Alpha Sidoux Barry Jeudi, 24 Janvier 2013 10:05
Mouctar Diallo, 37 ans, ancien professeur de droit à l’université de Nongo à Conakry et ancien ministre de l’Elevage du gouvernement de Transition en 2010, président de NFD, les Nouvelles Forces Démocratiques, l’un des principaux partis de l’opposition, fait partie de ceux que l’on appelle les Jeunes Turcs en Guinée, avec Faya Millimouno et Etienne Soropogui. Ils seront en première ligne lors de l’élection présidentielle de 2015.
Titulaire de la maîtrise en Droit public de l’Université nationale de Conakry, il a accompli beaucoup d’activités, en particulier un séjour de travail sur « la démocratie à la base et le leadership » en 2011, à l’invitation du gouvernement des Etats-Unis.
Dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée, il décrit la situation politique en Guinée à l’heure actuelle, fustige la mal-gouvernance d’Alpha Condé, pose les conditions préalables de l’opposition pour aller à des élections législatives libres et transparentes, condamne l’ethnocentrisme et se dit prêt à prendre la tête d’un mouvement pour aller à la magistrature suprême en Guinée.
GuineeActu: Voudriez-vous nous décrire la situation politique actuelle de la Guinée ?
Mouctar Diallo : Avant tout d’abord, en cette date du 22 janvier 2013, je m’incline pieusement devant la mémoire des martyrs du 22 janvier 2007, des évènements de janvier et février 2007 en particulier et de toutes les victimes de la violence de l’Etat en Guinée. Je prie que Dieu ait leur âme. En même temps, je m’indigne face au refus des autorités actuelles à faire la lumière sur tous ces crimes et j’exige que justice soit rendue.
Je me sens très concerné par ces crimes d’autant que je fais partie de ceux qui avaient organisé ces manifestations. J’avais cordonné les différentes manifestations en tant que coordinateur du Forum des Jeunes de la Société Civile Guinéenne au compte du CNOSCG.
Je rappelle que notre parti NFD (Nouvelles Forces Démocratiques) est né de l’élan de ces évènements de janvier et février 2007.
Pour revenir à votre question la Guinée est dans l’impasse politique totale. Dès lors que les règles de l’Etat de droit ne sont pas respectées, que les libertés individuelles et publiques sont bafouées, que les droits humains sont violés en permanence, cela veut dire que l’Etat n’est pas serein, qu’il ne se porte pas bien.
La Guinée a excellé, encore une fois, dans la médiocrité politique en refusant la tenue d’élections législatives deux ans après l’investiture de l’actuel Président. Pendant que même les pays sortis de guerre, tels que la Côte d’Ivoire ou la Libye, ont mis en place une Assemblée nationale, nous, nous peinons à avoir une lisibilité du processus électoral. Cela est dû à un manque de volonté politique du président de la Transition guinéenne, M. Alpha Condé.
Vous l’appelez président de la Transition ?
Absolument. Moi, je l’appelle ainsi, à partir du moment où il a fait preuve d’un manque de volonté notoire pour organiser les élections législatives et sortir de la Transition. La Guinée est toujours en transition et apparemment M. Alpha Condé s’y plait. Il a dit récemment que les élections législatives ne sont pas sa priorité, sa préoccupation.
Jusqu’à quand ?
Nous sommes dans un Etat en transition, car nous ne sommes pas encore en République, jusqu’à ce que toutes les institutions républicaines soient en place. M. Alpha Condé est dans sa logique de fraude électorale. Rappelez-vous qu’il avait dit qu’il n’allait pas organiser des élections et les perdre car c’est lui qui nomme les gouverneurs et les préfets. Il a impliqué ceux-ci dans le processus électoral en violation de la Constitution.
Pouvez-vous nous expliquer comment quelqu’un peut partir d’un score de 18% au premier tour de l’élection présidentielle et obtenir la majorité absolue au second tour ?
