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Ansoumane Doré s’exprime sur sa vie de Guinéen (2e partie)

Adjidjatou Barry Baud  Dimanche, 01 Janvier 2012 15:13

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DORE_Ansoumane_BARRY_BAUD_Adji_01GuineeActu.com vous livre la suite de l’entretien avec le Professeur Ansoumane Doré, notre Doyen, combattant de la liberté, et le plus démocrate de notre temps.

Diplômé d'Etudes Supérieures, DES de Sciences Économiques et Doctorat d'Etat de Sciences Économiques. Fidel à lui -même et avec une objectivité qu’on lui connait, il aborde ici les questions d’actualité sur la Guinée et notamment des gouvernants actuelle de notre pays.


GuineeActu.com: Vous êtes parmi ceux qui ont vu naître la République de Guinée, ce qui fait de vous, un témoin de l'histoire politique de la Guinée, même éloigné du terrain de production des faits. Comment pouvez vous expliquer que nous, Guinéens soyons le terrain d'échecs sur tous les plans de l'édification d'une véritable nation et d'un vrai État ?

Ansoumane Doré: C'est vrai que j'ai vu naître la République de Guinée même si je n'ai nullement été un acteur. J'ai déjà indiqué plus haut que j'étais élève au Collège Classique (qui deviendra plus tard le Lycée de Donka) d'Octobre 1949 à Juillet 1956. Il s'agit d'une période décisive pour l'évolution de l'Outre-mer français. En effet, c'est en 1953 que Sékou Touré a son premier poste politique (je ne dis pas syndical) en devenant Conseiller territorial (député) du cercle de Beyla, d'où je suis originaire et qui est aujourd'hui préfecture du même nom mais amputée de Kérouané-Damaro. En étant donc à Conakry, le collégien de Beyla que j'étais, a souvent eu des discussions, lors de ses sorties de l'internat le dimanche avec son conseiller territorial, chez-lui. Dans le Conakry de ces années- là, l'intelligentsia africaine est formée de fonctionnaires de niveau du certificat d'études primaires ou du brevet élémentaire ; même les quelques Pontins (de l'école William Ponty du Sénégal) n'avaient pas le niveau du Bac. Alors figurez-vous qu'un élève de seconde à la terminale apparaissait à ceux qui le connaissaient comme un intellectuel de haut niveau. Par conséquent, nous discutions beaucoup de politique et sentions que de grands changements politiques et sociaux approchaient sans tout de même imaginer, en 1956, que l'indépendance serait là dans deux ans. Je rappelle que dans ces années-là aussi les étudiants guinéens et africains, très politisés, encourageaient dans le cadre de la FEANF (Fédération des Étudiants d'Afrique Noire en France) les hommes politiques africains à aller vers l'indépendance. Dès que celle-ci est intervenue en Guinée en 1958, beaucoup de ces jeunes intellectuels africains se sont rendus en Guinée pour relever le défi du retrait brutal des fonctionnaires français de ce pays. Inutile de rappeler ici la mésaventure arrivée à beaucoup d'entre eux dans notre pays. Certains ont été arrêtés, emprisonnés ou expulsés sous l'accusation d'agents du colonialisme.

Arrivé en France en 1957, j'ai suivi de façon intense la naissance de la République de Guinée. Le schéma adopté dès le départ par Sékou Touré aurait enfermé n'importe quel peuple africain dans les mailles d'une dictature. Dans un pays majoritairement peuplé d'analphabètes, cela a consisté à dresser ceux-ci contre les rares cadres et intellectuels qu'ils admiraient en silence. Remplacer les cadres, après parfois les avoir liquidés, par des activistes du PDG sans scrupule et sans aucune formation en leur faisant croire (ils voulaient le croire) que le révolutionnaire est apte à toutes les tâches que la révolution lui assigne, on a vu des ambassadeurs guinéens quasiment analphabètes, voila ce qui a déclenché la destruction et l'impasse de la République de Guinée. J'ai reçu au début des années 80 le fils d'un de mes amis guinéens pour l'inscrire à l'Université de Dijon. Devant son laxisme dans ses études je lui ai fait un jour des remontrances comme son père me l'avait demandé. Sa réponse a été : « Tonton, c'est papa qui veut que je fasse des études. Or, en Guinée on n'a pas besoin de diplômes pour réussir. Mon père a fait des études en Roumanie, son chef de service à Conakry n'a pas terminé l'équivalent de la troisième année d’enseignement secondaire ». C'est à tous ces aspects qu'une réforme de l'État guinéen devra s'attaquer : duplicité, magouille, tricherie, faux-semblants devraient faire place à l'effort depuis l'école primaire.


Il y a quelque temps sous le régime de dictature du PDG ou celui des militaires, nous nous disions que nous étions dans le brouillard. Mais nous nous trouvons toujours dans une espèce d'impasse quand il faut essayer de lire l'avenir et les intellectuels guinéens sont enfermés dans le camp d'un attentisme ou d'une prise de position partisane incompréhensibles. Pourquoi adoptent-ils, selon vous une telle attitude ?


