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Jean Marie Doré ou la colère d'un ancien premier ministre sur les tueries de Zogota
Abdoulaye Bah Vendredi, 24 Août 2012 23:29
« Si nous, grands prêtres de la démocratie qui annoncions l’arrivée du règne du droit, mais si après tout la démocratie n’a pas de droit de cité, c'est dramatique et honteux ». Ou aussi « On a le sentiment que les autorités gouvernementales méprisent les Forestiers ». Ou encore « Une bande d’opportunistes de Forestiers à la recherche de postes ministériels est allée étouffer les cris de protestation à Zogota ». Ou encore « Je connais qui a empoisonné l’eau au Palais du Peuple. Ce n’était ni le RPG, ni l’UFDG, moins l’UFR ». Ou enfin « Les élections doivent être correctes parce qu’au bout, la Guinée pourra faire un bond en avant ou alors on n’acceptera pas ». Tels sont les propos poignants de l’ancien premier ministre Jean Marie Doré de l’Union pour le progrès de la Guinée (UPG), fidèle à ses déclarations fracassantes au cours d’un long entretien qu’il a bien voulu accorder à Guinéenews© !
Guinéenews© : Avec recul, qu’est-ce qui s’est passé à Zogota ?
Jean Marie Doré : Pour bien comprendre le problème, soyons simples. La société BSGR a bénéficié d’un contrat d’exploitation des minerais de fer de Kontra, Koulé et Kobéla. Neuf villages de N’Zérékoré formant le Moyen Diani sont concernés, plus Koyama dans Macenta. Les habitants des deux rives y vivent depuis des siècles, parlent kpélé et toma, et cultivent la terre. Un beau matin, on est venu leur dire de déguerpir moyennant des indemnités payables par le truchement de l’administration. Entre-temps, la société brésilienne Vale a racheté 51 pour cent des actions de BSGR. Les deux ont fondé la nouvelle société VBG. Alors, il a été conclu de faire déguerpir les paysans pour engager la procédure du paiement de l’indemnité superficielle, dont le montant sera fonction de la superficie déguerpie. La société Vale a émis des chèques qu’elle a remis à l’autorité locale sous la supervision de l’autorité préfectorale avec l’œil vigilant du gouverneur. Mais depuis, les paysans n’ont ni senti l’odeur de l’argent, ni vu sa couleur, moins pesé son poids. En désespoir de cause, le président du district a été mandaté d’aller voir le préfet Hassan Sanoussy Camara pour lui demander de partager l’argent. Mais de quel argent s’agit-il. De l’indemnité superficielle. Je vous interdis de venir me parler de cette affaire, sinon ce qui vous arrivera sera terrible. En bon délégué, ce dernier revient au village pour rendre des comptes. Les villageois lui demandent de retourner encore, cette fois-ci avec le sous-préfet de Kobéla. A leur arrivée, le préfet demande ce qui se passe. C’est pour l’argent de déguerpissement. Je ne t’ai pas dit de ne plus retourner ici pour me parler de cette affaire ? A leur retour, le sous-préfet est mis en prison pendant 24 heures au commissariat ou à la gendarmerie, je n’ai pas la confirmation. Au village, les paysans disent : ou nos terres ou nos indemnités. Et aussi longtemps que le propriétaire ne respecte pas cet engagement, nous interdirons tout accès au site de la société. Il faut le reconnaitre, je suis un homme de droit, mais les paysans ont empêché l’arrivée sur le site en coupant des troncs d’arbre pour joindre l’acte à la parole. Dès son installation, la société a promis aux riverains de les prioriser dans le recrutement de la main d’œuvre. Les villageois se présentent à la société pour postuler à des tâches, on leur demande de payer trois à quatre millions de francs. Où vont-ils trouver cet argent ? Mais ce qui les a beaucoup énervés, c’est quand ils ont vu sur le site des bagages de citoyens venant d’autres coins du pays qui occupent des emplois qu’eux-mêmes pouvaient assumer. Ils ont alors demandé d’où viennent ces gens. Finalement, ils ont trouvé une liste sur laquelle le préfet a proposé quarante personnes, le gouverneur quarante aussi, le secrétaire général vingt, et ainsi de suite, c’est hiérarchisé…
Des recommandés voulez-vous dire ?