Ecoutez cela n’est plutôt d’actualité, il faut tourner la page en tirant des leçons et évoluer. Mais pour vous satisfaire, je pense que cela peut enrichir l’enseignement en science politique dans les grandes universités de ce monde. C’est dire qu’on a compris que la victoire à une élection, surtout en Afrique, ne dépend pas que de la seule réalité des urnes. D’autres facteurs comme la manipulation, l’instrumentalisation ethnique, la fraude électorale avec la complicité de certains qui sont au sommet de l’Etat sont déterminants. Mais le hold-up électoral a aussi été facilité par un déficit organisationnel dans le camp adverse c’est à dire le nôtre.
Est-il acceptable que, dans un pays souverain, le président de la Commission nationale dite indépendante soit un étranger ?
Nous n’étions plus dans un Etat normal. La Guinée était dans une situation d’exception. On pouvait comprendre éventuellement que dans une telle situation des mesures exceptionnelles soient envisagées ‒ si elles sont efficaces et si elles peuvent contribuer au rétablissement de l’ordre constitutionnel ‒, par l’appui d’organisations et d’institutions sous-régionales, régionales ou internationales dans lesquelles la Guinée est membre à part entière. Bien sûr, ce qui ne serait pas acceptable, c’est que cette personnalité étrangère, qui a bénéficié de la confiance de l’ensemble des acteurs politiques et sociaux guinéens et surtout qui est censée incarner la réputation et la crédibilité de son pays et de son institution d’origine, ne joue pas franc-jeu et se rend coupable d’une certaine forfaiture.
Forfaiture, dites-vous ?
Exactement. Certains estiment que ce président intérimaire de la CENI, en l’occurrence le général malien Toumany Sangaré, n’a pas assumé de façon impartiale, objective et efficace son rôle. Il y a eu des défaillances notoires qui ont été identifiées. Ce n’est pas pour rien ‒ et cela en dit long ‒, qu’il ait été décoré par l’actuel Président, ce qui a renforcé le doute. Selon nos informations, il était son ami avant qu’il soit désigné à la tête de la CENI, même si le camp RPG-Arc-en-ciel a fait courir des rumeurs selon lesquelles il n’y aurait aucun lien entre cette personnalité et Alpha Condé, et qu’elle serait plus proche du camp adverse. C’est un imbroglio dans lequel certains ont joué un rôle négatif.
Lesquels ?
A l’évidence, ceux qui étaient au sommet de l’Etat, je veux dire le général Sékouba Konaté et le premier ministre Jean-Marie Doré, qui ont laissé faire certaines choses extrêmement graves, comme par exemple le faux empoisonnement inventé par le RPG-Arc-en-ciel qui avait pour objectif de déplacer les populations de la Haute Guinée originaires du Foutah en les empêchant de voter. Ce qui avait occasionné des morts, des blessés et des déplacés massifs perdant leurs biens. Aucun examen en laboratoire n’a attesté de l’empoisonnement. Et le fait que Jean-Marie Doré ait limogé la directrice de l’Hôpital Ignace Deen, qui avait dit à juste raison que la thèse de l’empoisonnement devait être confirmée par les résultats de l’analyse en laboratoire, dénote un parti pris évident et un manque d’objectivité dans cette décision du premier ministre. Il s’est ensuivi des violences électorales graves pour lesquelles il n’y a eu aucune condamnation. C’était là une façon d’encourager et de cautionner ces violences. J’avais alors, ministre de mon état, réclamé qu’une enquête soit faite et que tous ceux qui étaient impliqués de près ou de loin dans cette manœuvre machiavélique et criminelle répondent devant la justice. Cette enquête n’a jamais eu lieu, ce qui montre que les accusations d’empoisonnement étaient fausses. Il faut que tout cela soit tiré au clair, que la lumière soit faite, que les coupables soient sanctionnés et que les victimes, notamment à Siguiri et à Kouroussa, soient rétablies dans leurs droits. Comme, du reste, pour toutes les violations des droits humains en Guinée depuis 1958, notamment, celles de 2006, 2007, 2009, 2010, 2011 et 2012. Sans oublier celles qui ont été commises depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président de la Transition guinéenne, M. Alpha Condé.
Pourquoi, deux ans après, l’élection présidentielle n’est-elle toujours pas suivie d’élections législatives ?