C'est certainement sûr, que chacun a senti, à des moments donnés, les soubresauts des régimes en place, comme ceux qui agitent la mort d'un cheval, c'est-à-dire, interminable pour ceux qui attendent. Mais dire que les intellectuels guinéens sont enfermés dans le camp d'un attentisme incompréhensible me paraît excessif comme appréciation d'ensemble de la situation guinéenne. Soyons mesurés car quoi, veut-on que nos intellectuels tombent tous dans un activisme frénétique en se gargarisant de formules à l'emporte-pièce et sans lendemain ? Il ne me semble pas que ce soit là le comportement d'intellectuels responsables.


Sans vous demander de jouer le prophète, comment lisez-vous justement la Guinée de demain, c'est-à-dire, celle qui aura réussi à établir une large base consensuelle pour construire une démocratie dans ce pays ?

Vous avez raison je ne vais pas jouer à l'Oracle de Delphes sur cette vaste question. Il faut se garder de tomber dans l'euphorie ou de s'installer dans le pessimisme total. J'ai déjà dans un article sur sites, « Est-ce l'annonce de la rédemption de la république ? (8 Février 2010), attiré l'attention sur le risque de la dérive sur le modèle haïtien. En effet, les Guinéens, toutes catégories confondues, expatriés ou résidents ont été si atteints profondément dans leur for intérieur, que la remise sur rails du pays ne sera pas une tâche aisée pour ne pas dire difficile. Cette atteinte en notre for intérieur, c'est la totale perte des repères qui peut être le terreau à des dictatures multiformes. La personne humaine qui était sacrée dans la civilisation de nos villes et villages ne l'est plus depuis les pendaisons publiques et spectaculaires des années 70 et les liquidations de personnalités qui ont suivi des années après. Pour une poignée de francs guinéens vous pouvez vous faire buter dans votre concession aujourd'hui à Conakry. Il faudra donc compter avec cette sociologie là. Il faudra compter aussi avec ce venin qui à été inoculé à l'Afrique depuis le début des années 60. Je veux parler des coups d'État militaires, le pouvoir au bout du fusil ou toutes ses formes pernicieuses, prendre le pouvoir pour le pouvoir. Cette éventualité est encore réelle pour de nombreux Etats africains et encore plus pour la Guinée. A chaque fois, on entend dire que le temps des coups d'État est révolu. Balivernes ! Les diplomaties parfois stériles des grandes Démocraties ne passent pas toujours des proclamations angéliques à la mise en quarantaine des auteurs de coups d'État qui de plus se foutent royalement de l'opinion qu'on peut avoir à l'extérieur. La méthode Sarkozy en Côte d'Ivoire et celle de l'OTAN en Libye font les exceptions venues à bout de situations d'impostures et de cynismes. En outre, des intellectuels en quête d'emploi se précipitent à chaque fois pour consolider la position des auteurs de coups d'État de toutes les couleurs. Bref, la fin du brouillard qui continue de couvrir la Guinée devrait supposer que ceux qui seront aux commandes de la Guinée soient des ascètes ou presque. Encore qu'être ascète dans une société où ne pas être débrouillard, magouilleur, voleur de fonds publics, peut conduire à être qualifié même par les siens « d'enfant maudit », puisque malgré son haut niveau de formation, il ne réussit pas à satisfaire la rapacité des siens, comme le font les voleurs de deniers publics.

Pour me résumer, j'ai parlé du profond traumatisme physique et psychologique du peuple guinéen pendant plus de cinquante ans. Cet état de fait conduit un grand nombre de gens à toujours croire aux marchands d'illusions qui se succèdent à la tête de l'État. Mais comme c'est devenu le constat de leurs actions publiques : « Patatras ! Rien ! Rien qu'une succession insupportable de ratés, de formules approximatives, de poncifs usés, de truismes surannés, de choix si mal retenus. C'est déconcertant. Bref ! Il manque tout, puisqu'il manque l'essentiel » (Robert Suchet : Ô désespoir). Cet essentiel, ici, est la satisfaction élémentaire du peuple en démocratie, et le vivre quotidien en paix.


Vous avez été professeur et êtes auteur de plusieurs ouvrages. Qu'écrivez-vous ? Et pourquoi ?

Oui, j'ai été professeur à l'Université de Bourgogne à Dijon. À ce titre j'ai enseigné entre autres, l'économie du développement en licence et en maîtrise de Sciences Économiques pendant 25 ans. Cela m'a permis de connaitre (au moins théoriquement) les pays d'Afrique, d'Amérique latine, des Caraïbes et d'Asie. J'ai toujours appuyé ce cours sur des documents (plans de développement notamment) que je demandais à des gouvernements de pays du Tiers Monde. J'ai également enseigné plus de 20 ans l'économie et l'aménagement du territoire (économie spatiale) en maîtrise d'Administration économique et sociale (AES) dans le cadre de la construction de l'Union européenne. J'ai également eu d'autres cours de plus courte durée dans d'autres domaines. L'enseignement supérieur suppose également de la recherche. L'essentiel de mes écrits porte sur la France et ses 22 régions.

