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Réunions de printemps de la Banque mondiale et du FMI à Washington : Mohamed Diaré dresse le bilan

Moro Amara Camara  Dimanche, 20 Avril 2014 22:32

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DIARE_Mohamed_01Après le sommet de printemps du FMI et de la Banque mondiale, le ministre d’Etat chargé de l’Economie et des Finances poursuit sa mission à Washington où il a eu mardi des rencontres avec des cadres du département d’Etat du Trésor, de l’USAID, avec des Représentants d’institutions bancaires et du secteur privé américain comme EXIM-Bank, le Millenium Challenge Corporation, Corporate of Africa… Dans cet entretien téléphonique qu’il nous a accordé, le ministre Mohamed Diaré revient sur les temps forts ses rencontres, la participation guinéenne à ces réunions de printemps de la Banque Mondiale et du FMI ainsi que leurs retombées pour le pays, l’impact de l’épidémie de fièvre Ebola sur l’économie, les perspectives d’investissements futurs de même que les projections pour cette année. 

L’Indépendant : Vous sortez de trois importants rendez-vous ce soir, dites-nous sur quoi ont porté ces rencontres ?

Mohamed Diaré : Effectivement, j’ai eu ce mardi soir à mon agenda trois rendez-vous. D’abord, avec le département du Trésor américain qui nous a reçus. Il s’agissait de faire le point sur l’exécution du programme économique et financier entre la Guinée, le Fonds monétaire et la Banque mondiale et ensuite toutes les réformes qui sont en cours dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires en Guinée. Nous avons discuté de toutes ces questions et nous avons rencontré monsieur Andy qui s’occupe des pays de l’Afrique de l’ouest dont la Guinée. C’est la deuxième fois d’ailleurs que je le rencontre, lui, au département du Trésor américain. Les discussions se sont bien passées. Nous avons fait également le survol de toutes potentialités dont la Guinée dispose et des perspectives. Il s’agissait aussi pour nous de remercier à travers le département d’Etat au Trésor, tous les autres services de l’Administration américaine qu’on a rencontrés hier lundi et aujourd’hui mardi pour leur soutien dans le cadre, d’une part du processus électoral et aussi de la lutte pour la transparence dans le secteur des mines en Guinée. Nous avons rencontré beaucoup d’autres autorités américaines du département d’Etat au Trésor. Il y a eu ensuite des échanges avec EXIM-Bank, le Millénium Challenge Corporation (MCC), avec l’Agence qui est chargée de l’amélioration du climat des investissements étrangers d’américains en dehors des Etats-Unis. On a eu également des entretiens avec l’USAID, avec le Corporate Consul of Africa. C’est un organisme qui s’occupe du secteur privé américain, il fait l’intermédiation entre les Etats-Unis et l’Afrique notamment. Vraiment, nous avons eu de très bonnes rencontres avec tous ces représentants. Cela nous a permis de constater l’engouement qu’il y a au niveau des autorités américaines pour s’impliquer encore davantage en Guinée surtout dans le secteur privé avec l’organisation de la conférence d’Abu-Dhabi et les retombées auxquelles on s’attend avec la récente visite du roi Mohammed VI du Maroc en Guinée. Nous sommes vraiment rassurés d’abord de garder le contact avec eux et ensuite ils feront tout ce qui est en leur possibilité pour que les investisseurs américains puissent intervenir en Guinée pour le moment dans trois secteurs, l’énergie, les mines et l’agro-business. Ils nous ont même demandé de participer à une conférence qu’ils organisent à Cape Town en juin sur l’agro-business. Ensuite, il y a une conférence sur les infrastructures qu’ils vont aussi organiser à Washington juste à la veille de l’Assemblée annuelle du Fonds Monétaire et de la Banque Mondiale et à laquelle ils souhaitent une participation guinéenne. D’ailleurs, je dois faire une présentation sur les potentialités qu’on a. Donc, ce sont autant de rencontres qu’on a pu avoir avec les autorités américaines et j’avoue qu’elles ont été fructueuses.


Les travaux des réunions de printemps de la Banque mondiale, du FMI et de la SFI ont pris fin lundi 14 avril, session à laquelle vous avez pris part en compagnie d’autres membres du gouvernement. Parlez-nous à présent de la participation guinéenne à ce sommet de Washington.

