Nabbie Ibrahim « Baby » Soumah Mercredi, 31 Juillet 2013 20:22
« Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d'espoir, la vie est un opprobre et la mort un devoir » recommandait Voltaire (1694-1778), l'écrivain et philosophe français qui a marqué le XVIIIe siècle.
« Vivre est une maladie dont le sommeil nous soulage toutes les seize heures ; c'est un palliatif : la mort est le remède » préconisait le poète, journaliste et moraliste français Sébastien Chamfort (1740-1794).
« Au moment où un homme prend la décision finale et irréversible de se tuer... c'est qu'il est déjà mort » disait l'autre.
Ces trois axiomes et adages nous rappellent que la vie sur terre n'est pas éternelle et que le jour du départ aura lieu inéluctablement, inexorablement sous quelque forme que ce soit. C'est écrit et c'est l'Omniscient qui donne la vie et la reprend.
L'essentiel est là et tout le reste, tout commentaire, est inutile, dérisoire, voire futile
L'essentiel est que la communauté guinéenne de France est en deuil car Mohamed Sylla, communément appelé « Mohamed Jo » et âgé de 56 ans, en était depuis belle lurette un personnage notoire, incontournable, une figure marquante à plus d'un titre.
Mohamed Jo était un homme charismatique, à la belle allure, toujours propre sur lui, respectueux, courtois qui ne laissait personne indifférent.
Ce ne sont pas des propos convenus, de circonstance mais la réalité vivante.
Dans le quartier de Boulbinet de Conakry où nous sommes tous les deux nés, nos maisons familiales étaient voisines et leurs histoires mitoyennes, imbriquées, à l'image, à l'instar du destin de son père « Momo Jo » et du mien
Mais il n'y eut jamais de ressentiment, d'adversité entre nous deux car les enfants ne sont comptables des actes posées par leurs parents.
Bien au contraire, s'étaient instaurées entre nous deux des relations sommaires, mais courtoises et Mohamed Jo m'appelait à chaque rencontre affectueusement « cousin ».
Notre dernière rencontre date du vendredi 28 juin 2013, en fin d'après-midi, sur la célèbre rue Meslay qu'il arpentait régulièrement pour faire ses courses, parfois même pour d'autres, tellement il était disponible, serviable.
C'est mon ami d'enfance Paul Bomboh, affligé et meurtri, qui m'a annoncé la triste nouvelle hier soir et donné certains éléments des circonstances de sa mort.
Le malheur de l'avoir perdu, ne doit pas nous faire oublier, le bonheur de l'avoir connu. Prions pour le repos de son âme !
Paris, le
« Cousin » Nabbie Ibrahim Baby Soumah
![]()