Cette situation arrange le pouvoir actuel. Le CNT, l’organisme législatif transitoire lui est favorable car il adopte tous les projets bons ou mauvais présentés par le gouvernement et il n’exerce aucun contrôle sur lui, contrairement à une Assemblée nationale digne de ce nom dans laquelle l’opposition serait représentée.
Monsieur Alpha Condé a deux options : la première c’est de s’assurer de la mise en place de sa machine de fraude électorale notamment avec Waymark et Sabari Technologies dans lequel cas, il fait un forcing et va aux élections pour les remporter, ou la deuxième option c’est jouer à des manœuvres dilatoires pour continuer à retarder la tenue des législatives comme il l’a fait jusqu’à maintenant. Ainsi, il sera le seul à détenir tous les pouvoirs.
Vous mettez en cause la gestion du nouveau président ?
Je dirai qu’il a battu le record de la mal-gouvernance. Il a pris çà et là des fonds au nom de la Guinée. Je ne parle même pas des dessous de table. Il y a eu les 700 millions de dollars versés par la société Rio Tinto dont la gestion est opaque. La totalité de ce montant devrait être versée au Trésor public, car c’est l’argent de l’Etat. Il y a les 25 millions de dollars de Palladino. C’est grâce à un média anglais que les Guinéens ont été informés de l’existence de cette dette pour laquelle aucune trace n’existe. Il y a bien d’autres montants obtenus auprès du gouvernement d’Angola. Le gouvernement de M Alpha Condé excelle dans la mal-gouvernance. Aujourd’hui, les principes et règles liés à la bonne gestion et à la procédure de passation des marchés publics sont violés en permanence. En plus, personne ne sait comment les mines guinéennes sont gérées, il s’est transformé en un véritable empereur des mines. La corruption et les détournements publics battent leur plein. Et pourtant, il s’était engagé à faire publier tous les contrats de l’Etat sur l’internet à lutter contre la corruption.
Quelles conditions posez-vous pour accepter d’aller aux élections législatives ?
Les conditions sont claires. C’est le renvoi pur et simple de la société Waymark, qui a été cooptée dans des conditions illégales, et qui travaille avec la société Sabari Technologies proche du pouvoir en place. La première exigence est la sélection d’un opérateur électoral crédible et la deuxième c’est le vote des Guinéens vivant à l’étranger.
Le pouvoir ne va-t-il pas vous accuser de refuser les élections ?
Il ne le pourra pas. Tout le monde sait que c’est nous qui demandons les élections. Depuis avril 2011, nous demandons un dialogue franc, direct et sincère avec le pouvoir, en vue d’aplanir nos divergences et d’aller aux législatives dans les meilleurs délais.
C’est le pouvoir actuel qui veut, paradoxalement, une reprise intégrale du processus électoral pendant que l’opposition demande de capitaliser les acquis de l’élection présidentielle, d’améliorer le mécanisme existant et aller rapidement aux élections législatives conformément à la loi.
Pour faire preuve de notre bonne foi, nous avons accepté de renoncer à d’autres conditions préalables que nous avions posées, notamment le rétablissement des conseils communaux illégalement démis de leurs fonctions, qui était une revendication juste. Nous avons fait beaucoup de concessions pour trouver un consensus en vue de finir la Transition qui n’a que trop duré, ce qui prolonge et aggrave la souffrance du peuple de Guinée. Aujourd’hui, les Guinéens ont plus que faim, sont plus que malades, croupissent dans l’insécurité, dans l’obscurité, ils manquent d’eau potable, chôment et sont dans le désespoir. Pour nous, il faut absolument finir la Transition par la tenue d’élections législatives transparentes, qui puissent mettre en place une Assemblée nationale digne de ce nom et contribuer à faire de la Guinée un Etat de droit et favoriser l’avancée économique.
C’est l’opposition qui est en dehors des sphères de gestion des affaires de l’Etat donc c’est nous qui avons intérêt dans la tenue rapide des élections pour que nous puissions influencer positivement la gouvernance dans l’intérêt des populations.
Est-ce que vous allez tirer les leçons de l’expérience sénégalaise, tous les leaders politiques ayant mis de côté leurs ambitions personnelles pour chasser l’ancien président Abdoulaye Wade ?
