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Refonte de l’UFR, TSA, rapport pouvoir - opposition, présidentielle 2015 : les révélations de Baidy Aribot

Léon Kolié  Samedi, 06 Décembre 2014 18:39

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ARIBOT_Baidy_3_01Le député Baidy Aribot a rejoint l’Union des forces républicaines (UFR) de Sidya Touré dont il est désormais le secrétaire exécutif, à la faveur d’une alliance dans la perspective de la présidentielle de 2015. Dans cet entretien accordé à notre reporter, Baidy Aribot flétrit le parti au pouvoir, qu’il accuse de manœuvres pour diviser l’opposition, tout en promettant de contrer les velléités du pouvoir.

L’indépendant : Certains observateurs estiment que votre mouvement dénommé «  Tout sauf Alpha en 2015 » est en perte de vitesse. Qu’en dites-vous ?

Baidy Aribot : Je ne sais pas ce que ça veut dire «  en perte de vitesse » dans la mesure où il fonctionne. Ce mouvement est géré actuellement par des jeunes qui font un très bon boulot sur le terrain. Un travail de fond. Vous savez qu’en Guinée, les gens aident des mouvements qui font de la mamaya. Que les gens sachent que mon mouvement ne s’inscrit pas dans ce cadre là. Nous nous battons pour l’alternance en 2015. Et qui veut l’alternance dans un pays face à un pouvoir en place, mène un travail d’intelligence, de fond et structuré. Aujourd’hui, l’objectif réel de ce mouvement est de concrétiser l’alternance en 2015. Une manière de vous dire que le mouvement TSA se trouve dans la main des jeunes qui d’ailleurs, font un bon travail. Ils ont pu implanter ce mouvement à travers la Guinée. Donc, je ne vois pas pourquoi, on parle de perte de vitesse. Certainement, parce que nous n’avons pas assez de moyens comme d’autres mouvements ou peut-être, nous ne donnons pas de l’argent aux medias pour parler de mon mouvement. Une chose reste claire c’est qu’on est en train de se battre pour l’alternance. Et Inch Allah, cela va se réaliser.


Lors de sa récente conférence de presse au palais Sékoutouréya, le président Alpha Condé a noté qu’il matera toute personne qui sortira pour des manifestions de rue. Pourtant, l’opposition projette dès le 15 décembre prochain de manifester sur toute l’étendue du territoire national si les accords du 3 juillet ne sont pas respectés. Face à cette mise en garde du chef de l’Etat, quelle sera la position que va adopter l’opposition ?

Sachez que cette mise en garde du président Alpha Condé ne fait pas peur à l’opposition. Elle marchera à partir du 15 décembre prochain si les accords du 3 juillet ne sont pas appliqués. Donc, cette date indiquée, nous allons annoncer vraiment les différentes manifestations que nous allons entamer à travers le pays. Franchement, je ne me préoccupe pas de ce que le chef de l’Etat a dit. Je me préoccupe de ce que l’opposition va faire. Je répète une fois encore que l’opposition manifestera si nos exigences ne sont pas satisfaites. Rien ne nous empêchera de le faire.

 
Certains observateurs soupçonnent que lors de votre rencontre avec le président Alpha Condé à son palais, il a été question de vous proposer un poste ministériel. Qu’en est-il ?

Ecoutez ! Ça, c’est un non événement. Je suis de l’opposition, je suis député de l’opposition et je suis député à l’Assemblée nationale. Je ne vois pas quel est ce problème de proposition de poste. Ce que je dis et ce que je fais avec une tierce personne, ne concerne que moi. Ce que je fais en public, je crois que c’est ce qui devrait être aujourd’hui l’objet de discussions et d’interprétation. Et, puisque personne n’est témoin de ce que je fais en privé, je ne sais pas pourquoi les gens aiment vraiment épiloguer sur quelque chose qu’ils ne comprennent pas. Je m’en vais dire que je ne suis pas intéressé pour le moment à un poste de ministre. Par ailleurs, que les gens sachent que j’ai déjà été ministre. Donc, je répète que je ne suis pas intéressé par un poste administratif ou ministériel quelconque. Je suis député à l’Assemblée, les Kaloumkas ont voté pour moi pour que je défende leurs intérêts au Parlement et c’est ce que je fais. Maintenant, si les gens veulent épiloguer sur les rumeurs ou sur des soupçons, vraiment, libre à eux de dire ce qu’ils veulent. Mais, j’ai la conscience tranquille. Je suis entré en politique, non pas pour des postes ou des avantages minimalistes. Je suis vraiment entré en politique pour sincèrement défendre les valeurs qui représentent pour moi le bien de ce pays. Donc, franchement, comme je le disais, c’est un non événement et cela ne me dit absolument rien de ces soupçons ou ces rumeurs.


Pouvez-vous nous éclairer sur l’incursion des bérets au domicile privé du leader de l’UFR Sidya Touré ?

