Gregory Mathieu de la Fondation pour la démocratie et la gouvernance : « si Alpha Condé confisque ces élections, l’UE ne devrait pas les reconnaitre»

Facebook Imprimer    

 

MATHIEU_Gregory_01Dans la cacophonie qui suit le décompte des votes des élections législatives en Guinée, plusieurs ONG étrangères s’intéressent à l’issue du scrutin qui, tout le monde l’espère, reflètera la volonté réelle des Guinéens et mettra fin à l’interminable transition guinéenne vers la démocratie. Guinéenews a interrogé, M. Grégory Mathieu, de la Fondation pour la démocratie et la gouvernance, une des rares ONG, basée à Bruxelles, qui s’intéressent aux droits de l’homme en Guinée. Très critique de la gestion du président Alpha Condé, il a passé en revue les efforts de son ONG pour attirer l’attention de l’Union européenne sur ce qu’il appelle une «catastrophe en attente» en Guinée.

Guineenews : Qui êtes-vous et pourquoi vous intéressez-vous à la Guinée ?

Gregory Mathieu: Je suis un citoyen européen, belge âgé de 40 ans, qui s’intéresse non seulement à la Guinée mais à la démocratie, la gouvernance et la défense des droits de l’homme en général. Historien de formation, j’ai fait carrière dans l’administration publique, notamment comme chef de cabinet d’un ministre fédéral belge, avant de devenir consultant en communication et affaires publiques. De 2002 à 2004, j’ai eu la chance immense d’exercer comme porte-parole du commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe, le socialiste espagnol Alvaro Gil-Robles. 

Je viens de mettre sur pied la Fondation pour la démocratie et la gouvernance et j’entends m’exprimer librement sur que je considère comme des problèmes liés au sujet. Récemment, je me suis insurgé contre l’emprisonnement de Youlia Timochenko en Ukraine, contre la traite des femmes et des enfants organisée en Moldavie, contre le recul de la démocratie observé en Hongrie ou encore contre la montée inquiétante de partis politiques racistes et xénophobes tels Jobik en Hongrie ou Aube Dorée en Grèce. 

La démocratie est un ouvrage qu’il faut sans cesse remettre sur le métier et elle est l’apanage de tous. Chacun d’entre nous a le devoir de la protéger, la défendre et la promouvoir car elle est régulièrement mise à mal, y compris en Europe.

Quant à la Guinée, je m’y suis intéressé à la lecture d’un rapport de l’Office des étrangers en Belgique. Le constat était que le pays d’origine du plus grand nombre de demandeurs d’asile était non pas la Syrie ou l’Egypte mais bien la Guinée, devant la Russie (Caucase du Nord en fait) et l’Afghanistan. Partant de là, je me suis documenté sur la situation de ce pays car je retiendrai pour toujours une formule de Monsieur Gil-Robles : « Personne ne part jamais de son pays et laisse les siens derrière lui par plaisir de l’aventure », disait-il. Ce que j’ai découvert m’a paru alarmant et j’ai décidé de tenter d’attirer l’attention sur le sujet.


Qui finance votre ONG qui n’est pas tellement connue pour le moment comparé à l’armada des ONG de Georges Soros qui ont pris fait et cause pour le président Alpha Condé ? 

Personne. La Fondation est en cours de constitution auprès d’un notaire et j’y engage 1000 euros de mes fonds propres, ce qui contraste en effet avec les centaines de millions dépensés par George Soros pour ses ONG, lesquelles sont dans les faits des outils d’influence à la solde des causes qui le mobilisent, et pas toujours pour de nobles et philanthropiques intentions, je le crains. J’ai moi-même réalisé le site internet et je collabore avec un ami spécialisé dans les pays de l’Est de l’Europe, James Wilson. Nous organisons des conférences au Parlement européen sur divers sujets. Nous ne sommes pas connus et ne faisons pas ceci pour l’être. Nous voulons juste attirer l’attention sur des questions à nos yeux problématiques. Dans quelques semaines, nous ouvrirons la possibilité de faire des donations car nous aimerions pouvoir engager quelques personnes pour nous aider dans la promotion, la protection et la défense de la démocratie, des droits de l’homme et de l’Etat de droit. Rien de comparable avec les investissements consentis par les ONG guidées par Soros qui emploient des centaines de personnes à travers le monde. 

