CAN 2012: Les chances du Syli national après le tirage au sort

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CAN_la_coupe_01Le tirage au sort de la 28e édition de la Coupe d’Afrique des Nations a eu lieu ce samedi 29 novembre à Sipopo en Guinée Equatoriale. La Guinée sera dans le groupe D avec le Ghana, le Mali et le Botswana.

En effet, tous les regards des férus du ballon rond seront rivés, dans quelques temps sur les deux pays qui abriteront la CAN 2012, le Gabon et la Guinée Equatoriale.

C’est le championnat le plus prestigieux, qui regroupera, comme il est de tradition, les 16 meilleures formations du continent. Un moment de spectacle, de pure joie et de bonheur qu'il faudra vivre intensément du 21 janvier au 12 février 2012. Autant dire que les travaux d'Hercule vont commencer bientôt pour les entraîneurs : des stages par ci, des matches amicaux par là, ou tout simplement des concentrations.

Au regard donc du sérieux que chaque formation va faire preuve lors de ces stages, concentrations et matches amicaux, on peut d'ores et déjà affirmer, sans risque de se tromper, que les rencontres promettent d'être explosives. Car chaque formation entend faire une sortie digne de ce nom à cet important forum du sport roi, le vrai, mais aussi le plus populaire en Afrique.

D'autant plus qu'elles engageront les 16 meilleures équipes nationales sur 44 engagées, réparties en quatre poules de quatre équipes, dans une empoignade impitoyable où tout est envisageable et où chacune des formations rêve d’en sortir vainqueur.

Ainsi le tirage au sort qui a eu lieu au Palais des Conférences de Sipopo, aux abords de Malabo le 29 octobre 2011, est sans équivoque. Jugés équilibrés, et ouverts par tous les spécialistes du ballon rond, les quatre groupes qui ont été tirés des pots nous promettent de belles affiches.

Dans le groupe A, l’un des pays organisateurs, la Guinée Equatoriale, qui est à sa première participation à une phase finale de la CAN, devra batailler fort à Bata pour passer au deuxième tour. D’abord devant une équipe libyenne jeune et en pleine ascension qui s’est qualifiée comme meilleure deuxième lors des éliminatoires. D’ailleurs c’est cette rencontre qui sera le match d’ouverture, à Bata, le 21 janvier 2012. C’est le président Theodore Obiang Nguema qui a lui-même tiré au sort le futur adversaire du Nzalang Nacional devant les caméras de télévision. Ensuite, les Equato-guinéens devront se mesurer aux revenants Sénégalais et à la sympathique équipe zambienne qui fut première de son groupe. Auquel groupe appartenaient également les Libyens. Nul besoin alors de signaler qu’il y aura de l’électricité dans l’air entre Libyens et Zambiens qui ont déjà eu une double confrontation lors des éliminatoires, avec un léger avantage aux compatriotes de Mouammar Kadhafi qui ont gagné à domicile 1 but à 0 et obtenu le nul vierge à Lusaka.

Les Lions sénégalais de la Teranga, absents de la dernière CAN et dompteurs des Lions indomptables du Cameroun cette année, tenteront de redorer leurs blasons en sortant vainqueur de ce groupe A. Sauf surprise, la deuxième place reviendra soit à la Libye ou à la Zambie.

Dans le groupe B à Malabo, la Côte d’Ivoire avec sa pléiade de professionnels et considérée comme favorite de cette phase finale, qui a glané 18 points sur 20 lors des éliminatoires, devrait prendre très au sérieux les Soudanais qui ont failli barrer la route aux Black Stars du Ghana. Aussi, y aura-t-il en embuscade pour les Eléphants de Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et l’Angola. Au regard du parcours de ces derniers dans la phase des éliminatoires, il n’est pas question de prendre à la légère les Etalons et les Palancas Negras. Auteurs d’un bon parcours, 10 points sur 12 pour le Burkina et 12 points sur 10 pour l’Angola sont des candidats rassis pour la qualification au deuxième tour. A signaler que Burkinabés et Ivoiriens étaient dans la même poule en 2010 en Angola.

L’autre pays organisateur, le Gabon, aura sur son dos, dans le groupe C, le Maroc, la Tunisie et le Niger qui sera à sa première participation à une phase finale de la CAN.

A n’en pas douter, l’attraction de ce groupe sera la rencontre entre le Maroc et la Tunisie, deux champions d’Afrique et mondialistes. Sauf surprise, ce sont les Lions de l’Atlas et les Aigles de Carthage qui pourront sortir leurs têtes de l’eau. Sans doute, les Panthères du Gabon en pleine ascension ces dernières années sur leurs propres installations et devant un public totalement acquis à leur cause à Libreville, vendront très chère leur peau. Le Niger quant à lui, il ne devrait pas s’attendre à grand-chose dans cette poule. L’essentiel pour ce pays c’est de participer.

A Franceville, malgré que les Black Stars du Ghana, finalistes en 2010, soient d’offices favoris, le combat pour les deux premières places qualificatives dans le groupe D se déroulera dans une empoignade serrée, car toute équipe qui perdra un match compromettra définitivement sa qualification pour les quarts de finales. Donc la rencontre entre Maliens et Guinéens qui se connaissent bien, s’annonce volcanique. Aussi les Ghanéens devraient se méfier du Syli National qui est capable souvent de sortir le grand jeu pour battre les favoris.