Oui, ils ont même menacé la société d’embaucher leurs recommandés sans quoi ils vont lui mettre les bâtons dans les roues. Voilà comment les recommandés ont été embauchés au détriment des locaux. Mais il faut que cela soit clair, les habitants de Zogota n’ont jamais dit qu’ils seront les seuls à être embauchés dans la société. Non ! C’est quand la crise a atteint toute son intensité qu’ils ont dit qu’ils seront les seuls à travailler là -bas. Mais ce sont des propos d’énervement qui ne tiennent pas la route. Les gens sont désemparés. On leur demande de payer des sommes colossales, alors que les recommandés sont intégralement recrutés, quelle que soit leur compétence. Voilà pourquoi, en plus des paysans, les jeunes de Kobéla se sont fâchés. Et les deux colères se sont rencontrées. Dans ce genre de situation, on ne prend pas la peine de réfléchir. Tout le monde est énervé. C’est ainsi que certains énervés ont saccagé le site de VBG, incendié les conteneurs, cassé des ordinateurs et démoli beaucoup d’objets. Au bruit de ces casses, le gouvernement a envoyé une délégation ministérielle dirigée par un ressortissant de la région, Mr Edouard Niankoye Lamah. Mais celle-ci a commis une faute.
Mais laquelle ?
Quand vous partez régler une crise de telle ampleur dans une région, il faut voir et les autorités officielles et les autorités morales, les sages. Mais de l’aéroport, eux sont allés directement sur le site. Mieux, ils ne sont pas allés rencontrer les villageois. Mais ils se sont arrêtés là où les casses des installations ont eu lieu pour s’apitoyer sur les destructions. Et ils ont dit que cela ne restera pas impuni et qu’il faut donner un exemple. Ils ne se sont pas contentés de dire ça sur le site seulement, mais ils sont allés encore à la radio rurale de N’Zérékoré. Leur déclaration radiophonique confirme leur présence effective à N’Zérékoré. Toutes les populations sont étonnées. Les jeunes, excités, se sentant insultés et bafoués ont envahi le domicile du patriarche de N’Zérékoré, à Dorota, pour menacer. On pensait que cette déclaration est une simple mise en garde.
Venons-en aux tueries proprement dites…
Dans la nuit du vendredi à samedi, entre minuit trente et deux heures, une équipe comprenant un nombre indéterminé de militaires, de gendarmes et de policiers dans des camions venant de Macenta et de Gueckédou débarque à Zogota mais se heurte à des troncs d’arbre érigés en cours de route. Au bruit de leur tronçonneuse, les populations se réveillent. Le président du district accourt aux nouvelles, mais est mis aux arrêts, ligoté au véhicule en marche, puis trainé à terre. On veut le fusiller, mais un d’entre eux soutient qu’il est invulnérable. Il sera égorgé comme un mouton de Tabaski.
Vous ne racontez pas un film ?
Non ! Et puis, son frère, qui le suivait a été ligoté aussi. Quelqu’un d’entre eux soutient qu’ils ne peuvent tuer un tel qu’en tirant dans son œil. Voilà pourquoi nous parlons de planification parce que des guides ont été choisis en raison de leur connaissance du terrain. C’est ainsi qu’ils ont mis le fusil dans son œil pour le tirer. Son crâne a volé en éclat. Trois autres personnes ont été tuées dans de conditions horribles pareilles.
D’aucuns comparent les casses aux morts.
Je condamne les casses mais notre loi dit de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens. Quel que soit le coût, cent millions, deux cent millions, j’ai entendu des chiffres colossaux pour justifier l’action. Non ! Même si le coût vaut un milliard de dollars, c’est remboursable. Si toute la Forêt se réunit, elle peut payer l’addition. Mais toute la Guinée réunie ne peut pas ressusciter un mort. Ni vous, ni moi, ni le président de la République, ni le gouvernement uni à tous les imams et papes de la terre, personne ne peut ressusciter un mort. Lorsqu’une personne meurt dans ces conditions, c’est irréparable, une soustraction frauduleuse et criminelle dans le potentiel humain de la patrie.
Vous ne faites que dénoncer…
Non ! Il faut punir ceux qui ont exécuté cela. Il faut punir ceux qui ont planifié cela. Il faut punir ceux qui ont ordonné cela.
En clair…
En clair, nous condamnons sévèrement, sans appel, ce qui s’est passé à Zogota et à Siguiri. Je suis pour une commission d’enquête.
Comme celle promise au lendemain de l’empoisonnement à l’entre-deux-tours...