Sur la Guinée, j'ai publié en 1986 aux Editions Bayardère, « Économie et Société en République de Guinée 1958-1984 et perspectives ». En raison de mon cours, j'avais constaté que j'avais plus d'informations économiques et sociales sur le Guatemala, la Gambie ou le Pakistan que sur la Guinée. Ce manque a été une des raisons d'entreprendre ce livre. Ce travail qui s'est étalé de 1976 à 1985 n'a pas été chose aisée. J'ai fait des voyages-enquêtes dans les pays voisins et au Centre des Multinationales aux Nations-Unies. Finalement, je suis arrivé à sortir un volume de 518 pages qui s'est voulu d'information générale avec certes des lacunes ou des insuffisances, mais qui m'a valu des lettres de Sénégalais, d'Ivoiriens, de Nigérians, de Congolais, de Mauriciens et de Gabonais, etc... Pour ne parler que de l'Afrique mais également du FMI et de la Banque Mondiale, tant les lacunes d'informations écrites sur la Guinée étaient amples à cette date. Ma déception est venue du silence total de mes compatriotes guinéens que j'invitais pourtant dans l'avertissement (pour ceux qui s'intéressaient aux questions traitées) à un travail collectif pour l'établissement d'un bilan de 26 années de dictature. J'ai cependant constaté, par la suite, dans des rapports guinéens bien des emprunts à mon livre, sans citation de source. C'est cela aussi notre pays où on a l'habitude de « pomper » des auteurs sans les citer pour ne pas se faire de l'ombre.

Quel était le contenu du livre ? Après avoir présenté les fondements de l'économie guinéenne et la place économique de la Guinée au sein de l'ancienne Fédération de l'Afrique Occidentale Française (AOF), je me suis attaché à analyser successivement :

- la population et l'évolution sociale 1958-1984 ;

- l'agriculture guinéenne ;

- l'économie industrielle et minière ;

- le commerce et les transports ;

- quelques aspects et cadres de la politique économique du PDG (planification, expériences monétaires, etc...) ;

- les perspectives d'avenir.

J'ai repris la réécriture de ce livre pour couvrir la période 1958-2018 (naturellement sous forme de prospective sur 2012-2018).

Toujours sur la Guinée, j'ai publié deux romans anthropologiques : « Ce sera à l'ombre des cocotiers », aux Nouvelles Éditions Bayardère, 1987, Paris et aux Éditions Klanba à Paris, 2007, « Allamako à l'ombre des fromagers ». Ce roman qui est une réécriture du précédent, se situe dans les années 50 et se déroule de la Guinée Forestière à la Guinée Maritime. Il montre que malgré la présence coloniale, les Guinéens ont su préserver (notamment dans les villages) leurs us et coutumes. Outre, ces écrits sur mon pays, je me suis essayé à un petit écrit sur l'analyse du développement et de l'aménagement du territoire en Côte d'Ivoire 1960-1986. Développement qui fut remarquable de 1960 à 1980 sur la base du binôme café cacao et qui avait abouti à faire de ce pays, la première économie de l'Afrique francophone, hélas remise en cause par la guerre civile.

Vous me demandez le pourquoi de l'écriture. En me limitant ici à la Guinée, je répondrais qu'il y a à la base, outre l'absence d'informations que j'ai rappelée ci-dessus, un profond regret de n'avoir pas eu la chance de servir la Guinée. Quand je revois mon parcours de l'école primaire jusqu'à la soutenance de ma thèse de Doctorat d'État, je me dis que j'aurais pu partager ce que j'avais appris avec d'autres Guinéens qui n'ont pas eu ma chance dans ce domaine, encore qu'il a fallu payer de ma personne cette chance. Ma seule satisfaction a été l'année d'enseignement que j'ai passée à Boké en 1956-1957. Autrement, je me dis que ce que j'ai mené ici en France comme activités professionnelles, pouvaient être fait, même si je n'avais pas été là alors qu'en Guinée, dans un contexte normal, j'aurais peut-être apporté dans mon domaine de compétence un petit quelque chose. Mais j'assume parfaitement bien le regret que je viens d'évoquer. Ce que j'ai fait, ici en France, avec conscience et compétence comme activités professionnelles et sociales, a été largement reconnu, car ce ne sont pas les origines ethniques ou autres qui comptent mais l'efficacité des gens. Je n'aurais peut-être pas pu dire cela en Guinée, à l'allure où les choses ont évolué jusqu'ici.


Vous apparaissez discret, voire absent en milieu guinéen. À quoi tient cela, la vie provinciale ou une option personnelle, laquelle ?

