Heinan Goba Vendredi, 13 Septembre 2013 21:06
Un bureau du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry (CROSC-Conakry) dirigé par un certain Abdoul Sacko s’est présenté mercredi 11 septembre à la presse. Présent à cette rencontre, Aziz Diop, secrétaire exécutif du Conseil national de la société civile, a donné l’impression que ce bureau est celui que la société civile de Conakry n’a jamais mis en place. Interrogé au sujet de Salmana Diallo qui se réclame président d’un bureau de la même structure et dont le mandat n’est pas encore arrivé à terme, Monsieur Diop a dit que Salmana Diallo s’est personnellement mis hors du Conseil. Après avoir expliqué les conditions de l’élection du nouveau bureau. Dès le lendemain, nous sommes allés à la rencontre de Monsieur Diallo pour avoir sa version des faits.
GuineeActu : Quel regard portez-vous sur le nouveau bureau du CROSC de Conakry ?
Salmana Diallo : Ce soi-disant bureau est un petit groupe de personnes physiques illégitimes et illégales coptées par Aziz Diop. La preuve Aziz Diop même était là-bas. Ce n’est pas le Bureau national qui était là. Aziz Diop en personne est d’abord accusé de détournement. C’est à cause des audits financiers et institutionnels, parce qu’il y a eu de l’argent détourné au Conseil national des organisations de la société civile guinéenne, qu’il fait cela. Il veut noyer ce problème. C’est lui et le docteur Ibrahima Sory Sissoko qui veulent déplacer le débat. Il y a eu détournement du financement du projet de local national financé par le comité français pour la solidarité internationale. Cela a été fait par Aziz Diop et le Docteur Sissoko Ibrahima Sory. Il y aussi l’argent de l’Union européenne. L’Union européenne a accordé cinq cent mille euros à la société civile. Il y a eu un décaissement de quelques montants et deux cent mille euros ne sont pas justifiés. Il y a aussi les 700 millions de francs guinéens qui ont été donnés pour le renouvellement des instances de la société civile. Il y a le financement du projet AISCHA du PNUD. Tout cela. Le Docteur Sissoko et Aziz Diop ont mal géré cet argent. Aziz Diop même s’est permis de construire une école ou un groupe scolaire à Coyah. C’est l’argent de ce projet du CROSC. Où est parti tout l’argent là ? Quand cela a éclaté au sein de la structure, on a demandé des audits internes. Une commission a été mise en place. Elle est gérée par Taran Diallo. Mais il n’y a pas de suite. La commission n’a donné aucun résultat. Alors c’est pourquoi nous, le Conseil régional de Conakry, on a demandé qu’il y ait des audits financiers et institutionnels. On a fait appel à des auditeurs externes. On a même demandé à tous les bailleurs de fonds de bloquer tous les appuis techniques, financiers et logistiques au Conseil national des organisations de la société civile jusqu’à la fin des audits. En plus encore, on a demandé qu’Aziz Diop soit licencié. Il doit l’être pour mauvaise gestion et usurpation de pouvoir. Il n’est qu’un simple employé. Il a été nommé. Il a détourné. Il a fait usurpation de pouvoir. La preuve, hier à Coleyah, c’est lui qui était là-bas. A Matam, il n’était pas là mais le Docteur Sissoko était présent. Ce dernier aussi doit être révoqué pour usurpation de pouvoir et mauvaise gestion. Il n’est pas président du Conseil national. Il s’est autoproclamé. C’est un simple coordinateur qui s’est autoproclamé président. C’est ça le problème. Donc les jeunes dont il s’agit sont des jeunes cooptés. C’est pourquoi cela ne nous préoccupe pas. Il ne nous dérange pas. On continue notre travail. Mais on va suivre le dossier des audits jusqu’à la punition des coupables de détournement. Aziz Diop doit être immédiatement et obligatoirement licencié pour usurpation de pouvoir et surtout mauvaise gestion. Si Aziz et Sissoko disent qu’ils n’ont pas détourné, qu’ils apportent les justificatifs de ce qu’ils ont fait. Au lieu de se mettre à coopter des personnes physiques. D’abord pour se dire membre du bureau de la structure, il faut être d’abord membre de la structure. Donc toutes les personnes qu’Aziz Diop a mises comme président ne le sont pas. Car ils ne sont même pas membres du CROSC. Le Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry regroupe des organisations qui ont officiellement adhéré à la structure. Pour y adhérer, il faut faire sa demande d’adhésion. A cette demande il faut joindre la copie de son agrément. Puis payer le droit d’adhésion qui s’élève à cent cinquante mille francs guinéens. Une personne physique qui vient doit avoir le mandat de son organisation pour agir. C’est pourquoi nous ignorons ce bureau. Ce n’est d’ailleurs pas un bureau. C’est un groupe de personnes physiques. Il y a plutôt un comité de soutien à Aziz Diop et à Docteur Sissoko Ibrahima Sory. Ils ont pris ces jeunes pour leur donner des miettes de tout l’argent qu’ils ont détourné. Voyez, il y a eu le problème de monitoring de l’enrôlement des électeurs. Cela n’a pas été fait. Il n’y a pas d’argent parce que l’Union européenne a décidé de travailler avec la PCUD (Plate-forme des citoyens unis pour le développement). Nous le regrettons tous.
Qu’en est-il en réalité de votre mandat à la présidence du CROSC de Conakry ?