Je demande une vraie enquête indépendante qui ne se contente pas de donner son avis au commandant de zone, au chef de la police, au patron de la gendarmerie ou à quelques notables. Et après dire, voilà le résultat. Non ! Je veux une vraie enquête.
Mais deux préfets sont limogés
Déjà un commencement est là , avec la radiation des préfets de Siguiri et de N’Zérékoré. Je félicite le gouvernement pour cet acte. C’est une bonne chose mais c’est insuffisant parce qu’un préfet ne peut pas se permettre tout seul dans une préfecture comme Siguiri ou N’Zérékoré prendre une telle décision sans s’appuyer sur une autorité.
Que voulez-vous insinuer ?
Il faut chercher les autorités qui ont soutenu en sous-main les conduites inqualifiables de ces hauts fonctionnaires pour faire un peu d’aération dans la maison Guinée. Je ne suis contre personne mais je condamne les actes ayant conduit à cette tragédie. Certains croient que les uns sont faits pour souffrir. Moi, je dis non !
Le gouvernement peut étouffer l’affaire, surtout que les élections arrivent…
Si cette affaire n’est pas bien gérée, si elle doit se répéter, ce ne serait pas dans un cadre ventilé. C’est un avertissement. Et puis, les élections doivent être correctes parce qu’au bout, la Guinée pourra faire un bond, soit en avant ou alors on n’acceptera pas. Jamais, plus jamais, il ne faut pas que les gens pensent qu’ils peuvent impunément se permettre de faire du n’importe quoi dans ce pays. Jamais, je le dis solennellement. Il faut que cette affaire de Zogota soit réglée correctement. Il faut que les élections soient correctes aussi. Chacun de nous connait à peu près son poids électoral.
Vous haussez le ton, donc vous allez porter plainte…
Je ne peux pas porter plainte. Je n’en ai aucune qualité. Mais les associations des droits de l’homme, les familles des victimes, elles, oui. L’homme politique a sa sphère d’intervention. Si nous nous taisons, il n’y a pas de pression. Ma première contribution est de dénoncer clairement cet acte barbare. Si j’étais avocat sans frontière, ma démarche serait différente. J’ai eu à m’expliquer à un niveau très élevé sur ce sujet.
Et qu’avez-vous demandé ?
J’ai dit que je suis pour l’enquête mais je ne la prendrai au sérieux que si on commence par identifier celui qui a été à l’origine de susciter la colère des paysans. Le préfet n’a pas été limogé comme ça, c’est parce que certaines informations sont disponibles.
Un comité de crise a recruté un collège d’avocats…
Je ne suis pas obligé de faire comme eux. Je ne condamne personne à s’inscrire dans un comité de crise mais je refuse catégoriquement de faire du suivisme. J’ai ma démarche, ma vision du problème. Je vais dans ce sens-là . Il n’est pas dit que c’est la voie la plus efficace. Qui vous a dit que cela va aboutir ? J’ai parlé plus que ces gens qui se mettent au dehors. Moi, je vais à la source. J’ai eu un entretien à un niveau très élevé pour exiger la punition comme un préalable avant toute démarche de l’État.
Lorsque vous dites qu’un préfet ne peut pas se permettre de décider tout seul sans s’appuyer sur une autorité, que voulez-vous dire Monsieur Doré ?
C’est cette délégation ministérielle, qui assurément avec les autorités locales, a planifié, selon l’ordre de qui à Conakry, je n’ai pas encore la confirmation. Mais je suppose que les autorités locales ne peuvent pas se permettre à elles seules de dépêcher l’armée dans une telle opération, sans l’aval de la hiérarchie qui commande l’armée, la police et la gendarmerie.
Vous en voulez au gouvernement ?
Ce que je n’ai pas apprécié chez le gouvernement, c’est quand il ne parle que du site de Vale détruit sans faire allusion aux morts. A un moment donné, on voulait même étouffer l’exécution sang-froid des cinq tués. Maintenant, ils sont six. Un prisonnier a succombé de ses blessures. De Zogota à N’Zérékoré, sur 165 kilomètres, ils sont frappés, torturés, les mains ligotées au dos, les gens marchant sur eux. Or, d’après mes informations recoupées, ils n’ont pas été pris avec des bâtons. Certains ont été rencontrés en cours de route pour être embarqués. Ils sont venus à minuit en violation flagrante du code de procédure pénale pour faire du rapt et du kidnapping. Ils ont exécuté de sang-froid, j’insiste.