Quant à la question de savoir pourquoi Monsieur Soros a choisi de protéger et promouvoir Alpha Condé, notamment en lui payant les services de DLA Piper, très coûteux cabinet d’avocat, il faudrait le solliciter pour répondre à cette question. La même question se pose pour MM. Blair et Kouchner qui ne font pas mystère de leur affiliation à Alpha Condé. Mais ils ont le droit de le faire, pas de problèmes. Sauf que les motivations réelles me semble peu claires, ce qui est un comble pour les chantres de la transparence. 


Que pouvez-vous faire face à ces poids lourds (lobbies occidentaux pro Alpha) qui affirment haut et fort qu’Alpha Condé est le chevalier blanc qui travaille dur pour développer la Guinée après le «mauvais» dictateur Lansana Conté, qui aurait ruiné un pays potentiellement riche ?. Même si plusieurs Guinéens ne partagent pas cette analyse. 

Qui suis-je pour espérer me mettre en compétition avec ces organisations tentaculaires bénéficiant de moyens financiers gigantesques ? J’essaie juste avec mes modestes moyens et mes petits réseaux de mettre le doigt sur des problèmes. Il faudrait laisser le champ libre à ceux qui ont des moyens ?

Encore une fois, je ne cherche pas à entrer en concurrence avec ces lobbys mais ma formation d’historien m’a donné le goût de ne pas croire tout ce qu’on peut lire ou voir à la télévision. J’entends exercer mon sens critique et user librement de ma parole. Pour ce faire, j’ai un clavier, un téléphone et 1000 euros dans la Fondation. Je pourrais me dire, ça ne sert à rien, ils sont plus forts, ne t’en occupe pas. Mais qui n’essaie rien n’a rien et j’espère en effet que, bientôt, d’autres me rejoindront dans cette volonté d’alerter les décideurs et les faiseurs d’opinions sur des situations problématiques. 

Ceux qui affirment haut et fort qu’Alpha Condé est un démocrate dignement élu à la tête d’un nouveau modèle de gouvernance sont très bien payés pour faire ce travail et il faut admettre qu’ils arrivent à faire cheminer ce point de vue. Je défends une autre thèse, celle de celui qui ne gouverne pas pour l’intérêt général mais qui développe une nouvelle kleptocratie, qui ne respecte pas le choix des électeurs et qui utilise la force publique pour réprimer la contestation politique. Le pays est-il plus riche, mieux développé, plus libre, plus prospère depuis le départ de Lansana Conté ? Il ne faut pas être professeur en Sorbonne pour voir que non. 


Vous êtes très critique du président Alpha Condé. Pourquoi ? 

Ce n’est rien de personnel. Je critiquerais avec le même empressement MM. Diallo, Touré ou Doré s’ils se comportaient mal. Je vous l’ai indiqué, ma parole est libre et je dénonce aussi bien les errances de dirigeants libéraux que socialistes que démocrates-chrétiens. 

Pour en revenir à Alpha Condé, force est de constater que je ne suis pas isolé à le critiquer. Il portait beaucoup d’espoir et son passé d’opposant politique laissait espérer qu’il allait enfin permettre à tous les Guinéens de voir l’avenir plus positivement. Or, depuis son arrivée au pouvoir d’ailleurs opérée au prix d’une première confiscation du vote de ses compatriotes comme vous le révélez notamment, il ne cesse de décevoir. Bien que présenté par ses équipes de communicants et de lobbyistes comme le premier président élu démocratiquement à la tête d’une opération main propre, la réalité semble plutôt être celle d’un président peu enclin à Å“uvrer au bénéfice de l’intérêt général. 

