Mohamed Béavogui : « l’investissement étranger dans le secteur agricole est aussi intéressant que dans les mines »

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BEAVOGUI_Mohamed_01Le Forum économique de la Guinée dont le thème était « diversification de l’économie et bonne gouvernance pour une Guinée émergente », a réuni du 14 au 15 septembre à Conakry les meilleurs spécialistes des finances et de l’économie africaine dont notre compatriote du FIDA, Mohamed Béavogui, directeur du partenariat et de la mobilisation des ressources. Dans l’entretien exclusif qu’il nous a accordé en marge des travaux de ce forum, le haut fonctionnaire international nous parle de l’objet de sa présence en Guinée. Il est, en outre, largement revenu sur la problématique de la relance de l’agriculture guinéenne, ses faiblesses, les solutions à apporter en vue de la rendre plus performante…

L’Indépendant : Présentez-vous ?

Mohamed Béavogui : Je suis Mohamed Béavogui, Directeur du partenariat et de la mobilisation des ressources au Fonds international de développement agricole (FIDA), conseil principal du président du FIDA.

Quel est l’objet de votre présence en ce moment en Guinée ?

Je suis à Conakry pour participer au Forum économique de la Guinée qui se déroule au Palais du peuple depuis le 14 septembre dernier. J’ai été invité par le gouvernement de la République de Guinée à travers le ministre de l’Economie et des Finances pour participer à ce forum. J’y suis pour présenter une allocution magistrale sur la stratégie de financement de l’agriculture.

Même étant loin, vous suivez de près l’évolution du pays notamment dans le secteur agricole. Estimez-vous que la nouvelle politique de relance de l’agriculture engagée par le président Alpha Condé, est partie sur un bon pied ?

Moi, je ne peux regarder que les chiffres. Le taux de croissance de l’agriculture depuis pratiquement deux ans, est de 8%. Il a énormément contribué à l’accélération du chemin vers le point d’achèvement du PPTE. Vraiment, c’est l’agriculture qui a tiré l’économie de la Guinée plus que les mines ou toute autre chose pendant ces deux dernières années. Il faut savoir aussi que depuis un bon moment, à l’exception de ces dernières années où on a eu des problèmes sociopolitiques qui ont perturbé un peu le fonctionnement de l’économie. Pendant un très bon moment, l’agriculture guinéenne a eu une croissance moyenne supérieure à la croissance moyenne en Afrique subsaharienne. Mais ceci a été le fait des paysans eux-mêmes, des organisations paysannes qui, en l’absence d’une coordination cohérente de ce qui se faisait par l’Etat, s’est prise en charge, s’est organisée et a contribué réellement à la croissance de l’agriculture. Au point que, aujourd’hui, nous produisons 75% de nos besoins en riz. Donc, nous ne sommes pas très loin de l’autosuffisance alimentaire. Pour répondre plus précisément à la question, l’agriculture se porte pas mal. Elle peut se porter bien et beaucoup mieux si nous y investissons réellement. Pourquoi ? Nous n’utilisons que 20 à 25% de nos terres arables, nous n’avons que 9% de nos terres irrigables qui sont irriguées. Donc, vous vous imaginez le potentiel. Nous n’utilisons que 5kg d’engrais par hectare alors que la moyenne mondiale est au-dessus de 90kg par hectare. Donc, l’espace pour augmenter la production est énorme. D’autant plus que le taux d’utilisation de semence améliorée est encore plus faible. On utilise toujours des vieilles semences. Si on pouvait utiliser des semences performantes qui nous permettraient d’avoir 5 à 10 tonnes à l’hectare, vous vous imaginez… Parce qu’actuellement on est autour d’une tonne à l’hectare ici, imaginez ce qu’on peut faire. Donc, le potentiel est énorme. La deuxième chose, c’est que la demande est énorme. Vous avez vu les prix des produits agricoles qui montent. Donc, c’est un bon business que de faire l’agriculture. Je dirais que l’agriculture guinéenne ne se porte pas trop mal. Mais qu’elle gagnerait à plus d’attention pour satisfaire d’abord la sécurité alimentaire et être une vraie contributrice de la croissance. Et c’est là le problème. Puisque jusqu’à présent, on évolue à pas lents. Avec beaucoup d’efforts et beaucoup de volonté mais il faut mieux les structurer, pour aller vers la sécurité alimentaire. Mais l’autre volet qu’on a pas réellement commencé, c’est concevoir une approche stratégique pour que l’agriculture devienne un vrai moteur de l’économie nationale, un catalyseur de la croissance.

A votre avis, quelles sont les véritables insuffisances de cette politique agricole du gouvernement actuel ?