En me présentant j'ai déjà parlé de ma vie à Dijon, dois-je en dire plus ? Oui, je reconnais que vous avez parfaitement raison, peu de mes compatriotes (surtout la génération montante) concentrés en région parisienne me connaissent peu. Cette discrétion est plus liée à mon état de santé qu'à autre chose. Il y a plus d'une dizaine d'années, j'avais subi une grosse opération du dos qui a laissé des séquelles physiques (heureusement pas intellectuelles). Quand je vais à Paris et j'y vais souvent chez mes enfants, le moindre déplacement me coûte sur le plan physique. Voila la raison de mon absence dans le milieu guinéen, mais j'oubliais de citer le phénomène de l'âge, même ceux de mon âge qui habitent en région parisienne, se font moins voir. Je le sais par le fait que je suis en rapport constant avec certains. Alors avec ce handicap et en ayant travaillé pratiquement de 20 ans (1956) à 65 ans (2001), j'ai déjà indiqué que j'étais étudiant salarié, on comprend que, raisonnablement, je ne me sois pas lancé dans un parti politique.


La jeunesse guinéenne à majorité écrasante, rêve de quitter le pays ; si vous aviez à leur parler, que leur diriez-vous, à partir de votre expérience d'expatrié ?

Les temps ont changé. Au milieu des années 1950, quand on partait des Territoires d'Outre-mer pour la France, on n'avait vraiment pas l'impression qu'on partait pour l'étranger, on était tous Français d'Alger à Brazzaville. Pour les élèves et étudiants, boursiers ou non boursiers, les conditions d'accueil étaient très bonnes, tant au niveau des pouvoirs publics qu'à celui de la population française dans son ensemble. Les migrations de travail n'avaient pas encore touché ou très peu l'Afrique noire. Je suis arrivé ici dans ce contexte des « Trente glorieuses » économique et sociales. C'est donc difficile de comparer mon expérience à celle des générations d'aujourd'hui. Après les indépendances africaines, les gestions calamiteuses de bien des dirigeants comme ceux de Guinée, ont poussé la population jeune à massivement émigrer, d'abord dans des États voisins, puis en Europe et en Amérique.

Le désir de partir à l'étranger de la jeunesse guinéenne se comprend aisément quand on sait ce qu'on a fait de notre « horoya » (indépendance, liberté). Quand je pense à la foi avec laquelle nos discussions d'étudiants étaient animées, je me dis que nos camarades qui ne sont plus de ce monde, doivent se retourner dans leur tombes, en voyant les flux migratoires des anciennes colonies aux anciennes métropoles européennes ou en Amérique, qui était considérée alors, comme le temple de l'impérialisme international et l'incarnation du Ku Klux Klan raciste. Même si cet aspect a changé pour l'Amérique, c'est parce que les jeunes qui veulent s'exiler n'ont aucune perspective d'avenir en Guinée, qu'ils le font n'importe où, y compris en Extrême-Orient (Malaisie, Japon, Canton en Chine), pourvu qu'ils partent. Mais ils ignorent les aspects déshumanisants et même quand on les leur dit avant le départ, ils les trouvent encore plus acceptables que la vie qui est la leur en Guinée, où ils voient les dirigeants mener des trains de vie de nababs dans leurs villas climatisées à la face du peuple qui crève de faim. Vu de loin le problème est insondable. Au point où l'on en est, on peut dire que les solutions sont les suivantes : ou bien rester pour peut-être mourir les armes à la main, ou encore aller vivre en clandestin dans des caves de banlieues de grandes villes européennes. Même dans les cas heureux de régularisation de papiers, les perspectives d'avenir d'hommes ou de femmes guinéens qui laissent leur terre en friches devraient poser aux dirigeants du pays des problèmes sérieux au lieu des sempiternelles querelles politiciennes de possession du pouvoir. Cet aspect explique qu'une rupture sur le passé guinéen aurait dû être la marque de fabrique d'Alpha Condé à son arrivée à la Présidence. L'expatriation surtout lointaine pour tout homme qui a été élevé et nourri jusqu'à 15-16 ans à la source de sa civilisation originelle est une source de frustration qu'il porte en lui. L'exil d'aujourd'hui est d'autant plus difficile pour l'émigré que les pays d'immigration ont leurs propres problèmes économiques et sociaux. L'immigré des années 60 trouvait sa place dans le pays d'accueil du fait qu'il s'agissait de période de forte croissance économique alors que l'immigré d'aujourd'hui trouve partout des portes closes et est parfois réduit à des trafics illicites pour survivre. Ce sont ces problèmes qu'on devrait expliquer aux candidats au départ. Cette préparation devrait d'ailleurs entrer dans les programmes de l'école primaire car les candidats aux départs adultes, prennent et exécutent leurs décisions de façon clandestine.


En votre temps, aviez-vous aussi des rêves ? À quoi rêviez-vous ?

En mon temps... Vous voulez dire, les années de mes 20 ans... en Guinée ? C'était sous la colonisation, mais les perspectives d'avenir pour un jeune du niveau du baccalauréat, comme c'était mon cas, étaient autrement plus claires qu'aujourd'hui. Même pour la jeunesse non scolarisée, les choses étaient moins sombres. Les activités économiques traditionnelles existaient partout, même dans les tous petits villages. Je rappelle qu'en moyenne par an de 1954 à 1956, la Guinée à elle seule cultivait 350 000 ha de riz sur les 800 000 ha de riz de l'ensemble des huit territoires de l'A.O.F (sans le Togo). Cela représentait 42,6% de la production du riz de l'A.O.F. Pour les autres cultures, la Guinée produisait 13,7% du maïs de l'A.O.F ; 14,7% des patates ; 12,7% de manioc, etc... En 1955, les deux pays gros producteurs de banane de l'A.O.F étaient la Côte d'Ivoire (33 000 tonnes) et la Guinée (100 000 tonnes).

