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Quel enseignement tirer des résultats catastrophiques des examens nationaux ?
Oury Baldé Jeudi, 19 Juillet 2012 10:13
Rebelote pour nos pauvres élèves !... Les résultats couperet des principaux examens nationaux (CEP, BEPC, baccalauréat) sont tombés dru cette année encore, ne faisant point de quartier.
Un taux de réussite global très largement en baisse. À vrai dire, une belle hécatombe qui met à quia, mais qu'on érige en trophée. Somme toute, un drame de plus à la crise sociopolitique, économique et sociétale guinéenne en voie de se gangrener.
Avant que les abonnés du bahut ne se remettent de leur luge et reprennent tout bonnement le chemin de l’école, très tardivement comme à l’accoutumée (en octobre probablement, voire avant ou après, pardieu ! ce sera au bon vouloir de nos pontes et de leurs lubies, si notre budget national bancal le permet, inchallah), le ministre de l’Education nationale, un brin sadique, commente avec un rigorisme triomphal le fiasco qui aurait dû, en toute logique, précipiter sa démission.
En société, l’effervescence du milieu scolaire, perçu plus comme un rituel (normal) annuel dans l’apprentissage de la vie d’une jeunesse à l’avenir vague, que le reflet d’un désastre ; n’émeut pas plus que l’indifférence voire le profil bas des parents d’élèves.
Des résultats scolaires au plus bas qualifiés de... satisfaisants
A défaut de pouvoir effectuer une analyse approfondie (par catégorie sociale, sexe, école d'origine, préfecture, commune, et même à la tête du client...), nous nous contenterons des chiffres comparatifs des deux dernières années (pourquoi que cette période ?), tels que donnés en vrac par le ministre de l'Education nationale :
- Baccalauréat unique : 19,8 % d'admis l'an dernier, pour 23,6 % cette année. Tout en précisant, aux dires même de Dr Kourouma, qu' « en Sciences mathématiques, ils sont passés de 15 et quelques à 21 pourcents. Et en Sciences sociales, le taux de succès est parti de 27 pourcents l’an passé à 32 pourcents, cette année. »
- BEPC : évolution de 21 % à 25 % de 2011 à 2012
- CEP ou entrée en 7e année : 40% de réussite cette année, contre 32 % pour le millésime 2011
« Il y a eu une légère amélioration cette année. Cette amélioration est due aux différentes réformes (lesquelles?) que nous avons apportées. En ce qui concerne le volume horaire (de quoi ?) enseigné, nous sommes passés de 628 à 840 heures. Cela (que ça ! Est-ce suffisant?) traduit l’impact de ces nouvelles réformes sur notre système éducatif (...), et je suis très satisfait », jubile le « benjamin du gouvernement ».
Des mesurettes !!! Au regard du profond délabrement de l'école de la République. A moins qu'ils ne soient fleur bleue « là -haut ».
Sans un « Projet éducatif » clair, adapté à la mondialisation, avec un budget conséquent alloué à l’éducation nationale, au lieu de refaire continuellement le coup du bouc-émissaire en stigmatisant les enseignants, l'école guinéenne continuera de produire des mal formé(e)s et des chômeurs au mieux, au pire des ratés sociaux (délinquants, déviants sociaux de tout poil). Mais pour cela, il faut nécessairement que les gouvernants trouvent leur compte en envoyant, non pas à prix d'or leurs rejetons dans les écoles occidentales les plus huppées, mais à la même école que la majorité des Guinéens. On peut toujours espérer (rêver) que nos dirigeants soient touchés par la grâce.
L’école guinéenne, une faillite causée par l’irresponsabilité de l’Etat
Ce serait simpliste, limite grossier, d’imputer les mauvais résultats scolaires au seul manque de niveau des enseignements ou des élèves, comme s'évertue à le faire le ministre de l’Education nationale.
Il n’y a pas non plus lieu de confiner le cinglant revers académique de cette année, à la simple frivolité d’une « légère amélioration » de soi-disant réformes au nom d'un certain changement.
Bien plus qu’un simple accident de parcours ; un léger mieux tout au plus, ces résultats catastrophiques, plus qu’une incurie, sont symptomatiques du mépris systématique de l’Etat à l’endroit de l’école et de tout ce qui relève du travail de l’esprit en Guinée.