Non ! C’est-à-dire que le gouvernement a eu beaucoup de bonne volonté, il a voulu donner des engrais aux gens, donner des semences, tous les intrants nécessaires à une bonne production agricole. Mais, on a utilisé les structures de l’Etat pour le faire. Mais, ce n’est pas le rôle de l’Etat de faire cela. Il faut essayer de collaborer avec le secteur privé, avec les paysans, pour monter des structures pour qu’il n’y ait pas de déperdition. Puisque la réalité c’est que quand on passe par des circuits comme ça, ce n’est même pas une réalité guinéenne seulement, c’est partout dans le monde, ça n’a jamais marché. Il faut utiliser le secteur privé que lui-même amène son engrais à côté du paysan que l’Etat subventionne le paysan pour qu’il achète son engrais. Mais le mécanisme utilisé permet de subventionner le vendeur, l’intermédiaire… et ça arrive chez le paysan. Quand ça arrive, on lui donne ça en cadeau, il ne rembourse pas. Il finit par prendre des mauvaises habitudes. Lors de la première journée du forum, les paysans ont parlé. Ils ont dit qu’ils ne veulent plus de cadeaux. Ils ont dit qu’ils veulent des semences, des engrais aux vrais prix. Voilà, c’est cette machine qu’il faut monter et c’est ce qui fait défaut. Ce sont les paysans qui l’ont dit, ce n’est pas moi. Il faut donc essayer de reconstruire quelque chose qui est solide, durable et qui est utile à l’économie, qui contribue à dynamiser l’économie. Si vous me demandez des insuffisances, c’est ce que je peux avancer. Mais, il faut reconnaître qu’il y a eu beaucoup d’efforts. Regardez le budget national, vous vous rendrez compte que l’Etat a mis beaucoup dans l’agriculture. Cela est indéniable. Maintenant, il faut faire en sorte que ce beaucoup qu’on met soit plus efficace.

En quoi faisant particulièrement ?

Oui, c’est ce que je disais tantôt. Ce n’est pas de la responsabilité des fonctionnaires d’acheter des engrais et de les distribuer. Ce n’est pas leur rôle. Il faut passer par des secteurs privés ou passer par des organisations paysannes comme les autres pays ont fait et ça leur a réussi. Il y a des méthodes qui existent énormément.

L’ancien directeur général de FAO, Jacques Diouf, a indiqué à ce forum qu’il faut doubler les investissements actuels au niveau des pays africains pour éviter la famine dans 50 ans. Alors qu’est-ce qu’il faut aujourd’hui faire dès lors que vous remettez en cause l’interventionnisme à outrance de l’Etat ?

Non, je ne remets pas en cause l’intervention de l’Etat. L’Etat doit intervenir jusqu’au niveau où il doit intervenir. Il a son rôle à jouer, il est obligatoire. Sans l’Etat, on ne peut rien faire. Mais l’Etat aussi ne doit pas dépasser comme on le dit, la limite de ce qu’il doit faire. Si l’Etat veut faire ce que le secteur privé doit faire, c’est que ça ne va plus. Comme le secteur privé ne peut pas faire ce que l’Etat doit faire aussi. L’Etat, qu’est-ce qu’il doit faire ? Il doit mettre en place des politiques qui sont cohérentes, politique sur engrais, politique sur importation de riz… bref, il faut que ça corresponde. Il doit aider à mettre en place des infrastructures. C’est cela le rôle de l’Etat. Pour revenir à la question… quand vous prenez les coûts dans une exploitation agricole, la plus grande partie de ces coûts sont financés par le paysan lui-même. 75% des coûts de l’exploitation, c’est l’agriculteur ; 20%, c’est l’Etat, et le reste, ce sont les donateurs. Ce qui veut dire que si on veut financer l’agriculture, il doit augmenter la capacité de financement des agriculteurs. Parce que même dans les pays riches, c’est ce qui se fait, d’ailleurs plus important que les 75%. Alors, comment faut-il procéder ? Il faut lui permettre d’avoir accès au marché financier, mais les banques n’ont pas confiance. Parce qu’elles ne connaissent pas l’agriculture. Elles ne savent pas que l’agriculture est un business. Et c’est parce qu’on n’a pas montré suffisamment que c’est un business. Cette responsabilité d’encourager, de créer les conditions pour faire en sorte que ce soit un secteur qui incite à investir, incombe à l’Etat. Si pour aller au champ, il n’y a pas de route, je n’irai pas. Mais s’il y a une route et qu’arrivé, je trouve l’électricité, l’eau, le téléphone, la vie est facilitée, je suis un peu plus encouragé à y aller et d’investir. On le sait ici, le paysan n’a pas assez d’argent. Le peu qu’il a, il va dans les institutions de micro finance, il l’épargne là-bas et cela lui permet d’avoir des petits crédits à court terme et puis à un taux d’intérêts élevé. Cela ne finance pas l’agriculture. C’est pourquoi, je le disais tantôt, il faut transférer les ressources d’ailleurs en montrant que c’est rentable. C’est là où l’Etat doit intervenir en aidant à mettre en place des fonds de garantie par exemple pour dire que la part du risque qui n’est pas très bien comprise par les banques peut être prise en charge par l’Etat. Ainsi, il y a un complément et on peut attirer plus de ressources. Cela est une chose. Un deuxième élément important, c’est l’investissement direct étranger. On amène des grandes sociétés minières pour investir dans nos mines. Pourquoi on n’amène pas les grandes sociétés agricoles pour investir dans notre agriculture mais cette fois-ci en posant des conditions. Que le foncier soit clair et réglé, que le business soit un business gagnant-gagnant entre le grand agriculteur qui vient de l’étranger et nos petits qui ne sont pas des perdants. Il y a le cas de Diécké. Tout le monde parle mais Diécké est là. Ils envoient leurs enfants en France, aux Etats-Unis. Aujourd’hui quand on regarde les Forestiers riches, ils viennent pour la plupart de Diécké. Pendant ce temps on dit à celui de Macenta, N’Zérékoré, non ! il ne faut pas les laisser venir parce qu’ils vont prendre vos terres. Mais entre-temps, ceux de Diécké vivent bien, ils ont de belles maisons, envoient leurs enfants à l’étranger. Ces enfants reviennent et vont commencer à être de bons négociateurs pour que les produits de leur relation avec la compagnie en place soient plus intéressants pour les communautés locales. Il ne faut pas se faire des illusions, c’est un bon canal, non seulement qui permet l’investissement parce que l’argent vient, mais ça permet le transfert de technologie. Ce sont eux qui ont amené le palmier et l’hévéa qu’on a plantés à Diécké. Ils ne sont pas venus de localement. Et tout le monde voit ce que cela rapporte comme argent. Le paysan n’a pas un souci d’aller courir et chercher le marché où il doit vendre.