Bref ! Les jeunes des villages et leurs parents travaillaient dans les champs (cultures et élevage : le cheptel bovin était important en Guinée, pour avoir plus de détails et les sources de ces données, voir « Économie et Société en République de Guinée »). Quant à la jeunesse scolarisée plus faible numériquement, elle était sûre d'un emploi à partir du CEP (CM2) : secteur privé ou public. Un commis expéditionnaire de l'administration, était généralement titulaire du CEP et tenait une place sociale enviable. Ce sont ces commis expéditionnaires qui ont formé le gros contingent des commandants d'arrondissements et de régions après le départ des administrateurs français à l'indépendance en 1958. Pour ceux qui, comme moi avaient été dans l'enseignement secondaire, les perspectives étaient encore plus stimulantes. Mais je le répète, il s'agissait d'une minorité ; en effet chaque concours annuel d'entrée en 6e des collèges, cours normal pour la formation des instituteurs adjoints et centres d'apprentissage de l'ensemble de la Guinée ne recrutait guère plus de 100 élèves pour l'ensemble de ces établissements. Les reçus étaient tous boursiers sans considération des revenus des parents. C'était vraiment au mérite et les tricheries étaient inconnues. Voilà le cadre dans lequel étaient élevés ces privilégiés. Il arrivait que le fils de médecin ou du directeur d'école échouât à l'entrée en 6e, alors que le fils du petit cultivateur ou du boy réussît. Les rêves d'une vie meilleure étaient à portée de main pour ceux-là. Et pourquoi ne pas le dire, après 1946, l'oppression coloniale qui était une réalité quotidienne pour nos parents (j'en ai des souvenirs tout petit, mon père étant alors chef de village), n'était plus autant visible dans les années 50, sauf pour des fonctionnaires ou syndicalistes qui s'éveillaient à la conscience politique de revendication.


Lorsque vous observez les conditions de vie et d'études des jeunes guinéens, quels sentiments vous animent ?

lorsque j'observe actuellement les conditions de vie et d'études des jeunes Guinéens et plus généralement de jeunes Africains, je suis profondément déçu de tous les grands discours des hommes politiques ici en France. Entre ce qui se dit et ce qui se fait sur l'accueil des étudiants étrangers il y a un océan. J'en sais quelque chose parce que quand j'étais en activité, mon bureau à l'Université était par moment comme une salle d'attente d'assistante sociale pour étudiants pas seulement Guinéens, mais Africains du Maghreb au Malawi, de Dakar à l'Ile Maurice, des Antilles françaises à l'Amérique du Sud-Caraïbes, etc... Les recherches de logements dont j'étais parfois la caution ; les démarches administratives et d'autres me prenaient du temps. Je n'ai décroché qu'à ma retraite.

Les conditions de vie de jeunes Guinéens dont un certain nombre fréquentent l'Université de Dijon (ils étaient très peu nombreux dans le passé, par rapport à d'autres Africains), sont faites de précarités matérielles et morales, combinaisons d'études et de petits boulots de nuit qui ne ressemblent plus du tout à ceux que j'ai connus, étudiant. Ces petits boulots qui sont devenus comme une sorte de débouchés qui priment sur les études pour certains Guinéens, voient affluer des diplômés de bon niveau (licence, maîtrise, masters) comme vigiles de grandes surfaces commerciales ou gardiens de nuit d'usines en zones dangereuses. J'ai été membre du jury de thèse de doctorat d'un Africain que j'ai retrouvé comme gardien de nuit d'hôtel d'une ville de l'Est. Il était rentré chez-lui, après la thèse ; il n'y avait pas trouvé de travail et était revenu en France occuper cet emploi de gardien d'hôtel en attendant mieux. C'est triste et c'est un indice des échecs de la gestion de nos indépendances.

En ce qui concerne les Guinéens que faire ? Si un véritable changement de gouvernance intervenait un jour, il faudrait faire de l'éducation de la jeunesse et de la santé la priorité des priorités. Ce sont d'importants investissements dans ces secteurs qui sauveront la Guinée de demain. Mais, il faut le dire, du sommet à la base de l'État, il y a une vraie absence de culture administrative. On croit encore que se réunir et faire des discours constituent un savoir administratif.


Nous allons terminer sur vos sentiments sur l'après-élection présidentielle intervenue en novembre 2010.

