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Cellou Dalein Diallo : « Il y a une profonde crise de confiance » en Guinée
Haby Niakaté Mardi, 07 Mai 2013 14:05
Les manifestations de l'opposition à Conakry sont de plus en plus violentes. Alors que la programmation des législatives au 30 juin a de nouveau exacerbé les tensions politiques en Guinée, le chef de l'UFDG, Cellou Dalein Diallo, s'explique sur les raisons du blocage.
Fin avril, à Conakry. Il est midi, devant le siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition). Quelques sympathisants sont assis à l’ombre. L’un d’eux a un hématome sur tout le bras droit. Il impute sa blessure aux forces de l’ordre chargées d’encadrer la manifestation de la veille et à laquelle il participait.
Au dernier étage de la bâtisse, Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG, reçoit dans son grand bureau presque vide. À 61 ans, cet économiste de formation a été plusieurs fois ministre et premier ministre sous le règne de Lansana Conté, puis adversaire malheureux d’Alpha Condé au second tour de la présidentielle de 2010. Chef de file de l’opposition, il a engagé un énième bras de fer avec le président guinéen à propos de l’organisation des élections législatives, plusieurs fois reportées et désormais prévues pour le 30 juin prochain – une date fixée par décret présidentiel le 13 avril dernier. Il le martèle : l’opposition usera de « tous les moyens légaux » pour se faire entendre. Interview.
Jeune Afrique : Quels sont les principaux points de divergences actuels entre l’opposition et le pouvoir ?
Cellou Dalein Diallo : Ils sont au nombre de trois. Premièrement : le choix de l’opérateur technique, Waymark, qui doit assurer la mise à jour du fichier électoral et qui a été recruté sans véritable appel d’offre. Deuxièmement : le vote des Guinéens de l’extérieur, que nous réclamons, en vain. Troisièmement : le fonctionnement de la CENI, qui en réalité, ne fonctionne pas.
Des efforts avaient pourtant été faits récemment. L’opposition et le pouvoir avaient accepté de s’inscrire dans une dynamique de dialogue, qui devait conduire à négocier sur ces trois points. Nous avions suspendu nos manifestations. Chacune des parties avaient désigné ses médiateurs et nous étions d’accord sur la nomination d’un facilitateur, le représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Saïd Djinnit.
Comment expliquez-vous alors que le dialogue a été rompu ?
Le lendemain de la désignation de Saïd Djinnit, Alpha Condé a signé un décret fixant unilatéralement la date des élections. En entérinant du même coup le choix de Waymark, l’exclusion du vote des Guinéens de l’extérieur et le fonctionnement actuel de la CENI. Ce décret a donc rendu le dialogue sans objet.
Dans ce contexte, à quoi sert l’arrivée de Saïd Djinnit ?
D’après ce que Djinnit m’a dit, il continue à faire ses consultations. Il voit les membres de l’opposition, le président, le premier ministre. Mais sa mission est difficile.
Que réclamez-vous, concrètement aujourd’hui ? L’annulation du décret ?
Nous voulons des élections transparentes. Et la transparence des élections ne se limite pas au jour du scrutin, elle doit s’étendre à sa préparation, donc aussi au choix de l’opérateur qui révise le fichier électoral. Cependant, si la communauté internationale a tendance à réduire la crise actuelle à un problème technique ‒ au choix de l’opérateur Waymark ‒, nous, nous disons que c’est plus grave que cela. Il y a une profonde crise de confiance.
Le chef de l’État a l’air déterminé. S’il ne change pas la date des élections, qu’allez-vous faire ?
Nous allons tout faire pour le faire changer d’avis. Nous userons de tous les moyens légaux à notre disposition pour empêcher que ces élections aient lieu sans nous. Nous ferons tout pour ramener le débat.
Si vous aviez un message à faire passer à Alpha Condé, quel serait-il ?
Il doit saisir cette élection comme une opportunité. Ne serait-ce que pour son image de combattant pour la démocratie. C’est quelqu’un qui revendique 40 ans de combat ! Et pour la première fois qu’il organise, en tant que président de la République, une élection, il doit montrer qu’il est attaché aux valeurs de la démocratie. Il doit faire un choix historique, il doit choisir la paix. Choisir la cohésion. Pour cela, il lui faut un peu plus d’humilité, ne pas voir partout un problème d’orgueil et d’honneur.