Par rapport aux réunions de printemps, je souligne que qu’elles ont été pour nous une occasion de refaire le point avec le Fonds monétaire international. On a été reçu dans ce cadre par le directeur adjoint du FMI, monsieur Shinawara, par la directrice du département Afrique madame Antoinette Sayés, par notre administrateur, par l’administrateur français. Egalement, nous avons été reçus au département des Finances publiques, au département des Monnaies et Crédits… bref, on a fait le point de la situation et les perspectives dans le cadre de la gouvernance économique et financière avec le FMI. En tout cas, nous avons été félicités par les autorités du FMI par rapport à la bonne exécution du programme économique et financier et surtout par rapport aux mesures qui ont été prises tout dernièrement dans le cadre de la coordination des réformes au niveau du gouvernement. Aussi, nous avons été reçus par la Banque mondiale avec laquelle nous avons eu la revue du portefeuille avec l’équipe pays, dirigée par le directeur des opérations Ousmane Diagana sous la présidence du représentant résident de la Banque en Guinée, monsieur Cheick Fantamady Kanté. Les secteurs de l’énergie, des mines, de l’agriculture, de l’éducation ont été ont aussi revus au cours de nos discussions avec la Banque mondiale. Il faut noter qu’on a été aussi reçu par le Vice-président de la Banque mondiale, Makhtar Diop avec qui nous avons longuement échangé sur les questions de l’énergie. Parce qu’on a un programme d’urgence dans ce secteur avec la Banque mondiale qui le finance à hauteur de 50 millions de dollars et nous sommes en train de finaliser le bouclage de ce gap avec les autres partenaires. C’est d’ailleurs dans ce cadre qu’on a rencontré le directeur général du Fonds saoudien. On a également eu des entretiens avec le vice-président de la Banque islamique de développement (BID), avec le représentant de la BADEA, avec le président de la BAD, Donald Kaberuka. Nous avons eu aussi deux séances de travail avec la Société financière internationale (SFI). La première séance a été dirigée par madame Saran Kébé, la Directrice de l’Afrique du Centre et de l’ouest de la SFI, basée à Dakar. La deuxième, c’était avec monsieur Phillip Prospère qui est le directeur pour la zone Afrique et Caraïbes de la SFI. Dans chacune de ces discussions, il était question de faire le point sur la situation macroéconomique avec le FMI, faire le point sur le développement des projets de la Banque mondiale, avec les créanciers valables, le Fonds saoudien, la BID… Je pense que cette mission a été couronnée de succès.


Vous avez eu, pendant ce séjour, une série de rencontres. Quelles peuvent-être pour la Guinée, les retombées de toutes ces rencontres à court, moyen et long termes ?

Le fait que nous ayons pu rencontrer les autorités américaines par deux fois en deux jours, a permis de nous inviter directement dans trois grands événements distincts. A travers leur ambassade de Conakry, ils vont inviter la Guinée à assister à la conférence de Cape Town sur l’agro-business, à la conférence sur les infrastructures qui aura lieu ici à Washington comme je l’ai précisé ci-haut, juste avant les assemblées annuelles du FMI. Ensuite il y aura au mois d’août prochain ici à Washington un sommet des chefs d’Etat. On profitera de cette occasion pour organiser un forum des Etats-Unis sur la Guinée. Aussi, ce qui est intéressant dans tout cela, c’est le fait qu’au niveau du CCA, il y a un investisseur qui m’a dit qu’ils veulent investir en Guinée dans le secteur de l’énergie et que dès qu’on rentre, qu’on crée le contact entre eux et le ministère de l’Energie pour qu’ils puissent convenir d’une date de mission à Conakry pour essayer de voir comment avancer dans ces domaines. Je pense que tout ceci constitue des retombées. Dans le développement du projet Simandou, nous avons eu ici un déjeuner avec une institution qui s’appelle GCII. C’est une autre institution qui facilite le développement des investisseurs privés américains dans le monde… C’est à ce déjeuner d’ailleurs que nous avons retrouvé madame Patricia Möller, l’ancienne ambassadrice des Etats-Unis en Guinée. Dans le même registre, il faut noter qu’on est en train de finaliser le cadre d’investissement et la loi BOT avec Rio Tinto dans le projet Simandou et nous avons vu l’intention des entreprises américaines que ce soit la participation dans le financement des infrastructures ou dans la sous-traitance, qu’elles sont vraiment engagées à s’impliquer dans ce projet de Simandou. Il y a aussi le fait qu’on ait présenté toutes les reformes et les perspectives de développement de la Guinée, le rôle qu’elle va jouer dans les années à venir que ce soit dans le secteur de l’énergie avec l’interconnexion que nous sommes en train de finaliser pour la sous-région et ensuite les perspectives de développement du secteur minier qui peut avoir une répercussion sur l’économie en la diversifiant bien sûr. Tout ceci a permis de rassurer nos amis américains d’investir en Guinée. Et hier, au Business Consul, un monsieur m’a dit que cela fait deux ans qu’il n’était pas très bien convaincu. Mais qu’à partir de notre déjeuner de travail et des différentes discussions, qu’il est convaincu comme tous ses amis investisseurs présents autour de la table. A ce déjeuner, il y avait même FLUOR, ALCOA, Rio Tinto. Ce qui est beaucoup plus important pour nous. Les retombées…, ce n’est pas parce qu’on va rentrer à Conakry avec un ou des millions de dollars US dans nos valises. Mais comme le moteur du développement économique chez nous, c’est le secteur privé, on fait de sorte que le secteur privé étranger se décide à investir en Guinée.

A suivre…


Entretien téléphonique réalisé par Camara Moro Amara
L’indépendant, partenaire de GuineeActu


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