Cette élection était longtemps souhaitée et attendue par tous les Guinéens comme l'annonce et l'amorce d'une ère nouvelle pour le pays. Sans revenir sur le grand nombre de candidats (24 dont 18 n'obtiendront même pas 1% des voix au premier tour, c'est dire le grand nombre de candidats farfelus), et toutes les péripéties qui ont marqué l'anormale longueur de l'entre-deux tour de l'élection du 27 Juin au 7 Novembre 2010, je dois dire que cette élection a laissé un goût amer dont les effets pervers ne sont pas tout à fait estompés, un an après. Le fondement de ce goût amer repose, d'une part, sur les soupçons de fraudes qui ont pesé sur les résultats proclamés et sur l'apparente crispation qu'a adoptée l'élu, Alpha Condé, d'autre part. Cette posture crispée du Président résulte, me semble-t-il du malaise des soupçons de fraudes qui ont plané sur son élection et des critiques sur le non respect visible de son engagement de changement accompagné de coups de canif dans les lois existantes. Mais je crois que s'il s'était résolument tourné vers les grands objectifs qui l'attendaient plutôt que sur les ragots qu'on lui rapportait, le cours des changements tant désirés en aurait été dessiné avec plus de netteté. L'élection présidentielle est maintenant du passé ; de nombreuses questions politiques attendent d'être abordées : finalisation de la Transition, réconciliation nationale, élections législatives, etc.

Un certain nombre de nos compatriotes avaient estimé que la rencontre du 15 Novembre, à l'initiative du Chef de l'État, allait dans le bon sens de l'ouverture et du dialogue du Pouvoir et de ses opposants. Ceux-ci, on le sait, sont composés du Collectif des partis politiques pour la finalisation de la Transition (CPPFT) et de l'Alliance pour le Développement National (ADN), constituée autour du Parti de l'espoir pour le développement national (PEDN) de Lansana Kouyaté. Celui-ci, bien qu’ayant obtenu 7% des voix à l'élection (4e rang), n'avait pas été convié au rendez-vous du 15 Novembre. Il en fut de même pour les Forces Nouvelles Démocratiques (NFD) de Mouctar Diallo. C'est cette restriction qui donne une dimension mesquine à la rencontre, initialement bien conçue : Pouvoir / Opposition. Autrement dit le Président Alpha Condé et tous ceux qui l'ont rejoint (ils étaient nombreux à ne pas avoir obtenu 1% des électeurs), d'un côté mais dont il seul le seul porte-voix, et de l'autre l'opposition bicéphale, formée de partis réellement autonomes. Au lieu d'un tel cas de figure, on assisté à un forum de « partis » représentant une palette d'environ 12 sigles, vides de contenu. Ces acolytes étaient là pour faire le nombre dans la mouvance présidentielle et impressionner la vraie opposition. C'est ce genre de stratégie politicienne qui entretient toujours le pessimisme ambiant sur l'avenir guinéen. Et ne pas mener à une vraie réconciliation, c'est prendre devant l'histoire, pour ceux qui s'en soucient, une terrible responsabilité, celle de préférer le faux-semblant et le silence à la vérité. C'est la position qu'ont adoptée les dirigeants guinéens depuis 1984, en esquivant de mettre en jugements les criminels qui ont attenté à la dignité humaine et qu'ils ont eu l'air de ne pas affronter en mettant en avant l'éternel facile pardon en Guinée.


Nous arrivons au terme de cet entretien. Avez encore quelque chose à dire ?

Comme je l'ai dit plus haut, on ne peut pas résumer l'histoire du pays au travers de la vision d'un citoyen lambda. Mais les jeunes générations de Guinéens, ont besoin de l'appréciation d'un certain nombre de Guinéens qui ont vu naître cette nation (1958) et ont suivi, avec un esprit critique son évolution jusqu'en 2011. Je vais pour terminer, faire quelques observations synthétiques sur l'évolution que j'ai perçue.

première observation : le peuple de Guinée a été toujours berné et trompé par ses dirigeants politiques, peut-être même par inconscience de l'évolution de l'histoire de l'humanité qu'ils ont lue ou pensée dans une perspective linéaire.

deuxième observation : une certaine philosophie politique qui date de l'ère du Parti-État de Guinée, semble s'être ancrée dans les esprits de tous ceux qui ont exercé les pouvoirs d'État, y compris ceux qui avaient combattu comme ils avaient pu le faire, le système de parti-État, c'est-à-dire le système totalitaire. Cette philosophie politique concerne l'appropriation privée de la chose publique qu'est la république par les présidents de la république et leur camarilla. Cet état des choses a longtemps été accepté, et encore aujourd'hui, par nombre de Guinéens à qui des thaumaturges ont toujours affirmé que c'est par la volonté divine que tel ou tel est devenu Président.

troisième observation : si ce type de mystification d'une population largement analphabète a conforté les tenants du pouvoir en place, on a commencé à voir dans la jeune génération de Guinéens, une frange qui entend renverser de vieilles idoles de pacotille. On a ainsi assisté à l'émergence de nouvelles mentalités lors des évènements dramatiques de Juin 2006, ceux de Janvier-Février 2007, de Septembre 2009 et de façon sporadique après ces dates, où des jeunes ont affronté mains nues, des forces de l'ordre, armées, qui ont tiré dans le tas. Il existe en outre aujourd'hui, des partis politiques et des syndicats qui ont plus d'expérience et qui refusent d'être des godillots du pouvoir en place.

