisanes des actions gouvernementales, particulièrement lorsque celles-ci vont à l’encontre de la Constitution. Vu l’état de dégradation extrême de nos institutions, l’urgence sociale commande de s’évader des velléités historiques d'inertie face à l’autocratie et son corollaire la misère sociale.


Le citoyen ordinaire ne doit plus tomber dans l’obsession narcissique du leader bourgeois qui fait trimer le peuple en coulisse. Pour créer les conditions d’un développement harmonieux et durable, nous devons avoir le courage de nos convictions quitte à faire des sacrifices en réduisant nos velléités partisanes. Cette exigence d’amour pour la patrie doit particulièrement s'appliquer aux jeunes et à la génération montante de leaders d’opinion, dont certains, à la faveur de l’opportunisme, ont malheureusement tourné le dos aux valeurs qui fondent la société. Si nous devenons tous des apôtres de cette gouvernance du pire - par nécessité économique ou pour des velléités personnelles obscures -, comment pourrons-nous créer un cadre institutionnel adapté au développement socioéconomique du pays ?


L’être humain est de nature faillible, mais laisser ses ambitions égoïstes porter atteinte à l’édification d’une société équilibrée, c’est rentrer dans le jeu satanique des ennemis de la démocratie. C’est en plaçant l’intérêt suprême de la nation au centre de notre réflexion que nous pourrons contribuer au développement de la Guinée. Cette démarche implique une profonde transformation sociale où nous, citoyens ordinaires, acceptons de sortir des velléités opportunistes propres à notre société pour adopter une attitude fondée sur le principe d’utilité nationale.


Ceux qui estiment que la justice en Guinée doit être établie sur le fondement de la solidarité internationale se leurrent. Les pays développés - où la culture démocratique est fortement ancrée dans les mentalités – ne poursuivent que leurs intérêts stratégiques. Le silence complice des observateurs internationaux face à la violation flagrante de la Constitution par le nouveau pouvoir guinéen en est un exemple illustratif. Le danger de cette partialité, ce sont les errements d’une politique qui s'appuie plus sur les intérêts privés que sur la volonté d’aider à créer des États africains souverains et démocratiques. Cela démontre, une fois de plus, que la fameuse communauté internationale, soumise à la ruse d’un pouvoir guinéen qui l’enveloppe d’une obscurité à couper le souffle pour tromper l’opinion publique, reste exposée au risque de privilégier un compromis boiteux au profit des fossoyeurs de la République.


Ces politiques qui nous volent le pouvoir ou qui s’inscrivent dans une dynamique hitlero-stalinienne de représailles et d’intimidation des citoyens pousse la cruauté à son paroxysme. Dans ces conditions, une seule solution s’impose au peuple : la révolution républicaine sur fond de mobilisation populaire et de résistance à l'oppression en vue de l'affirmation d'un nouvel univers politique salvateur. L’approche légaliste de la souveraineté populaire voudrait qu’en cas de violation de la Constitution, qu'on procède à un modèle de contestation sociale s’exprimant comme une combinaison linéaire multiple avec toutes les composantes institutionnelles formelles (justice, armée, Assemblée Nationale, société civile, etc.) comme variables indépendantes.


Dans un contexte politique comme le nôtre où les institutions publiques sont aux ordres, de toutes ces variables, s’il y a une qui soit relativement indépendante, c’est assurément le peuple souverain. Dans ces conditions, le modèle devient une régression à une variable où les masses populaires s’érigent en justiciers de dernier ressort de la démocratie - en dépit du fait que l’exercice par le citoyen de son droit constitutionnel de s’épanouir de l’État puisse poser un problème de conscience du fait, notamment, des réactions traditionnellement barbares des bras armés du pouvoir. C’est en ce sens qu’autonomiser le peuple, le mobiliser, le former et le transformer en État-nation pour espérer créer progressivement un État respectueux des droits et libertés fondamentaux devient une proposition légitime.


Comme l’illustre Myriam R A (2012) dans son essai intitulé " La crise sans fin : essai sur l’expérience moderne du temps", « pour les Grecs, l’histoire est marquée par le conflit entre l’action des hommes et le destin fixé par les dieux […]. Pour les Modernes, le sens de l’histoire est orienté par le progrès. Le divin ne fournit plus de garantie, et l’homme devient l’auteur de son histoire. Le progrès est alors une façon de retrouver en aval la certitude qui ne nous est plus donnée en amont ». C’est à ce titre que l’article 35 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1793), qui stipule que « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs Â», reste révolutionnaire.


Du fait du déficit historique de cohésion sociale qui encombre notre société, l'équation la plus épineuse à résoudre est celle de savoir comment unir ce peuple et l’ériger en rempart contre les abus de pouvoir. Du coup, on voit bien pourquoi asseoir son pouvoir sur le faux, la fraude électorale, les deals mafieux, la division, la manipulation, le mensonge et la barbarie est une proposition démoniaque mais lucrative pour les autocrates. Il n’en demeure pas moins qu’au paroxysme de l’injustice, c’est-à-dire lorsque la désillusion et l'amertume sont largement partagées, l’autocrate s’expose à la colère légitime du peuple. C’est pour cela qu’il ne faut jamais s’emballer dans l’excès de confiance ou confondre tolérance et faiblesse car il suffit de peu pour que le peuple redevienne maitre de sa propre destinée. Qu’à cela ne tienne, la philosophe Hannah Arendt (1906-1975) soutient que « la seule puissance dont dispose le peuple est le recours à la révolution, mais quelle que soit notre désillusion, le désordre et le chaos ne sont pas des solutions idoines ou durables car toute société humaine a besoin de stabilité et de sécurité ».