Il est évident que beaucoup de leaders de l’opposition sont conscients de leur devoir et de leur mission historique, mesurent à juste titre les enjeux et les défis qui nous interpellent par rapport au devenir de la Guinée. Notre sens de responsabilité est plus que jamais interpellé par notre devoir de leaders politiques, ce qui nous amène à avoir de la hauteur de vue, être capables de voir l’essentiel qui est l’intérêt de la Guinée. Ainsi, nous pourrons mettre en œuvre une synergie de réflexion et d’action en vue de barrer la route à cette dérive autoritaire et dictatoriale, de mobiliser toutes les énergies de l’ensemble des Guinéens, aussi bien de l’intérieur que de l’extérieur pour l’atteinte d’objectifs précis : mise en place des institutions républicaines, faire de la Guinée un Etat de droit où tous les Guinéens sont sur un pied d’égalité et où seul le mérite est le critère de positionnement dans la société.
Est-ce que vous vous sentez personnellement menacé dans votre intégrité physique, eu égard au cynisme du pouvoir actuel ?
Bien sûr, comme tous ceux qui s’opposent au pouvoir autoritaire et totalitaire du pouvoir actuel. Mais je me confie à Dieu et continue le combat pour la Guinée. Dans le passé, j’avais reçu à maintes reprises des menaces de mort. A l’époque du CNDD (2008-2009), des militaires avaient fait des descentes chez moi. Le général Sékouba Konaté en tant que président de la Transition, puissant chef militaire, s’était attaqué à moi de façon spectaculaire devant tous les Guinéens sans compter ce qui se passait en dehors des caméras et des micros.
Très jeune, quand j’étais élève au collège, je faisais partie des étudiants et élèves qui avaient commencé le combat pour l’ouverture démocratique avant la création des partis politiques. A l’époque, au début des années 1990, je participais aux manifestations des étudiants, sous le leadership du charismatique dirigeant du mouvement étudiants Papa Attigou Bah. Sans parler de la manifestation du 28 septembre 2009. C’est juste pour vous dire, qu’à plusieurs reprises, j’ai fait face aux balles des policiers, gendarmes et militaires. J’aurais pu mourir comme tous ces braves gens qui sont tombés sous ces balles à côté de moi.
Je suis certes toujours menacé, mais cela ne me fait pas reculer dans le combat que je mène avec conviction, avec détermination, pour que la Guinée soit unie, démocratique et prospère. Je continue à prendre les risques et à assumer les conséquences de mon choix militant, certes difficile, mais exaltant parce que patriotique. Pour cela, j’irai jusqu’au bout car je crois en la Guinée, j’aime la Guinée et les Guinéens et je veux participer à la création d’un destin meilleur pour tous les Guinéens.
Que vous dit l’ethnocentrisme en Guinée ?
C’est regrettable. Nous, dans notre parti, les Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), nous avons une vision africaniste. Nous voyons toute l’Afrique et pas seulement la Guinée. Nous ne pouvons pas comprendre l’ethnocentrisme. Notre éducation, notre culture ne nous autorisent pas à être dans ce carcan réducteur, subjectif, qui amène à juger les gens à partir de leur nom. Pour nous, les valeurs sont intrinsèques ; elles ne sont liées à la région ou à l’ethnie et sont universelles. Nous faisons le rêve d’une Guinée qui soit au-delà des ethnies.
Pour nous, ce qui est important, ce sont les valeurs morales et républicaines auxquelles nous croyons qui sont liées à la justice, au mérite, à la liberté, à la démocratie, au travail à la solidarité... C’est pourquoi, nous ne pouvons pas cautionner l’ethnocentrisme favorisé par l’ethno-stratégie, l’œuvre de politiciens médiocres qui nous ont menés dans la situation où se trouve la Guinée actuellement.
Quels sont les effets de l’ethnocentrisme aujourd’hui en Guinée ?
On n’a jamais été dans une situation d’une telle division. Les Guinéens se regardent aujourd’hui en chiens de faïence. Cela est le fait de l’ethno-stratégie dont le maître d’œuvre principal est M. Alpha Condé. Il a tiré à fond sur l’ethno-stratégie pour arriver au pouvoir par tous les moyens et il continue d’instrumentaliser l’ethnie, en divisant pour mieux régner.