Il a accès au marché. Donc, l’investissement direct étranger dans le secteur agricole est aussi intéressant que dans les mines. La seule chose qu’on demande est que ce soit un investissement gagnant-gagnant où la question du foncier est très bien prise en compte.

Le Forum économique de la Guinée s’est achevé le 15 septembre à Conakry. Quelles sont vos impressions par rapport à ce colloque ?

Un forum de cette nature, c’est la première fois qu’on l’organise. C’est une opportunité où l’on se dit la vérité. Vous constaterez qu’il n’y a pas eu de langue de bois. Avec le président ou sans le président, on a parlé clairement, franchement. Ce qui a été plus intéressant encore, c’est que les représentants de pays qui ont réussi, Botswana, Rwanda, Cap-Vert, Ile Maurice…, étaient là pour nous dire comment eux ont fait chez eux. Je crois que cela nous a ouvert les yeux pour nous dire que quand on veut réussir, on a besoin d’abord de politiques qui sont claires. Mais quand je parle de politique, je parle aussi de politique dans le sens de la vraie politique. Ensuite je parle des politiques de développement. Il faut qu’on en ait. Lorsque vous avez tout cela, il vous faudra par la suite des institutions. Ces institutions politiques serviront à mener la politique. Il y a aussi des institutions de gouvernance économique pour mener la gouvernance économique. Il faut mettre tout cela en place. Une fois qu’on a les institutions, on a besoin des gens qui comprennent. D’où toute la question de l’éducation, l’éducation directe, l’éducation civique, la sensibilisation des gens pour vraiment qu’ils fassent partie du processus de développement. Parce que parler du processus de développement, ce n’est pas l’Etat qui va le faire, ce sont les citoyens, c’est tout le monde. Chacun doit jouer son rôle, particulièrement la société civile. C’est ce qui a été dit à ce forum. A mon avis, ce message commence à passer. En tout cas à mon niveau, je ressors totalement confiant en l’avenir. Je souhaite pour la prochaine fois qu’il y ait beaucoup plus de participants. J’ai toujours plaidé pour cela. La question du développement de la Guinée, ce n’est pas une question politique, c’est une question de tout le monde. La porte est ouverte, tout le monde doit être à la table. Parce que la question du développement n’est pas quelque chose de 5 ans ou de 10 ans. C’est une question de 20, 40, voire 50 ans. C’est une préoccupation particulièrement vitale non seulement pour nos générations mais aussi pour des générations futures surtout qui doivent faire partie du débat. Ce sont pratiquement les grands enseignements qu’on y peut tirer. Mais vraiment, je pense que ce forum a été une occasion extraordinaire pour le pays de faire renaître sa réflexion sur toutes les questions de développement et de gouvernance, qu’elles soient politiques ou économiques.

Est-ce que l’agriculture peut être un palliatif voire un secteur qui pourrait remplacer les mines sur lesquelles repose essentiellement l’économie guinéenne aujourd’hui ?