C’est à ce titre que la révolution populaire non violente revêt un caractère constitutionnel. Du coup, se doter d’une force de dissuasion légale comme moyen de défense des droits et libertés du peuple devient, pour chacun d’entre nous, un impératif de survie fondé sur le respect de la souveraineté individuelle et du droit à l'auto-défense. Ce processus doit s’opérer dans la continuité en soumettant tout futur pouvoir guinéen (quel qu’il soit) ou toute institution publique qui se défiera de la justice à l’épreuve constitutionnelle des sanctions du peuple. Pour amorcer ce processus, nous devons d’abord apprendre à vivre ensemble et vaincre notre peur du gouvernement et de ces mercenaires de circonstance qui sèment la terreur dans la cité au nom de la survie d’un pouvoir guinéen complètement déconnecté du réel et dont la seule inspiration est le pire.


L’expérience internationale en matière de souveraineté populaire suggère qu’aucune autocratie, aucune armée/police aux ordres, aucune pression internationale partisane ne peut venir à bout d’un peuple lassé de l’injustice. Se "battre" pour le respect de ses propres droits et libertés « est le plus sacré Â» et le plus noble des devoirs.


Vive la révolution politique organisée sur fond d’unité nationale et de préservation des efforts démocratiques !


Vive la coopération internationale non partisane !

Vive la souveraineté économique, politique et culturelle !

À bas la violence, quel qu’en soit le cadre, la nature ou l’origine !

À bas les fossoyeurs de la République !

Que la Guinée soit libérée des imposteurs !


Thierno Aliou Bah


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Commentaires  

 
+1 #5 madina 20-08-2016 00:30

Citation en provenance du commentaire précédent de MAB:
Sans vous offenser, je ne vois aucune resemblance entre le Saint ou Waliyou et Mr Thierno Aliou qui est cette photo. Cela n'eneleve en rien les liens de parente que Mr Diallo vient de confirmer ci dessous. Merci

Mab, une petite consultation chez l'ophtalmo vous ferait un peu de bien. Sinon je comprends bien aussi que les cousins soient toujours jaloux.
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-1 #4 MAB 19-08-2016 00:32

Citation en provenance du commentaire précédent de madina:
Il existe une très grande ressemblance entre la photo de cet auteur et celle que je détiens de Thierno Aliou Bhoubhadiyam,existe-il un lien entre le Wali et cet autre Thierno Aliou?

Sans vous offenser, je ne vois aucune resemblance entre le Saint ou Waliyou et Mr Thierno Aliou qui est cette photo. Cela n'eneleve en rien les liens de parente que Mr Diallo vient de confirmer ci dessous. Merci
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+3 #3 Thierno Aliou Bah 18-08-2016 16:39

[quote name="madina"]Il existe une très grande ressemblance entre la photo de cet auteur et celle que je détiens de Thierno Aliou Bhoubhadiyam,existe-il un lien entre le Wali et cet autre Thierno Aliou."
Ma family maternelle. Je suis un de ses homonymes.
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+4 #2 madina 18-08-2016 13:32

Il existe une très grande ressemblance entre la photo de cet auteur et celle que je détiens de Thierno Aliou Bhoubhadiyam,existe-il un lien entre le Wali et cet autre Thierno Aliou?
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+7 #1 amadudialamba 16-08-2016 22:25

Je partage plusieurs passages de cette autre approche. Car comme plusieurs précédentes déjà suggérées ici, elle dégage une piste sérieuse dans la recherche des solutions du problème guinéen. Mais l’équation reste toujours la même. Comment ‘’désaliéner’’ la mentalité du guinéen (toutes dynasties confondues) ? Comment le départir de son ‘’affiliation familiale’’ pour la cause commune de tous les guinéens ? SURTOUT COMMENT REUSSIR A TROUVER LA COHESION SOCIALE DANS L’ACTION A ENTREPRENDRE ? Comment amener les guinéens, dans leur grande majorité, à parler d’une seule voix, a s’orienter vers la même direction, pour le même objectif, en vue de trouver une solution durable pour le bonheur de tous ? Tout en prenant en compte que l’actuelle Armée, la présente Justice, La courante Assemblée nationale, la société civile du moment, bref toutes institutions et couches sociales du pays, toutes, sans exception, sont inféodées au pouvoir en place. La composante de la diaspora étant très loin du pays ne se limite qu’aux critiques. Sur qui alors le bas peuple pourrait s’appuyer pour le pilotage d’une quelconque action, en vue du changement tant recherché ? Sachant également que l’actuelle génération est née, puis grandit dans la division, la corruption, le vol, la manipulation. A noter aussi que la division sociale a déjà atteint son paroxysme. Ensuite ceux qui occupent l’arène politique maitrisent parfaitement l’art de tromper les autres. Car pour la plupart, ils sont soit fils ou frères d’anciens manipulateurs politiques. Et le bas peuple a été tellement manipulé qu’il ne croit plus en aucune solution, sauf celles miraculeuses.
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