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Hadja Halimatou Dalein Diallo : « La police était en train de nous agresser quand j’ai appelé »

Thierno Souleymane Diallo  Mardi, 25 Juin 2013 23:41

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DIALLO_Halimatou_Dalein_3_01Suite aux événements survenus mercredi dernier à son domicile et dans d’autres parties de la capitale guinéenne, Hadja Halimatou Diallo, épouse de l’opposant Cellou Dalein Diallo, nous a accordé une interview. Dans son témoignage, Mme Diallo parle de la violation de son domicile, rétablit la vérité sur les exactions intervenues et aborde la suspension de l’opposition de sa participation au dialogue politique.

Le Défi : Vous avez passé une journée très mouvementée mercredi dernier. Qu’est-ce qui s’est passé exactement ?

Halimatou Dalein Diallo : Mercredi matin, le 19 je crois, Elhadj Cellou était convoqué au tribunal de première instance de Dixinn. Donc il est sorti de la maison très tôt pour répondre à la convocation de la justice, comme tout bon citoyen. Les militants de son parti, ont tenu à l’accompagner, lui témoigner leur soutien et leur solidarité.

Avant qu’ils n’y arrivent, on avait attiré notre attention en nous disant que les forces de l’ordre étaient sur les lieux. Inquiète, j’ai appelé un peu plus tard pour avoir des nouvelles. Ses proches m’ont dit, Elhadj Cellou est de retour, nous sommes là aussi, nous attendons. Subitement, à ma grande surprise, j’entends du bruit dans la cour un peu après, je regarde et vois qu’ils rentrent précipitamment et que l’atmosphère était pleine de gaz. Très désagréable surprise, j’ai vu la cour remplie de monde et le gaz devenait de plus en plus insupportable parce que les bombes lacrymogènes tombaient dans ma cour. J’avoue que j’ai eu très peur parce qu’il y avait du gaz et des cailloux avec des morceaux de bois qui provenaient de la mer, du côté du petit port qui se situe derrière la maison. La violence était très grande. J’avoue que j’ai eu très peur.


A propos du gaz lacrymogène, un communiqué officiel dit que la police est intervenue à votre demande. Qu’en dites-vous ?

C’est une contrevérité. La police était en train de nous agresser quand j’ai appelé. Mon appel est consécutif à l’agression dont notre domicile a été victime de la part de la police et des loubards venus de je ne sais où. Constatant que notre vie était en danger, j’ai appelé la gendarmerie pour demander secours. Malheureusement la personne qui a décroché me dit que son patron était en réunion, et m’a raccroché au nez. J’ai ensuite appelé le colonel Mara de la police pour lui dire que nous sommes en danger, que nous sommes attaqués par la police qui est en train de nous pulvériser du gaz… Et quand j’entends les hautes autorités de ce pays dire que c’est quand j’ai appelé que la police est intervenue, je suis tout simplement triste pour notre pays parce que ça c‘est du mensonge institutionnalisé.


Suite à ces fâcheux événements, d’abord le président de l’UFDG, votre mari, ensuite toute l’opposition, suspendent leur participation au dialogue politique qui était pourtant en train de susciter de l’espoir au sein des populations. Qu’est-ce que cela vous inspire ?

Je ne parle pas au nom des leaders de l’opposition, mais je crois qu’ils ne prennent pas une telle décision de gaité de cœur. Ils le font plutôt parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement. Vous savez que l’opposition regroupe des hommes d’Etat, des patriotes, qui ont de grandes ambitions pour leur pays. Ce sont des personnes qui ont une vision et des compétences, qui ne cherchent qu’à servir ce pays. Mais ces leaders sont eux-mêmes victimes de cette situation. Donc je pense que c’est les autorités du pays qui doivent prendre leurs responsabilités en allant au-delà des discours. Sinon le premier ministre est venu ici à la tête d’une délégation gouvernementale, accompagnée des diplomates. Il a exprimé sa désolation en jurant que le gouvernement n’y est pour rien. Ensuite, il a annoncé qu’une enquête sera ouverte. Mais il faut que ces enquêtes aboutissent enfin. On ne doit pas continuer de se contenter d’annoncer des enquêtes. L’Etat doit jouer son rôle qui est celui de protéger et sécuriser les citoyens que nous sommes.

Merci


Entretien réalisé par
Thierno Souleymane Diallo
pour le Défi


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