Quand on prend son propre fils comme conseiller spécial pour le secteur minier, quand on place ses hommes à tous les carrefours du pouvoir, quand on met trois ans à organiser des élections législatives, quand on polarise la société sur des bases malsaines telles que l’appartenance ethnique, quand les marches de l’opposition donnent lieu à des tirs à balles réelles, quand on est incapable d’améliorer la situation économique, de développer les infrastructures, alors on est loin de mériter l’attribut de « nouveau Mandela ». N’est pas Mandela qui veut et nous sommes ici loin du modèle.


Que lui reprochez-vous exactement ?

Je lui reproche de ne pas être le président de tous les Guinéens. Au lieu de s’adresser à tous les militants socialistes de la Guinée, son propos s’adresse à un groupe particulier et son action s’exerce au bénéfice d’une minorité. 

Je lui reproche d’avoir manipulé le résultat des élections de 2010, avec l’aide de Waymark et la complicité de dirigeants sud-africains, et de ne pas avoir écouté sa population qui s’était manifestement choisie un autre dirigeant. N’est-ce pas Monsieur Mebiame qui dit : « Il a perdu, j’étais choqué mais il a perdu. On a donc retouché les résultats. » Comment parler de compléter le processus de transition démocratique avec les élections du 28 septembre 2013 alors que la première étape dudit processus est tronquée. 

Je lui reproche d’avoir créé un climat pour les investisseurs étrangers de telle nature que rien ne se passe depuis trois ans en termes de développement économique. Pas d’électricité dans la capitale, pas d’eau, pas un kilo de minerais exploité alors que la Guinée présente un potentiel immense. Tous les opérateurs économiques présents avant son arrivée ont été attaqués durement et la plupart ont quitté le pays. Je lui reproche une rhétorique hostile à l’encontre des Peuls. 

Je lui reproche d’être plus intéressé de figurer à Davos et au G20 que d’offrir une perspective d’avenir à tous les guinéens. Savez-vous qu’Alpha Condé était récemment invité du G20 (grâce aux bons offices de ses bénévoles conseillers tels Tony Blair, Bernard Kouchner ou George Soros) pour entretenir l’audience sur le thème de la transparence et de la gouvernance. Franchement ! C’est comme demander à Monsieur Ahmadinejad de faire un exposé sur la lutte contre l’antisémitisme, non. 

Encore une fois, ce n’est rien de personnel et il n’est pas un cas isolé en matière de défaut de gouvernance mais j’attendais beaucoup mieux d’une personne qui a effectivement combattu et payer chèrement son combat pour la démocratie. Mais quand on a le pouvoir, même mal acquis, il faut le pratiquer au bénéfice de l’intérêt général. Au lieu de cela, une plainte pour crime contre l’humanité est instruite en France contre Monsieur Condé.


Quel intérêt l’Union européenne a-t-elle à s’intéresser à la Guinée sachant qu’il y a plusieurs points chauds ailleurs (Syrie, Mali, Caucase, etc.) ? 

Aucun. La Guinée n’intéresse personne dans les chancelleries européennes et c’est bien là le sens de ma modeste contribution. Quand je dis personne, je ne suis pas juste vis-à-vis de Louis Michel qui suit la situation de prêt et a déclaré il y a plusieurs mois déjà craindre le spectre d’une guerre civile. Hélas, les institutions européennes sont si complexes que le simple fait de mettre la Guinée à l’agenda est compliqué. Mais c’est une erreur. Il sera trop tard de s’émouvoir lorsqu’une chaloupe remplie de malheureux Guinéens viendra s’échouer tragiquement à Lampedusa. Il sera trop tard de réagir lorsque les manifestations de l’opposition seront encore réprimées dans le sang avec mort d’hommes à la clé. Pourtant, Alpha Condé et son ministre de la Sécurité ont déjà averti que les « loubards » et « semeurs de pagaille » trouveront la force de l’Etat sur leur chemin s’il leur venait à l’idée de contester les résultats. Et bien quoi ? Madame Ashton va encore faire un communiqué de trois lignes pour appeler au calme et promettre le versement de 174 millions d’euros au terme des élections législatives. 