En vous écoutant, on ressent de la peine …
Effectivement ! Une chose me fait de la peine profondément. Et j’en souffre moralement.
Libérez-vous Monsieur le premier ministre !
Vous savez, nous avons fustigé Lansana Conté. Nous l’avons traité de tous les noms d’oiseau parce qu’il méprisait la loi, disions-nous à l’époque, parce qu’il n’avait aucun sens de la démocratie. Si nous, grands prêtres de la démocratie ou prophètes de la démocratie, qui annoncions l’arrivée du règne du droit, c’est moi Jérémie qui vous parle, c’est moi Mahomet qui parle, et si après tout la démocratie n’a pas de droit de cité, c’est dramatique. Moi, j’ai honte vraiment. Honte, en tant que Guinéen, en tant que leader politique, et surtout en tant qu’ancien premier ministre ayant géré le processus électoral.
Je vous comprends, c’est triste…
Je ne suis pas content. Je suis profondément triste. Vous pouvez m’insulter sur ce sujet dans les journaux, je m’en fous. Écrivez ce que vous voulez jusqu’à demain, j’accepterai parce que j’ai tort. Mais je vous sais gentil, généreux et miséricordieux, vous me pardonnerez parce que l’erreur est humaine. Donc, la question posée, c’est la violation frontale, flagrante, ostentatoire des droits humains chez nous en Guinée.
Vous êtes vraiment révolté.
Ce qui est surtout révoltant dans cette affaire, on a le sentiment que les autorités gouvernementales méprisent les Forestiers.
C’est trop fort.
Cela est anormal. Chacune de nos populations régionales a ses qualités et ses défauts. Le Forestier ne réagit pas rapidement mais lorsque vous l’acculez, alors le retour de bâton n’est pas le bienvenu. Nous devons connaitre la sociologie de nos populations pour savoir ce qu’il faut faire et ce qu’il faut éviter.
Il semble que des émissaires du pouvoir tentent d’étouffer les tueries.
Le gouvernement a dépêché une délégation de ressortissants de la région, qui s’agite autour du pouvoir à la recherche de postes ministériels et autres avantages. Des gens pareils sont dans toutes les régions du pays. C’est une bande d’opportunistes de Forestiers….
Qui, les émissaires ?
Il y a une bande d’opportunistes de Forestiers, qui vivent en exploitant tous les pouvoirs à Conakry. Ils ont été dépêchés pour aller étouffer les cris de protestation à Zogota et à Kobéla. Le président de la République leur a donné trois cent millions de francs à distribuer aux neufs villages concernés. Récemment, ils se sont présentés au village en disant que le président est très attristé et qu’il leur a envoyés soixante millions comme prix de cola pour demander pardon.
Quelle a été leur réaction ?
Les gens ont dit, nous sommes en train de pleurer nos morts et on envoie de l’argent pour nous insulter. Ils ont refusé de prendre l’argent. Je vous dis une chose, la Guinée de Sékou Touré n’existe plus. La Guinée de Lansana Conté est terminée. Celle de Dadis est révolue. Celle du général Sékouba et de moi, pareil. Une nouvelle Guinée, qui a une conscience aigüe de ses droits, qu’on ne peut plus manipuler, est née ! Les paysans ont refusé l’argent. Mon frère Maurice Zogbélémou, qui était de la délégation, a dit que les soixante millions ne sont pas donnés par le président mais le fruit de cotisation des ressortissants de la région. C’est comme ça qu’ils ont accepté de prendre l’argent. Deux ans en arrière, les citoyens auraient pris cet argent. Le fait que des villageois incultes aient réagi comme ça prouve que le changement est venu.
Grâce à qui ?
Mais ce changement n’est pas intervenu par le fait de quelqu’un, mais des évènements.
Les nouveaux dirigeants ont intérêt à revoir leur copie ?
Pour montrer la gravité de cette affaire, le monde entier s’en est saisi. J’ai été informé que la communauté guinéenne, toutes sensibilités confondues a rédigé un mémorandum à l’attention du chef de l’État. Il lui sera remis par une délégation à travers l’ambassadeur de Guinée en France. J’ai appris que ce groupe élargi aux Guinéens de Hollande, de Belgique, d’Allemagne, d’Italie, d’Espagne, marcheront à Paris pour protester contre la négation du droit démocratique du Guinéen. C’est pour dire que nous, qui prétendons gérer l’État, nous devons réévaluer nos convictions et méthodes d’approche. Une remise à jour de notre patriotisme s’impose. Il ne s’agit pas de clamer que je suis patriote. Ceci est un slogan. Je dis non, c’est un comportement au jour le jour.