Laissée pour compte d’un système pervers, l’école guinéenne est quasiment un échec depuis l’indépendance. C’est un fait.
Du coup, on pourrait être tenté d’expliquer le naufrage de l'enseignement guinéen par l’obscurantisme viscéral de ceux qui ont successivement dirigé le pays de 1958 à aujourd’hui.
Pour peu qu’on soit lucide, c’est fort possible de redresser la barre et sauver notre école de ses déboires ambiants.
Il faudrait toucher du bois pour que ce gouvernement en prenne le chemin. Ce qui est loin d’être probable.
L’émergence d’une école valorisante en Guinée passera par une démocratie saine et humaniste (institutions viables, corruption éradiquée, conscience citoyenne, société désesthnicisée).
D’ici là , c’est le fils du pauvre qui continue de faire les frais d’un enseignement au rabais. Et Dieu sait, sans vouloir peindre le diable sur la muraille, quelle mouise, il y en a en Guinée.
Oury Baldé
Commentaires
Désolé pour votre PC en espérant qu'il redémarre à merveille. En ce qui concerne votre réponse, j'ai voulu juste vous faire comprendre qu'en partant des chiffres du Ministère de l'Éducation, il y a plutôt amélioration puisque les pourcentages d'admis de cette année sont supérieurs à ceux de l'année dernière. Vous auriez déclaré que les stats ne sont pas explicites, on vous aurait compris, mais dire qu'il y a une baisse, c'est commettre une erreur d'appréciation.
Par contre, je suis d'accord avec vous que ce n'est pas une performance dont il faut se satisfaire.
C'est très léger cette réflexion.
Le problème de l'éducation en Guinée est connu. Il faut juste avoir le courage de les accepter.
Mieux (vaut) tard que (du) jamais !
Le même Sketch habituel de fausse érudition. Encore que cette fois , nous avons été épargnés de l’épisode de l’âne savant fier-à bras et son eternel jeunisme.
CT , ça ne bluffe plus les rodomontades allusives d’imposteurs d’éclairés .
Plus de vos lumières ,CT, même encagoulé !
Les stats du ministre de l’Education nationale ne sont pas plus explicites , au point de pouvoir en faire une analyse approfondie(certains internautes, comme MADINA, voudraient aller plus loin dans l’analyse) , quand bien même il préfère parler d’amélioration, comparé à l’année dernière .
Je ne considère pas 19,8 % (de combien –du total des candidats ?) de réussite au Bac , meme si cest une progression par rapport à l’an dernier , comme une performance dont il faut se satisfaire .Encore moins pour les 25% au BECP . Les 40 % au CEP ,ça va encore.
Sous d’autres cieux , on aurait crié au scandale au vu de la cata et de la demission totale de l’Etat dans sa mission d’octroie de conditions materielles et humaines pour un enseignement de qaulité .
Au contraire , on sévit à tort et à travers contre de pauvres eleves qui ne demandent qu’une education de qualité , sans chercher vraiment à faire de l’ecole guineenne une réussite .
Sidérant que cette vacherie n’offusque pas plus que le deux poids ,deux mesures habituel des prévaricateurs de dirigeants !
Comment en vous contentant (ce sont vos propres termes) des chiffres comparatifs des deux dernières années, tels que donnés en vrac par le ministre de l'Education nationale, vous pouvez dire, je cite : "Un taux de réussite global très largement en baisse." ?
si tu penses que ta justification est correcte tu fais semblant d´oublier que les gens sont victimes d´injustices dans cette region depuis sekou sanguinaire.de t5oute manire le fouta ira en avant avec ou sans gouvernement on y porte meme ps attention on compte sur nos propres efforts pour reussir le reste importe peu.
Au Foutah tu peux voir un seul prof de Maths pour tout le college ou le lycee et pas de Prof dans certaines matieres et cela a est de meme pour les centres de santes. Ce sont pes resortissants des communautes du Foutah qui se cherchent des enseignannts & prof pour les ecoles et des des hommes de santes pour les centres de santes toutes construites par des ONG ou par des associations villageoises.
Le problème de l'éducation en Guinée est connu. Il faut juste avoir le courage de les accepter.
Mieux (vaut) tard que (du) jamais !








