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Tierno Monénembo, écrivain, dénonce un pouvoir « autocratique »
Sabine Cessou Dimanche, 10 Mars 2013 21:30
Tierno Monénembo, écrivain guinéen, prix Renaudot en 2008 pour « Le roi de Kahel » (Seuil), avait quitté la Guinée et le régime dictatorial de Sékou Touré, en 1969, pour se rendre au Sénégal, puis en France.
Après avoir longtemps vécu en Normandie, il est retourné s’installer à Conakry en 2012, à 65 ans. Le romancier peul témoigne des violences des derniers jours, qui ont vu les forces de l’ordre réprimer une grande manifestation, le 27 février, faisant 150 blessés et un mort selon les chiffres de l’opposition.
Tierno Monénembo reste indépendant et ne fait partie d’aucune formation politique, mais il critique avec virulence le régime d’Alpha Condé. Opposant historique ayant longtemps vécu en France, lui aussi, Alpha Condé a été élu président en novembre 2010 à l’issue d’un scrutin contesté.
Deux ans et demi plus tard, il n’a toujours pas organisé des élections législatives qui devaient se tenir dans les six mois, après la présidentielle. Des élections que le pouvoir sait pouvoir perdre, alors que l’opposition piaffe d’impatience.
Rue89 : Quelle a été la situation à Conakry ces derniers jours ?
Tierno Monénembo : La circulation a été bloquée et des bagarres ont été signalées entre des jeunes et des forces de l’ordre dans plusieurs quartiers, Hamdallaye, Bambéto, etc. Le pays est dans la fournaise. L’opposition réclame que le pouvoir renonce à confier la révision du fichier électoral à une société sud-africaine, Waymark, sollicitée sans appel d’offre et qui aurait mis au point un logiciel qui permettrait de tricher. L’opposition réclame aussi que les Guinéens de l’extérieur, entre deux et trois millions de personnes, aient le droit de vote lors des prochaines législatives. Il faut savoir que c’est un électorat acquis à l’opposant Cellou Dalein Diallo.
Quels sont les dangers ?
Le pouvoir est buté, comme tous les pouvoirs autocratiques, il est arrogant et sans imagination. Alpha Condé pense qu’on peut encore diriger comme Sékou Touré, Eyadéma ou Mobutu, mais c’est fini ! La démocratie devient indispensable partout, sur toute la planète ! Alpha Condé est largement minoritaire : ses alliés de la coalition arc-en-ciel ont rejoint l’opposition, et il y avait mercredi une foule impressionnante dans les rues de Conakry. J’ai participé à la marche et assisté à des violences. L’armée, avec les nervis du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG, au pouvoir), a arrosé la population de pierres et de grenades lacrymogènes.
Y a-t-il un risque de coup d’Etat ?
Je ne le souhaite pas, mais en cas de crise, il est presque physiologique que l’armée reprenne le pouvoir pour contrôler l’ordre public.
La Guinée est-elle éclipsée par la situation au Mali ?
La presse évidemment braque ses projecteurs sur le Mali, mais ce pays ne doit pas occulter tous les autres problèmes de l’Afrique ! Mais c’est vrai, deux éléments de la crise malienne sont extraordinairement inquiétants : la sécession et l’islamisme. Par chance, la Guinée n’a pas connu de mouvement sécessionniste, malgré tous ses problèmes. Les mosquées wahhabites existent chez nous, mais elles restent marginales. L’islamisme n’en est pas moins une menace potentielle dans tous les pays musulmans, où les islamistes disposent de mouvements structurés dans les populations les plus pauvres, qui peuvent basculer.
Que pensez-vous de l’intervention militaire de la France au Mali ?
Pour une fois, je ne suis pas contre une intervention militaire en Afrique. Face à l’islamisme tel qu’il était pratiqué à Gao, Kidal et Tombouctou, c’était la seule solution. Mais cette intervention témoigne largement de l’échec des élites politiques et militaires du continent africain depuis l’indépendance !
Cette présence de la France au Mali ouvre-t-elle une ère plus vertueuse pour la « Françafrique » ?