Vous saluez aujourd’hui la radiation des préfets de N’Zérékoré et de Siguiri. Mais à l’entre-deux-tours, certains préfets, comme ceux de Siguiri et de Pita, ont gardé confortablement leur poste, en dépit des drames ayant éclaté dans leur ville…
Ce n’est pas comme ça. La transition était bicéphale. Le président de la transition avait autorité sur le premier ministre. On disait que c’est moi qui commandais le pays, oui, mais ce n’est pas au pied de la lettre. Beaucoup de choses se sont faites pendant la transition dans le dos du premier ministre. Je considère que la constitution qui a été adoptée en catimini est un outrage inexcusable à la Guinée. J’ai insulté Mr Ibrahima Fall de l’Union africaine et Mr Saïd Djnnit des Nations Unies qui venaient me parler dans un certain français, je leur ai dit, mais vous avez étudié où ? J’ai dit qu’il n’est pas venu du ciel, donc il n’est rien. La constitution algérienne n’a pas été adoptée de cette façon. La constitution sénégalaise non plus. Et vous venez rabaisser le niveau de la Guinée en faisant adopter en catimini notre constitution. Quand vous gouvernez, il y a des choses à porter sur la place publique, mais d’autres non. C’est une question de responsabilité. Je vous promets formellement une conférence de presse sur la transition.
En attendant, je réitère ma question pourquoi n’aviez-vous pas limogé ces préfets ?
J’ai pris des décisions demandant la révocation du préfet de Siguiri. Mais j’ignore ce qu’est devenu ce projet. Je n’étais pas autorisé à signer, contrairement aux accords de Ouagadougou, je n’étais pas autorisé à contresigner un papier signé par le président de la transition. Cette partie n’a jamais été publiée en Guinée. Donc, je n’avais pas le pouvoir de contraindre le président à signer ou pas un décret. Mon devoir était de faire des propositions après avoir entendu le conseil des ministres. Donc, l’affaire de Siguiri, je ne m’en suis plus mêlé jusqu’à sa conclusion. Je l’avoue pour la simple raison qu’on m’a enlevé les moyens d’agir. Moi, je suis profondément anti-ethnique.
L’empoisonnement à l’entre-deux-tours refait surface encore. Vous étiez premier ministre au moment des faits. Vous avez sûrement des révélations à faire après recul.
J’ai des informations précises. Quand vous êtes premier ministre, vous gérez les services de renseignements. C’est moi qui ai empêché le développement de cette affaire. Le général Ibrahima Baldé et le général Mamadouba Toto Camara m’ont appelé à 19 heures de venir en toute urgence à l’hôpital Ignace Deen. A mon arrivée, le général Baldé, d’une phrase précise comme à son habitude, m’a décrit la situation. Les enfants sont apparemment empoisonnés. On avait de la peine à s’entendre parce que les femmes de Kaloum venaient le foulard attaché aux pagnes, le torse nu, pour demander le lynchage de la directrice de l’hôpital, qui est une peuhle. Elles disent que c’est elle qui a empoisonné leurs enfants, en disant que les enfants font de la comédie. Un mot malheureux qui a donné lieu à diverses interprétations. Les gens ont accusé directement l’UFDG, mais c’était automatique. Si l’UFDG était dans cet état, automatiquement, le RPG serait visé. Mais comme ce sont les militants de l’Arc-en-ciel qui en souffraient, on a accusé l’UFDG, ce n’est pas vrai. Ce n’était ni l’UFDG, ni le RPG, et ce n’était pas non plus de la comédie, il y a eu empoisonnement. Mais le lieu était mal indiqué pour déterminer cela. Pour le moment, il fallait réfléchir en vitesse pour désarmer les femmes qui venaient en masse pour lyncher la directrice de l’hôpital. Et cette affaire allait constituer le déclenchement de la guerre civile. Alors, une idée m’a traversé l’esprit. J’ai prié les femmes de m’accorder deux minutes. J’ai promis de régler la crise, de punir les coupables. Mais en attendant, j’ai relevé de ses fonctions la directrice de l’hôpital pour la faire remplacer par son assistant. Les manifestantes ont applaudi et se sont dispersées. Après, j’ai fait des prélèvements des crachats et vomissures pour l’OMS. Heureusement, il n’y a pas eu de morts. Et j’ai compris d’où venait le coup. J’étais dans l’incapacité d’agir sur la source ayant provoqué cela. Je connais qui a empoisonné l’eau.