NFD dénonce avec la plus grande énergie l’ethno-stratégie. Nous sommes sidérés de constater qu’il y a des gens qui jouent avec les fondements, les piliers de la société guinéenne. Les Guinéens ont toujours cohabité dans la paix et dans l’harmonie. Il y a même des mariages intercommunautaires très poussés. Les deux ethnies, les Malinkés et les Peuls, qui s’opposent le plus en Guinée aujourd’hui, connaissent des liens historiques, sociologiques, géographiques et sociaux très étroits. Beaucoup de Guinéens sont métissés, issus de ces deux ethnies, comme d’ailleurs avec les Soussous et les Forestiers.
Malheureusement, il y a des politiciens qui jouent sur les raccourcis et sur le faible niveau d’éducation d’une large partie de la population à des fins d’intérêts personnels et égoïstes. Ceux qui jouent sur l’ethno-stratégie pour arriver au pouvoir n’aiment pas les Guinéens. Ils le font pour se servir eux-mêmes et leurs proches. Pas même pour servir le groupe ethnique dont ils sont issus ou dont ils sont originaires.
J’en appelle à la jeunesse guinéenne pour refuser de tomber dans ce piège, qui fragilise le tissu social et empêche tout développement car celui-ci passera nécessairement par le couloir de l’union et de l’unité de tous les Guinéens. C’est pour cela que nous estimons que la première étape par laquelle il faut passer est la réconciliation nationale. Les NFD avaient élaboré un mémorandum sur la réconciliation nationale qui a été envoyé au chef de l’Etat et au premier ministre depuis la mise en place de ce gouvernement. Ces réflexions n’ont pas été prises en compte. Nous sommes toujours dans la division.
La diversité culturelle des communautés guinéennes est complémentaire et positive car elle nous enrichit.
Est-ce que vous vous voyez le destin d’un homme qui va arriver un jour à la magistrature suprême en Guinée ?
Dans le combat que je mène, je ne regarde pas mon destin personnel, mais plutôt celui de la Guinée. Je veux simplement participer à faire avancer la Guinée vers la démocratie et le progrès. Je veux faire partie de ces Guinéens qui travaillent pour l’histoire.
Dans la composition de la nouvelle CENI, l’opposition est minoritaire, sans compter que son président, Bakary Fofana, est acquis au pouvoir. Si vous allez aux élections législatives dans ces conditions, vous allez vous faire rouler encore une fois comme à l’élection présidentielle. Ne vaut-il pas mieux refuser les élections tant que les conditions d’équité et de transparence ne sont pas réunies ?
Les différentes manifestations pacifiques que nous avons organisées et nos communications expriment notre exigence à la création de conditions de transparence pour la tenue des élections notamment le recrutement d’un nouvel opérateur. Nous sommes en train de travailler parallèlement sur d’autres stratégies et mécanismes qui contribueront à assurer la sincérité du scrutin.
Que vous inspire le discours de Nouvel-An fait par le Président ?
Le Président a tenu en 48 heures deux discours contradictoires. Le premier, lu, qui exprime des idées arrangées, dans lequel il peint un tableau qui ne reflète pas la réalité, et le deuxième, libre, où il dit que son gouvernement a pataugé pendant deux ans. Donc, il reconnaît son bilan négatif qu’il ne veut pas assumer et qu’il met à l’actif de ses ministres. Or, un gouvernement est à l’image de son chef qui l’a mis en place.
Par ailleurs, il tente de nous divertir en disant que l’opposition est en train de préparer un coup d’Etat. Mais en réalité, il veut masquer son échec, nous divertir de l’essentiel qui est la tenue des élections législatives et la lutte contre la pauvreté, et surtout il cherche à préparer les esprits à un deuxième faux coup d’Etat. Car le complot permanent, le mensonge et la « mamaya » sont devenus des instruments de gouvernance actuellement en Guinée. N’avait-il pas dit qu’il reprendrait la Guinée là où Sékou Touré l’avait laissée ?
Propos recueillis par Alpha Sidoux Barry
Directeur de publication de GuineeActu
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