C’est très difficile de réformer des systèmes monolithiques, faits de copinage, d’intérêts particuliers, de magouilles, de privatisation des ressources au profit de groupes de copains. Depuis Pompidou, Giscard et Mitterrand, il est question de réformer le système. C’est un peu comme vouloir réformer le communisme ! D’une certaine manière, Alpha Condé, qui a pour ami de lycée un certain Bernard Kouchner, est le fils naturel de la Françafrique. Il n’y a en France aucun état d’âme sur les actions d’Alpha Condé en Guinée. Ce président ne sera jamais sanctionné, alors qu’il est véritablement critiquable…
Sabine Cessou
Journaliste
Source : blogs.rue89.com
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Commentaires
Les guinéens ont besoin de connaitre leur histoire sans passion. AST a eu de bon cotés mais pour un bilan global c'est cata même. Mais bon.
Quand une maison a un mauvais fondement, il est très difficile de la redresser.
J'ai des témoignages sur des conversations de Siaka Touré sur AST et Ismaël qui voulait en finir avec le régime paradisiaque de son demi frère; ce dernier témoignage confirmé par André Lewin. C’est tout vous dire. Pauvre Guinée
Permets , s' il te plait que je te raconte Ceci .
Avec mon vieux Pere et d' autres vieux de mon village de LABE , nous ecoutions les " informations " en Langue NATIONALE PEULHE . C' etait avec Koto Ablaye Poredaka ( en 1961 c' etait mon Tuteur au camp El HAJ Oumar ) . Il dit : quand " Portobhes bhen " partaient , ILS ont mis 1 SAC de Sucre et 1 de Piment en Cote d' Ivoir et en Guinee .
La Cote d' Ivoire a commence par LE sac de Sucre . LE sac de Piment va bientot Suivre .
Alors un " petit " vieux dans l' assistance dit qu ' il croit que les colons se sont trompes : les 2 sacs de sucre ont ete mis en cote d' Ivoire et les 2 de piment chez nous .
Alors , mon Cher , ne t' en fais point . Ces " durs a cuire " de " Ane Super Tetu , ont ouvert LE 2eme sac de piment . Laisses les LE finir et s' en mettre jusque dans les yeux .
Bien a toi !
Ils se déclarent démocrates, admettent le multipartisme, la iberté de la presse et parlent de droits humains, c'est à dire tout ce que Sekou a refusé au peuple.
Mieux encore, ils vivent chez les «méchants impérialistes» après avoir tout donné pour pouvoir s'y établir et là ils peuvent jouir un minimum de choses qu'AST leur a dénié, qualifiant tous ceux qui voulaient y prétendre de traitres, comploteurs, ennemis, etc.
Quand on pense que «ntéma-ngoroma-nsangni kérén na liberté» veut reprendre le bled là ou l'autre l'a enlisé, on se dit qu'on est pas sorti de l'auberge.
Mr Mory Sylla, ou étiez-vous le 04 avril 1984 ?
Le mot "renier" est un peu faible pour décrire la réaction de tous les guinéens de Conakry a Jakarta...
Je me demande comment on peux comparer le feu President Sekou Toure le panafricaniste, l homme du peuple a Eyadema et Moboutou deux ogres qui ont pille leur pays pendant tout leur règne.
Aucun doute, abdoul est le pseudo de Mohamed Toure : il est la seule personne a pouvoir dire cela et le croire en même temps...
Plus une poignée de dinosaures mais qui sont tous dans un état d’Alzheimer prononcé actuellement.
Ce monsieur continue toujours de battre campagne pour Sekou Toure' car nous les Guineens n'allons jamais,mais jamais au plus grand jamais,renier le pere de l'independance pour plaire a certains petits hommes aux petits souliers.Si les Francais sont fiers du General DeGaulle(malgre' son passe' colonial)pourquoi est ce que nous autres devons avoir honte de Sekou Toure' qui nous a libere' des griffes de l'empire colonial de De Gaulle? Quand les enfants renient les parents en les jettant par la fenetre de l'oubli,la malediction frappe a la porte.Nous n'allons jamais renier Sekou Toure'.Cette position n'est pas negociable.Non a la censure.
Je me demande comment on peux comparer le feu President Sekou Toure le panafricaniste, l homme du peuple a Eyadema et Moboutou deux ogres qui ont pille leur pays pendant tout leur règne.
De quel peuple parle t-on? De celui qui a dansé marba djassa le jour de l'annonce de sa mort? De celui auprès duquel AST voulait se racheter pour tout le mal qu'il lui a fait ?