Son nom et je vous en serai très reconnaissant ?
Il est très difficile de gouverner. C’est pourquoi certains secrets d’État sont divulgués mais après une longue période. Parce que si vous les divulguez maintenant, vous risquez d’avoir le contraire de ce que vous souhaitez. Je connais qui a empoisonné l’eau. Ce n’était ni le RPG, ni l’UFDG, encore moins l’UFR. Ce n’était personne d’autres. Aucun commerçant, ni malinké, ni peuhl, ni soussou, ni forestier, n’est impliqué. C’est une affaire qui s’est colportée à Conakry à des niveaux que vous ne pourrez jamais savoir.
Des Donzos sont signalés à N’Zérékoré…
Je condamne sévèrement la présence des Donzos en Forêt pour la simple raison que ce sont des chasseurs. Ils chassent des animaux sauvages. Mais je n’ai jamais vu une biche traverser N’Zérékoré, Lola, Macenta, Beyla. Donc, leur présence ne s’explique pas. Or, tout parti politique qui recrute une milice peut être dissout. La loi guinéenne l’interdit formellement. Je dis de la façon la plus catégorique, les Donzos doivent être en brousse ou dans la savane pour chercher l’antilope ou la biche. Les Guinéens ne sont pas des gibiers. C’est une provocation injustifiable. Que les Donzos aillent démontrer leur adresse en allant tirer ailleurs les agoutis, les biches, les panthères.
Et la crise que connait Fria ?
La situation grave, confuse qui règne à Fria est latente. Bientôt six mois que les travailleurs de l’usine sont sans salaires. Or, les habitants de Fria sont comme ceux de Kaloum. Ils n’ont pas d’espaces pour cultiver la terre. Ils vivent de l’usine. Et nous sommes étonnés qu’aucune décision, ou même une proposition de décision, n’ait été prise ou suggérée afin de sécuriser ces populations plongées aujourd’hui dans le dénuement et le désespoir. Il faut que le gouvernement prenne clairement position dans l’affaire de Fria pour la reprise du travail. On ne peut pas faire des opérations chirurgicales sans couper une partie du corps. Ce n’est pas parce qu’on a cédé un peu aux Russes qu’on cesse d’être souverain. Les revendications du syndicat se sont faites sans consultation profonde de la base, ni étude du contexte économique et social de Fria.
Propos recueilli par Abdoulaye Bah pour Guinéenews©
Conakry, Guinée
Commentaires
Je m'invite un peu tard dans ce debat. Comment les forestiers ont-ils montre a la Basse Cote que l'argent ne remplace pas la dignite humaine? C'est quoi la dignite humaine? Quels sont le parametres pour la mesurer et quelle est son unite de mesure? On est en plein dans le subjectif.
Les gens de la Basse Cote doivent arreter cette auto-flagellation pour plaire aux autres. Soutenez qui vous voulez, mais s'il vous plait ne nous insultez pas surtout en vous basant sur des faits politiques aussi subjectifs.
Si JMD est une pourriture, un menteur... tout ce qu'il dit est donc faux. C'est la seule facon de traiter un menteur.
Jusqu'a preuve du contraire
Baren SOUMAH
Memphis, Tennessee
USA
Mr. Youssouf Bangoura ne soyons pas aussi facile. C'est le temoignage d'un indigne d'homme comme Jean Marie Doré qui vous pousse à faire une telle affirmation? C'est pourquoi on dit qu'être criminel en guinée n'est pas une criminalité, car les guinéens eux même le merite. À travers cette interview, ce type devrait être poursuivi pour crime contre l'humanité. Son interview dit clairement que son acte inhumain et indigne avait causé la tuerie et le deplacement d'assez de nos compatriotes dans leur propre pays. S'il était digne et voulait eviter ce crime, il ne l'aurait pas fermé pour seulement couvrir un individu ou groupe d'individu au detriment de tout un peuple. Il est aujourd'hui entrain de vouloir faire une recuperation politique de ses parents et vous voulez lui laisser la porte ouverte. C'est vraiment triste. Pourquoi les criminels peuvent toujours se racheter facilement en Guinée moyennant des discours mensongères?