Est-ce qu’on attend de voir des mouvements wahhabites se rabattre sur la Guinée pour s’intéresser à la situation ? L’intérêt de l’Union européenne, c’est de faire en sorte que les conditions soient créées pour que les Guinéens ne choisissent pas le chemin de l’exil pour venir gonfler encore les centres de rétentions de demandeurs d’asile, c’est de créer les conditions sur place pour que les entreprises européennes participent au développement économique du pays, c’est de permettre la stabilisation d’un pays dans une région proche du Mali par exemple, c’est d’agir maintenant au lieu de, comme souvent, réagir et payer la note.


Quels résultats attendez-vous de vos démarches?

J’espère juste attirer l’attention sur le sujet et faire en sorte que la question figure à l’agenda. En ce sens, les médias ont un rôle important mais je crains que les articles de Guineenews ne soient pas les plus lus à Bruxelles.

 
Comment expliquez-vous ce que plusieurs appellent de la « complaisance » des médias occidentaux sur la gouvernance d’Alpha Condé ? Pour de nombreux Guinéens, y compris ceux qui ont voté pour lui, il (Alpha) a juste renouvelé le système de Lansana Conté (l’ancien président) et est d’ailleurs entouré des mêmes acteurs. 

Je ne dirais pas que les médias occidentaux sont complaisants, ils sont plutôt ignorants de la situation. Beaucoup d’argent est dépensé pour recourir aux services de communicants professionnels, dont certains se trouvent être d’anciens collaborateurs de Tony Blair, lesquels communicants ont pour mission de créer la légende du chevalier blanc, d’élaborer les éléments de langage y afférents et de les placer dans les médias. Toutes les grandes entreprises ou tous les hommes politiques d’envergure ont recours à ces spécialistes de la communication et chacun a le droit d’y recourir. On a le droit aussi de ne pas avaler leurs couleuvres et de présenter une autre vision des choses. 

Votre constat est exact, on ne voit pas où se situe la rupture, le changement par rapport au passé, et les reproches qui étaient formulés à l’encontre des précédents dirigeants sont applicables à l’équipe actuelle, en effet d’ailleurs largement héritière de l’époque Conté.

 
Pourquoi est-il difficile pour les décideurs à Bruxelles de comprendre qu’en encourageant indirectement la mauvaise gouvernance en Guinée (en fermant les yeux sur les abus des régimes africains en général), ils risquent de se retrouver avec une enveloppe salée sous forme d’intervention humanitaire voire même militaire anti-djihadistes à la Mali ou Côte d’ivoire ? Sans compter la vague de clandestins qui échoueront sur les plages européenne fuyant la misère.

Dire que les Européens encouragent la mauvaise gouvernance en Guinée me semble excessif. Alpha Condé n’a besoin des encouragements de personne en la matière. Mais vous avez raison dans le sens où le silence des dirigeants occidentaux pourrait être compris comme une forme de complaisance et un blanc-seing. Et trop souvent, les Européens sont dans une logique de réaction plutôt que de prévention. On attend que la situation pourrisse et puis alors on réagit, et la plupart du temps on paie la note de l’assistance humanitaire et de la reconstruction.

C’est difficile pour eux de comprendre car les députés européens reçoivent des centaines de courriers par jour, traitant de milliers de sujets et ils ne peuvent hélas s’occuper de tout. Mais je ne perds pas l’espoir car j’ai constaté que l’Assemblée parlementaire conjointe Europe-Afrique a inscrit la situation politique en Guinée à l’agenda de ses débats d’urgence, avec le Mali, lors de leur dernière réunion à Bruxelles. J’avais demandé par écrit à ce que la Guinée soit à l’agenda et il en fut ainsi. Je suis rassuré de savoir par exemple que Louis Michel porte un regard attentif sur la Guinée et je trouve qu’il devrait être mandaté pour agir en médiateur entre les acteurs politiques en Guinée. 