Bon, palliatif, je ne veux pas le dire. Elle peut être un complément. C’est plus qu’un complément… On dit que les mines rapportent beaucoup d’argent. Ce sera de grosses ressources qui vont arriver. Parce que ce sont des ressources qui arrivent dans un pot. Le mécanisme de redistribution aujourd’hui on ne les a pas. On va les avoir peut-être dans le futur. En plus les mines ne vont pas nous donner beaucoup d’emplois, elles ont des emplois limités. Surtout si on n’investit pas dans la chaîne en aval. C’est-à-dire que si on ne transforme pas notre minerai sur place puis les produits de minerai en produits réels manufacturés qu’on consomme…

Par exemple les fenêtres d’aluminium, il faudrait que ce soit de l’aluminium de Guinée transformé ici en alumine et en aluminium ; il y a une grande déperdition. Par contre, l’agriculture permet de redistribuer directement la richesse. Quand les gens gagnent de l’argent, ça ne va pas dans un pot, ça va dans leur épargne à eux. Ce qui fait que la capacité redistributive de l’agriculture permet une contribution à la réduction de la pauvreté, deux fois plus grande que tout autre secteur y compris les mines. C’est pour cela que l’agriculture est vraiment importante.

Deuxièmement, il y a une réflexion qu’on n’a pas faite assez, c’est comment faire de l’agriculture les mines. C’est-à-dire un secteur qui catalyse et qui crée de la richesse et c’est pour cela que moi j’ai plaidé à la conférence, pour la création de ce que j’ai appelé des pôles de développement d’agrobusiness. Quand vous voulez construire une nouvelle mine à Simandou, on amène les routes, on construit des maisons, on construit des écoles et on fait tout. En fait, faisons la même chose avec l’agriculture. Choisissons les zones où il y a un potentiel de développement où les paysans sont déjà là, où on peut élargir l’irrigation. Et puis faisons venir des grands agriculteurs, amenons l’eau et l’électricité, le téléphone, créons des zones d’agro-industrie où on produit, on transforme, on emballe et on prépare pour vendre, où on peut créer des circuits de transports dynamisés qui nous aideront à le faire. Voilà, ce que j’attends un peu de l’approche qu’on devrait mettre en place pour le secteur agricole. C’est-à-dire en faire vraiment des pôles de développement réel. Cela va dynamiser l’économie. C’est-à-dire qu’il faut continuer à travailler avec la sécurité alimentaire pour régler les défauts qu’on a eus jusqu’à présent dans les efforts qui ont été mis en place, nous atteindrons assez rapidement la sécurité alimentaire. Mais à côté, il faut commencer à réfléchir pour créer des pôles d’agri business. Pour que l’agriculture soit vraiment un gros créateur d’emplois, de richesses et contributeur à la croissance.

Quels conseils pouvez-vous donner à la fois aux décideurs politiques et aux paysans guinéens afin de leur permettre de bénéficier de façon accrue des financements de votre institution qui est le FIDA ?

Tout ce que nous demandons, c’est que le gouvernement conclue enfin son programme national d’investissement agricole. Qu’il le conclue de façon très claire, cohérente et qu’il définisse les politiques pour accompagner ce programme. Une fois que cela est clair, qu’il arrive à sélectionner les projets qui vont accompagner la mise en œuvre de ce programme en les priorisant.

Nous, nous sommes prêts à les aider dans ce sens. Une fois que cela sera terminé, nous contribuerons au financement de ces projets de façon certaine. Nous ne pouvons pas tout financer mais certainement, nous allons financer ce que nous pouvons financer de manière à accompagner le gouvernement vers ses objectifs.

Mais encore une fois, je suis en train de dire que ce qui est important, c’est de créer des conditions pour catalyser une dynamique nationale naturelle de création de richesses et de mise à disposition de financements aux agriculteurs.


Entretien réalisé par Camara Moro Amara
L’Indépendant, partenaire de Guineeactu.com 


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Commentaires  

 
0 #26 Gandhi 25-09-2012 21:16

Cisko, je te réserverai d'autres surprises ultérieurement, mais saches que ma famille maternelle est issue du domaine agricole, et donc d'une certaine manière, j'en viens.
Pour simplifier au maximum mon discours, et afin que tu le comprennes, je vais le réduire à sa plus simple expression.
Même si tu formes des centaines d'ingénieurs agronomes, tu fais tous les aménagements agricoles que tu veux (notamment des barrages pour l'irrigation), tu fournis l'engrais et l'environnement commercial, et tu apportes toute l'assistance technique qu'il faut, s'il n'y a pas d'agriculteurs pour travailler la terre, tous ces investissements n'auront servi à rien. On ne s'improvise pas paysan. J'espère que c'est clair cette fois.
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0 #25 Cisko 25-09-2012 09:50