Mon frère MSC nous sommes 100% ensemble: c'est notre "facilité" a oublier le fond et l'essentiel a la moindre belle parole qui est l'une des bases de notre malheur: JMD est une ordure et sa tentative de soutenir "ses parents" en détresse n'est qu'une opération de comm. de mauvais gout pour faire parler de lui, sortir un peu de son isolement et éventuellement tirer quelques sous et sourires au PPAC et a certains opposants aussi nauséabonds que lui...
Pour moi il est encore plus méprisable après cette interview qui devrait même être mise dans le dossier d'accusation quand il passera devant une haute cour de justice demain.
Les parents de JMD et du PPAC: leurs femmes (ou hommes), enfants et petits-enfants uniquement !
Que faire tout l argent qui rentre dans les caisses est dilapidé par une minorité d individus.
Que faire avec un président ethnocentrique qui a comme unique vison protéger une seule ethnie.
Que faire avec u n président inexpérimenté , et pire qui n a jamais construit une case dans son propre village ,ou acheté un appartement au moment il vivait a l extérieur.
Que faire avec une opposition constituée de leaders (exception AB sylla)qui ne font rien pour leur pays . Ils n ont jamais brigue le mandat de maire pour prouver leur capacité , avant de demander a être président de la république.
Que faire avec tous ces commerçants qui refusent de faires des sacrifices , sachant que l argent sera détourné par une minorité , inclusivement Alpha et son fils.
Du moment ou la tête est pourries , tous le monde sera dans la dance en Guinée . le fils d Alpha est entrain de piller les mines de la Guinée , pendant que les malades meurent dans les hôpitaux et nos écoliers n ont pas de table banc.
Allah a oublie la Guinée , si non il n aurait pas permis a Jean Marie Dore et Sekouba de voler les élections pour ALPHA conde.
Que faire avec ce peuple qui oublie trop vite , si non comment ce Jean Marie Dore qui a truque les élections au profit de Alpha , peut se permettre de baver au tour d une eau intoxiquée . A t il démissionné par patriotisme ?
Que les traites de ce pays , tell que Sekouba , Jean Marie , Alpha Conde et son soit disant fils soient conduit en Justice.
Que faire quand toujours des lâches et chercheur de place comme Oumar Wann confirment des faux complot de Alpha Conde
Seigneur des cieux et de la terre libère nous , comme t as jadis libère les égyptiens des mains des pharaons.
Que Dieu face venir un autre Toumba , qui n est pas commandité par Alpha , mais plus par toi Allah pour libérer le peuple musulman et chrétien de Guinée.
Que faire ?
Dans un excellent article paru dans Guinnéeactu en mai 2011, M. Boubacar Diallo de Washington nous suggérait de nous efforcer à devenir des « guinéens émergés ». Il disait :
« Le Guinéen Emergé est un citoyen guinéen dont le niveau d’éducation et de formation substitue à l’esprit de la caste (ethnie), celui de tolérance et de partage, confère les sentiments de justice, assure la culture du civisme et accorde les vertus de l’effort pour le bien commun. A noter ici que l’éducation traditionnelle axée sur les exigences et besoins communs, greffée sur la sagesse des ancêtres et encouragée par un environnement innovateur moderne, pourrait générer ces mêmes qualités. En résumé, c’est une personne dont la culture hausse les sentiments au-dessus des considérations ethniques, et confère le pouvoir de baser les opinions et les actions de citoyen sur les critères de la démocratie. »
Je recommande la lecture de cet article et les commentaires notamment du Doyen Ansoumane Doré, Fela Barry, Paul Théa, Gandhi ; Said Nour Bokoum, Mory Diakité. Avant de commencer, je suggère que chacun « ôte ses lunettes ethniques ».
Des manipulations politiques (depuis notre indépendance jusqu’aujourd’hui), ont failli provoquer des guerres civiles dans notre pays. Notre vaillante armée, s’est distinguée par des tirs contre des manifestants, des violes ; par la non protection des civils victimes de massacre par d’autres civils et maintenant par une attaque nocturne.
Nous devons par tous les moyens, rendre cette armée républicaine. Il est temps qu’une ère nouvelle et démocratique souffle sur notre pays. Nous méritons mieux que ça.