Le Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry avait tenu son congrès le samedi 19 mai 2012 au siège de l’OMFG à Concasseur. A cette occasion, un Bureau exécutif dirigé par moi Salmana Diallo de la COSNABAD a été mis en place pour un mandat de trois ans ; de quatre ans même. C'est-à-dire de 2012 à 2015. Ce qui veut dire que c’est en 2016 qu’on peut organiser un autre congrès pour renouveler le bureau. Et cette assemblée générale avait connu la présence de tous les membres statutaires. Si ce sont ces membres statutaires qui décident autrement, pas de problème. Mais ce ne sont pas ces membres statutaires. Si vous vérifiez, ce sont des gens inconnus. Celui qui se dit président, qu’Aziz Diop a mis là, n’est pas membre statutaire. Il n’a pas son nom sur la liste. Il est en mission de Sissoko et Aziz. C’est docteur Sissoko qui tient coûte que coûte à être président qui accepte cela. Pourtant il n’a pas le leadership. Il n’a pas le leadership d’être président du CNOSC-Guinéenne. Pour terminer, je vous informe que le Conseil national des organisations de la société civile guinéenne est transformé en une entreprise privée gérée par un petit clan, composé de personnes physiques. Ce ne sont plus des personnes morales qui sont là. Ces personnes physiques sont en train de se servir de la structure pour escroquer des bailleurs de fonds. Elles montent des faux projets. Vont demander de l’argent aux bailleurs de fonds. Il y en a qui sont en train de se servir de la structure pour chercher des postes administratifs. C’est des anciens ministres. Pour preuve, Alassane Camara qui est maintenant corrompu par Sissoko et Diop veut revenir au Conseil parce que c’est bientôt la fin du CNT où il se trouve actuellement.
Est-ce que tous les membres du bureau à la tête duquel vous avez été élu président en 2012 sont toujours solidaires de vous ?
Bien sûr. Même le mardi (deux jours avant) nous étions ensemble. Le samedi, le 14 septembre qui vient nous serons encore ici. Vous pouvez venir vérifier ce que je dis.
Avez-vous l’intention de trainer en justice les gens que vous accusez d’usurpation de titre et de détournement de fonds ?
Non. Pour le moment, le programme que nous avons est le renouvellement de tous les bureaux communaux. Je le fais parce que c’est moi qui avais validé ces bureaux. On a fini à Matoto. Là-bas, c’est madame Diallo Aïssatou Baldé qui est la présidente. On a fini à Matam. Le président de là-bas, c’est Lansana Cissé. Nous ferons la même chose à Dixinn, Ratoma et Kaloum. Dès que nous aurons fini, je vais convoquer l’assemblée générale du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry qui ne regroupera que les membres statutaires. C’est au cours de cette rencontre que nous déciderons ce qu’il y a lieu de faire.
D’ores et déjà, ce que je peux vous dire, moi Salamana, en ma qualité de membre fondateur du Conseil national des organisations de la société civile de Guinée, je suis candidat pour être président ou vice-président du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne. Dès qu’on finit le renouvellement des bureaux communaux, je vais envoyer des gens à l’intérieur. Il y a des choses à l’intérieur. Après ça, il aura un congrès national. Si eux ils installent un bureau sans nous faire participer, nous allons installer un bureau du Conseil national. Moi, c’est un bureau national du Conseil national des organisations de la société civile que je vais faire installer. Et je serai président ou vice-président.
Dites-nous pourquoi vous avez refusé de prendre part à l’assemblée générale de Matam alors que vous y étiez invité, selon nos informations.
C’est une rencontre qu’on nous ignore. Nous ne pouvions pas participer à une telle rencontre. Ce n’est pas un refus. Moi Salmana, je gère des organisations, des personnes morales. Pas des personnes physiques. Depuis, c’est ici (bureau sis à Dar-es-Salam) le bureau du Conseil régional de la société civile de Conakry. C’est là qu’on fait toutes les réunions. Et ici, on ne reçoit que des personnes morales. C'est-à-dire les organisations. Je ne devrais même pas répondre à cette question. C’est une affaire de personnes physiques. Alors que chez nous c’est une affaire de personnes morales. J’ai reçu des conseils me demandant d’ignorer ça.
Donc jusqu’en 2015 vous vous considérez président du Conseil régional des organisations de la société civile de Conakry ?
Je suis président jusqu’à la fin de mon mandat. Mais si j’arrive à être élu président ou vice-président du Conseil national, je ne pourrai plus. Je vais démissionner pour qu’un autre vienne à ma place. Je le fais parce les Diaouné, le Taran et autres ne font rien. Ils ont accepté qu’on mette le piment sur leurs yeux. Sinon, c’est eux que je soutenais. J’ai demandé la dernière fois aux gens de me soutenir, non pas pour être à nouveau président de Conakry mais président au niveau national.
Avez-vous des informations précises sur le niveau d’avancement des enquêtes sur les allégations de détournement de fonds au CNOSC ?
Jusqu’à présent, il n’y a pas eu un résultat. C’est pourquoi on a fait une déclaration qui dérange actuellement beaucoup de personnes. La commission mise en place et dirigée par Taran Diallo n’a donné aucun résultat. C’est ce qui fait que nous avons demandé un audit externe. Qu’ils montent ou qu’ils descendent, qu’ils mettent mille bureaux, cela ne nous dérange pas. Ce qu’il faut est qu’il y ait des audits. Que les coupables de ces détournements soient punis. Que les coupables des usurpations de pouvoir soient sanctionnés. Et que tous leurs complices soient aussi punis. Les autres bambins débrouillards, là je ne m’occupe pas d’eux. Il y a un autre groupe qui s’occupe d’eux.
Propos recueillis par Heinan Goba
pour GuineeActu