Le Botswana qui a perdu un seul match sur 8 lors des éliminatoires et sorti premier de son groupe avec 17 points suivi de la Tunisie avec 14 points, sera un redoutable adversaire qui doit être pris très au sérieux. Il faut dire que ce groupe est tellement équilibré qu’il sera difficile de dire avec certitude les deux équipes qui seront en quart de finale.

Autant dire qu’avec la vulgarisation et le développement actuels du football en Afrique et dans le monde, ces pronostics sont désormais à prendre avec des pincettes. Car désormais la CAN n’est plus un voyage touristique où des joueurs de renom n’ont besoin que d’apparaitre pour brandir le trophée. Cette période est révolue. La CAN est devenue impitoyable. Ne s’en sortent indemnes que les formations fortes mentalement, bien préparées psychologiquement et bien armées sur le double plan technique et physique. Tout le monde vient pour remporter la coupe. La suite, aucune prémonition ne peut la prévoir. Des ténors peuvent trébucher comme les Camerounais, les Nigérians et les Egyptiens qui seront les grands absents de ce tournoi, ou comme des équipes qu’on n’attendait pas peuvent créer la surprise. Disons que le ballon est rond, il roule sur le gazon et personne ne peut savoir à l’avantage de qui.

Inutile alors de dire que les matches se dérouleront sur les chapeaux de roue. Malheur aux perdants car ils feront leurs valises plus tôt que prévu.

Le Syli national pour sa part, doté d’un groupe homogène, bon mental, jeune, enthousiaste et déterminé entend tout rater sauf ce grand rendez-vous continental. Ainsi, le public guinéen qui a été privé de tout depuis la finale de la CAN de 1976 et la triplette du Hafia en 1977, aura peut-être cette fois le plaisir de voir ces jeunes défendre valablement les couleurs nationales à Franceville.

Bien qu’aujourd’hui, ce ne soit plus la génération de joueurs des années 70 , loin s’en faut, il n'en demeure pas moins que depuis l'arrivée d’une ancienne gloire comme ministre des sports, El hadj Titi Camara, jeune, dynamique et sportif de surcroît, le football guinéen est en train de sortir de l'ornière. Le Syli National commence à faire des résultats dans ses différentes sorties. Dans cette noble mission, le nouveau ministre est aidé, entre autres, par des cadres comme le nouveau président de la Fédération Guinéenne de Football, Djibril Diarra Becken et Capi Camara.

Une dynamique qui rassure davantage le public sportif guinéen car l’ossature actuelle de l'équipe nationale est plus que réconfortante : vingt professionnels pétris de talents évoluant dans les clubs européens et arabes se retrouvent en son sein. On ne pouvait espérer mieux.

Cette nouvelle locomotive de l'équipe nationale, tirée par des grands pieds comme Pascal Feindouno, Dian Bobo Bah, Ibrahima Traoré, Bah et Ismaël Bangoura a donné un signal fort à ses futurs adversaires lors de sa dernière rencontre contre les Green Aigles du Nigeria.

Pour continuer sur cette lancé, l’entraîneur Michel Dussey entend préparer une concentration adéquate, basée sur la préparation physique et technique ; ceci pour permettre aux joueurs de récupérer coûte que coûte la cadence des jeux à grande endurance en vue d'être au-dessus de leurs adversaires et de ramener enfin ce prestigieux trophée au Professeur Alpha Condé comme une prime pour le changement entamé dans notre pays.

Pour réaliser ce rêve, l’essentiel pour les Guinéens sera de ne pas effectuer de relâche dans le travail d’ici la période des hostilités. Aussi, tous les moyens matériels et financiers doivent-ils être mis à la disposition des dirigeants pour assurer une bonne préparation au Syli national.

Et dans ce domaine, le ton a été déjà donné par le Professeur Alpha Condé qui, après avoir reçu les joueurs pour leur brillante prestation au Nigeria et offert 20 millions GNF à chaque joueur, a invité toutes les autorités compétentes à créer les conditions nécessaires à la bonne préparation du Syli.

De cet acte jaillit l’espoir dans tous les cœurs soucieux du devenir du football. Ce regain d’espoir, s’il en est un, est aussi le résultat d’un travail collectif, du sérieux des dirigeants sportifs et de l’engouement du Guinéen pour le sport en général et le football en particulier. Un véritable travail de longue haleine des responsables qui, avec les moyens du bord ‒ en oubliant l’élimination de l’édition dernière, en le recomposant pour retenir les leçons qui s’imposent ‒ ont tenté de sortir le football guinéen des ténèbres et emprunter un sentier lumineux dans l’Afrique qui bouge.

Sans doute, si dirigeants et joueurs travaillent de concert lors de cette CAN, cette jeune formation retrouvera l'élite et pourquoi pas remporter la victoire finale le 12 février prochain au Gabon.

En tout cas nous y croyons ! Car sans vouloir être superstitieux, le fait que la Guinée soit le dernier pays à être tiré du chapeau, a une signification pour ceux qui sont dans les secrets de Dieu.


Bangaly Condé « Malbanga Â»


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