Au regard de toute cette évolution, certes lente, parfois imperceptible, mais réelle, l'espoir pour demain doit être présent en lieu et en place du pessimisme démobilisateur.

Mes compatriotes guinéens ! L'Histoire a fait que nous sommes aujourd'hui la Guinée que vous voyez sur les cartes géographiques et non pas une Guinée morcelée en ethnies. L'Histoire veut, nous le voulons, une seule Guinée que les générations montantes doivent porter vers l'avant. Tous les pays du monde sont divisés en régions naturelles, administratives ou économiques ; cela n'empêche pas leurs habitants de se considérer comme des habitants de la même nation. Les régions avec leurs spécificités, apportent des enrichissements les unes aux autres. De même, l'artifice de la division des Guinéens ne bénéficiera à personne, même pas aux irrédentistes ethnocentristes et régionalistes qui s'ignorent, parfois, comme tels. Cela relève de ce type d'égoïsmes qui a été l'une des causes de l'abaissement de la Guinée et du drame guinéen. Par conséquent, élevons-nous au-dessus des médiocrités partisanes et des petits calculs sordides pour que la Guinée se relève, car elle est couchée et cela semble suffire au bonheur de quelques-uns.


Merci Ansoumane Doré

Je remercie également mon Frère Gandhi pour son aide et aussi particulièrement notre Frère Yaya Abdoulaye pour l’enregistrement des images et du son.


Propos recueillis par Adjidjatou Barry Baud
pour GuineeActu.com



Publications d’Ansoumane Doré

I. Ouvrages.

* Les sociétés de développement régional (SDR) et le financement des petites et moyennes entreprises, 9o pages, Faculté de Droit et de Sciences économiques de Dijon, 1964.

* Évolution démographique et croissance économique régionale. L'exemple de la Bourgogne, 1801-1968 - Thèse de Doctorat d'État en Sciences économiques, Dijon 1970, 2 volumes, 745 pages.

* Inventaire régional des statistiques sanitaires et sociales, in Cahiers démographiques et économiques de Bourgogne, n°1, 1970, numéro spécial du Bulletin statistique de l'INSEE, 118 pages.

* L'analyse démographique de la Bourgogne au cours de la période 1954-1968 (Collection Cahier de l'Institut d'Économie Régionale – IER -, Faculté de Sciences économiques et de Gestion, n°15, 1970), tome 1, 219 pages, tome 2, 112 pages.

* Le tertiaire supérieur dans la région dijonnaise – Analyse de l'offre et de la demande (collaboration avec Gérard Pélissonnier), Collection Cahiers de l'IER n°18, 1973, 155 pages.

* Activités économiques de la région dijonnaise - Évolution récente et perspectives (en collaboration avec Gérard Pélissonnier, Collection Cahiers de l'IER, n°19, 1974, 130 pages.

* Le Morvan – Analyse socio-économique, 1954-1978 (en collaboration avec Monique Rebours), Collection Cahiers de l'IER n°25, 1978, 141 pages.

* La population de la Bourgogne au cours de la période 1954-1978, Collection Cahier de l'IER n°23, 1979, 354 pages.

* Bourgogne – Regards sur l'évolution économique et sociale depuis 1960 (ouvrage collectif sous la direction de J. Perreur, Dijon 1982, 416 pages.

* Économie et société en République de Guinée, 1958-1984 et perspectives, Éditions Bayardère, Malakoff, 1986, 518 pages.


* Romans

- Ce sera à l'ombre des cocotiers, Nouvelles éditions Bayardère, Malakoff, 1987.

- Allamako à l'ombre des fromagers, Éditions Klanba, Paris, 2007.


II. Articles

* Les migrations alternantes des travailleurs en Bourgogne en 1968 (Bulletin de statistiques de l'INSEE, Direction régionale, 3e trimestre 1970).

* L'évolution de l'emploi en Bourgogne, Dimensions économiques de la Bourgogne, INSEE, n°1 1971.

* Les migrations de populations en Bourgogne de 1954 à 1968, Dimensions économiques, INSEE, n°3, Études et synthèses, 1972.

* Quelques enseignements de tendances d 'évolution comparée de la population active dans la région de Bourgogne et dans l'ensemble de la France de 1954 à 1968, Revue de l'économie du Centre-Est (RECE), publiée avec le concours du Centre national de la recherche scientifique, (CNRS), n°47 et n°48, 1970.

* Le peuplement d'un quartier nouveau de Dijon : la Fontaine d'Ouche (RECE, n°55-56, 1970)

* La population des pays du Marché commun européen, problèmes économiques et sociaux (RECE n° 57-58, 1972).

* Problèmes de localisation et d'aménagement des zones industrielles en France – résultats pour la Bourgogne en 1973 (RECE n°59, 1973).

* Les services aux entreprises dans la région dijonnaise – offre et demande (en collaboration avec Gérard Pélissonnier, RECE n°62-63, 1973).

* Les sociétés de développement régionales en France - SDR- (en collaboration avec E. Simonet, RECE n°64, 1974).

*Le Morvan - Bilan économique des vingt dernières années, 1954-1974 (RECE, n°65-66, 1974).

