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Au revoir à un grand ami – El hadj Boubacar Barry
Alpha Diallo Samedi, 21 Juin 2014 01:14
Le lundi 16 juin 2014, nous avons perdu un grand homme : Modi Boubacar. Oui, Modi Boubacar, un Monsieur, un être très chaleureux et plein de sagesse.
Notre peine est immense. Le décès d’un être proche est une vraie douleur au cœur et à l’âme. Nous perdons un père qui nous affectionnait et qui nous appelait à chaque occasion pour s’enquérir de notre bien-être. Il était comblé de joie à chacune de nos réussites et partageait aussi nos peines. Sa présence comblait tout vide et nous rassurait « Ko men djeya bhe ».
Tonton Boubacar était un fervent croyant, d’une persévérance incomparable, qui était déterminé à combattre sa maladie aussi longtemps que possible. Lorsqu’on lui annonça dans les années 90 qu’il n’avait que quelques mois à vivre, il rétorqua : c’est Dieu qui détient la vie et la mort, mais je suis déterminé à vivre aussi longtemps que possible. Je vais vivre ……… et je vivrai ……….. incha Allah !
El Hadj Boubacar savait aussi se mettre au niveau de tout un chacun (jeune et adulte) et pouvait discuter de tout sujet sans tabou. Il était celui qui terminait toujours un entretien ou une rencontre par une bénédiction mohammadienne !
Pour redorer l’image de la Guinée après le scandale de son ambassadeur à Washington, Conakry chercha parmi la crème de la crème et envoya l’un de ses meilleurs fils pour le faire auprès de la Maison Blanche. Ce fut El Hadj Boubacar qui exerça cette lourde tâche avec dextérité. Les portes de l’ambassade de Guinée étaient ouvertes à tout le monde. Nous étions tous chez nous, dans notre ambassade, toutes ethnies confondues !
Récemment, lors de notre dernière visite à l’hôpital, nous avions de la peine à le voir dans cet état. Croyez-moi, Tonton Boubacar revenait de très loin. Il arrivait difficilement à placer un mot. Il était néanmoins alerte et content de revoir tout ce monde autour de lui.
Malgré sa fatigue sur son lit d’hôpital, il ne ménagea aucun effort pour exhorter nos parents à faire des bénédictions pour nous. Lorsque mon père rétorqua « Mo kala wadani hore moun » – « Chacun le fait pour lui-même ». Tonton Boubacar, d’un ton ferme attrapa la main de papa et dit : « Ko ghoonga, Ko bhen wadaneybhe horemun duante » – « C’est vrai, c’est ceux-là qui le font qui méritent le doua » !
Voici notre Tonton Boubacar, malgré sa maladie, sa faiblesse, je dirais même « un pied dans la tombe » qui pensait aux autres.
Demain, El Hadj Boubacar Barry entamera son dernier retour en sa Guinée natale, une Guinée qu’il a servie avec honneur et distinction.
Nous implorons le Tout Puissant, le Tout Miséricordieux pour qu’il lui accorde son paradis pour l’éternité, car il le mérite. Amen !
Repose en PAIX Excellence, We will miss you !
Alpha Diallo
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Commentaires
''c'est certainement à travers les gestes qu'on reconnaît les hommes sages et ceux qui se connaissent. Autrement dit ceux bien sur qui reconnaissent leurs origines et d'où ils viennent''.
Tout simplement son geste démontrait une grande sagesse pour ceux qui connaisse l'histoire de l'ISLAM au FOUTA où la peau de mouton avait un rôle central dans l'ornement de la prière ou autre symbole politico-religieux comme l'intronisation des grands Almamy.