Ecoutez ! C’est très simple, sachez qu’aujourd’hui, toute la stratégie du pouvoir, c’est d’étouffer l’UFR. L’UFR est devenue la bête noire du RPG. Tantôt, on dit que l’UFR n’a pas de militants. Alors que tout le monde sait que le RPG a triché l’UFR à la présidentielle de 2010 pour être au pouvoir. N’est-ce pas ? Par la suite, on dit que l’UFR ne représente rien et que l’UFR n’aura pas de députés. Mais, c’est le contraire qui s’est produit, l’UFR en a eu dix. Et de surcroit, il a eu un groupe parlementaire à l’Assemblée. Par contre, il faut avouer que le RPG ne représente rien sur le terrain. Le RPG est synonyme de distribution d’argent sur le terrain pour avoir deux ou trois personnes soit dans leurs meetings ou lors de leurs manifestations. Nous le savons à travers Conakry. Si ce ne sont pas le mensonge, l’intox et la manipulation, le RPG n’est pas un parti digne de ce nom en franche vérité. Aujourd’hui, l’UFR est un danger permanent pour le RPG parce qu’il sera le parti qui déjouera complètement la stratégie que le Pr Alpha Condé avait mise en place en 2010, c’est-à-dire la stratégie de trois contre un. Donc, le RPG doit savoir que « 2010 était 2010 » mais en 2015, ça sera une autre chose. Et beaucoup de surprises seront au rendez-vous. D’ailleurs, on vous dit que l’UFR ne sera pas un parti qui restera bras croisés face à ces stratagèmes du RPG. Que le RPG communique sur le fait que Sidya Touré ne représente rien ou disant que Sidya Touré n’a pas de militants, cela n’engage qu’eux. Il faudrait que le RPG sache qu’en 2015, il y aura beaucoup de surprises dans ce pays. Je comprends que le pouvoir en place sait aujourd’hui la valeur de l’UFR. Et mieux les objectifs du RPG, c’est de faire de telle sorte que toutes les forces de changement réunies au sein de l’opposition fonctionnent sur un pied au lieu des deux. C’est pourquoi, il cherche à tout prix à créer une certaine division entre les deux poids lourds de l’opposition. Une question pour le régime en place de profiter pour manipuler les élections de 2015. C’est pour toutes ces raisons qu’aujourd’hui, l’UFR et son leader font l’objet de beaucoup d’intimidation. Et là, je vous informe que lors des élections législatives dernières, l’UFR a vu plein de ses voix dérobées par le RPG dans le pays profond surtout dans ses fiefs de la Basse Guinée et dans certaines sous-préfectures de la Forêt comme Samoé. Donc, tout ce qui se passe aujourd’hui, c’est ce stratagème du RPG. Mais, nous les attendons activement sur le terrain. Enfin « rira bien, qui rira le dernier ».


Quelle lecture faites-vous de la fameuse phrase du président qui dit : « Ebola est une opportunité pour la Guinée » ?

Maisil a raison, lorsqu’il dit qu’Ebola est une opportunité pour la Guinée. Ce que notre gouvernement n’a pas eu à faire en matière de mobilisation de ressources extérieures, Ebola l’a fait pour nous. Il a raison, ce que notre diplomatie n’a pas pu faire en termes de crédibilité de notre gouvernance politique, Ebola l’a fait. Par exemple, il y a eu la visite de plusieurs personnalités en Guinée, si ce n’est pas Ebola, elles ne seraient pas venues. Parce que franchement, ces personnalités avaient des doutes sur la gouvernance politique de ce pays. Mais, pour des raisons humanitaires liées à la crise d’Ebola, elles sont venues. Aujourd’hui, vous avez vu Hollande, le président ghanéen et tant d’autres personnalités qui sont venues pour soutenir le peuple de Guinée pendant cette crise d’Ebola. Voilà pourquoi je dis que le président Alpha Condé a raison de dire qu’Ebola est une opportunité, parce qu’avant Ebola, la Guinée avait un déficit public qui était énorme. Ebola a fait qu’aujourd’hui la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et la France viennent au secours de la Guinée en apportant beaucoup d’argent et d’aide sanitaire. Sans omettre qu’Ebola a fait qu’on a sur le plan de la santé des hôpitaux et des centres de santé et des laboratoires dignes de ce nom. Cette épidémie a fait que nous avons reçu des promesses extérieures pour une mise en place de toutes ces initiatives. Alors, c’est le président qui a raison. Il faut dire que ce virus mortel a remplacé la politique et l’économie dans notre pays. Franchement, c’est Ebola qui est en train d’aider énormément nos finances publiques. Et toujours, c’est à cause d’Ebola que la Guinée est très bien médiatisée à l’étranger. Mais de façon véridique, il faut dire que c’est une honte pour la Guinée. Pour finir qu’on accepte une situation pareille comme bénéfique pour la Guinée. C’est très honteux pour notre gouvernement qui avoue sans complexe que cette maladie mortelle est une opportunité bénéfique pour le peuple de Guinée. C’est décevant. Pour moi, il faut se battre plutôt pour que ce virus terrible puisse s’éloigner de notre pays . Pour que l’emploi des jeunes soit au rendez- vous.


Votre mot de la fin ?

Je n’ai pas de mot de la fin, comme toujours. Seulement, je vous remercie de m’avoir tendu votre micro. Je pense que votre journal est un canard que j’apprécie beaucoup parce que vous faites du bon travail. Mais ce qui est fondamental, c’est le bien-être de la population guinéenne, je profite de cette tribune pour présenter mes condoléances aux familles qui ont perdu leurs enfants dans cette situation d’Ebola. Sans oublier également les médecins et les infirmiers qui sont décédés de cette maladie.


Interview réalisée par Léon Kolié
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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