Tout le sens de mon action est de créer l’attention de sorte que les décideurs ne puissent pas dire « on ne savait pas mais on va s’en occuper maintenant ».


Actualité oblige. Quel est votre évaluation des élections législatives en Guinée?

Tout se passe comme prévu. Alpha Condé a besoin d’une majorité au Parlement et tout est visiblement mis en Å“uvre pour qu’il en soit ainsi. Je vais vous dire, j’ai été très attentif pendant la campagne et je serais incapable de vous décrire le projet d’Alpha Condé, de Cellou Diallo ou de Sidya Touré pour la Guinée de demain. Quel est leur programme ? Une semaine après un vote massif de citoyens courageux et épris de démocratie, on ne connaît pas les résultats. Dans certains endroits, il semble que un plus un égale zéro et dans d’autres un plus un égale cinq. 

Je note cependant que les observateurs européens, et malgré ce langage si particulier qu’est celui de la diplomatie, ont parlé de chaos lors de la distribution des cartes d’électeurs, d’incongruité dans le découpage des bureaux de vote et ont ouvertement reproché à huit ministres d’avoir utilisé les moyens de l’Etat pour la campagne. On est loin des bravos à tous, là. Trois ans pour en arriver à ce résultat, c’est un vrai gâchis. Mais une fois encore, je ne vous cache pas mes craintes de voir la situation déraper jusqu’à la possible reproduction d’un scénario de type ivoirien. Le message des autorités est clair. Ceux qui s’opposeront aux résultats trouveront la force de l’Etat sur leur route et seront considérés comme des comploteurs. Ce type de rhétorique m’inquiète au plus haut point.

En Afrique, il est de coutume de dire qu’on n’organise pas des élections pour les perdre. Que peux faire l’UE si Alpha Condé se déclare vainqueur avec une majorité absolue à l’Assemblée en dépit des constations des observateurs européen sur le terrain, sans compter des mécontents guinéens de la gestion du RPG-Arc-en ciel (parti au pouvoir) ?

Je connais peu de politiciens qui s’engagent pour perdre des élections mais il revient à l’Etat d’organiser le scrutin de manière transparente et inclusive. Ce n’est pas le président de la République qui organise des élections, lui ou son parti sont des candidats à l’élection mais ne doivent pas être les organisateurs du scrutin. Or, en Guinée comme ailleurs sur le continent, on a tendance à considérer les élections comme une occasion de plébiscite personnel. Rarement on propose un programme ou défend un bilan mais on sollicite l’avis de la population avec la question « Je reste ou je pars ?». Et quand la réponse est « tu pars », il arrive souvent que cela soit modifié en « je reste quand même ». 

Quant à ce que peut faire l’UE si le RPG confisque les élections ? C’est d’abord de ne pas reconnaître ces élections comme libres et transparentes. Ensuite, c’est de ne pas verser les 174 millions du 10e FED car la condition « au terme d’élections libres, transparentes et inclusives » n’est pas rencontrée. Encore, c’est de ne plus recevoir Alpha Condé dans les pince-fesses internationaux ou les chancelleries car ses équipes de communicants capitalisent sur ces rencontres. Enfin, c’est certainement de prendre le rôle de facilitateur dans le règlement de la crise politique qui ne manquera pas de se produire si le RPG se déclare majoritaire. Parce que si on demande à l’Europe de payer, elle a le devoir de participer au débat, non ?

 
Vous persistez à dire qu’Alpha Condé n’a pas été élu en 2010. Pourtant la communauté internationale a reconnu ces élections et a félicité le président guinéen.

