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Crise de l’électricité à Fria: les bonnes mœurs prennent-elles un coup ?

Thierno Fodé Sow  Dimanche, 23 Septembre 2012 13:41

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SOW_Thierno_Fode_5_01Des pères et mères de familles, restés cinq mois sans salaire, avec la dèche qui dure, voient à leur corps défendant, l’éducation de leurs enfants leur échapper. Même si certains y apportent un bémol.

Au Plateau, le centre-ville et rue commerçante, des jeunots chargeurs en mains, déambulent et prennent de l’air, comme on le dit ici, en termes consacrés. Si certains c’est à juste cause, d’autres en revanche, profitent du manque de courant chez eux pour échapper à la vigilance des parents, paraissant trop sévères à leurs yeux, pour s’adonner à toutes sortes de dépravations. Et, manifestement, les mœurs ont pris un sérieux coup. Nénen, elle ne se fait pas de soucis : « Je suis souvent avec mon petit ami. Quand j’ai besoin de sortir, je dis que je viens aux Immeubles ou au Plateau, ou encore à Péchiney, pour brancher mon téléphone. Parfois je viens avec les téléphones de toute ma maisonnée. Comme cela je pourrai prendre assez de temps dehors. »

Il n’est donc pas si rare de rencontrer des pères ou mères de famille en train de rechercher leurs rejetons. Mme Diallo A., voile autour du visage et torche en main, accompagnée de son grand garçon, est amère : « Je recherche ma fille depuis une heure de temps. Elle m’a dit qu’elle venait aux Immeubles chez sa tante pour charger son téléphone et celui de son petit frère, alors qu’elle a pris une autre direction. Elle n’est ni à Péchiney, ni chez sa tante ». Et de conclure « Elle sort pour apprendre la délinquance ».

De toute évidence, le Plateau fourmille d’adolescents une fois la nuit tombée. Et aucun contrôle. Certains pères de famille estiment que c’est le moindre mal de laisser son enfant aller au moins profiter de la lumière. « Les enfants de Fria ne connaissent pas l’obscurité, il est donc tout à fait normal de sortir. Qui sait ce que ces enfants-là feraient ici dans cette obscurité sans précédent où on nous a plongés ? » estime un ancien travailleur de l’usine, rencontré dans une pharmacie au Plateau.

Quoiqu’il en soit, à Fria, on n’aura certainement pas prévu la dépravation des mœurs. C’est donc l’autre envers du décor qui a présentement pignon sur rue ici à Fria où déchéance économique, décadence morale, tas d’immondices, bazars d’appareils électroménagers personnels, etc., sont les choses les mieux partagées. En attendant le possible retour – souvent annoncé mais jusque-là jamais vu depuis avril, à part quelques visites sporadiques du représentant de Rusal en Guinée – tant souhaité du partenaire russe…


Thierno Fodé Sow


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