Même si M.Jean Marie Doré n'a pas donné le nom de celui qui a empoisonné l'eau, il nous donne une piste. Voici ce qu'il dit :
" J’ai des informations précises. Quand vous êtes premier ministre, vous gérez les services de renseignements. C’est moi qui ai empêché le développement de cette affaire. Le général Ibrahima Baldé et le général Mamadouba Toto Camara m’ont appelé à 19 heures de venir en toute urgence à l’hôpital Ignace Deen. A mon arrivée, le général Baldé, d’une phrase précise comme à son habitude, m’a décrit la situation. Les enfants sont apparemment empoisonnés".
Je me pose quelques questions:
1)Pendant la transition quelle était la source sur laquelle M.Jean Marie Doré ne pouvait pas agir
2) Quelle est l'entité ou la personne qui a effectué les prélèvements sur les jeunes prétendus empoisonnés
3) Les résultats des examens de l'OMS sur les prélèvements peuvent ils être connus
4) Sur quoi Hadja Fatoumata Binta Diallo, à l'époque Directrice de Ignace Deen, s'est basée pour dire que c'est "une comédie"
5) Pourquoi aucune autorité de la transition n'avait exprimé son indignation encore moins apporté un quelconque soutien aux victimes de Siguiri et Kouroussa,
A mon avis, depuis que M. Jean Marie Doré a été désigné Premier ministre de la transition il est toujours en mission.Les assassinats de nos frères de Zowota ayant provoqué l'indignation et une forte mobilisation des Guinéens, de nouveaux paramètres apparaissent dans l'équation Guinéenne. Soyons donc vigilants et restons mobilisés pour que "plus jamais ça".
Il s'agit de mon article intitulé:"Critique du pouvoir et pouvoir critique" dont voici le lien: http://guineeactu.info/debats-discussions/analyse/1416-critique-du-pouvoir-et-pouvoir-critique-.html
Je me rejouis beaucoup par ailleurs que JMD ait compris que la Guinée de Sekou Touré, de Lansana Conté, de Dadis et de lui-même, n'existe plus, rien mais absolument rien, ne pourra empecher les guinéens de réclamer desormais haut et fort leurs droits les plus élementaires . Alpha Condé a beau militariser son pouvoir, il sera defait s'il continue sur cette allure .
Je me rejouis aussi que les forestiers, aient montré au reste de la Guinée ( surtout à la base côte ), que l'argent ne peut pas remplacer la dignité humaine . Je ne les croyais pas aussi unis que cela, sans être régionalistes, c'est un bel exemple qu'ils nous donnent .
Comment M.Jean Marie Doré peut-il garder secrètement des "informations précises" sur l'"empoisonnement" ayant causé la "mort" des guinéens et qui pourra "tuer" d'autres, et en même temps exiger "une vraie enquête" sur les tueries de Zowota? Là , notre génial ancien premier ministre manque de cohérence.
Nous savons tous que cette affaire d'"empoisonnement" a été l'un des principaux facteurs de propagation du virus ethnique.Si nous voulons une réconciliation nationale au lieu d'une réconciliation semi-nationale, si nous voulons vraiment penser au changement au lieu de changer les pansements nous devons tous nous mobiliser pour que lumière soit faite dans cette sale affaire
Par ailleurs, j'avoue que malgré tout je dois féliciter JMD pour sa sortie. Les forestiers se feront respecter par les fascistes mandigues au pouvoir, puisqu'ils ont des gens qui haussent le ton pour eux. Au niveau de la communauté peul, il n'y a rien. C'est pouquoi elle vera de toutes les couleurs. Même au niveau du comité de crise, c'est le seul peul membre que le pouvoir a choisi d'arreter (FELLO KA KA DJIOLTIRI WO YHAWRETE).
No comment sur cet intervieuw de JMD clair et precis... les accents je ne les trouve pas sur cet autre clavier: AZERTY... Lol.
«Sékouba KONATE m’avait dit que, lui et l’armée ne laisseront jamais un peulh venir au pouvoir en Guinée» révèle l’homme d’affaires Guido SANTULLO
Il semble que l'UFDG aurait sommé JMD de révéler le nom du commanditaire de l'empoisonnement qui a failli déclencher la guerre ethnique en Guinée.
Je remercie guineeactu d'avoir intégralement reproduit cette interview de JMD qui nous apprend pas mal de choses
Quels sont les commanditaires des massacres et viols au stade en 2009 et et de la tentative d'assassinat de Dadis? Sékouba Konaté est dans le collimateur...Wait and see!