Bon constat avec des propositions concrètes. Autant que les mines le développement agricole sera d’une utilité certaine pour le pays. Cette interview au-delà de l’état des lieux (forces et faiblesses) nous fait des propositions pour améliorer la pratique actuelle en tenant compte des nouvelles opportunités et menaces qui pèsent sur le secteur et le pays. Sans être trop techniques, c’est une bonne contribution que le gouvernement devra capitaliser. Cela devra permettre à l’Etat de corriger les erreurs de ses 2 premières campagnes agricoles. Espérons que la contribution de Mr Béavogui ne restera pas dans les tiroirs.
Je suis tout de même surpris qu’il y ait convergence de vue entre Gandhi et Mohamed Béavogui quand on sait que le premier réduit la question agricole uniquement à un problème de paysans. Si je l’ai compris, il trouve inutile une politique agricole basée sur des aménagements hydro-agricoles, la mécanisation, un meilleur approvisionnement des paysans en intrants et fertilisants, une réorganisation du circuit commercial, bref une vraie assistance technique aux acteurs de la filière agricole. Il soutient que ces derniers seuls peuvent faire décoller notre agriculture. Je me demande comment ces derniers peuvent doubler ou tripler leur rendement actuel de 1T/ha tous seuls, comment ils peuvent faire 2 à 3 recoltes par an comme dans certaines plaines aménagées dans le Sourou (au Burkina) ou dans la zone de Ségou (Mali) ?
Mr Gandhi soit vous vous trompez en disant que vous êtes d’accord sur l’essentiel des propos de Béavogui ou vous aviez juste voulu entretenir une discussion inutile avec moi quand j’ai émis un commentaire sur l’article « Alpha veut-il piquer Jacques Diouf à Macky ? ». Dans tous les cas, Mr Béavogui en bon expert a presque tranché notre divergence. Je respecte vos avis juridiques qui sont souvent très fouillés mais sur certaines questions de développement j’ai l’impression que le fait d’être loin de la Guinée ne vous permet pas de cerner certaines choses et puisque vous êtes universitaire dans le domaine du Droit (si j’ai bien compris) alors je comprends que vous ne puissiez pas bien connaitre le secteur agricole. Vous êtes contre l’investissement dans ce secteur à la Alpha (c’est vrai qu’il ya beaucoup à corriger dans la méthode) mais c’est sûr que vous n’avez pas grand-chose contre la grande conférence organisée par Ouattara pour lever des centaines de milliards de FCFA à investir dans le secteur agricole pour les 3 prochaines années en Cote d’Ivoire (sans compter les 10% du budget national de l'Etat)? J’espère me tromper.
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0 #24 Gandhi 24-09-2012 23:11

Citation en provenance du commentaire précédent de Patriote:
Bref le paysan ne sait pas s'il gagne ou s'il perd dans ce contexte d'économie de mi-marché, mi-autosubsistance.

C'est justement parce qu'ils savent compter que les agriculteurs font le minimum. Ils sont souvent plus intelligents que ceux qui les prennent pour des demeurés.
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+1 #23 Patriote 24-09-2012 13:54

Diallo Mamadou
On est d'accord que le commentaire de Gandhi est très pertinent mais ne me contrédit pas pour autant. Retenez que sans subvention, le riz local continuerait à coûter cher. D'ailleurs, dans une économie de marché, tout se vend et tout s'achète. Ceci étant, si les paysans produisaient uniquement que pour vendre, ils tiendraient compte du prix ou de la rente de leur terre pour fixer le prix de vente de leur production. Ce qui n'est pas le cas actuellement car ils n'en tiennent pas compte et en plus ils n'évaluent pas la part de l'autoconsommation. Bref le paysan ne sait pas s'il gagne ou s'il perd dans ce contexte d'économie de mi-marché, mi-autosubsistance. Mais certains commencent maintenant à ouvrir les yeux et à s'intéresser à tous ces détails. Pour connaître le vrai prix du riz local, il faudrait prendre quelqu'un qui produit uniquement que pour vendre et qui loue la terre.
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+1 #22 Diallo Mamadou 24-09-2012 05:30

Patriote,
Lisez le dernier commentaire de Gandhi qui, pour moi, est tres pertinent. La plupart de nos agriculteurs sont des autochtones. Donc, ils n'achetent pas la terre et ne paient aucune taxe liee a la valorisation de ces terres. Il y a plusieurs autres facteurs dont on n'a pas fait cas dans les pays ou l'agriculture est intensive.
Diallo Mamadou
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+1 #21 Gandhi 23-09-2012 23:34

Si l'argent pour subventionner 300 000 tonnes de riz importées par an était octroyé à nos agriculteurs, non seulement le prix du riz baisserait, mais cela ferait circuler l'argent à l'intérieur du pays. C'est une question de volonté politique.
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+1 #20 Patriote 23-09-2012 15:46

Diallo Mamadou
Les coûts des facteurs sont intrinsèques. Ils tiennent compte de ce qu'on a dépensé. Après on peut faire des comparaisons. D'ailleurs plus l'agriculture est moderne, moins coûtent les facteurs, compte tenu de la haute productivité. Et aujourd'hui la nôtre est encore à l'étape extensive.
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0 #19 Diallo Mamadou 23-09-2012 06:35

