AC, otage de l’axe du mal : armée-Donzos-milices

Facebook Imprimer    

 

BALDE_Amadou_Oury_5_01Un conglomérat de marchands de terreur constitué du tandem maléfique Donzos-milices privées hétéroclites (plutôt pour ce qui est de l’aspect visible de la nébuleuse), s’est greffé aux soudards de l’armée guinéenne à l’avènement d’AC au pouvoir. C’est désormais ce triptyque macabre constitué par l’obsession sécuritaire du président guinéen, qui exerce le monopole de la violence en Guinée.

En revanche, cette nouvelle barbarie renforcée ne menace pas que les populations civiles guinéennes indistinctement dans leur ensemble. Les massacres de Zowota viennent de démontrer à cet effet que nul n’est à l’abri en Guinée des sbires d’AC.

Ironie du sort, l’épée de Damoclès de cette nébuleuse de la terreur pend aussi dangereusement sur la tête du « professeur-président Â». Mais la « forteresse de Sékhoutoureya Â», s’évertue à sauver les apparences, en renvoyant tant bien que mal une image factice de la réalité.

Plusieurs raisons ont conduit à la prise d’otage d’AC par sa propre armée et par les chasseurs Donzos et ce fourre-tout de miliciens.

En ce qui concerne l’armée, c’est d’abord en raison de la cooptation d’AC comme président de la République par Sékouba Konaté et une partie de l’armée à l’encontre de la majorité du vote populaire. La redevance d’AC à l’endroit de l’armée est un fait.

Plus en amont, c’est l’opacité de l’armée guinéenne avec son indiscipline caractéristique, qui pose problème. En effet, depuis Lansana Conté, l’armée guinéenne est une pétaudière incontrôlable et imprévisible, fonctionnant à l’image de gangs rivaux qui observent une trêve précaire. Ceci explique pourquoi AC cherche à la dompter subrepticement et qu’il s’en méfie comme de la peste, en s’entourant des Donzos et de factions sécuritaires obscures. L’épée de Damoclès de l’armée est une menace à tout moment pour le pouvoir et pour ses tenants. Et cela, AC le connaît mieux que quiconque.

Mal élu,  AC est conscient que sa survie au pouvoir dépend de son habileté à dompter l’armée, habituée à faire la pluie et le beau temps au plus haut sommet de l’Etat. Le réussira-t-il ?

La hantise du « pouvoir kaki Â» de nouveau à Conakry est bien une réalité…

Indirectement, la situation économique et financière désastreuse de la Guinée, suite aux scandales financiers des contrats miniers et le blocage des législatives, a contribué à assécher davantage les caisses vides de l’Etat. Ce qui empêche de continuer à entretenir des troupiers budgétivores (moins de 0.50% de la population totale, à tout juger, qui absorbent plus de 40% du budget national) plus efficaces dans la répression et la brutalité qu’à contribuer en valeur ajoutée au PIB.

Le chroniqueur Mamadou Billo Sy Savané rentré de trois (3) mois de séjour en Guinée, témoigne : « (…) il (AC) ne s’y déplace plus qu’en hélicoptère, cela, même pour aller de Sékhoutoureya au Palais du peuple. Le quartier de la présidence est barricadé jour et nuit. La circulation à proximité y est interdite. Des automitrailleuses armées stationnent tout autour, ainsi que des blocs de béton. A cela il faut ajouter des centaines de milices armées. Â»

Outre ce danger permanent de la soldatesque nationale, il y a la terreur des chasseurs Donzos évaporés dans la nature (où sont-ils vraiment ? La dernière fois, on les apercevait en Forêt. Que font-ils ? Combien sont-ils ? Quel deal les lie à leur employeur AC ? A-t-on fini d’entendre parler d’eux ? ).

Il faut aussi faire avec des milices armées de tout poil qui opèrent en toute tranquillité à Conakry. L’appui armé du Burkinabé à AC est un secret de polichinelle. La filière angolaise est aussi mise en cause dans la « formation de milices » (cf. lettre de Pottal-Fii-Bhantal Fouta-Djalon au président Santos, mars 2012). Ce qui ne serait pas surprenant, compte tenu des bons rapports entre AC et Dos Santos. Rappelons juste à titre d’exemple que l’Angola, après le Burkina Faso, a été un des premiers pays visités par AC à son arrivée au pouvoir.

L’opposition guinéenne parlait de Â« rebelles Â» (???), avec la répression de sa marche pacifique en septembre dernier. A moins de n’accorder aucun crédit aux opposants guinéens, on ne peut pas exclure d’un revers de main cette éventualité. Tant et si bien que la plupart des pays frontaliers de la Guinée (Liberia, Sierra-Leone, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau), naguère foyers de tensions, représentent un vivier d’ex-seigneurs de la guerre.

Avec tout ce beau monde à gérer, il est peu probable qu’AC dorme tranquillement.

Comment la libération du président guinéen de ses ravisseurs armés se fera-t-elle ? L’avenir nous le dira.


Oury Baldé

 
AArticle_logo1_0 

Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
+3 #4 Barros Diallo 27-08-2012 22:25

Oury à raison de dire que l’épée de Damoclès de cette nébuleuse de la terreur pend aussi dangereusement sur la tête du «professeur-président».
Depuis longtemps, Alpha s'attèle a étouffer la grogne lattente des sbires, autant que celle des syndicalistes qui eux commencent déjà à le contredire en public, lorsqu'il prétend se féliciter de leur soutien!
c' est dans ce cadre de revendications qu'il faut situer sa récente rencontre avec l'armée, avant son voyage en Arabie Saoudite.
Citer
 
 
+2 #3 ZARZAR 27-08-2012 18:53

Belle analyse. La montée en force de ces groupes obscurs est due effectivement au pacte de sang scellé avec AC. Mal élu, sa survie est liée à sa capacité à les entretenir. Sous ses faux airs d'homme imperturbable AC ne dort pas. Il sait par expérience qu'un coup d'Etat est vite arrivé et il est fort probable que ce soit un malinké ou un forestier qui en prenne la tête. Il n' y a pas d'homogeneité dans ces groupes de la terreur. Mais la contestation s'en ira crescendo et tôt ou tard AC sera renversé par des éléments au dessus de tout soupçon. Les repressions d'aujourd'hui enfanteront les révolutions de demain.
Citer
 
 
-1 #2 Anatole 27-08-2012 17:34

On se demande où sont les Donzos? Mais ils sont en Forêt puisque ce sont eux qu'Alpha a envoyés, avec ses miliciens mercenaires, pour détruire les installations de Vale après les petits dégâts provoqués par les villageois. Ce sont eux aussi qui sont allés perpétrer les massacres de Zowota. Pourquoi? Parce qu'Alpha veut décourager les Brésiliens pour pouvoir ensuite signer un meilleur contrat avec des Chinois, cela pour s'en mettre plein les poches.
Citer
 
 
0 #1 Souleymane 27-08-2012 12:57

Monsieur Baldé, détrompez-vous. Alpha Condé n'est otage de personne. Bien au contraire, c'est lui qui ambrigadé toutes ces bandes armées qui a réussi à dompté et à mettre à son service pour assouvir sa soif de vengence et de pouvoir absolu et totalitaire. Et son travail d'infiltration et de manupalition a commencé bien avant son arrivée au pouvoir. Croire qu'il subit l'influence d'un groupe quelconque, c'est sous estimer l'homme.
Citer