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Pour changer le disque rayé … A « Georges » & semblables
Oury Baldé Dimanche, 21 Août 2011 23:35
Mise au point suite à mon dernier post ou Prologue :
S’il est malheureusement indéniable que « le tissu social (de notre pays a été mis) en lambeaux » à cause de l’extrême comportement ethnocentrique de nos leaders politiques, certains de nos compatriotes, en l’occurrence untel alias « Georges » qui a ouvert une brèche dans laquelle d’autres se sont engouffrés à cœur joie sans retenue, s’obstinent, moins donc pour des raisons objectives que pour des motifs personnels, à trouver des boucs émissaires à chaque fois qu’on en parle, au point de vouloir en faire un sujet tabou. De quoi ont-ils peur ? Comment envisager l’émergence d’un Etat de droit tant souhaité en Guinée si l’action du Président de la République n’est pas à critiquer ? Ne faudrait-il plus parler des jeunes filles violées de Labé pour leur appartenance ethnique ? Les horreurs de Pita, Labé, Dalaba, j’en passe, perpétrées sur ordre de Jean Marie Doré sont-elles à reléguer dans les oubliettes autant les injustices du passé pour plaire à certains. Suffit-il de mentionner les déplacé(e)s des villes de Kouroussa, Siguiri pour être un ethno pur et dur ? Le droit à la liberté d’expression serait-il devenu à double vitesse ou banni ? La réconciliation nationale peut-elle être effective si on n’ose pas aborder les sujets de discorde ?
C’est ainsi que mon dernier post m’a valu les pires incongruités (noms d’oiseaux à foison, provoc, amalgames, délit de faciès, procès d’intention, voire incursion dans ma vie privée). Comme si en dénonçant l’attitude négative de nos hommes politiques retors au patriotisme douteux, on serait autant, voire plus responsable que ces derniers.
J’invite les personnes concernées à sortir de l’anonymat et des diatribes gratuites qui ne sont pas de nature à honorer leurs auteurs. Et, en lieu et place de proposer une réflexion cohérente et structurée. Ce qui, à coup sûr, contribuera au débat démocratique de notre pays.
Pour lever le quiproquo, en toute modestie, j’ai jugé utile de remettre au goût du jour ce petit texte (déjà paru sur ce site) qui se veut inquisiteur (il est loin d’être exhaustif, j’en suis parfaitement conscient). Afin d’essayer de faire comprendre que cet ignoble ethnicisme, frein à notre progrès et malheureusement devenu le seul fonds de commerce de certains de nos politiciens, ne date pas d’hier.
Toutefois, le faisant, je n’escompte en retour qu’invectives, de plus belle encore de la part de mes acharnés détracteurs. Aussi, ce serait une profonde méprise que de vouloir chercher dans cette démarche toute tentative de justification de quoi que ce soit.
Ethnie, Pouvoir, Démocratie, Développement et Etat-Nation en Afrique : Aux origines de la conflictualité
Décidément ce n’est pas encore « la fin de l’ethnie en Afrique »… Pratiquement un demi-siècle après les indépendances, l’ethnie cristallise, à chaque fois qu’il est question du pouvoir et de ses enjeux, des attachements et des antagonismes forts voire belliqueux (cas du Kenya) ‒ inconnus jusque-là dans l’histoire des sociétés africaines ‒ rédhibitoires à l’émergence du véritable Etat-nation africain et au développement tant espéré. Je cite en exemple le cas de la Guinée à l’heure actuelle depuis la dernière présidentielle.
Mais il serait erroné de croire que seul en Afrique l’attachement identitaire marqué pose problème à l’Etat. L’Europe a connu son « moment nationaliste. Actuellement la Belgique vit sous la menace de l’implosion identitaire entre Wallons et Flamands, la Yougoslavie a éclaté du fait de l’exacerbation du sentiment identitaire. Tout comme il serait faux de croire que le repli sur soi est la négation systématique de l’autre. Parce que peut-être on ne se connait et ne se comprend mieux que par soi.
Par ailleurs, à l’heure de la mondialisation, véritable phénomène qui déconstruit les spécificités identitaires, le repli sur soi dans ce contexte devrait être avant tout interprété comme un réflexe d’auto-défense.
S’il faut trouver des explications au choc ethnie-Etat-nation en Afrique, ce serait très probablement, toute chose égale par ailleurs:
- Le manque de présidents visionnaires dès les indépendances qui eussent dû théoriser et édifier une société « méta-ethnique, du vouloir vivre ensemble, une « nation arc en ciel » comme l’a fait Mandela en Afrique du Sud ou L.S. Senghor au Sénégal.
- La gestion ethniciste, népotiste, tribale de l’Etat africain en marginalisant les autres ethnies. Si ce n’est en cherchant à annihiler absolument les forces vives de ces dernières-stigmatisées. Exemple du complot peuhl sous Sékou Touré (assassinat de l’illustre Diallo Telly notamment), le concept d’ivoirité échafaudé et fabriqué de toutes pièces par les politiciens ivoiriens malveillants H.K. Bédié en tête, à l’origine de l’entrée en guerre des populations majoritairement Dioulas du nord du pays.
- Au compte des conséquences lointaines de la colonisation : le découpage de l’Afrique par l’Europe sans tenir compte des ses réalités socio-culturelles et civilisationnelles.
Pour ne pas passer à la trappe….
L’Afrique, pour sa pérennité, doit inventer des mécanismes consensuels de gestion et d’exercice du pouvoir dépassant l’ethnie ou en tenant compte, car rien n’indique pour le moment que l’ethnie dans certains cas, frein au progrès de ces sociétés-là , est prête à s’effacer au profit de l’Etat-nation. Cela passera entre autres par :
- les composantes nationales ‒ Cela serait de nature à crédibiliser davantage la prise de conscience au niveau individuel et collectif de la viabilité du macro Etat-nation sur les « micro Etats fragmentés ».
- une décentralisation bien négociée, intelligente (non un fédéralisme dans la configuration actuelle) avec une certaine autonomie (budgétaire, politique) reconnue aux entités régionales, comme la départementalisation en France.
- l’exemplarité, sans discrimination, de ce qu’il y a comme Etat en Afrique ou plutôt de ce qu’il en reste dans la gestion et le partage des ressources et du pays entre ce dernier pour déboucher à la longue sur le modèle de l’Etat occidental.
- bref, par une gestion détribalisée, citoyenne, responsable (à l’image de Singapour) ; le développement ou ce que j’appelle « la sortie par le haut » qui peut diluer les frustrations ethniques. A l’image de ce qu’est en train de le réussir le Ghana : tout notre défi !
Oury Baldé
Ps : Ceci étant dit, pour ma part, j’ai clos ce débat.
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Commentaires
Vous avez immédiatement un parti par tribu et au lieu d’avoir la démocratie, vous avez l’affrontement et un risque d’anarchie. Il faut tout de même réfléchir avant d’imposer à tous ses certitudes. La démocratie peut revêtir un certain nombre de formes. J’entendais tout à l’heure qu’on avait le choix entre un parti et un autre parti. Cela n’a aucun sens en Afrique où il n’y a pas de clivages idéologiques."
Sans repondre à cette question, je suis de ceux qui pensent que l'Afrique n'était pas Prête à la démocratie made in Occident. Aujourd'hui on peut dire que Chirac n'avait pas tort quand il disait ce ci "Les pays d'Afrique ont une caractéristique essentielle d'etre divisés non pas idéologiquement mais sur le plan ethnique. Les affrontements en Afrique sont plus tot ethniques que idéologiques; ce qui rend difficile la mise en place d'une démocratie"