* La réduction de la durée du travail peut-elle constituer un remède à la montée du chômage en France, (RECE, n°70, 1975).

* Un aspect de l'évolution démographique en Bourgogne : l'exode rural et ses causes, (RECE, n°73-74, 1976).

* Établissement d'une typologie des régions françaises (en collaboration avec Gérard Pélissonnier, RECE, n°78, 1977).

* Modèle de comportements régionaux en matière d'emploi et de salaire, (l'Économie du Centre-Est -ECE- n°1, 1979).

* Développement économique et aménagement du territoire en Côte d'Ivoire 1960-1980, (ECE, n°2 1980).

* Le charbon en Bourgogne : l'activité des Houillères de Blanzy, (ECE, n°3, 1981).

* Un instrument de connaissance des relations intersectorielles : le tableau d'échanges interindustriels régional -T.E.I.R- (ECE, n°4, 1982).

* Vingt ans d'évolution de l'emploi en Bourgogne, 1964-1984, (ECE, n°4, 1984).

* L'évolution démographique bourguignonne de la période 1975-1982, (ECE, n°1, 1985).

* Le logement en Bourgogne – structure et évolution, 1962-1986, (ECE, n°4, 1986).

* Emploi, crise et structure industrielle en Bourgogne, 1977-1987, (ECE, n°4, 1988).

* De l'endettement au surendettement des ménages français – Illustration du cas bourguignon, 1984-1990, (ECE, n°1, 1991).

* Numéros spéciaux de RECE et de l'ECE sur le bilan annuel de l'activité économique régionale en Bourgogne et en Franche-Comté de 1975 à 1992 : contributions d'A. Doré :

- l'emploi et le marché du travail ;

- la conjoncture du bâtiment et des travaux publics ;

- la situation financière régionale.

* Juger la Guinée sans haine ni passion (Jeune Afrique, n°1344, 1986).

* Les aspects socio-économiques de la population françaises, in Profils économiques, revue trimestrielle - L'économie française, Éditions Marketing, Paris / contributions d'A. Doré :

- la société française et les problèmes de l'école et de la formation, n°1, Juillet-Septembre 1980 ;

- emploi et conditions du travail de la population, n°2, Octobre-Décembre 1980 ;

- cadre et conditions de vie des Français, n°3, Janvier-Mars 1981.

* Analyse socio-économique du département de Saône-et-Loire. Comparaison avec quelques départements limitrophes, in Image de Saône-et-Loire, revue trimestrielle, n°46 et 47, 1981.

*Articles divers sur la Guinée sur sites internet.


III. Colloques et congrès

* Un aspect du passé économique de la Bourgogne : les forges et les hauts fourneaux au XIXème siècle – leur rôle dans l'évolution démographique de cette région (communication au colloque de l'Association interuniversitaire de l'Est, Metz, 1972) in Actes du colloque, Université de Metz, 1974.

* L'analyse des zones déprimées – les zones déprimées en Bourgogne (Société française d'économie rurale, les 27 et 28 Octobre 1976 à l'Institut National Agronomique, Paris – Une exposition des travaux actuels de sciences humaines dans le monde rural).

* L'exemple de la liaison Rhin-Méditerranée dans les effets d'entraînements des investissements d'infrastructures de réseaux de transports (colloque de l'Association interuniversitaire de l'Est, Dijon 1975), in Actes du colloque, Université de Dijon, 1977.

* La métallurgie de la Nièvre du XIXème siècle à nos jours (communication au 49ème Congrès de l'Association Bourguignonne des Sociétés Savantes - A.B.S.S.-, Nevers, 1978) in Actes du Congrès, Société Académique du Nivernais, Nevers, 1979.

* Troisième colloque franco-polonais, Poznan, Pologne, Avril 1979 : communication - approche macro-économique de l'espace régional.

* Évolution sociodémographique du Val de Saône (communication au 50ème Congrès de l'A.B.S.S., Mâcon, 1980) in Actes du Congrès, Académie de Mâcon, 1980.

* Buffon, précurseur de mathématiques économiques dans « Essai d'arithmétique morale » (communication au 51ème Congrès de l'A.B.S.S. Montbard 1980, in Actes du Congrès, Montbard, 1981.

* Évolution socio-économique de la région d'Autun (communication au Congrès de l'A.B.S.S. Autun, 1988.

* Évolution sociale de l'Arrondissement de Charolles (communication au Congrès de l'A.B.S.S. Paray-le-Monial), 1992, in Actes du Congrès, Dijon 1993.

* Vauban, de la statistique à l'économie (communication au colloque du Centre Condorcet de l'Avallonnais, sur Vauban, précurseur des Lumières ? 30 et 31 Mars 2007, in Actes du colloques, Avallon, 2007.

* La Guinée face à la mondialisation, Communication au colloque de l'Association des Jeunes Guinéens de France – AJGF -, Février 2008 à Paris, in La Guinée face à la mondialisation, ouvrage publié sous la Direction de Karamo Kaba et d'Idrissa Barry, Éditions l'Harmattan, Paris, 2008.


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