Propos recueillis à Conakry par Haby Niakaté
Source : Jeuneafrique.com
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Commentaires
voici mes propositions:
Pas d'élections, pas de négociation, pas de compromission tant que des innocents seront en prison, tant que le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ne présentera pas des excuses publiques aux victimes (toutes sans exception), tant que le gouvernement ne prendra pas de mesures pour sanctionner (je parle de sentences pas de déclarations) les coupables et dédommager les victimes des tueries, destructions de biens, blessures depuis son investiture en 2010.
Des bonnes propositions Fatoumata. Mais alors, comment procédera-t-on pour faire la pression afin d’obtenir gain de cause? En Guinée Manifester étant= Tués, blessés.
Honnêtement, je ne comprends pas vos propositions.
Que veut dire pas d'élections ? l'opposition doit-elle les boycotter ou les empêcher ? et dans ce dernier cas, comment ?
Que veut dire pas de négociations ? avec qui ? le pouvoir ou Saïd Djinnit ?
Que veut dire pas de compromissions ?
Vous nous obligeriez à préciser vos propositions, afin de nous éclairer davantage. On peut en effet être d'accord sur le fonds avec de telles propositions (encore qu'elles soient floues), mais on essaie ici d'être concret et/ou pragmatique, ce qui nous oblige à dépasser le style déclamatoire.
Fatoumata, personne ne vous tombe dessus pour ce que vous êtes, mais certains réagissent parfois par rapport au contenu de vos commentaires, qui ne sont que critiques de l'opposition (même si elles peuvent être fondées), sans aucune proposition de remplacement, notamment pour sa stratégie suivie. Évidemment si vous supportez le pouvoir, ce que vous n'avez jamais démenti, ces réactions étaient mal à propos. Il n'est donc pas exclu de critiquer CDD qui n'a effectivement pas les qualités de Gandhi, loin s'en faut.
Mr Gandhi, la dernière fois vous m'avez accusée de vous faire un procès d'intention; je vous retourne cette fois l'affirmation.
Je ne supporte pas et ne supporterai jamais un pouvoir méprisant, incompétant, ethnocentrique et revanchard.
Ceci étant dit, je critique les revendications de l'opposition (Waymark, vote des guinéens de l'étranger, élections législatives) car j'estime qu'elles ne sont pas une priorité étant donné la situation (tués, blessés, emprisonnés).
L'opposition peut avoir des excuses pour les premières victimes (elle ne savait pas à quoi s'attendre), plus maintenant.
En Guinée Manifestation = Tués, blessés
Lorsque j'entend le chef de file de l'opposition en l'occurence CDD dire que son opposant (Alpha Condé) qui fait tuer ses militants, les insulte, les méprise doit faire attention à son image, faire preuve d'humilité.... excusez moi de trouver cela risible.
Alors les voici mes propositions:
Pas d'élections, pas de négociation, pas de compromission tant que des innocents seront en prison, tant que le PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE ne présentera pas des excuses publiques aux victimes (toutes sans exception), tant que le gouvernement ne prendra pas de mesures pour sanctionner (je parle de sentences pas de déclarations) les coupables et dédommager les victimes des tueries, destructions de biens, blessures depuis son investiture en 2010.
Cellou ressemble de plus en plus à Mahatma Gandhi. Il a le look, sa lutte est noble, il lui reste les idées pour mener à bout son combat.
Hé Ben! Décidémment, on lira de tout ici (qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre - ou lire?).
Au risque de me faire encore tomber dessus (cette fois encore je ne peux pas y résister!), je vais mettre encore mon grain de sel!
Ce sont les idées de Gandhi(sa spiritualité) qui font de lui ce qu'il est. C'est d'ailleurs pour cela qu'on l'appelait la Grande âme (Mahatma). Son look (l'ascétisme) faisait partie de son rejet de tout matérialisme (je doute qu'on puisse en dire autant de CDD).
Je sais bien que vous cherchez à broder une épopée (ou légende?) autour de CDD, mais de grâce attendez un peu avant de le CANONISER!