Oui, je persiste et je considère qu’il aurait été justifié de coupler les récentes législatives avec une nouvelle élection présidentielle. Passez de 17% à 53% entre deux tours d’élection, c’est juste incroyable. C’est vrai que la communauté internationale a reconnu ces élections, même Cellou Diallo, je crois dans un souci de ne pas provoquer une guerre civile, a reconnu sa défaite. Ceci avait alors été fait contre la promesse ferme de voir des élections législatives organisées dans les 6 mois et dans l’espoir qu’un Parlement pourrait venir équilibrer l’exercice du pouvoir. Cela étant, je ne suis pas certain qu’Alpha Condé serait reçu à l’Elysée demain car, je le répète, son bilan est plus que faible. Et puis, il y a ces conversations entre Samuel Mebiame et Mahmoud Thiam, ce-dernier admettant d’ailleurs avoir entendu ces propos. Les propos sont clairs : « Il a perdu ».

 
Ne « roulez »-vous pas pour les leaders de l’opposition ?

En aucun cas puisque je ne connais aucun d’entre eux. Je ne les ai jamais rencontrés. Ma parole est libre et non guidée. Je vous l’ai indiqué, je critiquerais tout autre homme politique qui me semblerait avoir une pratique erronée de la démocratie. Je ne roule pour personne. Celui qui roule tout le monde, c’est Alpha Condé.


Que pensez-vous du sort à court terme de la Guinée ? Les pessimistes parlent du scenario ivoirien probable lors des prochaines présidentielles dans 2 ans.

Je crains qu’un second hold-up électoral nous amène en fait à une situation de règlement de compte à OK Corral. Et je serai encore plus pessimiste que les pessimistes, il ne faudra pas attendre 2015 pour assister à la reproduction d’un scénario ivoirien. Ma crainte ultime, en tant que Belge, c’est de ne pas envisager le risque d’un scénario rwandais car les discours ethniques sont là. Les tensions sont vives et manifestes. Et les menaces sont claires. Ceux qui ne reconnaitront pas les résultats seront considérés comme membres d’un complot putschiste et ils trouveront la force de l’Etat sur leur route. Ces termes sont ceux du président de la République et de son ministre de la Sécurité.


Source : guineenews

AAA_logo_guineeactu_article
Facebook Imprimer    

 


 

Commentaires  

 
0 #8 Bah 09-10-2013 18:52

Citation en provenance du commentaire précédent de Balde DROA le guinéen:
Je ne sais pas pourquoi sur ce site on ne publie que ce qui est contre le gouvernement ? je pense étant de presse en ligne qui préserve la déontologie de ce métier noble , vous deviez être impartiale . ce Monsieur est manipulé par certains clans politiques guinéens , il faut qu'il sache qu'il n aura pas sa place en guinée. rassurez vous que cet homme pareil se retournera un jour contre la guinée . je vous prie de faire des analyses avant la publication des articles . que Dieu bénisse la guinée .

Mon cher tu porte vraiment le nom Baldé ou....??) ton commentaire ne m’étonne pas mais par contre je doute de ton nom . Toutefois comme l'a dit un de mes idoles a savoir Monsieur Gandhi si tu veut voir les sites partisan du pouvoir tu sais la ou aller regarder sans aussi faire de la pub pour ces journal-os alimentaire qui se trouve sur ces sites, de plus avant de parler de déontologie de journalisme ça serais mieux que tu cherche a savoir la définition du journalisme.
Citer
 
 
+7 #7 kourouma karamoko 08-10-2013 09:58

Si seulement l'UE pouvait rejetter cette mascarade car elle est et reste la vache laitiere de ce foutu pays. Il faut simplement une petite phrase comme: ces élections n'ont pas été transparentes! point!!!
Citer
 
 
+4 #6 Barros Diallo 08-10-2013 07:39

Ne vous en faites pas l'ami, la Guinée a une grande culture de la démon-cratie : La négociation du consensus avec la dictature , au nom du pain (quotidien) et de la déconsidération nationale...Ils dialoguent déjà, sous le haut "patronage" de la Communauté Internatioanle, celle qui "vote" en Guinée (entendez Said Djinnit et quelques bonnets affairistes partisans des uns et des autres) ; histoire d'arranger les résultats pour que ça plaise à tout le monde : le consensus !...Et le respect du peuple, son vote, diriez-vous ? Euh.. pardon...avez-vous lu le début de ce commentaire ?
Citer
 