Patriote,
J'ai fait cette remarque pour plusieurs raisons:
- Attirer l'attention des fonctionnaires et consultants des organisations internationales ainsi que toute autre personne de ne jamais se fier aux donnees transmises par les gouvernements de ces pays.
- A travers leurs representations, ces organisations devraient pouvoir mener leurs propres enquetes afin d'obtenir des statistiques fiables.
- Avoir la possibilite de verification des donnees transmises pour mieux se preparer pour un tel rendez-vous.
Par ailleurs, les couts des facteurs dont vous parlez seraient- ils plus eleves en Guinee que dans d'autres pays ou l'agriculture est beaucoup plus moderne??
Avez-vous lu le passage ou il a fait la comparaison sur le rendement par hectare??
Diallo Mamadou
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+1 #18 Farba Makka 22-09-2012 23:49

Citation en provenance du commentaire précédent de madina:
Et d'ailleurs AOT n'est-il pas le cousin de Mohamed Beavogui qui est le fils de la soeur de Diallo Telli.

Dans un pays où la fable de la Fontaine (Lire le loup et l' agneau) constitue la rėgle du jeu, il est imprudent d' elucider les liens de parentės ici.
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-2 #17 boundiala kantara 22-09-2012 23:23

75 pour cent de Alpha Condé,Mon Dieu! la réalité doit être 7,5 ou 0,75 pour cent.Je jure au nom de Dieu.
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-1 #16 AOT Diallo 22-09-2012 22:00

Citation en provenance du commentaire précédent de Barros Diallo:
Patriote,
Vous serez-vous laissé prendre au jeu des Premiers et autres nombreuses Premières-Fois? Au point d'attendre quelque chose de ce chapelet de voeux et discours ci-dénomé Forum-économique.... il croyait que le forum apporterait arc, flèches et même les tireurs. Au finish, il ne lui restera que des souvenirs d'une autre première fois.

Et oui mon frère, quand on pense que ce "1e forum de ce genre en Guinée" va figurer en bonne place dès demain dans la liste officielle des succès et grandes réalisations du changement par le PPAC et ses ministres....
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+2 #15 Patriote 22-09-2012 21:17

Diallo Mamadou,
J'ai oublié de vous dire que l'un des problèmes liés aux données en provenance des pays en voie de développement, pas la Guinée seulement, c'est le manque de fiabilité des données ou le manque de données elles-mêmes. C'est ce qui biaise ou complexifie souvent les études statistiques les concernant. Il ne faut donc pas en vouloir à Monsieur Béavogui.
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+4 #14 Patriote 22-09-2012 21:08

Diallo Mamadou,
Ce n'est pas parce que le riz local continue de coûter cher qu'on en déduit qu'on n'en produit pas assez car plusieurs autres facteurs rentrent en ligne de compte dont le principal reste et demeure les coûts des facteurs (terre, intrants et main d'oeuvre). Tant et aussi longtemps que ces coûts des facteurs resteront élevés, même en situation d'autosuffisance alimentaire, le riz local continuera à coûter cher. C'est donc sur ces coûts des facteurs qu'il faudrait agir pas mécaniquement mais méthodiquement pour pouvoir baisser le prix.
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0 #13 Féla Barry 22-09-2012 09:17

Said Fof Is-no-Good certes, mais de là à jouer les danseuses du ventre, y a des faux pas qui marquent l’opinion publique: s'affranchir d'une bonne grille de lecture , pour s'engouffre de "bonne foi", dans le maelström délirant des slogans politiques de AC, y a un risque énorme de se fourvoyer en conjecture. Le tout sur les bases faussées d'un monde agricole qui n'existe pas, les chiffres ne reflètent pas la réalité des marmites au quotidien.Ce n'est pas parce que 75% de la population s'affairent autour de" l'agriculture de subsistance" que nous tenons là, une race exceptionnelle d'acteurs économiques, à même de nous conduire à l'autonomie alimentaire.
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0 #12 Diallo Mamadou 22-09-2012 05:35

Mr Bea,
Je ne partage pas votre affirmation suivante, je cite "aujourd'hui, nous produisons 75% de nos besoins en riz". Cette denree n'aurit pas coutee tant au marche. En plus, le riz local serait vendu moins cher que celui importe.
Par consequent, vos sources d'informations ne sont pas fiables en ce qui concerne ce point.
Mais, je trouve excellent le reste de votre interview.
Diallo Mamadou
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+5 #11 Féla Barry 22-09-2012 05:23

l'illusion logohcratique, consiste a croire que les incantations magiques remplaceront les plans d'actions réelles devant faire émerger une véritable agro-industrie.il faudra démonter par les fait comment on passe de l’état de cultivateur de base à celui d'un agro-industriel, en moins d'une génération, AVEC UN OUTIL DE PRODUCTION OBSOLÈTE ??? une véritable économie du savoir, agro-chimie, devra accompagner la nouvelle agriculture: NOUS AVONS TOUS à l'idée ce qu'il y a lieu de faire, mais des lors qu'il s'agit de le faire, y a plus personne.On le meilleur cas, on s'en remet à la providence de l’Éternel étranger qui devra venir développer, notre pays, à notre place !!!
Evidemment aucune obligation de résultat ne vient sanctionner ceux qui sont payés à prix d'or pour faire le job.
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+2 #10 madina 22-09-2012 04:42