 
0 #5 Alhousseny 08-10-2013 04:57

Ghandi,
Je dois dire que vous avez une facon unique de repondre a nos visiteurs aux gros sabots. C'est surement votre cote professeur qui vous permet d'adapter le ton de vos reponses a la teneur du commentaire. Votre reponse a M. Balde est tres drole, surtout lorsque vous dites "Ici, on est partisan (...)". Mdr !!!
@Amadousdialamba
C'est aussi ma vision des choses: lorsqu'un site internet ne m'inspire pas confiance, je n'y vais tout simplement plus. C'est pas plus complique que ca.
Citer
 
 
0 #4 amadousdialamba 08-10-2013 03:55

Je sais qu’en cette période de mondialisation des canaux de l’information, chaque personne est libre de s’exprimer comme il veut, pourvu qu’il assume ses responsabilités dans ce qu’il écrit. M. DROA LE GUINEEN, je veux, malgré tout, me permettre de vous donner un simple petit conseil. Mais avant, vous constaterez que j’ai préféré omettre volontairement le prénom Baldé que vous avez employé, n’étant pas convaincu de son authenticité. Concernant le petit conseil, je vous dirais que si vous n’êtes pas d’accord avec les articles et commentaires publiés sur ce site, alors interdisez-vous de l’ouvrir. Moi, il y a un site guinéen que j’aimais beaucoup consulter au temps de la deuxième République, parce qu’il disait la vérité sur ce qui se passait en Guinée. Mais depuis la prise du pouvoir par le RPG, je ne l’ai consulté que 6 fois. Dès que j’ai constaté son virage à 100 degré pour défendre des mensonges et déformer la vérité, je ne sais même plus s’il continue d’exister parce que je ne le consulte plus. C’est aussi simple que ça no ? Par ailleurs, je profite de cette occasion pour réitérer mon appréciation et mon soutien sans faille à tous les administrateurs des sites, sans oublier les autres braves médias de la Guinée, car ils nous donnent l’opportunité de nous exprimer librement, sans aucune restriction.
Citer
 
 
+4 #3 Gandhi 08-10-2013 00:53

Baldé, ce n'est pas la presse ici. Cela ne l'est pas ailleurs davantage, question de déontologie. Donc si vous voulez des sites où on critique l'opposition, je suis sur que vous trouverez, car je ne veux pas faire de pub à ces sites. Ici on est partisan, mais on respecte ceux qui s'expriment sans insulte. Il existe des sites où l'opposition ne peut même pas s'exprimer. Quant à l'auteur du texte, avant de parler de manipulation, il vous faut nous apporter des preuves. Sinon il m'est facile de dire que vous êtes payé par la mouvance, pour venir raconter n'importe quoi ici. Et vous où êtes-vous, en Guinée ou ailleurs ? Car on peut aussi montrer que vous n'avez pas votre place ailleurs qu'en Guinée, question de réciprocité.
Citer
 
 
+2 #2 alphonse mara 08-10-2013 00:02

Analyse percutante et fortement "démocratique" car véridique:les actions proposées en cas de forcing du PRG,en mm temps president du RPG sont fondées et j'espère qau delà des montantys faramineux dépensés par le clan soros,blair il ya lieu de parier que votre action portera et pas tres longtemps bon courage te bonne chance a la Guinée
Citer
 
 
-12 #1 Balde DROA le guinéen 07-10-2013 23:08

Je ne sais pas pourquoi sur ce site on ne publie que ce qui est contre le gouvernement ? je pense étant de presse en ligne qui préserve la déontologie de ce métier noble , vous deviez être impartiale . ce Monsieur est manipulé par certains clans politiques guinéens , il faut qu'il sache qu'il n aura pas sa place en guinée. rassurez vous que cet homme pareil se retournera un jour contre la guinée . je vous prie de faire des analyses avant la publication des articles . que Dieu bénisse la guinée .
Citer