Alfa Condè se vantait ce soir de son forum économique et le presentait dans son discours comme une baguette magique qui allait provoquer une averse d'investisseurs sur la Guinée.Il le présente surtout comme une preuve de grande considération dont jouirait son régime au vu de la qualité des participants.
En fait ce forum est encore une des grandes stupidités de Alfa.Lui et son gouvernement ont tout simplement deboursé des milliards de notre argent pour payer le sejour inutile dans notre pays de toutes ces personnes grassement payées,nourries et logées,juste pour nous raconter des choses que tout le monde connait.
Ce fameux forum s'inscrit en droite ligne de la politique de pillage de nos ressource pratiquée par le flubistier Alfa et sa bande de barbares.
Quoi de plus stupide par exemple de depenser des millions pour faire venir Mohamed Béavogui dans son propre pays,alors que juste en cliquant sur son ordinateur Alfa peut tirer meilleur profit des conseils de AOT,tous les mois.Et d'ailleurs AOT n'est-il pas le cousin de Mohamed Beavogui qui est le fils de la soeur de Diallo Telli.
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+2 #9 Barros Diallo 22-09-2012 03:34

Patriote,
Vous serez-vous laissé prendre au jeu des Premiers et autres nombreuses Premières-Fois? Au point d'attendre quelque chose de ce chapelet de voeux et discours ci-dénomé Forum-économique. Avant de rectifier le tir, Alpha Conéd devrait d'abord s'en inspirer découvrir et comprendre ce qu'est la gouvernance, ensuite avoir une vision, définir des politques et éventuellement les mettre en oeuvre, ce qui lui prendra un vie au pouvoir. À son age...
Il lui faudra un arc et des flèches avant d'envisager un quelconque tir. Plus grave, il croyait que le forum apporterait arc, flèches et même les tireurs. Au finish, il ne lui restera que des souvenirs d'une autre première fois.
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+1 #8 Patriote 22-09-2012 00:33

Gandhi, vous devez avoir raison. Au pouvoir de prouver le contraire.
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+3 #7 Gandhi 22-09-2012 00:15

Patriote sincèrement, vous croyez vraiment que les conseils qui sont donnés ici, sont utiles à ces dirigeants de pacotille, qui considèrent qu'un séminaire par ci, une conférence par là, voire un forum suffisent, pour que les problèmes.... soient résolus.
Il n'y a qu'à lire la liste des nombreux séminaires qui ont lieu mensuellement en Guinée, et qu'AOT nous rappelle de manière exhaustive, pour constater que ces dirigeants ... bossent énormément.
C'est simple; en Guinée il suffit d'en parler et hop... tout est résolu. Voilà pourquoi ils parlent beaucoup....
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+1 #6 Patriote 21-09-2012 23:56

Que voulez-vous ? Les données ne sont jamais fiables quand il s'agit des pays en voie de développement. Ce qui importe c'est ce qu'on fera des résultats des travaux de ce forum, premier du genre. Il n'est pas tard encore pour rectifier le tire.
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+4 #5 Ibrahima MBemba SOW 21-09-2012 23:32

Un pays qui produit 75% de ses besoins de consommation en riz, donc pas loin de son autosuffisance alimentaire, ressemble bien plus à la Côte d'Ivoire et au Cameroun des années 1980 ou le Mali de 2010/2011, qu’à la Guinée d'AC.
Entre la réalité des faits et les chiffres brandis par les pouvoirs publics guinéens, il y a souvent tout un monde de différence. J'en veux pour preuves les surfacturations excessives qui auraient dû coûter sa place au ministre du département de l'agriculture en 2011.
Dans sa situation délicate, Mohamed Béavogui ne pouvait évidemment s'appuyer que sur les chiffres qui lui sont communiqués par les autorités guinéennes.
Mais en prenant ne serait-ce que le secteur de l'énergie, les montants d'investissement soi-disant consentis par l'Etat, à ce jour, pour la construction de nouvelle centrale hydroélectrique à Kaléta et la réhabilitation des groupes thermo-énergétiques à Tombo, ceux-ci ont été si exagérément « gonflés », qu'il y aurait de quoi financer non seulement ces deux projets, mais également couvrir un programme tel qu’une restructuration de l'usine d'alumine de Fria avec ses accessoires de transport. La mal-gouvernance du pouvoir actuel ne mènera qu’au pillage en règle des ressources minières avec dilapidation des deniers publics par le clan fascisant et affairiste qui entoure le PPAC, alors que les populations deviendront de plus en plus pauvres.
Sans une véritable transition vers un Etat de droit, l'objectif d'émergence ne sera qu'un leurre politique destiné à berner les pauvres guinéens aussi longtemps que possible.
Mêmes tous les conseils philanthropiques des meilleurs spécialistes du monde ne pourront rien y changer, tant que l'ethno stratégie mandingue servira de base d'inspiration à la gouvernance dans ce pays. Was-Salam!
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+4 #4 Barros diallo 21-09-2012 23:17

Dommage que ceci ne soit pas une interview live j'aurai souhaité qu'il éclaircisse:
« Au point que, aujourd’hui, nous produisons 75% (il serait d' avoir une source fiable des chiffres afin que nous puisssons nous en convaincre aussi, ??? )de nos besoins en riz. Donc, nous ne sommes pas très loin de l’autosuffisance alimentaire ».
Faudrait-il comprendre que l'autosuffisance alimentaire se résume à la production de son propre riz qui, elle-même, se résume actuellement à achat/distibution d'engrais. Je pense que M. Beavogui est « gentil » avec ses hôtes. Comme dans tous les secteurs, dans l'agriculture nous sommes très loin d'une véritable politique de l'autosuffisance alimentaire. Cela dit, il faut se réjouir de savoir qu' il y'a des guinéens qui ont dicours dont on peut discuter les pour et les contre, que nous soyons d'accord ou pas. Ca chage énormément de la Répétition de grandes Théories.
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+2 #3 AOT Diallo 21-09-2012 22:28

Quand on maitrise un sujet il est facile d'expliquer les choses les plus complexes avec les termes les plus simples - pour que tout le monde puisse comprendre.
Lisez es interviews du PPAC et de Telliano sur le domaine agricole guinéen et vous comprendrez ce que je veux dire...
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+3 #2 Gandhi 21-09-2012 21:46

Eh oui, les paysans ne veulent pas être des assistés, ils veulent payer le vrai prix des semences, mais ils veulent aussi obtenir de vrais prix pour leurs ventes de produits.
Oui la politique agricole, les filières notamment se construisent sur le long terme, mais ce n'est pas avec ce régime qu'on y parviendra. Un PRG qui veut tout contrôler ne peut pas confier au privé la gestion d'une politique quelconque, a fortiori la politique agricole. L'ennui c'est qu'il n'a pas compris qu'il ne verra pas les résultats d'une politique qu'on doit initier maintenant, mais qui ne portera ses fruits qu'à long terme. A son âge, il a "besoin" de résultats immédiats.
Sur le potentiel agricole, entièrement d'accord avec Beavogui. Sur l'action de faire venir des agriculteurs étrangers pour construire à notre place un secteur dynamique, je ne suis par contre pas d'accord. Sur du long terme, il y a de la place pour la formation. Voulons-nous une agriculture familiale ou de l'agro-business contrôlé par l'étranger ? Le développement peut-être plus long s'il est conduit par nous, évitons encore l'illusion d'un développement ... géré par d'autres.
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+2 #1 Thierno Mo Sigon 21-09-2012 18:57

Tout a fait d'avis avec Mohamed Bea! Eu egard au fait que plus de la moitie de la population guineenne s'active traditionellement dans les domaines de l'agriculture, l'elevage, et la peche, il est plus que vrai que la Guinee devrait s'investir beaucoup plus dans ces secteurs que dans celui des mines. Aussi, contrairement a un ancien ministre de la Republique qui nous disait sur ce forum qu'il plaint le fait que l'Etat subventionne les agriculteurs, c'est plutot la maniere dont cette subvention est faite qui peut poser des problemes, comme l'a souligne Mohamed Bea dans cette interview. Les ressources naturelles renouvelables d'une nation sont du point de vue economique plus valeureuse que ses resources naturelles non-renouvelables (telles les resources minieres). La Guinee qui continue a vouloir se developer par le biais de l'approche de l"Etat Rentier, axee sur les resources exhaustibles doit se rendre a l'evidence apres plus de quarante ans pour realiser que le cap doit etre change. Imaginez vous que la premiere promotion de l'Universite guineenne, Lenine, comptait 16 ingenieurs geologues, 6 ingenieurs des mines et 18 ingenieurs civils pour un total d'environ 50 diplomes! De nos jours on continue a allouer la priorite au secteur des mines au detriment de l'agriculture, l'elevage et la peche. Il est difficle de comprendre cela, sinon que par raison de l'inertie qui pese encore sur les memoires de nos decideus nationaux. Il est temps que notre pays s'engage a "semer" les revnues fiananciers issus de l'exploitation miniere dans d'autres secteurs de notre economie qui a long terme serviraient mieux au development economique de la nation. Evidemment, tout ce qui est dit ci-avant est conditionnel a la bonne gouvernance et a l'implication des guineens dans les prises de decisions nationales de facon transparente. A defaut de cela, nous en auront pour de longeues decennies avant la realisation de reve dl'eldorado guineen.
Ce point de vue est d'un ancien de la Faculte des Mines et Geolgie de Tamakene Boke qui n'a aucun prejudice contre le secteur minier guineen.
Thierno.
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